‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 14 sur 103 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

[De la mort de ChaFiemagoe à celle de Charles le Gros. Si4 — 838.

Louis le Débonnaire on le Pienx.

Oiarlemagne avait eu pour but de soustraire l'Europe obstacles au règne anarebique de la force brutale : il voulut que sa ^^ volonté fût partout présente. « Il s'appliquait , comme l'a t^n^jt dit de nos jours un liistorien célèbre, à rendre rexercice

^^ia du pouvoir régulier et salutaire au peuple \ » et il substi- %î^«" tua partout son action intelligente et centrale à i*action f^l^ d'une foule de pouvoirs locaux aveugles et isolés, qu'il "'*"'' contint sans les détruire. Ces pouvoirs tiraient leur origine et leur force des vieilles institutions ou coutumes germaniques, et celles-ci n'étaient combinées ni pour établir ni pour conserver Tunité d'un vaste empire. Parmi ces coutumes , trois surtout étaient incompatibles avec le principe de l'autorité impériale, telle que Charlemagne avait tenté de la rétablir dans l'Occident. C'était d*abord le pouvoir législatif, et, en certains cas, souverain des assemblées nationales ; puis la juridiction des seigneurs sur leurs vassaux, et le droit de guerre privée ; et enân la coutume qui partageait la succession entre tous les fils, et qui, à défaut des fils , laissait le droit de succession incertain entre les neveux et les oncles.

Charlemagne ne porta en principe aucune atteinte à ces trois coutumes, toutes incompatibles avec le système monarcbique qu'il essaya de faire prévaloir. Nous avons vu qu'il reconnut l'autorité législative des assemblées nationales, et que celles-ci , qu'il dirigeait et dont il se fit d'utiles instruments, furent régulièrement convoquées sous son règne : il ne détruisit point le droit de Juridiction seigneuriale, droit redoutable et difficile à séparer du droit de guerre privée : il fut même contraint de confirmer celui-ci , en obligeant les vassaux onhommes liges à suivre leur seigneur dans ses querelles particulières, sous peine de perdre leurs bénéfices % et il ne put empêcher

* Guizot, Histoire de la civilisation en France, ' Et si quis cam (idelibus tinis contra adversariaoi suam pugnam aut aliquod certamen agere voluerlt, et convocavit aliquem de comparibus suis ut ei adjutorium praebalsset et Ule noloit, et exiade ne-

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