LIYAB IV. CHAPITRE IV
une chambre quUI aeeosait de vouloir le ravener ; et il ne crut point déchirer la charte, il ne fut point sciemment paijure, en recourant à cet article pour la violer. L'image sanglante de son frère s'offrait sans cesse à ses regards : « Louis XYîf disait-il , avait été conduit à Téchafaud pour « avoir cédé toujours; » et Charles X, oubliant que le grand art de gouverner consiste à savoir employer à propos la concession et la résistance , crut sauver sa tète et sa couronne en ne cédant Jamais.
Dans les derniers Jours de juillet le roi était invariablement résolu : son ministère délibérait encore ; et, soit qu'il bésitâti soit qu'il voulût donner le change à Topinion , des lettres closes^ portant convocation pour le 3 août, furent envoyées aux membres des deux chambres. Quelques voix s'élevaient au conseil contre les dangers des mesures violentes et illégales; mais le roi, interprétant tout refus comme une faiblesse, comme un abandon au moment du danger, et ayant ainsi transformé la question d'État en question d'honneur, un dévouement déplorable fut seul écouté : le 26 juillet, le itfoneï^tir publia un exposé de motifs rédigé par M. de Chantelauze, et suivi des fameuses ordonnances , signées de la veille, qui supprimaient la li- omonberté de la presse, annulaient les dernières élections, et destrucd-
*^ ^ ' Tes de *1»
créaient un nouveau système électoral. Tous les ministres J^i présents à Paris voulurent en partager la responsabilité : **^ elles furent contre-signées prince de Polignac, Chante^ lauzey comte de Peyronnet, Montbely Guemon de Ran^ ville, baron Capelle îX baron d' Haussez. Le membre du conseil le plus capable d'ordonner des dispositions militaires indispensables pour en préparer l'exécution, Bourroont, ministre de la guerre, était encore en Afrique : le prince de Polignac le remplaçait, et il avait une telle con*
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470 QUATB1ÉVB EtÙ^m.
fiance dtos te SBccès, qq'M ne prie mtwm mesure extraordinaire pour rassurer.
tton de Un long et sonrd frémissement répondit d*aiM>rd dans «7;*Met Paris à la pnbltcation des ordonnances : le lendemain
«9 Juillet. "^
mille barricades forent improvisées, an cri de Vive la Charte ! et Ton abattit détentes parts les emblèmes royaax, les insignes de la monarcble. Paris alors fat mis en état de siège : le maréchal Marmont, dnc de Ragnse, dhai^ du commandement en chef, dirigea les troupes contre la popalation Insurgée; mais ta Fayette avait reparu au millea d'elle , et sa main relevait l'étendard tricolore. La garde nationale y dissoute par Chartes X, se railla aous les couleurs populaires : chaque rue, chaque place fut pour les Parisiens un champ de bataille. Après trois jours de combat , la victoire se déclara pour le peuple , et U rentra dans son repos.
Tableau ^ ^^^ ^ spcctaclc de la capitale insurgée au nom des oendant Kbertés pubKqucs, celui qu'ofteit à Salnt-Gloud Vlntérienr journées, dc la résidencc royale n*étalt pas non plus sans Intérêt. Quelques courtisans élevés en dignités, ceux dont la raison était éclairée par rimminence du péril et par l'expé* rienee du malheur, pâlkent à la lecture des ordonnances de juillet, et renfermèrent leurs secrètes appréhensions dans un silence inquiet et improbateur; tandis que les hommes qui à tout moment assiégeaient rorellle du prince, ceux aussi qui dans un rang inférieur peuplaient sa cour, s'abandonnaient la plupart à une jtAe insensée. Il fiillalt , disaient-ils , un exemple sévère ; Charles X , à les entendre, allait porter le coup mortel aux jacobins; Charles X venait enfin d'agir en monarque : de ce jour seulement il était T<A. Cette foule téméraire passa promptemeat à un déMspair aussi aveugle que l'avait été son ivresse; mais celiâ
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LITAI !T. CHAFITBB lY. 471
qa\ éma le palais, presque seul entre tous, appelait sur sa personne un y\î intérêt ^ c'était l'auteur et la première victime de cette catastrophe prodigieuse, c'était le roi. Il dérolmit en public h tous les yeux , sur son front impassible, le secret de ses émotions déchirantes. Bempli du sentiment que le cœur éprouve lorsqu'on croit s'acquitter d'un grand et pénible devoir, pénétré de confiance dans la protection céleste, et sourd en apparence à la voix lugubre du tocsin qui sonnait au loin la dernière heure de la mo~ narchîe, Charles X cherchait au pied des autels l'assurance qu'il ne trouvait plus autour de lui : sans doute il se serait reproché d'ébranler par un signe de faiblesse un reste de fernaeté dans l'éme de ses serviteurs, et de leur arracher tente espérance en paraissant désespérer lui-même de sa IMune. Il y avait eu ^ sa part dans les damiers actes de son règne une étrange témérité; mais il y avait aussi de la ms^té dans le regard serein du vieux monarque , ferme encore et résigné sur les débris croulants de son trÔBe. -
Le â9 au matin la lutte continuait dans la capitale avec victoire l'audace croissante que donnait au peuple l'ivresse des suoeès de la veille. Alors les personnes de la cour dont les conseils avaient été longtemps importuns au prince élevèrent de nouveau la voix , et le conjurèrent de révoquer ses ftktales ordonnances. M. de Sémonville, grand référendah^de la chambre des pairs, accourut à Saint-Cloud , et tenta un dernier et prudent effort pour concilier l'autorité vaincue du monarque avec la force victorieuse du peuple courroucé. Le rcri reftis^^t d'i^ter loi à l'étendue du péril ; enân , lorsque Marnent eut évacué Paris et eut repavu à Saint*Clotid avec les débris de ses bataillons, Charles X céda ; il révoqua ses ordonnances , et chargea le duc
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472 QUATRlàMI ÉPOQUl.
de Mortemart de composer un ministère. Il n*était plv» temps ; trop de sang avait coalé : la commission munieipale de Paris , spontanément composée de MM. Jacques Lafûtte, Mauguin, Audry de'Puyraveau, deSchonen, de Lobau et Casimir Périer, rejeta les ouvertares de la eoor. Le danger de celle* cl redoublait à chaque heure ; des régiments passaient dans les rangs des insurgés, et Paris allait fondre sur Saint-CIoud. Dans la nuit du 29 au 30 juillet Faite d« Charlcs X ordonna le départ pour Versailles. Lorsqu'aux
la famille r s- -»
royale. lucurs ualssautes du Jour il traversa, pour la dernière fois, Wijet le palais si longtemps témoin des pompes et des splendeurs royales; lorsque, entouré de sa famUle, il aperçut l'enfant dont des milliers de voix avaient salué les glorieuses destinées ; quand il le vit prêt à s'avancer avec lui vers la terre d'exil, alors des larmes sillonnèrent les Joues du vielUard découronné , et une àtogoisse douloureuse étouffa ses paroles. Quelques heures plus tard Charles X était à Triaaoo, et les vainqueurs parisiens à Saint-Cloud.
Cependant, il était à craindre que l'union maintenue entre les citoyens de Timmense capitale pendant la lutte ne se brisât au moment où ils allaient chcHsir un gouvernement nouveau. Les uns désiraient la république : mais la sanglante image de la convention apparaissait entre leurs vœux et ceux de la France; les autres, et c'était Timmense majorité, souhaitaient le maintien des tonnes représentatives : mais pour qu'elles fussent conservées il fallait qu'il se rencontrât un homme qu'une position particulière élevât au-desiKis de tous, et qui eût donné des gages incontestables de son dévouement aux libertés publiques. Cet homme existait; la France le possédait dans la personne du duc d'Orléans. Bien jeune encore à l'époque de la révolution, ce prince avait adopté les couleurs natlûp
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LIYBS lY. CHAPrCBE IT. 473
Baies, et combattu aax premières grandes joamées oà s'illustrèrent nos armes. Proscrit, il ne s'était point pré- . sente à l'étranger en auxiliaire contre son pays; il avait su conserver, à VeAde de ses talents , une himorable indépendance. Rétabli dans ses titres et dignités, il brava seize ans les froideurs de la cour, et fit donner à ses fito une éducation populaire : il avait été l'ami de Foy , et Tétait encore des hommes éminents de la littérature, de la science ^i^jw: et de la tribune. Arraché par les Parisiens à sa résidence J^^. de Neuilly et aux douceurs de la vie de famille , il entre rojSiB. dans la ville aux acclamations du peuple, et est proclamé ^|^^ lieutenant-génâràl du royaume.
Les députés, convoqués par Charles X pour le 3 août, étaient arrivés en grand nombre; ils donnèrent leurs pre* miers soins à la révision de la charte, dont plusieurs ^^^ute articles forent modifiés ou supprimés. La religion ca- ^^"Ïmo! thollque cessa d'être reconnue pour celle de TÉtat, et le fameux article 14 disparut de la charte nouvelle : la 11* berté de la presse y fut irrévocablement établie par l'abolition de la censure; les chambres eurent, comme le monarque, l'initiative dans la présentation des projets de loi; il fut arrêté qu'il ne pourridt plus être créé de commissions et de tribunaux extraordinaires, et que la France reprendrait l'étendard aux trois couleurs ; on fixa l'âge des députés à trente ans, et la durée de leur mandat à cinq années; on convint qu'il serait ultérieurement st^* tué sur la constitution de la chambre des pairs, et cette décision eut plus tard pour effet l'abolition de la pairie hé* réditaire; enfin le préambule par lequel Loute XVIII déclarait octroyer la charte à ses sujets fut supprimé, comme blessant la dignité nationale. La charte ainsi modifiée était suivie de dispositions particulières, dans lesquelles
474 QOAIftlÉKS ivOQtm.
tes ëépatét aMifsaliQt toirtM les ptliiM de fo crte GlHirlei X, «t dédarakntqa'il était orgeat four la Fimee ^obtenir par des lois aéjparées : l^fapplieetioQ do jury aox éeàU et la presse et aux déliu potttiqoes ; S'' la nespsiisalilliCé des mhiMres st des aatrss ageots do poaimir ; 8* la rééleotkm des dépotés pronivs 4 des ImmUous •salariées; i"" le Tole aDooel d« contliigeiit de l^arasée; S* l'orgai^ satton de la garde natio«de, atec h^ervetttion des gardes nattonaox dans le elioix de leors ofOoiem; %"* Tassoranee légale de Tétat des affieiers de rarmée ; 7* des iostitotioiis départementales et nranleipales finidées sur on système électif; S"" la liberté de reMeignemeût; 9<' faliolitton du dooble vote. L'aeceptatfoo de la diarte ainsi rédigée de- Tenait la eondttion formelle de Féleotioa d'un nonveau prince aa trône.
La famille royale fàgltive, retirée de Yersailles à Rambouillet , et menacée dans ce séjour par vingt mille Parisiens, accourus en armes pour la contraindre à s'éloigner, Tenait d'abandonner cette dernière résidence , et s'ache* nolinait lentement et pour la troisième Ms vers Fexil. Le 16 aoAt elle s'embarqua au port de Cberbourg pour TAniMX et' glcterre. Avant de quitter la France, Charles X fit parfamiiï^. Tenir aux chambres son abdication et celle du dauphin, son fils, en ferveur du duc de Bordeaux ; mais les dépotés appelèrent au trône S. A. R. Louis-Philippe d'Orléans et ses descendants de mâle en mâle, à perpétuité. Les pairs adhérèrent sur-len^amp aux vceux €it aux actes de Tautre diambre^ et des salves d'artillerie annoncèrent fat séance royale du lendemain. Ce Jour-là, 9 aoàt 1830, le duc d'Orléans, aeoonpi^;Dé de ses fils idnés, les ducs de
Embar-
Suenient e Char
Avènement de
u^^i^^l GArtres et de Nonours , se rend en graad eartége au \IT palais Bourbon, ou sont réunis les fatrs, les dépotés,
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Livu IV. eiiAnni iv. 475
te ^rps diplomatûiiie) et wie asmnMée nombreuse. Il pr»nd pla«efittr un pUaat iiaifQÊi im^âessoiis datiéne va- €aol;^ «t, «pfàfl ta teetari de la déetaratloii das deux ebawbtm^ h yrâca ae «Koovyre, teve b audo, et dit : « Et présaAoe é» Dieu , ^ jore d'oiMer^r fid^mant la « abatte aanatiluttoiniaUe api^ae les madifleaticms expri- « mé$ê fitaiis la déokdEftttOB; de se gonvarner que par les « lois et selon les toîs ; de fiiire rendre bonne et exacte jus- «tiee à tiiaeaD aalen sonéroit, et d'agir en toute <^ose « dans la seule Tue de rintérét) du bonheur et de la ^ire n du peuple français. »
La prince, après avoir signé la formule du serment, 0>onta«ar le trâne, et de ee momait ii fut reconnu pour rot 4$$ Frcn^ùfy sons le nom de Louis-Pfaiiii^ P
lej
£q jetant les yeux sur le tableau des seise années de la considé-
* «^ rations
res^Kuration , tout esprit Hnpartial et non prévenu corn- ^fj^^^^l prendra que la Franee durant la plus gran^ partie de ^^^^^ cette époque s'est trouvée dans nne crise dont il était à ^^f^^^ craindre qu'elle ne pàt sortir que par une révolution non- *"^ vdle. Plus cette crise alarmante ' se prolongeait, plus
' DàUB un antre onviagie, iaiitalé Christophe Satwalj ou la Société en France soits la Restauration, j'ai cherché à faire comprendre cette crise de quinze années; j'ai expliqué par les intérêts et les mœurs la révolution de 1830; et j'ai cherché dans les entrailles mêmes du corps social le principe caché des plaies qu'il accusait au dehors. Peu â*faoimB68 est été mieux que noi serris par les circonstances pour voir et pour oonnaUre : ua tvtoe a'eat abtmé sons mes yeux» et j'ai raconté cette catastrophe avec beaucoup plus de détails que je n'ai pu le faire ici ; j'ai peint un roi , sa cour, ses partisans, ses adversaires » comme je les ai rus, sans cesser d'honorer le malheur et de respecter toat ce qui est respectable.
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476 QlTATKlàMB BPOQUB.
les passions s'irritaient et menaçaient d*en rendre l'issue désastreuse; la France, enfin, avait en perspective vm guerre civile et tontes ses horreurs, et ne pouvait éc^iapper à cette effroyable calamité que par une vi^oire ranportée au nom desiols d*une manière assez complète pour en &ire espérer le maintien , et assez rapide pour ne point détendre et briser tous les ressorts de Tordre politique et sodal : cette victoire fut celle des trois Journées de juillet; nnb, qudque les circonstances l'eussent rendue peut-être étalement nécessaire, ses résultats n'en furent pas moins ùaéparables de grands et de nombreux dangers. Ce n'est qw dans des moments très-courts et très-rares que les peufrfes s'élèvent au-dessus d'eux-mêmes et que les passions violeùteB font silence au corar des multitudes. Il y a d'ailleut dans toutes les grandes capitales une masse considérable d'hommes ignorants et avides, toujours prêts à se soulever contre un gouvemem^t quelconque, sans autre motif que celui de produire un changement qu'ils croient favorable à leur intérêt particulier : ces hommes y habiles â déguiser leur égolsme sous les noms les plus honorables, sont aussi les plus ardents après le succès à réclamer pour leur conduite intéressée les récompenses qui ne sont dues qu'au dévouement : mais il est impossible que le gouvernement établi à la suite de toute révolution contente les prétentions exagérées du plus grand nombre de ces hommes cupides. Ceux qu'il n'a pu satisfaire lui vouent alors une haine implacable, et sont impatients de détruire leur propre ouvrage ; ils bercent la multitude d'illusions dangereuses^ ils exagèrent le tableau de ses souffrances , et lui parlent du triomphe qu'elle vient d'obtenir comme s'il lui eût suffi de vaincre pour être désormais affranchie de toute chance de misère. Ceux qui n'ont combattu que dans l'es»
LIYBX IT. CHAPITBI lY. 477
poir d'arriver à ee but se permadent bientôt que rien n'est diangé parce qu'ils n'ont pu l'atteindre , et, incapables d'apprécier par eux-mêmes la différence des temps et des circonstances , ils regardent comme d'autant plus facile de renverser un pouvoir nouveau qu'il a sufti d'un effert pour briser celui qui était consacré par une longue existence : l'émeute alors descend en armes sur les places publiques. Il était donc inévitable que la royauté nouvelle rencontrât bientôt une vive opposition, et peu de gouvernem^ts ont eu à soutenir plus que celui-ci des attaques nombreuses et violentes. La France à cette époque a été sans doute plusieurs fois blessée dans ses affections et dans ses sympatbies par les événements qui ont ensanglanté quelques centrées de l'Europe ; mais elle ne Ta point été dans son bonneur : la fondation du royaume de Belgique , son indépendance maintenue par l'entrée de nos troupes sur son territoire en 1831 , et par le si(§gede la citadelle d'Anvers, la prise de possession d'Ancône, Textension donnée à nos conquêtes en Algérie ; la conservation du gouvernement béréditaire de l'Egypte entre les mains de Mébémet- Ali ; les exploits de nos braves marins à Tanger et à Mogador^ la glorieuse victoire de notre armée d'Afrique à Isly, un vaste empire réduit par elle en quelques jours à demander merci, tous ces faits, accomplis malgré le vœu de la plupart des puissances étrangères, témoignent suffisamment que la France n'a perdu ni son rang ni son influence et qu'elle a fait respecter son drapeau. Le gouvernement fondé en 1830 a préféré cepei^dant avec raison l'affermissement de la paix aux avantages incertains d'une guerre générale, qui aurait pu mettre en péril la civilisation du monde; mais il a aussi commis des fautes graves, qui ont contribué à sa ebute, et le bien qu'il a fait a été en partie compromis par
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478 QUAnotefs ir«QOi*
1» falal âtat d'un lystèfl» o^^ranlé au niMvoto je é'QM é^ttaa tntériemie. ToifMr«flbrtt et tootot sê» m»* Maroes cmt été employés pour rWwiner les éteetiene et poturdispeseràflOB gré duirole des élus. Le jownriat^ la représeataticm natiffiMile ccisa d'être rexfvevioD vnâe des vttux et des betoiiift écUifés da ptys ; le |Nmvoir nkm en merdiant de ooDeert avee la majerité de la chnihie éieetlve erat rester fidèle à la ooDStitatlNi ; Il ^ respeetik la lettre, mais i\ en avait méeoiimi l'esprit, et eette majorité, sansforoesorropiniM qn'eUene représentait ph», se lai Ait d'auena seeours au jour do pérM. Le goovcime- BMit nédes barrieades deldSOdispttrat dix*fattit ans pins tard dsTant d'autres barrieades; il soocoiéIni à Fatm^ amot^ un nouvel dfort de la moltitude soulevée dans les joiirnées du 23 et du 24 février iM8, àla suite desfttellee ua gouvemenwnt provisoire a été établi, la républî^pie proclamée, et une assemblée naUonate oonvocpiée avee vmsion de donner au peuple françaisuiM oonititutîon douvdie.
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Lorsque' dABs^ le eharap et la politique oh veut embrws^ ser an rc^rd qb espaee étenda , fi faut, eu se dépouiHlEmt deteul préjugé , de toute habitude de parti, suivre un «hemin qui oouduiseà dea iMmtenrs proportIoBiiéea à r^risen que l'on cherche à découvrir : cette voie d'où rbomme peut coBlerapler les destiaées passéea et ftMres de rimmattifé , c'est rhistoire; et « la Kimfère qui doit ëeMver ce double « horizoB , dit un célèbre eoutemporain % c'est la morale , « ce jour divin qui émane de Dieu méme^ et qui ne peut ni a égarer ni faillir. » C'est, en effets en reportant un regard attentif sur les quatorze siècles de notre histoire , c'est en interrogeant le passé avec un cœur sincère, que tout homme impartial sera capable d'apprécier plus sûrement l'époque où il vit , et obtiendra quelque pressentiment de l'avenir.
Le tableau de nos annales est de nature à exciter en nous, presque à chaque page, deux sentiments opposés : Tun de douleur et de découragement, l'autre d'admiration et d'espérance. D'une part, à Taspect des innombrable» folies et de tant de crimes atroces dont le sol de la France a été le théâtre, on serait tenté de desespérer de l'espèce humaine, si de loin en lohi un saint Louis, un THospital, un- Vincent de Paul , un Péndon , un Malesherbes, ne protes-
* Alpli. de Lamartine, PoHUque raticnneile.
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480 cottetusioif.
taient , par leur noble caractère , au nom de la religion et de la morale outragées, et ne nous rappelaient le noble but où rbumanité doit tendre et ses destinées immortelles; tandis que , d'autre part, les progrès réels de la nation, au milieu de si effroyables catastrophes, semblent tenir du prodige. Nous voyons, en effet, depuis l'avènement de la trolirîème race , se produire simultanément un double phénomène : le territoire delà France a gagné presque toujours en étendue à la suite des plus affreuses calamités , et un plus grand nombre dé ses Imbitants ont participé successivement aux jouiisances de la vie et à rexercice des droits civils.
Sous les deux premières dynasties, le choc des races diverses qui couvraient le sol de l'ancienne Gaule y entretint une longue et sanglante anarchie ; et après les efi^orts impuissants du génie de Charlemagne pour créer un lien national duraUe parmi des peuples si différents d'origine, de mœurs et de langage, et pour les soumettre au joug d'une administration légale et uniforme, nous voyons la leodalité prévenir une dissolution générale, et préparer les nouvelles destinées de l'Europe.
Sous cette forme de gouvernement, encore grossière, un petit nombre d'hommes seulement possédaient des droits, des libertés et des jouissances; mais, à la suite des croisades, l'influence des classes inférieures s'étend par la lutte heureuse de la couronne contre l'aristocratie, par l'affranchissement des communes, par la création des cours judiciaires , où saint Louis et ses successeurs admettent les légistes, et par la convocation des hommes du tiers état aux assemblées générales. L'autorité royale voit tous les pouvoirs rivaux s'effacer devant elle, et par ses importantes conquêtes elle étend les limites du royaume.
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L*unité nationale a'affermit ensuite, an n^lSeu d'effrayants désastres , dans la longue et terrible lutte contre l'Angleterre, apiès laquelle rindustrie, les lumières , les découvertes en tout genre font croître les habitants des villes en importance et en richesses ; tandis que la centralisation du pouvoir, la ruine progressive de la grande féodalité , et la création des armées permanentes, délivrent la population agricole d'une multitude d'oppresseurs, et lui permettent de recueillir avec plus de sécurité les fruits de ses travaux. Bientôt trois monarques, avides de conquêtes^ poussent à l'aventure la France sur l'Italie, et l'initient aux merveilles d'une brillante littérature et des beaux-arts ainsi qu'aux jouissances matérielles d'une civilisation plus avancée; mais déjà l'imprimerie est découverte, le nouveau monde est connu, et de hardis navigateurs ont doublé le cap de Bonne^Espérance : les lumières pénètrent de toutes parts, le champ du commerce s'agrandit, et l'univers s'offre aux spéculations de l'Europe ; la pensée humaine prend un essor, périlleux sans doute, mais immense; et après un demi-siècle de sanglants dOmbats la liberté de ocmselence est acquise à la nation française.
Cependant d'utiles barrières sont aussi renversées ; les états généraux ne sont plus convoqués; les grands corps de la magistrature perdent toute leur importance politique après la guerre de la Fronde, et il n'y a plus en France qu'une seule autorité, forte, puissante et respectée de tous, celle du monarque. Louis XIV, dans la première partie de son règne > fait des conquêtes avantageuses et aehève de détruire la féodalité en appelant auprès de lui la hante aristocratie tout entière à nn service de cour, en même temps qu'il développe la puissance des classes moyennes par Tefficacef ptection qu'il accorde aux lettres,
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mix idciMacl à rWiostrie. Ln progrès dt la nisoD, de btciviliMlioD el dts knrières ainrient d^à ùA reeowiattre à cette ^p^qoe les UMrtés rdigieQftt et d Tiiet canaM 1^^ teoaBty dadreiteoumiD^àloas; maialeiiialiitleDdeees liberlés n'était garanti par aoenna loifoiuteiDenlaia : l'astorité dMoiiiadaprhiee, néeessairepeDdaiit on temps poar abattre la puitaaoee féodale, et paar inprimar à une imaMoae popolation, oomposée d'éléments divers » une suffisante unité, devenait eUe^nièmci m oMade à de nomreaox progrès. On s'en aperçut sous Louis XIV kd-méme ^ bien plus encore sous son soeoessenr. La révocation de l'é&t de Nantes ^ une multitude d'ordonnances rendues 8ou& ces deux règnes enlevèreirt aux Français la Uberté de eoos* cieoce acquise au prix de tant de sang; les banqueroutes de l'État, lea étits arbitraires sur les taxes et sur la valeur des monnaies, Atèient toute espèce de garantie à la propriété ; et d'ImMNabraUes lettres de cachet violèrent la liberté indlviduelie , tandis que le droit liodal pesait encore sur une grande partie de la natkm , et que des privilèges non Justifiés maintenalaift, . surtout dans la répartMoD des impôts entre les diverses clasaes de la société , des ^Hattections buttiliaates et pr^cBctahles aux finanoea de fÉtat. On sentit alors le besoin d'abolir ces privilèges , d'opposer une barrière à rantorité abaolae du monarçM , 4a garantir à chaeun» par une oonstitution fosdameatale, ta Jooiesanee de ses ineoà et de ses libertés cMlcs et reUgienses. Tel a été le but principal de cens qui en 1789 oàt commencé la révalntion française, çrisa de soixante ima, qui dure encore, daaa laqudle les.elasaes moyumMa ou bourgeoises ont beaucoup ^nndi en riebesses et en feraea, mais dont les résultats définitifs sent encofc en grande pc^rtie ou ioceouus ou coi^eslés.
c;oi$ci«usiQiy. 493
De louables eflorto soot tentés ^ujoard'hqi pour répaq^^e raisânce au sem iw claf ses nombreuses et pour les faire participer aux bienfiiits d'ime civilisation plus morale et plus éclaiffée : mais il y a pour tous ceux qui trayaillent à cette noble tâche i^ vérités çasentieiles qu'il importe de ne pas perdre de vue 9 et eu les énonçant j'emprunterai beaucoup aux paroles d'un pbilosopbe chrétien que la mort a tout récemment enlevé à la France , et dont les ouvrages devraient être dans 1^ mains de toute la jeunesse.
Presque tous les hommes qui, en essayant de modifier 1^ îDStitutians politiques de leur pays , $e proposent d'exereer une utile influence sur le sort de leurs semblables, obéissent à rimpuisiou de certains principes constitutif 4qs doctrines qu'ils propagent ; et parmi celles cl> le plus grand nombre en adopte deux de préférence : l'une comme étant en apparence la plus noble et la plus généreuse, l'autre la plus féconde on utiles résuHati. La première est la doctrine des droits, la see(mde celle des intérêts; mais de grands dangers les ae^oeiH^g^ent l'une et l'autre : « Poussées dans leurs coittéquences extrêmes» 9 dit Joseph Droz, elles sonlt moins en harmonie avec la raison qu'avec les passions « souvent elles ne font que changer de ma|n l'arbitraire, et portent la multitude à f^ereer sur le petit nombre le despotisoM qu'auparavant le p«tîl nombre exerçait sur la
multitude Ces doetrineSf d'ailleurs, n'obligent point
à conserver les biens qu'elles préconisent , et souvent leurs défenseurs abandonnent avec lâebeté ces mêmes droits 9 ces mi^Bsm intérêts qu'ila soutenfMent d'abord avec fureur '. » Il y a une troisième doctrine, qui, obser-
> Jeseph Dros, ApidkaiioH d» laMùre,le 4 Ifi PolUiq^e. Cet auteur ne reconnaissait point de deetriae , propreuin^t di^, des intérêts; j^ai cru néanmoins pouvoir appliquer i celle que je
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vée à la rigueur, uous assurerait tous les avantages que promettent les deux autres, sans offrir iea mêmes périls; et pour l'apprécier dignement il convient de ne jamais oublier que Fart social ne peut avoir d'autre but que de rendre les hommes meilleurs et plus heureux. Si pour tracer une théorie juste de cet art on observe la nature humaine, en cherchant quels principes doivent la diriger, les vérités suivantes sont les premières dont on sera frappé : « Il est des lois imposées à notre esprit par l'éternel auteur des êtres ; ces lois morales, sacrées , prescrivent des devoirs dont l'accomplissement peut seul produire un état de sagesse et de bonheur que nous avons dit être le but de l'art social : de ces faits évidents , de ces idées simples naît cette conséquence, que la vraie doctrine est la doctrine des devoirs..., L'État où régnerait Tordre le plus admirable serait celui dont tous les citoyens ne 8*oecupant que de leurs devoirs, les droits et les intérêts de chacun auraient la plus solide et la plus complète garantie.... Les deux autres doctrines excitent une fougue passagère : celle-ci inspire une fermeté constante , car le devoir seul est toujours obligatoire '. »
« La religion , Tlnstruction , la liberté , dit encore le même auteur, offrent les véritables moyens d'améliorer le sort des hommes. N'oublions pas cependant que partput où les intérêts de la conscience , de la personne et de la propriété sont respectés, l'homme est .libre, quelque imperfection qu'on puisse trouver dans la forme du gouvernement. Si ces intérêts, au contraire, sont méprisés et froissés, il y a dans l'État tyrannie , esclavage , de quelques noms
désigne ainsi ce qui dans son livre ne se rapporte qu'à la doctrine de roppression et à ceUe des droits, • Joseph Droz, iùid.
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populaires dont se masque l'autorité.... » Et pour que les peuples méritent d*être affrancliis , pour que la civilisation ne soit point arrêtée dans sa marche, « Non -seulement il importe que les factieux soient comprimés ^ réduits au silence, il importe aussi qu'une sage doctrine .éloigne des esprits les projets chimériques , les rêves décevants; qu'elle chasse des âmes les turbulents désirs, qui font passer près du bien avec mépris, pour aller poursuivre avec ardeur un mieux imaginaire \ Le bien ne peut germer et
' c( Au début de la révolution, nous avions peu d'hommes formés par rétude delà société, de Thistoire et de la législation ; nous avions beaucoup de ces rêveurs qui, prenant pour guides des idées abstraites, créent des gouvernements à priori. L'esprit spéculatif était aussi commun que l'esprit observateur était rare... U en est résulté tant det maux qu'U est utile de rendre sensible , par un exemple, la différence qui existe entre les deux manières de traiter la politique. S'agit-il de faire une loi d'élection , l'esprit spéculatif, qui considère la société d'une manière abstraite, dit, en vertu d'une règle métaphysique, quels hommes ont le droit de voter, et il trace une loi applicable à tous les peuples. L'esprit observateur pense que la meilleure loi d'élection est celle qui donnera probablement une assemblée de représentants éclairés et probes; il croit que les hommes capables de concourir à ce but ont seuls droit de voter, et sa loi varie selon les pays et les temps... Le droit de voter n'est pas un droit naturel , conune celui de n'être pas arbitrairement priVé de sa liberté ou de ses biens i c'est un droit politique , par conséquent variable. L'homme qui pense le contraire échoue nécessairement dans la pratique. £n effet, s'il exige ime contribution pour être admis à voter, un autre logicien lui prouve rigoureusement que ceux qui payent quelques centimes de moins sont à tort dépouillés de leur droit... S'il appelle aux élections jusqu'au denuer prolétaire, un logicien parfait lui dit : La voloiité ne se représente pas; un peuple qui nomme des représentants est esclave. Puis avec de telles idées faites des lois et gouvernez un État... •f Jamais, dit Sieyès dans sa fameuse brochure, jamais on ne cornac prendra le mécanisme social si l'on ne prend le parti d'analyser la n société comme une machine ordinaire. » Non , ce n'est point une
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48^ COWCLtJSTOtr.
se dételopp^ qô^avec lenteur; c'ett une loi de la tiattire, et le travaH éphémère de Thomme ne peut suppléer au long travail des sièeies. » Il ftiut le dire aussi ; les révolutions en apparence les plus légitimes sont des remèdes extrêmes, et tit>p Souvent mortels A cetix qui les emploient. Lorsqu'une antique fbftt, sotrs tes tropiques, sert de refuge & un trop grand nombre d'animaux malfaisants, il devient quelquefois néeessaire de Fâbattre; cependant, avant d*y mettre la libefae, avant de commencer une œuvre de destruction irréparable, ii est bon d'en apprécier toutes les conséquences et de se dire qu'en dépouillant la terre de sa rlcbe vég^tion , afin de détruire un repaire dangereux , on ris • qoem de changer le sol en désert aride ou en marécage pettiteiitfel : il en est de même des révolution!», qui n'extirpent poîut les abus sans tarir en même temps les sources pures des plus saines traditions et sans mettre en mouvemeot beaucoup de passions honteuses et détestables.
L'igioranee eu le dédain de ces vérités et surtout l'oubli trop ft*èquent du principe chrétien , qui ne sépare point les idées de progrès de celles d'abnégation, de sacrifice et de charité, voilà les causes des plus grands obstacles au bien. Le ler et la flamme sent impuiMiiits à fokis édore les gerttes des améliorations au sefn d^Mi peuple ; Us ne fé- . coudent ni n'affermissent les meilleures constitutions politiques ou sociales ; et quand nous voyons ee que nous ont coûté depuis seUanle «us les avantages oontestables ou
tMMht otèiMite i(ù^ttnt machine qui peitôe (ft qui souffre, dans le jeu de toquelle ésitreat les passièm c!t les préjagés. Insensés novateurs, treiAMéz m toaftmdlre U politique avec les sciences qui s^exércent sa«-iiNft«6rtw inertes; ta matière que vous jeteï duft vos creusets est une MtCiètie vfyantè; Wè trie, et il en sort du sang et des pleont » (Jb»ef* Droz, Histùfre dû l«^ê de txfiOs XTL)
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CONCtUSlON. 487
réels acqais par une lutte sanglante et acharnée , nous ne saurions nous tenir trop en garde soit contre les funestes égarements des partis , soit contre une ardeur téméraire d'innovation et de progrès. On a souvent comparé le cours d'un fleuve à Texistence de l'homme : cette comparaison serait aussi justement appliquée à la vie des peuples. La plupart des fleuves, en effet, alimentée par les émanations de l'Océan, peuvent être considérés comme n'ayant qu'une même origine , et comme tendant au même but par une marche constante. Bencontrent-ils des obstacles qu'apportent à leur cours les accidents de la nature ou la main des hommes , les plus rapides bouillonnent , se gonflent, et triomphent , en écumant, de leurs impuissantes barrières ; mais à l'endroit où ils ont franchi ces obstacles ils sont devenus troubles et fangeux, et il faut longtemps attendre avant qu'ils réfléchissent de nouveau le ciel dans leurs ondes.
FIN DCr TOME SECOND ET DBBNIBE.
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