‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 40 sur 65 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Rè^ne de Charles X. — Bévolutioii de 1S30. A? énement de Louis* Philippe 1".

16 septembre 1824 ^ 9 août 1830.

Plus cette histoire approche de son terme, et plus de toutes parts les difficultés se multiplient pour l'écrivain. C'est sous l'impression de faits récents, c*est le lendemain d'un cboe violent, provoqué par des passions encore ardentes, c'est en face d'un grand nombre d'hommes qui expient leurs fautes par le malheur, et qui tous ont le droit d'en appeler à la postérité des jugements précipités de leurs contemporains, c'est au miliep de telles circonstances qu'il convient de rappeler que le premier devoir de l'historien ^t de dire la vérité, non dans l'intérêt d'une opinion ou d*un parti, mais uniquement dans celui de la morale, et pour l'instruction de tous. Il est donc de la plus haute importance qu'en rapp<5rtant les faits le narrateur ne perde Jamais de vue la source d'où ils ont jailli : il doit se dire, d'une part, que les vœux populaires n'ont pas toujours été iospirés par des motifs désintéressés, généreux , sincèrement patriotiques; et, d'autre part, que les actes justement condamnés par l'opinion publique, et dont les résultats ont été si désastreux, n'ont pas tous- été conçus dans des pensées de haine et de colère; il reconnaîtra sans doute alors que plusieurs de ces actes, fruit d'une erreur déplorable, Qût pris naissance dans les sentiments qui honorent le plus l'humanité. Ces considérations sont particulièrement ap-

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454 QUAXPlkm IMQVB.

plieables à Charles X : attaché de cœur à Tancien régime 8008 le nouveau; roi catholique et pkox i une épeqm m le catholicisme excitait beaucoup plu8 de défiance que de ferveur dans la partie la plus Influente de la nation , il regarda indistinctement les hommes qui avaient défendu IcB priodpts de la révotetlon oonne coupables de nos longues calamités ; il se persuada, ainsi qu'un grand nombre de ceux qui Tentouraient, qu'il suffirait de rétablir de vieilles institutions pour rendre à la monarchie son ancienne splendeur, à la Fnno» un long avenir de paix et de sécurité : en s'avançant vers ce but, il crut reœpUr on saint devoir, et une fois engagé dans une vole qui meaait à i'abime, il y marcha d'wi pas feraie , le firoot levé , la main sur la conscience.

Avéne. Charles X, dans le cours d'une carrière défà longve, clSartesx s'était montré du petit nombre des hommes dont ia omidult» politique n'(rffrait aucune variation , et qui n euresf que bien rarement à se reprocher d'avoir iiit une co«cessloii à des oj^nions ^Us ne partageaient pas. Les Français étaient avertis et pressentaient dq^is tongtemps les orages du nouveau règne : cependant, tel est le pouvoir d'un langage gracieux et de l'aiEibilRé des manières, et tdie est en France la &cillté avec laquelle le peuple, oubliant de premièEes imprcs^ns, passe souvent de là prévention à l'espérance , que l'avénessent du nouveau r^ parut d'abord p^ulahre : Plus ie haUebardesf avaitil dit aux gardes qui empèdiaiest la fiinle de l'appoocher. Ce mot ^ plusieurs autres aussi heoreux, et surtout lanippression de la eensurey fturei^ considérés comme des présages favorables an début de ce r^ne. Mais en itf- Crandiissant k presse Chutes X m répudiait point la rcspensafailM des nctet d'un afarittèse flétri par eHe} fl

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LIVBB 1^. OUVITIB lY. 4M

raccq^aH»aniHmtrairc»«idéqlMitttiwii»lB^ de le maintenir au pouvoir. Alors eeox d'entre tes Ubéranx qui avaient été trop prompts à mq^rer fiureiit désabusét, et ropinion se prononça omtre une saîlê de prc^ mf»polaires successivement présentés aux àmAt^ par la couronne. L'un d'eux, raisonn^le et juste ^aeeofdait ua milliard comme indemnité aux am^ns émigrés et à tous ceux dont les biens a^ent été confisqués et vendus pondant la révolution ; un «atre, dont l'opportunité aenb était contestable, rétablissait les eomoNuiautés rdigieusesde fenunes; un troisième attachait use peiae barhareaux pro* fanations etaux vols commis dans les élises : en eeriakis cas le sacrilège devait être puni du si^iee des pwrriddes; enfin» le projet qui souleva le plus de reasentimentdans les cdasaes bourgeoises tendait à mettre obstade au morcellem&ai des propri^és, eu créant dans les successions un privilège eu faveur de la primogàotitnre, à défaut d'un voeu formellement exprimé par le testateur. Tous ces projets étaient conçus dans un esprit contraire à celui de la révo* lution. La chambre des députés les adopta ; celle des pairs en combattit quelques-uns avec succès, et partagea quelque temps avec les cours royales la faveur populaire.

Ces actes du gouvernement furent interroowos, en 1S25« sacre de par les solenmtés du sacre. Charles X parut à Reuns en- Mai isss. touré de l'aucieu appareil de la majesté royale ; là il prêta serment à la charte, et reçut la couronne des mains de rarchevéquei an milieu d'un cérémonial antique , peu en harmonie avec les idées du siècle, et où la génératioa nouvelle ne voulut voir malheureusement qu'un acte de déférence bumiliante et iuoppectnue envers le de^sé.

Imparti Ubéral grandissait, et puisait de nouvelles Ames dans les fautes du pouveki il voyait à sa téta dans la

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466 * QOATltfclil élNH)^!.

dudBbre étoeUte Benjainiii Constant , Royer-Gollard et Casimir Perler ; mais il avait à déplorer uoe perte im- Funé- acMe : Foy n^était plas. Cent mite citoyens , Télite do lé^ai eswneroe, da barrean, de la littérature et de Tarmée , soi- *^^ virettt ses flmérailles, et adoptèrent ses enfants au nom de la patrie stir la tombe entr'ouTerte de lenr père, le plas éloquent adversiire des ministres. La coor ne vit qu'an mouvement séditieux dans celte manifestation éclatante : eUe suivait toujours la voie dangereuse où la poussaient des vœux Inqpatieats, lorsqu'un redoutable adversaire de la congrégation et des Jésuites se présenta tout à coup pour les combattre. M. de Montlosler, ancien partisan des vieilles libertés féodales et des prérogatives de l'aristo- Dénon. eratie, dénonça la vaste organisation de la congrécatlon Montio''^ comme menaçante pour le maintien de la retigton en ^^ik?^' ^'^1^^^ ^ P<^^ ^A sirelé de TÉtat; et M. de Frayssiaous jésuites. g^ygxiX laissé échapper à la tribune Faveu de rexistence des jésuites dans le royaume, M. de Montlosier fit contre leur rétablissement appel aux lois de l'État par-devant la cour royale de Paris. Celle-ci s'étant déclarée incompétente pour les poursuivre, M. de Montlosier s'adressa surle-champ à la chambre des pairs, qui, sur les condu skms de M. Portalis, accueillit la pétition en ce qui concernait rexistence d'une société religieuse non légalement autorisée, et prononça le renvoi au président du consdl. Le cabinet prit dès lors la résolution d'enchaîner la presse, qui dénonçait les Jésuites au pays, et d'étouffer l'opposition delà chambre des pairs, qui provoquait contre eui les rigueurs de la loi.

Projet de M. dc Peyrounct présente, dans les premiers jours d< la p^^' 183T,àlachambredesdéputéslaloiquld<Ninaitdes entraves è la presse ; et II les défendit contre tes attaques désespéréa

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LITAB IV. GH4»ITBS lY. 457

dtt eèté gaadie. A peiae eonnae , elle excita dans TopiDion publique im soulèvement presque «Biversel. L'Académie ffttiçaîse protesta, sur la propositimi de M. Charles Lacretelle, vivement soutenue par MM. de ChâteaubrfaDd, Lemerder, Jouy, Michaud, Joseph Droz, Alexandre Duval et Villemaiu ; et une commission fût nommée dans son sein pour supplier le roi de retirer ce projet. Charles X refusa de la recevoir, et répondit à cet acte par des châtiments : il destitua de leurs emplois MM. Villemain , Lacretelle et Michaud. La loi, adoptée par la chambre des députés, rencontra une vive opposition dans celle des pairs. Le ministère comprit que si cette chambre l'acceptait , elle en retrancherait du moins les dispositions les plus rigoureuses; il la déroba en retirant son projet à cette dan- Retrai^ gereuse épreuve. Le peuple lit honneur au monarque de ^eî^^

du projet e la loi sur la

cette mesure : Paris illumina, et des cris de Vive le roi ! se p^*^-

firent entendre au milieu des feux de joie et des acclamations populaires.

Charles X, qui heurtait ainsi toutes les sympathies libérales, attachait pourtant du prix à l'affection des Français pour sa personne ; depuis longtemps il se sentait blessé du silence du peuple sur son passage; et, après avoir été témoin de l'ivresse des Parisiens à l'occasion du retrait de la loi sur la presse, il ordonna pour le dimanche suivant une revue générale de la garde nationale. Ce jour- là Paris tout entier se transporta au Champ de Mars, où soixante nulle hommes étaient sous les armes. Le roi passa dans tous les rangs, et parut satisfait de l'accueil qu'il reçut : presque partout cependant au cri de Vive le roi f se mêla un cri réprobateur contre les ministres. Quelques voix insultèrent, à l'insn du monarque, les princesses présentes à la revue, et, en défilant devant le ministère desfinan- T. II. 20

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bl887.

Uoencle ment de

Avril

4&è QCâanoÉn ipoQmt

sur 1« rapport d«^pHaMfi0f«fciQtf te» y j:v«siiitta^^

hM0^ofitei«é»lle s^Aaille «l4e9M»jcittMsU ; mais il tt^^istin^^ poûit les imiMeii&ft àm cosi^btea^et les ectofindit dmift aa châtimaiit kiem^âré : le leodeBMin de c^te^r»» Yue Paris apprit a¥ee sinpeor que ta garde natl— le était disf0i»te. La pwse a» répandM; en iiieoaees> et fut

S'I^lrde encbatoée aussitôt après la«Bssioa par la ee&swre arbifanâiiy^^. rement rétablie : we vi(4nite oj^^Uion eoatre Tifisprodeate ordonnayee (^ dissolvait si bms^^Mffieiit la gMrde nationale édata dans la chambre ites pairs, et se maoife^a même dans celle des députés, où la minorité hostile au ministres aupientait ebiupie jour en (ofce, B^ nn ^raiid nombre de membres appartenant à toutes les opimiotÊS avaient déclaré que, bien qu'une loi récente eàt coaaaeré la septennalité de la législature, le mandat ^*lib avalent reçu des électeurs ne s'étendaM; pas au delà de cinq ans y et qu'ils ne pourraient en coaséquciiee siéger ptats longtemps à la chambre. M. de Villèle soi^^t d'aillears à assurer la durée de son pouvmr et l'exécutton de ses promis par une nouvelle chambre sej^tennaie eaccNnn pins docile à ses volontés; ii cossnlta les préfets sur l'écrit de leursdépartementa , et ne re^Milht, par leurs réponses, que des renseignements conq^laisants ou inexacts; presque tous s'accordèrent à lui garantir «ks élections favorables à son système. Fort de ces assurances» il n'hésita pkis; et en

DiMoin- novembre 1S27 parurent les ordomiancfs par lesquelles la

chambre? chambrc des dépotés était dinonte, les collèges éleetoranx

tfoTdê convoqués, et soixante-seize palrfes créées, la plupart en

voy.tB%7. faveur des membres de la ma^rlté de raneienne chambre

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UVlll» Vr. CHABITBS ÎV. 46^

et des grands propriétaires, qoe leur fortune seule recomfliandalt an choix royal.

La presse, d'après le texte formel de la loi, redevenait Hbre anssitM que la dissolutfùD de la cfaamlire était prononeée : son irrésistible influence, ain^ que la vigilance dès électeuis, triomphèrent cette fois des manoeu-» rres de ^administration. A Paris toutes les éiections furent libérales, et renthousiasme populaire éclata eu bruyantes manifestations, auxquelles une répression tfo^ tente, mais nécessaire, donna le caractère dWe émeilte. Le sang coula dans la rue Saint-Denis ; lé ministère parut encore plus odieux à la suite de ces troubles , et fut accusé^ suivant Pusage, de les avoir provoqués. Bientôt toutes les élections d^ départements furent connues; la France ap^ prit qu'une imposante majorité constitutfonaellé était sortie de l'urne électorale. Yainement M. de Yillèle voulut encore s'attadher au pouvoir en sacrifiant ses coiiègtres les plus compromis; vainement épuisa-t- il toute espèce de combinaison pour former un nouveau conseil en harmonie avec la nouvelle chambre, et où il pût entrer lui-même : ilavoua^ son impuissance, et tomba devant Topinion publîqae, qu'il cimte du avait trop méconnue. "vîifèie'*

Dec* 1827»

Le oonseU dont il fut membre avait durant une administration de sept années blessé de nombreux intérêts chers aux classes moyennes ; et tandis que par ses actes impopulaires il accumulait chaque jour contre le pouvoir de nouveaux et formidables ressentiments , il Otait chaque jour aussi quelque force, quelque moyen de résistance à Tautorité. En transformant les agents du pouvoir en aveugles instruments de fraude électorale, il les déconsidéra; il Wcssa l'armée par ses complaisances pour ceux qui spéculaient sur les conversions religieuses dans les régiments ; if

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460 QUÀTEIÈME BPOQU£.

s^aliàia les cours royales en coodamoant leurs arrêts;

l'aniversité, en fermant l'école normale, en suspendant les

cours de deux illustres professeurs, de MM. Guizot et Cou-

sin, dont les graves enseignements partageaient alors, avec

les éloquentes leçons de M. Yiliemain , l'attention de la

jeunesse studieuse ; le ministère enfin , en dissolvant la

garde nationale de Paris à une époque dangereuse, où

l'opinion était soulevée contre lui, suscita un ennemi au

gouvernement dans chaque famille de la capitale.

poutique Quelques actes cependant d'une meilleure politique fu«

rieure. reut Tœuvrc du ministère dans ses opérations financières

et dans ses relations avec l'étranger. M. de Yillèie favorisa

le mouvement ascendant du crédit de la France, les ef«

forts de son industrie manu&cturière et son commerce

extérieur. Il ne put, suivant son désir^ et à l'exemple de

la nation anglaise , faire reconnaître par la France l'indé*

pendance des colonies espagnoles; mais du moins il fit

émanciper, par une ordonnance royale, Tancienne colonie

de Saint-Domingue, sous la condition d'une indemnité

considérable au profit des colons dépossédés; et par le

Traité traité du 6 juillet le gouvernement français s'unit à l'An-

^ance^ glctcrrc ct à la Russie pour amener la fin des hostilités en-

udÂ, tre la Turquie et la Grèce. Le fils de Méhémet-Ali, Ibra-

*^ïwf^ him-Pacha , appelé par le sultan , arrivait alors en Morée

avec une flotte formidable, chargée d'une grande partie

des forces militaires de l'Egypte : les Grecs, épuisés, étaient

perdus sans l'intervention des puissances. Ibrahim refusa

d'observer l'armistice prescrit par elles, et ce refus amena

Bataiue la célèbre jouméc où l'escadre française, sous l'amiral de

ni^Moct Bigny, unie aux escadres anglaise et russe, foudroya

et anéantit dans le port de Navarin la flotte égyptienne*

Cette victoire sauva les Grecs , et en fit une nation : la

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LITBB IV. CHAPITAB lY. 461

France l'apprit avec joîe, et salua en elle pour la Grèce ressnscitéenne brillante aurore. Son enthousiasme fut partagé par le peuple anglais, qui se plut à rapporter l'honneur de ce triomphe au grand ministre dont il déplorait la perte : Ganning n'était plus. Des orages s'annonçaient aux deux extrémités de l'Europe. L'empereur Alexandre avait cessé de vivre en 1825, et l'empereur Nicolas, son frère, appelé an trône par la renonciation de son frère aîné Constantin, n'y était monté qu*après de sanglants combats , qui fatsaient pressentir un règne agité. Vers le même temps, après la mort du roi Jean Vf, don Pedrp, l'aîné de ses fils y renonçant à la couronne de Portugal en faveur de sa flHe dona Maria, avait dohné une constitution à ce royaume, sous les auspices de l'Angleterre : les amis de don Miguel, absent, les partisans du pouvoir absolu, se disposaient à courir aux armes ; déjà la guerre civile s'allumait parmi les Portugais, tandis que dans le royaume voisin, en Espagne, le peuple flottait entre l'anarchie et le despotisme. Le reste de l'Europe faisait silence. La France entrait alors dans une volé plus constitutionnelle : le ministère qu'elle obtint parut comprendre la situation, et s'appuya sur les classes moyennes.

Ce nouveau conseil fut formé le 4 janvier 1828. Ses mem- Forma-

tlon do

bres étaient MM. de Martignac, Portails, la Ferronnays, %"^^ de Caux , de Saint- Criq et Hyde de Neuville , auxquels le ^ g^^^^ roi adjoignît ensuite MM. de Vatimesnil et Feutrier, évê- *"•' que de Beauvais. Il n'y eut pas de président du ccmseil; mais M. de Martignac, doué d'un esprit judicieux, d'une parole facile et pleine de convenance, donna son nom an nouveau cabinet. La chambre des députés , présidée par M. Royer-Collard, qu'avaient élu sept collèges, blâma d'abord, dans son adresse au roi, les actes du dernier mi*

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462 QUATi^IVI» BBOQUi-

oi$l;èrey et fu^^m^iuite «or le point de le tradnire en aonn lotion, l^ ftitiMtioa iki oouveaa cabu^et était doobtement 4iffii(»te. La :plii|^t de &e& meiobres avaient donoé trop peu dégages à rc^pioioii libérale pour rassurer la bourgeoisie^ et u'eo offmeut poiut as$ez à TopUnou royaliale pour eontenter la cour : de là les exigepo^ d'une double opposition ^ la défiance du luouarque; de là aussi la cbule rapîd(e de oe ministère : mats dans sa courte admlnistrai^prme tiop il fit quelques lois importantes. L'un d- elles, donnant ^%t kS""^ satisfaction à la pressa, abolissait la censure; d'antres adélections, mettaient la spécialité dans les grandes divisions du budget, la permanence des listes électorales, et le contrôle des mesures administratives en matière d'élection ; en-^ fin le droit d'interpréter les lois devenait celui des trois branches du pouvoir législatif, ttonftîn- ^-^^ *®^ relations extérieures le ministère répondait ^^^ 9m. vo^ux de la France pour le salut des Grecs par l'envoi ****• de quin^ mille hommes en Morée, sous le général Maison : Ibrahim ^ retira devant eu^, la Grèce fui affranchie , et Capo d'Istria y fonda un gouvernement régulier. A rintérleur les obstacles se multipliaient chaque jour sous les pas des membres du cabinet; ils poursuivaient néanmoins leur pénible tâche avec courage. Leur triomphe le plus difficile fut le renvoi des jésuites, qu'ils obtinrent par deux ordonnances royales du mois de juin , dont Tune interdisait la direction de huit écoles secondaires ecclésiascrdon- tiqucs k toutc pcrsounc appartenant à une congrégation non ^Sîîfj^^* autorisée, et dont l'autre enlevait au^ évoques la direction de ces écoles ou petits séminaires. Ces ordonnances f firent la plus pénible concession de Charles X aux exigences de l'épMpie; av(ain saorlfice ne lui coûta davan^ge. La congestion ae^ientlt par elleabtessée au cseur^ at

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uviis IV* cttât»ltmB IV. 46S

àt lOQtes parts reteulireift BQtxMir du roi des efis de répnibfttioD et de colère, le iM>ii venir des eoneessioim forcées que te monftrqtieBvaitf aites % Ms mintatras olmogea bien- Mt la déâimee qu'ils loi luspirateiit e» aversion, et dès lors il ne vit point sans nneseorète satlsftustion la eondidte iB^rad^orte da côté ganehe : eelni^, «tarmé de la préseoee dans la chwtilired'diie minorité noBSlatevse cl imboe de doctrines inconeifiables avec^ les Intérêts <t les vœnx décelasses mojrenDes, convstaNi d'iri^enrs des liens indissotabfos qvà nnissaient à oette HAnoriléla dynastie régnante^ cherchait avant tout àq^iiéveirir son rappel au pouvoir, et deoMincIflit platèt encore defortes garanties contre elle que de sages institutions pour Ut France. Voilà ce qui tendit principalement à donner, en 1828 et 1829, on caractère malheureux d'impatience et d'irritation profonde à la majoritéde l'assemblée. Le roi se trompa sur les causes réelles des exigences déraisonnables de la gauche. Il regardait son conseil comme l'expression véritable du parti constitutionnel, et se pkit à répéter, non sans cause, qu'ao<mn ministère, aucune concession de la couronna ne seraient capables de satisfeire les libéraux : il espéra qm le fnmnent viendrait où les ministres, qu'il ctoyaH: l«i avoir été imposés par l'apinion pnlilique, seraient condamnés par elle, et pensa qu'il trouverait dans lenr diote populaire un motif ou un prétexte pour revenir a«x hommes de son choix.

Charles X fit à cette époque un voyage dans les départements de VGst; r^oawil Ikvonable de la foule, avide en toat temps de voir un ros, l'abusa sur les disposions de l'esprit public, et un é^ee du ministère le confirma dans VintentioB d'exécuter ses desseins Amenés. Deux impor-tants ft^9ta é» M, l'un sur l'oiganlsatlon des conseils municipaux, Tas^te snTceBe^toicMis^ d'arrondissement

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464 quathiIjib iPOQI».

et de département, avaient été portés à la chambre des âé^ pâtés. L'extrême droite, en haine des ministres qni les présentaient, onbiia ses doctrines de 1815 snr les frandiises J^£ locales; elle repoussa les pro^ts ministériels comme trop "mS^I^ démocratiques, et s'entendit avec le c6té gandie, dont ils f^ satisfidsaient imparfidtemrat les vœnx, pour les condamner avant même que la discosien fût ouverte : la diambre ne tint pas compte au ministère des difScultés de sa position; et celui-ci retira brusquement les deux projets. La cour triompha de cette dii^ce du cabinet ; Quurles X arrêta dès lors dans sa pensée la dissdntion de son conseil, et le ' S août 1829, après le vote du budget de 1830 et la clôture de la session, parut l'ordonnance qui créait le nouveau ministère.

^^^- Trois hommes marquants, le prince de PoUgnac, MM. de jjjjj^ la Bourdonnaye et de Bourmont, furent inscrits sur la liste, 'iîS^^ comme un défi Jeté à l'opinion. Le premier, doué d'ailleurs des plus estimables qualités, était l'expression vivante d» parti congréganiste ; le second représentait, en ce qu'elle avait de plus violent, la chambre impopulaire de 1815; le troisième, ancien chef de diouans, n'était connu du peuple et de l'armée que comme tran^oge du camp français à Waterloo. MM. de Blacas et de Damas avaient eu la plus grande part à la formation du nouveau cabinet : ce dernier, connu par ses doctrines antieonstitntionndies, venait d'être nommé gouverneur du due de Bordeaux : la contrerévolution était ainsi ouvertement annoncée. Mais la bourgeoisie avait pris des forces ; elle avait obtenu du ministère Martignac, dans la loi snr la presse et dans la loi électorale, deux armes puissantes ; elle était en mesurede résister, et elle résista. Le 8 août le char de la monarchie fut lancé sur une pente rapide, et poussé vers l'aMme.

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LlVBl IV. CHAPITBB IV. 465

Aasiitôt que les noms des nouveaux ministres furent connus, la presse passa tour à tour de la colère à une insul- Attttade tante pitié, du dédain à la menace; là société AidS'toi, le France. ciel f aidera, préparait, en cas de dissolution de la chambre, la résistance par les élections ; et sur tous les points du royaume une vaste association se forma pour prévenir et combattre rétablissement redouté des taxes illégales. La cour ne vit dans ces grands et formidables mouvements que les symptômes d'une conspiration, dont le but était le renversement du trône. S'il y eut alors conspiration, il faut dire que c'était une grande partie de la France qui, croyant la charte en péril ^ conspirait ouvertement pour la sauver. En butte à une telle défiance, à des attaques aussi violentes, le conseil protestait toujours de son respect pour nos institutions ; M. de la Bourdonnaye fut même sacrifié par ses collègues à l'opinion publique , et le ministère, présidé par M. de Poiignac, parut enfin devant les chambres.

Charles X, en déployant pour la dernière fois, le 2 ^J^J^ mars, toutes les pompes de la royauté, déclara, en pré- <*« »»«>• sence des députés et des pairs réunis, sa ferme intention de maintenir également intactes nos institutions et les prérogatives de la couronne. L'adresse des députés en iidresse réponse au discours du trône signalait au roi la composi- ^j£°^e tion de son nouveau cabinet comme dangereuse et mena- ^^4^ çante pour les libertés publiques : deux cent vingt et un ^^^^ membres, contre cent quatre-vingt-un, votèrent cette *m?S adresse mémorable. Le roi en fut offensé; il se plaignit, et '^^ annonça que ses résolutions étaient connues et seraient immuables. La chambre fut prorogée, et ensuite dissoute. ^J^j;^ Le roi rendit l'ordonnance qui convoquait de nouveau les mS^uSi collèges électoraux ; et les deux cent vingt et un signataires de l'adresse furent réélus.

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4^ iîVATWMK BFOQUB.

CopegMUyDt 1^ cabine avait eberebé à aoqQénr ^pielque popularité aa moyap 4'ua succès militaire » çit nu sSîtwX l^it au CQQSul de France par le dey d*A%er offrit aux o^joistras que heueenae occasiou de purger la mer des pirates Conquête ))arbaresques. Uue expédition coatre Alger fot ordou* sjXet née; M. de iPouriiKmt eut le eommaudemeat de Farmée, ramiral Di^perré obtiot celui de la flotte* Ia viHe fut prise ; Ifi eal;ûuet et la cour aecaeillireut avec transport la nouvelle de cette t^iUaute cooquéle, mais le peuple s'associa j^aiblemeut à leur joie : il comprit que ce triomphe les ren* dratt plus téuiëraires, et ocaigoit qu'il n*ôtât plus aux li* be^rtés de la nation qu'il n'ajouterait à sa gU^re.

La btte politique appro^bai^ ^^^^ de son terme : d^ le résultat général des électiens était connu; le ministère a^t se trouver en face d'une majorité plus compaote, ]^ iijopatiente et plus bostiie. La plupari; des membres de cette n^jorité ne voulaient pourtant pas la cbute du Uôœ : ils étaient sinoèrement cQustitutionnels ; mais slora, comme OA 1791^ lafiour, pour son malheur, ne sut fmX dist^guer les constitutiounels des révolutionnaires radicaux; elle s'obstinait à voir le fléau de la France dans la charte, qui était VauQca de i^Iut de la dynastie; être dévoué à lacjQoistituliQa, c'était aux yeux de la cour être ennemi du pj;ince : c'est ainsi que^ refusant son appui aux bom^ «Aes qui voulaient la ^arte avec les Bourbons^ la cour les 4isposa à s'appuyer <rnntce elle sur ceux ^la voulaient ^ns les Bourbons, dont cette pi«éventioiO déplorable et in« iriaeibk précipita la chute*

La dynastie penchait mr Tabioie; elle était arrivée à

ce point fçital où se manifestent les symptômes les plus

Dian^rers iuC^libles dc ÏB, cbitfe dcs gouvernements. Presque tou§

dynastie. les hommes éminents en science et en tal§nt étaient pas-

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UVBB nr. CninTBB IV. 467

ses dans les raugs de Fopposftkm, et ceux même qeâ avaient k plus énergiqnement fiouteiia cette dynastie dans f origine, cens qni auraient en le plâs grand intérêt personnel à la maintenir dans les voies constitutionnelles qn*ils loi avaient tracées , étaient la plupart devenos les chefii de la majorité hostile à son gouvernement; enfin, inspirant une invincible défiance à la nation par les succès mêmes qui en d'autres temps auraient affermi son autorité, elle voyait le pays repousser la gloire qu'elle lui présentait, et l'opinion d'un grand nombre lui imputer à crime non-seulement ses fautes, mais encore les calamités qu'elle s'efforçait de conjurer : plusieurs départements furent en e^et, à cette époque, désolés par de nombreux incendies, et la rumeur publique s'égara jusqu'à reprocher au gouvernement d'être l'auteur de ces crimes.

L'époque de la convocation des chambres approchait, ^^^Jf^JJ" et Tesprit de vertige, avant-coureur de la ruine des em- ^^^jj^} pires , pénétrait de toutes parts dans le palais du roi de France. Des bruits étranges circulaient à Saint-Gloud , résidence de la cour, où l'on n'attribuait les imposantes manifestations de l'esprit public qu'à la pernicieuse influence d'un comité directeur : c'était lui seul, disait-on , qui détachait la France de son roi. Les fonds publics avaient-ils baissé depuis la nomination du ministère , c'était , disaiton , l'œuvre du comité directeur ; les populations des villes du midi faisaient-elles un bruyant et glorieux coriége au général la Fayette, à son retour des États-Unis, où il avait joui du plus beau triomphe qu'un homme puisse ambitionner, c'était le comité directeur qui commandait leurs acclamations; le peuple, au contraire, restait-il froid et presque indifférent à la nouvelle de la conquête d'Alger, c*était le comité directeur qui lui prescrivait le silence : il

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4^ QUÀTKlklIB l|POQVX«

suffisait de découvrir les membres de ce comité, de Caire ua exemple sur quelques-uns, p<mr que t^t rentrât sur-lechamp dans l'ordre et rdiéissanoe; il fallait en finir avec la révolution et les révolutionnaires. Le nom de Napoléon était dans toutes les bouches; ceux qui jadis l'accablaient d'outrages n'avaient plus assez d'éloges pour son gâiie ; il fallait l'imiter, et, comme lui \ user de force et d'audace : l'armée serait fidèle; la bourgeoisie avait donné sa démission , la garde nationale de Paris s'était laissé désarmer, et l'on pouvait compter sur la multitude : quelques charbon-^ niers et forts de la halle n'étaient-ils pas venus en procession à Saint-Cloud ? n'avaient-ils pas dit au roi ce mot, répété par la cour avec complaisance : Maitre charbonnier est maître chez lui? D'après cela, pouvait-on douter que le peuple ne fût royaliste et qu'il ne prit fait et cause pour la cou* ronne ? Teb étaient les discours de ceux que le roi admettait dans son intimité : la seule personne qui aurait pu combattre avec succès une résolution téméraire, qu'elle n'ap-* prouvait pas, madame la dauphine, était absente; et tout contribuait à abuser le malheureux prince, déjà trop enclin à se faire illusion à lui-même. Son esprit obéissait à une influence plus haute et encore plus irrésistible : Charles X, et en cela son premier ministre lui était semblable,. Charles X croyait avdr une grande mission à remplir ; il regardait comme un devoir sacré d'étouffer le libéralisme , d'établir son gouvernement sur des bases religieuses et monarchiques, et il se laissa persuader que l'article li de la charte, qui autorisait le roi à rendre des ordonnances pour le salut de l'État, Tautorisait aussi à sortir des voies légales si l'État en péril ne pouvait être sauvé par la légalité. A ses yeux le salut de la monarchie dépendait da maintien de son ministère et du triomphe du trdne suc

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