‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 12 sur 103 · HRMlAftS ivGfQpÊ · texte numérisé non relu

HRMlAftS ivGfQpÊ

chudé- Omeislli fieHie violfftkm âesTieitles^otlttimeséo rojraume

Tuer^ arma tons les graués coatr« Éliroùit). Les seigneurs de

*'ô. Nevstrie <t de Boorgogne ne vcmlaieikt pSA pins "que ceux

d'Aafiftrasîe voir les maires nsuarper sur «hx te droit d'^é-

lection aa trAnoi ils offrirent la cburo&tie des deux royau-

vomà GMlâiMc II, sil d'Âastrasie, Ébrouio , abandonné

cbute e^t de um f se féisgia dans une église; sa vie fat épai^née,

^^^^ on lui donna la tonsure, et on l'enferma au mcmastère de

IjKxeilil : Thierry III fut condàit prisonnier devant son

ftèie, et renfermé , par son i>pâre > «u jècévent de Saint-

Dettis.

Cfaiidérie II transféra sa résidenee de Metz à Paris. Ce prinoe joignait aux paarâna brutales de sa race dégénénse le eartAtère énergique de ses aïeux. Contraint d'abord de sousérIreauK conditions imposéës^ par les grands qui Tavaiest couronné, il ne les obs^va plus dès qu'il sentit sa force; il combattit (es leudes par des supplices^ etMBfoirma l^évéque L^er dafna ce même monnitère de Laxenil » oà 4$ekii«ci avait fait JeterÉbrottin. Le malheur sôeoneilia pow un temps ces deux grands ennemis ; ils ourdirent uns conspiration contre le téméreire Gbildèric, qol avatt osé infliger ànn doses tendes, nonntfé Bédolos, ma chfttlmttiart honteux réâ^rvé aux esdavé^?Bûidolusèt Déii. tes conjurés «irprirent le roi chassant dans la forêt de lîà^ Bondy, près de la royale maison de (Siidies; leur ven- "te 5SS* 8««w» ^ «^*«««e • *l8 regorgèrent av«e sa femme et ses ^^'^* etffànts. Ébrouin et rétêK]ffie I^r sortirent ensemble de eàpâvlté, et redevinrent émemis mortels. ÉlN*QKrîn, après imegueirre sanglante 9 l'emporta enfin anr s<m redoutable flvai , qu'il {n-ivade la vue » et qu'tl fit ^sttite condamner par un synode épiscopal et massacrer. 14 Hua du olottre le feible Thterry, utilç et aveugle iuitrimvefit do ses volontés

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despotiQiies : il s'appuya eontre les grands sur les massés populaires, et exerça longtemps ut) pouvoir sans contrôle: j il mit tout en œuyre pour briser l'aristocratie liéréditaire ; il reiràit les bénéfices à la cireuiatien ; il enleva les terres du fiseroyat aux familles puissantes , qui les regardaient depuis longtemps comme leur patrimoine; il les partagea entre des hommes nouveaux , intéressant ainsi une classe nombreuse de pauvres bénéficiaires à la défense de son œuvre.

Cependant un orage redoutable se formait contre Thierry Ébroutn, en Austrasie. Après la mort de Chfidértc II, ,^^;f^, cette eontrée s'était de iMHiveau séparée des royaumes de "* NeustHe et de Bourgogne. Le Jeune Dagobert , iils de Si> gebert m, fut rappelé du monastère où il vivait caché, en Irlande. Ge jeune prince, avide et cruel, voulut faire ses vîetlmeJB4esia»teùrs de sa fortune, et sa témét-ité fut égale à ses vioienees. Imitateur du dernier roi Ghildérîc , il eut une fin pareille, et périt assassiné par les ducs d'Australe ; au nombre des meurtiiers étaient plusieurs partisans et parents de l'ancien maire Pépin de Landen ou le Vieux, dont la postérité mâle s'était éteinte avec Grimoald et son fils, mais dont la famille conservait toujours une grande influence. Une ûUe de Pépin , nommée Begga , avait épousé le fils du grand Arnulfe de Metz : elle en eut un^ofant mÈAe qui reçut le nom de son aïeul maternel, et que les historiens, pour le distinguer de Pépin le Vieux, ont surnommé Pépin d'Héristal, du nom d'un lieu célèbre qu'il habitait sur là Meuse. Ce jeune, homme , après la mort de Dagobert, fut reconnu pour Tun des ehe& de l'aristocratie des ducs et des comtes d' Austrasie. Les grands triomphaient dans cette contnée.^ «ft ils étaient I écrasés en Neustrie et en Bourgogne; une multitude de

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proscrits de ces deux royaumes demaadèrent veng( contre Ébrouio aux ducs d'Austrasie, et un premier terrible choc eut lieu dans les champs de Latofao , d^ funestes une fois aux Austrasieos. La Neustrie y fut encq victorieuse. Ébrouin triompha ; mais il ne put recueil! les fruits de sa victoire ; nu seigneur nommé Ërmanfro coupable dans l'exercice de sa charge et menacé de mor >iortd>ÉP^^^î^^ Ébrouin; il lui fendit la tête d'un coup d'épè *7wî°' et s'enfuit en Austrasie, où le duc Pépin le comb d'honneurs. Les historiens du temps , la plupart ennem mortels d'Ébrouin , nous le montrent surtout; impitoyab et perMe^ mais §a mémoire fut honorée dans quelque légendes populaires. « Il réprimait violemment, disent elles, toutes les iniquités qui se commettaient sur la suj face de la terre ; il châtiait les forfaits des hommes su perbes et injustes, il faisait régner la pai^ : c'était m homme df grand cœur, bien qu'il fû( trop cruel aui évéques \ » Ébrouin, sans sceptre et sans couronne, aval légné vingt ans avec un pouvoir qu'aucun roi n'avai exercé aviint lui.

Suite défi roisfainé^ts. -r iJitte de rAastrasie et de la Neustrie. , . Jtfairie de Pépin d*Béfi6tal

Waratho , puis Berthaire , succédèrent à Ébrouin dar sa charge. Les rênes du gouvernement, en échappant son bras puissant , flottèrent dans leurs mains débiles; lé

' Légendes de aaiot Pracjectus d'Auvel^gne 6t de saint Martial ^ Limoges. ^ ,'.

LIYBB I. GHAPITBB IH. 73

iscordes civiles agitèrent la NeQstrie f l'espoir revint aux eipeurs exilés, ils renouvelèrent leurs instances auprès pe Pépin d'Héristal et des autres ducs d'Austrasie , et une Dvasion nouvelle fut résolue. Pepîn s'annonça comme le lengeur des nobles francs et des prêtres de Dieu , déi/^oQîUés par les maires de Neustrie, et fût proclamé chef Me la guerre. Il rencontra Tarmée neustrienne dans le pays p^de Yermandois , à Testry, remporta une grande victoire , vieioire ^t fit le roi Thierry prisonnier. S'étant assuré ensuite que tr?fiel!rà ciiiul n'était plus propre que ce faible prince au rôle d'un m7.'' ifaotôme de roi , il le reconnut roi de Neustrie et d'Aus- Tbierry iflrasie, et gouverna sous son nom comme maire du pa- oojijui. ^'Mais, en abattant les restes du parti opposé aux grands. ^1%, Après la mort de Thierry, Pépin fit successivement cou- nïïr^ ronner les deux fils de ce prince, Clovis III et Childe- **%"** fhert lU, puis son petit-fils Dagobert III ; lui-même était le ^^,J^: véritable chef militaire et le seul grand Juge de la nation ritui. des Francs. Il remit en vigueur les anciennes coutumes nationales laissées en oubli par Ébrouin ; le grand mallum, ou assemblée annuelle, tombé en désuétude, fut régulièrement tenu aux calendes de mars. Tous les membres de la hohlt nation des Francs y étaient convoqués. Le roi s'y rendait sur un chariot traîné par des bœufs, revêtu des insignes royaux, et portant sur ses épaules sa longue 'Chevelure : il s'asseyait au milieu de rassemblée sur un trône d*or : là, le monarque en efdgîe donnait audience ^aux ambassadeurs étrangers , et leur rendait les réponses qui lui avaient été dictées à lui-même; il prononçait quelques paroles touchant la paix , la guerre, et les devoirs du gouvernement envers les églises et les orphelins ; puis il is'en retournait comme il était venu , renvoyé par Pépin dans une des grandes métairies royales , pour y être servi T. I. . 4

7é BftBMlÈUi ÊPOQUS.

et sartout gardé, avec honneur et respeet. Cette grande scène était jouée tous les ans : elle atteste ie prestige qu'exerçait encore à cette époque, sur les Francs, ie sou- \eBir de Glovis, et à qoei point le re^ect populaire s'attachait au sang.de Mérovée. Ce culte superstitieux pour une race dégénérée est , de nos jours , difficile à comprendre, et on ne sait ce qui doit nous étonner davantage dans ces assemblées, ou la hardiesse des maires qui, en présence d'un peuple pour qui le nom de Mérovingien était sacré, humiliaient ainsi les derniers représentants de cette famille, ou la lâche imbécillité de ceux-ci , tous reconnus rois^ et dont pas un ne sut profiter de ces œeasiens solennelles, pour l'être en effet.

L'empire des Francs tomba en dissolution après la bataille de Testry : les princes des Saxons , des Frisons, des Allemands, des Bavarois et des Thuringiens, jusqu'alors vassaux des rois mérovingiens, se regardèrent comme les égaux de Pépin lorsqu'ils eurent contribué à sa victoire. Pépin lutta contre eux , et eut presque jusqu'à la fin de sa vie de longues et sanglantes guerres à soutenir sur toutes le» frontières du Nord, tandis que les peuples de la Bourgogne et de la Provence secouaient son joug au Midi : ceux de l'Aquitaine se ralliaient alors sous le célèbre Eudes, duc de Toulouse , desceudant de Garifoert ; ils lui donnèrent le titre de roi, et se i-econnurent presque indépendants de la monarchie frftuque.

Pépin avait deux fils, Drogon et Grimoald, de sa femme Plectrude, et un troisième, nommé Gharles; de sa conçu* bine Alpaîde. Il donna le duché de Ghampagne à l'aîné, qui mourut en 708, et il revêtit,* de son vivant, son second fils, Grimoald, de la charge de maire de Nenstrie. Une haine implacable divisait les mères de Gharles et de

Mort de

LiyaS X. CHAPITRE Ht. 75

Griffliofttd, qai devinrent ennemis mortels. Pépin Tieillissait; il tomba malade, et 11 était à Tagonie lorsque son fils Grimoaid fat égorgé presque sons ses yeux : il recouvra des forces pour le venger ; il se leva de son lit de mort , fit périr toQs les auteurs du meurtre et enfermer à Cologne son fils Charles , qu'il soupçonnait d'en être le complice ; puis il établit maire du palais le jeune Tliéodebald , fils de (rn'ffloafd, à peine âgé de cinq ans. Cet acte énergique épuisa ses forces : « Il mourut en 714 , disent les annales T»iS^ des Francs , après avoir commandé vingt-sept ans et six mois à tout le peuple franc, avec les rois à lui soumis, Thierry, Clovls, Childebert et Dagobert. »

Benûef8 rois fainéants — Fin de la latte de TAustrasie et de la Ifeosfrie. -* lAYasîoB des Musulmans. — GouTemement dé Charles Martd.

Pépin laissait à la tète de la monarchie deux enfants , dont \^ln roi et l'autre maire, sous la tutelle de la vieille Pleetmde, aïeule de Théodebald. Les Nèustriens s'indignèrent d'un semblable joug, ils se révoltèrent contre Plectrade et son fils, et choisirent Raginfred pour maire du palais : puis , de concert avec les Frisons et les Saxons , ils attaquèrent TAustrasié désarmée. Pressés de tous côtés , les Âustrasiens abandonnent à leur tour Plectrude et son fils; ils tireiît du cloître le jeune Charles , fils naturel de Pépin, doué de qualités héroïques, et le reconnaissent avec enthousiasme pour chef. Cependant le nom des Mérovingiens avait encore un certain prestige, et des deux parts , après la mort de Dagobert III , un membre pré-

chtiDé. tenda de cette race dégénérée est tiré du clottre et pro- '^ao-* clamé roi : Ghilpéric II en Necjstrie , et Glothaire IV en 't«. ' Austrasie. Ils régnent de nom , tandis que les deux maîtres réels de ces contrées, Raginfred et Charles, se préparent à la guerre, et marchent Tun contre l'autre. La victoire ne pouvait être longtemps indécise; les Francs de TAustrasie , qui touchait à la Germanie , n'avalent rien perdu de leur énergie guerrière. Les avantages qu'ils tenaient de la conquête étaient un appât puissant pour les tribus germaines du voisinage , et des émigrations successives durent naturellement entretenir dans la nation austrasiennc un esprit militaire plus énergique, des habitudes plus.beivictoires liqueuses qu'en Neustrie. Gharles, battu d'abord et réfugié tes.^mfde dans les Ardennes , rassembla des bandes aguerries , et se d'Hérîi- mit à Icur tête : il surprit les Neustriens , en fit un grand ^îTsJte'.* carnage, les poursuivit, et, parla mémorable victoire de »îy-7*». Vincy près Cambrai , gagnée en 7 17, la Neustrie tout entière devint sa conquête. Les Neustriens, vaincus, mais non soumis, appellent à leur secours Eudes, roi d'Aquitaine, et lui offrent le sceptre. Les Aquitains regardaient les Francs du Rhin comme beaucoup plus barbares que ceux de la Seine : ils avaient à craindre que les bandes farouches de Charles ne voulussent, comme autrefois celles de Clovis, goûter les fruits du Midi; ils s'unirent» donc aux Neustriens , et marchèrent contre Gharles , qui les battit près de Soissons et les poursuivit jusqu'à Orléans. Glothaire IV, simulacre de roi en Austrasie , venait de mouchUDé- rir ; Charles , vainqueur des Neustriens et des Aquitains, Vi8.* fait reconnaître l'imbécile roi de Neustrie, Chilpéric II , comme souverain de tout l'empire de Clovis, et règne seul en son nom.

Les batailles de Vincy et de Sdjssons furent le dernier

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effort des Neustriens. Le siège de l'empire des Francs fbt depuis transporté vers la Meuse et le Rhin ; et il ftiUait qu'il en fât ainsi pour arrêter et refouler en arrière le flot dévastateur des nouvelles émigrations germaniques.

TJd ennemi plus terrible menaçait l'empire des Francs, iwa^a Depuis un siècle seulement, Mahomet avait fondé en Ara- •oi^m hie une religion nouvelle, et déjà ses armées, électrisées «h»^*»» par le fanatisme religieux et l'esprit de conquête , avaient *^*^**' envahi une partie de l'Asie, l'Afrique, l'Espagne, et s'avançaient dans les Gaules. Jamais, depuis Attila, invasion plus redoutable n'avait menacé l'Europe. Le torrent dévastateur franchit les Pyrénées, et fondit d'abord sur la Septimanie. Narbonne succomba, et la chute de cette ville décida du sort de la contrée, où la domination arabe remplaça, comme en Espagne, celle des Visigoths.

Les musulmans menacèrent ensuite TAquitaine, qui obéissait alors au roi Eudes, ancien duc de Toulouse, descendant de Garibert, et vassal rebelle des rois mérovingiens que Charles couronnait. Eudes remporta une grande victoire dans les champs de Toulouse; mais ensuite, pressé par de nouvelles légions d'ennemis , il acheta la paix de l'un de leurs généraux nommé Munuza % eu lui donnant sa fille Lampagie en mariage. Munuza s'éloigna, et succomba bientôt dans une guerre civile contre Abdérame , v^ali ou chef des musulmans en Espagne * ; sa franme , fille du roi Eudes , tomba au pouvoir du vainqueur, qui envahit à son tour l'Aquitaine. Eudes était en

^ Le nom arabe de ce chef fameux était Ebn Abi Muça, et , selon qnelques-ons , Abi-nessa.

* Ce prince est connu , dans les chroniques arabes, sous le nom d'Abd-el-Rahman.

78 PRBlJPlillS EFpQIW.

guerre, au nord de ses États, contre l'iavineible Charles , chef de tous les Francs, lorsqu'il fut meaacé au midi par les ennemis de toute la chrétienté : il vit son armée détruite par les musulmans devant Bordeaux ^ cette ville incendiée, r Aquitaine au pillage, ses habitants massacrés ; alors, se reconnaissant trop faible contre tous, et contraint de se soumettre aux Francs on aux Arabes, sa religion dicta son choix : il se rendit en fugitif dans la eour guerrière de Charles, reconnut -sa suzeraineté, etofatiat à ce prix le secours des Francs. Charles fait un appel bdliqueux à tous les guerriers de la JNfeustrie, de i'Aastrasie et de la Germanie occidentale; ils accourent en foale, et leur formidable «rmée rencontre celle d'Abdérame, en octobre 732, dans les plaines de Poitiers. Les destinées du genre humain allaient être jouées dans ces champs fameux : l'armée des Francs était la seule barrière en état d'arrêter l'invasion mahométane, il s'agissait de savoir si le monde serait musulman ou chrétien.

Batame. DuTaut scpt jours, les deux armées s'observèrent sans pomenT combattre; enfin les miisulmans, dont les chroni^eors ^' élèvent ie nombre à plusieurs centaines de mlHe , se déployèrent dans.la plaine : au signal d'Abdérame, la.l^ère cavalerie des Arabes engagea la bataille par une nnée de . trait3, et fondit comme un tourbillon sur l'armée ides Francs. Ceux-ci, ioébranlablessur leurs puissants dbevaux du Nord, et défendus par leurs lourdes armures, opposèrent longtexQps un mur de fer aux charges multipliées des Sarrasins, et demeurèrent fermes, serrés en masses , immobiles. Tout à coup le cri de guerre s'éleva sur les derrières de l'armée arabe; c'était le cri du roi Eudes et des Aquitains, qui avaient tourné l'ennemi et qui incendiaient son camp. Une partie de l'immense armée d'Ab-

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déraïQje fit faee am Aquttaiiis; le Msordre, efCetde la SDiprise, ouvrit les rangs des Atehes. Qiarles à son toar àmne le signal, le mnr de fer s'ébranle, les masses pesantes de la Germanie tombent sor les escadrons d*Abdérame : la hache de bataille et la large épée des Francs moiasoiment des rangs entiers : Abdérame rallie en vain ses soldats, 11 succombe avec l'élite des siens, percés de coups, broyés sons les pieds des chevaux ; les Arabes recalait, et chtf dient nn refuge dans leur camp ravagé. La naît était venue , Charles arrête la poursuite ; et le lendemain, au point du jour, les Francs n'aperçoivent plus au loin qu'une plaine sanglante jonchée de cadavres : les ténèbres avai^it psot^é la retraite des musulmans; la Cause chrélâenne était gagnée.

Les Arid)es évacuèrent rAquîtaioe après leur désas- Retraite treose défaite à Poitiers ; et cette journée , à jamais mémo- rasins.' rable, dans laquelle il fut dit que Charles avait martelé les Sarrasins, lui valut le glorieux surnom de Martel, que la postérité iai conserva; mais en délivrant du mahométîsme \e& provinces du Sud, il ne les sauva ni du pillage, ni des ineei^tes, ni des massacres : ladévastàtlcm marqua les pas-de son armée et souilla sa victoire, dont les Aquitains ne iai tinrent pas compte ; et une profonde inimitié subsista entre les peiq^es plus civilisés du midi des Gaules et les barbares du Iford.

Charles suspendit, pendant sa domination seulement, ^,e^ les progvès de l'autorité ecclésiastique. L'armée faisait ^^' toute sa force , et, pour se l'attacher davantage, il osa coaTersaisir les biens de l'Église , et les distribuer entre ses guer- "^de°^ riers. Il ne prit pas le nom de roi : mais il ne donna point M^f/têi! de successeur à Thierry IV, fils de Dagobert 111 , qu'il avait couronné après la mort de Chilpéric 11. Ses ennemis

80 FUBMISaS ÉFOQDE.

les plus dangereux furent les Frisons , les Allemands et les Saxons, toujours attirés vers le Rhin par le saccès des ' invasions précédentes : Charles parvint à tes refouler chez eux par des expéditions sanglantes et multipliées, et à les s» mort, contenir par la terreur de son nom. Il mourut en 741, après avoir partagé son autorité entre ses trois fils Pépin, Carloman et Griffo.

Pépin et Carloman dépossédèrent leur frère , et se partagèrent l'héritage paternel : ils reconnurent bientôt que Charles Martel ne leur avait pas transmis avec son pouvoir le prestige attaché à son nom redoutable, et, pour cbiidë- soutenir leur autorité naissante , ils tirèrent du cloître un dernief dcmier Mérovingien, qui fut proclamé roi des Francs "inguJir sous le nom de Chiidéric III. Les deux frères luttèrent '***''*** ensuite avec succès contre les Allemands, les Bavarois, les Saxons et les Aquitains. Carloman bientôt prit en dégoût pepiD, les grandeurs de la terre; il se fit moine , et entra au mochlrlcs nastère du mont Cassin. Pépin demeura seul maître de la éûî7oi' monarchie des Francs , et se lassa de régner sans sceptre Francs, sur Ics marches du trône: il demanda et obtint le titre de roi du pape Zacharie, et fut sacré en 752 par saint Bomfaccy Tapôtre de rAllemagne. Il rassembla ensuite les comices généraux à Soissons , et là , fort de sa propre puissance, du nom de ses aïeux et de la sanction du pape, il fut élu roi des Francs. Chiidéric rentra dans le cloître , d'où sa race ne sortit plus ; et Pépin fonda une seconde dynastie royale, qui, du nom de son fils, fut appelée carlovingienne.

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