I.rVBa I. CBAPITRB II
session des États de son frère ; il laissa cependant rAquitaiDe> à titre de duché, aux deux derniers fils de Caribert, nommés Boggîs et Bertrand; mais il se réserva sur eux tous les droits royaux ; l'unité de ia monarchie des Francs fut aiB^ encore une fois reconstituée.
Si un roi mérovingien avait pu arrêter sa dynastie Dagobert sur la pente fatale où eiîe était entraînée, Dagobert aurait eu cette gloire. Ce prince suivit les traces de la reine Brunebaut, et s'appuya^ contre les grands, sur la population gallo-romaine, qui détestait leur tyrannie ; il fit de terrii>Ies exemples en Anstrasie et en Bourgogne, et^Ignumaiutiût les factieux dans l'obéissance par la crainte, ^nrau Aucun des rois issus de Èlovis ne fit mieux respecter son lertîr pouvoir et ne déploya plus de magnificence : les évêques , les lendes, les ambassadeurs étrangers, remplissaient sa cour; les dépouilles d'une partie de l'Europe, l'or, la soie, les pierreries, étaient étalés aux regards dans ses palais rustiques et dans sa royale résidence de Clîchy près Paris : le faste de Dagobert égalait presque celui des rois d'Orient. Dans la première péiiode de son règne, il ne laissa poîBt son âme s'amoHii* au milieu du luxe dont il s'entourait, et consacra ses soins à d'utiles travaux : cié fut lui qui fit reviser et écrire le corps des lois satiques et ripuaires , ainsi que les lois de ses vassaux aUemands et bavarois. Il finit cependant par s'adonner à la débauche et à ia cruauté ; il oublia la justice, et imposa de lourds tributs à ses peuples : ses armes ne furent peint heureuses; Les Wlndi ou Yenèdes , peuple slave, affranchis du joug des Avares par le Franc Samo , élurent celui-ci pour roi , prirent possession d'une partie de la Bohême , et s'établirent ^^^ dans fa vallée du Danube, qui était a1ori$ la grande voie de e^Te?eommerce de la Gaule septentrionale avec Constantinople "«î. '
66 PABMIBRS BPOf^UJL
et l'Asie ; une nombreuse caravane de Francs fiit dépouillée et massacrée par ce peuple : Dagobert demanda satisfaction, et, n'ayant pu l'obtenir, il convia les Francs à la vengeance. Le ban de guerre fut publié dans tous ses ELtats et chez ses vassaux du Nord et jde l'Ouest^ les Allemands, les ThuringienSy marcherai, unis aux Francs et. aux Lombards, contre les Yenèdes ; leurs armées périrent au loilieu de pays incultes » et la puissance des Francs fut ébranlée dans toute la Germanie.
Dagobert, depuis lors, borna tous ses soins â^r^ou tenir ses propres sujets dans l'obéissance. L'Austrasie, toujours prête à la révolte, le contraignit* à s'associer au tr6ne son fils Sigebert, âgé de trois ans, et à le lui donner pour roi. Dagobert confia l'enfant au duc Adalg^il;.mais il exigea et obtint que Pepiq de Landen et d'autres seigneurs d'Austrasie demeurassent auprès de lui comnte otages. Il désigna aussi et iït reconnaître pour roi de Neustrie et de Bourgogne un autre enfant, nommé Qovi». Les évéques i et les grands d'Ausixe^sie y contraints^ dit rbistocîeii du temps,, i^or la terreur de Dagobert, ixkrètent desauçtloaper le partage de son empire. Ce prince, dans la clenûère année de son règne,, i^poussa une invasion des Yascons , réprima une réyolte en Aquitaine, et fit un traité avec les Bretons, fui reconnurent sa suprématie.
Malgré les reyep de ses arines contre les YenèdcB et de
nombreuses causes de dissoUition intérieure, Dagobert ré-
Dévotion gi^} jusq,u'à (a fin, plissant et redouté; il unissait, comme
'berfr~ beaucoup de princes de sa race , à des goûts iiceueieux ,
Sa mort. ' * '- , , , / ,
658. une grande fepveur pour le culte et une dévotion superstitieuse : il fit des dons immenses ^u clergé, et couvrit la France d'é^isçs et de couvents : il don^a sa oontiaiiçe au référendaire Àudouen et à Torfévre Ëiigius» directeur de
MVEB U. CHAPITEX ni. 67
la moBoaie royale : ces deux homme», pHis eomm flous les noms de saint Ouen et de saint ÉIol, fuMot Ajwu^fff^ l'un et l'autre y et leur mémoire est devenue popiriairv. Bagobert mourut en 688 ; il s'était montré généreax surtout envers Je monastère de Saint-Denis, dont U revêtit la basilique d'or et de pierreries, et ou il fat inluimé en grande pompe. Ce roi, maigre tous ses vices, surpassa en mérite la plupart des princes de sa iamtU& Loraqo'il mourut^ an siècle et demi s'était éeoulé depuis l'élévation de Clovis^n trône Hgs Franes , et cette période , marquée |^r tani de dévastations et de crimes, tiA la plus mémoraUf du tègoe des Mérovingiens.
GHAPITBB m.
Rois fuBéants. Béeaâence et ûhit la mottarchte méroVlsgtéime. Ae . la mort df JOasobert !•' à I»; d^ftositioD d« CUldérie in.
Premiers rois fainéants. — Gouveroemenich'fibrouiii, maire du palais de'Neustrie.
Depuis la. jpaoFt ^ I>agobert r*^, la famiUe iiiéDoiëligienne ii'offire|tiu9 que 4es fantémfs de rois, abnvtit'pir ia moHesfiOs'et la^débaue)i^> :et «pie llûstoîie a juatament flétris du. nom d^ fO<i^ >iiiMatt^..Ils^ avaient, diÉis^ leur nullité mtae yMJitrede^ptos è ia cmvonne anfi^ès' de ceux qui régns^ettt en leur nom. A eÔDé de la co^aiité
68 PREMIÈRE É^OQtTE.
usaroa- grandtssaît la magistrature des maires du palais, qui déjà , maires da durftilt quelques-UDS des derniers règnes, avaient plusieurs fois substitué leur autorité à celle du monarque, tls profitèrent de la faiblesse des Mérovingiens pour usurper de fait toute la puissance : élus par les leudes, ils s'étaient longtemps appuyés sur eux pour dominer les souverains ; mais lorsque leur pouvoir fut bien établi, ils écrasèrent tes grands, afin qu*il n'y eât plus d'autre autorité que la leur. Ils s'associèrent alors leurs fils; auxquels ils transmirent toir cbarge ; et ceflle-ci finit par être ctllsidérée eomtee f apanage d'une même famille , de même que le sceptre semblait appartenir de droit à lai race de Clovis. siffebert Dagol)êrt en mourant avait reconnu Éga pour maire en ciovta II. Neustrie , et Pépin de Landen en Austrasie , et leur avait confié 1^ tutelle de ses deux fils Sigebert III et Clovis II, entre lesquels ses j^tats étaient. partagés : Éga mourut; Erkinoaid lui succéda dans sa charge. L'enfance et le caractère des deux rois ccmtribuèrent beaucoup à établir le pouvoir des maires du palais. Sigebert III , adonné tout entier à des pratiques religieuses, vécut en moine dans ses États d* Austrasie , et borna rexerciee de son autorité royale au soin d'enrichir les églises et de bâtir des couvents : il mourut dans la fleur de son âge. Clovis II ne vit, au contraire, dans la royauté de Neustrie et de Bourgogne, que la facilité fàneste de satisfaire son goût désordonné pour la débauché. Cependant son autorité nominale s'étencbt s«r la monaréhie entière des Blancs; TAustrasic te.Teoonnut aussi pour roi. Le liiaire Pepki avait eu pour F^njde snoeesseor son flte Grimoald : celui-ci , à la mort de Sige- "î?du •^«J'txlïl^v avàitessayé de foire passer le «cefitre dans sa ""Xio' 'aœ^H^; il fit conduire en Irlande lé JeuRe Dagobert, fils '^£5?"' de Sigebert, cacha te lieu de sa retraite , et osa mettre la
Usurpa*
eourouoe a«r la ttle.di son proprt iBIs; mais les grands d Austrasie^qai, en obéissant à Grimôeld, fléehiasalentTOlontiers devant mi pouvoir qui était leur ouvrage, se ré- \ oltèreDt contre une autorité indépendante de leur choix ; ils mirent a mort Gdmoaid et son fils, et reconnurait pour ro\ le Mble Qovis II, qui suivit de près son frère Sige* bert m au tombeau, et iaissa son sceptre et son vain titre de roi à Glotii aire III , son fiis aine. cio-
Le fameux Ébrouin, doué de grands talents et d'un "chiidl!.' caractèiftiBlIexible, était aiors maire du paials; cependant 'i!^.'' il ne parvint pas à maintenir longtemps l'unité apparente °«?»/« de la monarchie : les seigneurs austrasiens voulaient un œJffAdu roi qui fut, comme ses prédécesseurs, soumis à leur in* '^**'^'' flaence : ils firent venir le jeune Gfaildéric, second fils de Clovis II, le saluèrent roi d'Âustrasie , et lui donnèrent pour tuteur le maire Wul£oaid. Dans aucun des trois royaumes ée la monarchie, les grands n'avaient pu établir un gouv^nement ari»to<sratiqoe régplier ^ leur pouvoir n'avait tendu qu'à les rendre de. plus en pliss indépen-^ dants : Ëbrouin vit dans chaque j^ogrès de leur autorité individuelle un pas vers ranarchicigénéiale; il était Jaloux à Vexoèn de son pouvoir, et, sait pdâîque , soit am^ bition, il voulut demeurer seul maitre en N^utrie et en Bourgogne. Son despotisme souleva tous les grands* Le célèbre évêque dfAutuo, Léger, dont r£gl»e a fait uti saint, se mit , en Bourgogne, à la tête des insurgés, ^ donna l'exemple d'une ré^tance opinlôtre. Ébrouin d'abord dompta la réi^Uion, mais la mort de Clotbaire III ébranla sa puissance ; il n'osa oQnvoqi«er les grands, sek>n rasage, dans un mcdl niational, pour élire le successeur de ce priuce, qui mourut sans enfants; et il proclama roi, I de sa propre anlonté^. le jeune Thierry, troisième fils de