‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 25 sur 103 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Eiposition du système féodal.

L'avénement de Hugues Gapet eut pour résultat de dé- origine velopper ie système féodal en le consolidant. Déjà , sous g^',Y«mê la première race, les seigneurs avaient rendu la conces* '^^*'' sion des bénéfices irrévocable et héréditaire dans leurs familles : les contâmes germaineis^ autorisant les posses-

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seurs des terres à cousîdérer coipme leur bien propre dc seulement le sol acquis, mais encore tout ce qui exist ou se trouvait sur le sol au moment de la concession ou la conquête , ils se crurent bientôt en droit d'exercer puissance civile , judiciaire et militaire , dans leurs d maines, en vertu de leur seul titre de propriétaires. L'ai torité s'établit donc par la possession ; et c'est à la ter même que, par une fiction bizarre, le pouvoir fut attach Cet usage ne changea point lorsque Charles Martel ei institué une nouvelle espèce de bénéfices, eu les rendai héréditaires sous le nom de fiefs , et à charge de servi( militaire et d'hommage au prince de la part des posses seurs : les nouveaux bénéficiaires farent nommés vassausi Telle fut en France l'origine de la féodalité.

Sous la seconde race, les rois, sacrifiant toujours l'ave nir au présent, avaient successivement abandonné aiu ducs et aux comtes tous les droits régaliens ou royaux ceux de lever des troupes, de rendre la justice, de battn monnaie, de faire la paix et la guerre, de se fortifier; et du moment où ils eurent;^ par Tédit de Kersy, reconnu l'hcrédité des charges comme légale, les ducs et les comte se crurent possesseurs des provinces , où leur volonté seule faisait la loi. Indépendants de fait de la couronne, la plupart lui demeur^èrent cependant encore subordonnés par le lien du serment de fidélité. Ils distribuèrent de leur chef des domaines aux seigneurs, qui les reçurent à charge de foi et d'hommage ; et ceux-ci accordèrent , au même titre , des bénéfices inférieurs à des hommes libres. Un grand nombre de propriétaires indépendants , Inquiétés par les ravages des ennemis extérieurs et par la commotion des discordes civiles, cherchèrent un appui auprès de leurs puissants voisins, et l'obtinrent, en leur faisant hom-

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'ge de leors terres, et les recevant ensuite, comme fiefs, ceax à qui ils les offraient, c'est-à-dire comme entraint désormais, avec leur possession , l'obligation de serr fidèlement leur suzerain. Bans cet acte, celui qui donlit un bien territorial en fief devenait le suzerain de celui li le recevait à ce titre , et qu'on nommait vassal on mme lige. Les terres furent ainsi considérées, dans toute ilendue du royaume de France , comme sujettes ou vasies les unes des autres. Ce système , étendu aux proi&ees comme aux simples domaines privés^ établissait un eo entre toutes les parties du territoire. Dans la biérarchie es souverainetés, celle qui avait le titi^e de royaume était Msidérée comme la première : ce titre , lors du couronement de Hugues Gapet, fut acquis à l'ancien ducbé de ^ce, qui, par sa position centrale, par le caractère belqueux de ses habitants, et par l'extinction du titre de roi ans les États voisins, se trouva en mesure d*obtenir dans mite une suprématie réelle.

Le système féodal embrassa rapidement l'ancienne iaiile, ritalie , l'Allemagne , et s'étendit ensuite sur toute • 'Ëorope : ce fut lui qui prépara la formation des grands bts, et qui tint lieu , deux cent quarante ans , de lien soûl et de législation.

La première partie de cette période ressemble à un in- ^règne durant lequel le roi n'était distingué des autres «Ignears que par des prérogatives honorifiques. Chaque ^^^(^^ orteresse de quelque importance donnait à son possesseur '^^^ parmi les souverains ; et les discordes civiles faisant ^^ aux grands la néces^té de s'attacher un nombre coDsidérable d^hommes pour leur sûreté personnelle, ils avisèrent leurs domaines en une multitude de jifarcelles • qu'ils donnèrent en fief; fis accordèrent à leurs vassaux

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la permission de se fortifier» q^*às ayM^I eHXHUélinas ar Fâchée à Louis le Bègue; etuBeiBoltitade deciaiâteau: s'élevèrent autoor de la lorteresse priDOÎpaie. C'était un< opinion générale que la prestation d'hojnmage j^ar m âef anoblissait; et la noblesse naquit ainsi» ei;i miyeuri partie» du neuvième au dixième siècle. Le droit rendi aux sujets de pourvoir par eux-*mémes à leur défense ar> rêta les dévastations des étrangers, retrempa I0 earactèn national, fit renaître dans les hommes, membres d'une classe nombreuse, une salutaire estime pour eus:*a)êmes, et les autorisa à exiger des égards mutuels de ceux dont ils tenaient des terres comue de ceux à qui ils ^ cédaient, le contrat féodal étant annulé p^ la violation des «iiligations contractées de part et d'autre. Cette suborâîiiatiou nouvelle reposait en partie sur la foi du serment, et le respect pour la parole donnée ou la loyauté devint on des traits distinctifs du caractère de la noblesse.

La principale obligation contractée dans ee syatème en-| vers le suzerain était celle d'uu service militaire de qna-l rante jours à chaque expédition. Lès anciens plaids de la ; nation furent remplacés par les plaids dfe eamté,dai)s les- 1 quels les vassaux se jugeaient entre eux sous lafrésideaee du comte ; le combat judiciaire fut remis en usage, et de- 1 vint la base de la jurisprudence entre les gentiiGluNVunies. | Dès lors disparurent con^plétement les différents codes de j lois qui avaient si longtemps subsisté dans les diverses na- 1 tions indigènes ou conquéi^antes de la Gauie. U fut généralement admis que nul nq pourrait être jugé que par ses pairs, et Ton entendait par pairs les vassaux d'^m spiême cruids rang. Les grands va^i^ux de la couronne» les ducs 4e Mer- IriScê! i^&i^di^» d'Aquitaine» de Bourgogne, jl^ CMptesidePiandre^ de Toulou^^t de Çbamp«|gne, furent noi^mi^PiHier^

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de Franee; ktCBtts. pairieri Mq^non adjaignit dans la suite six pairies eeclésiastiqiies: lorsqaHHi paÉr de Fcaoee était cité aa IdimBal des «ratres, k roi présidait a« jugement. Tontes ees loîs^ ees ceoTeirtlMiSy «es nirages, ne concernaient qae la Bebleise; le peuple était compté poior rien : les nobles ou gentUshemnies, isolés de lui par lean habitations, s'en distiogoèrent eoeore par leur costume et par leurs armes, et ne parareut plut ao ddbors c|^u*ii cheval et revêtus d'une pesante «ngrare^ c'est aioai qa'ils mailla* tinrent dans le respect et dans la crainte les popalationt misérables et dénuées de tous raoyeM de éétense. L'art militaire Rangea ; fa cavdierieliitdièslovsia plvs.graiiAa force des urmées ; les exercices dn corps , l'équltstieB , te maniement de ia lance et de Fépée ^ firent l\miqiie4iocn«^ pationde la noblesse , et la ^vente des armures ésnMi la prindpiate brandie de commepoe en Europe.

Cette première périole-de la confédération féodale vit naître la •chevalerie, le respect pour les lémmes, la tangue et la poésie modernes : tels ftxr ent les principaoK effets de ce sy^me en oe qui touche la polâique générale et les intérêts de la noblesse'; il reste à rexaminer ddns ses rap^ ports avec l'Église et avec le peuf^e.

La religion , depuis «l'^htvaflîen âes Frsffles dans les Gau- œrge. les, eenisistaitprïncip8(lement, pour la masse du peuple, dans des cérémonies extérieures et dans des pratt^fues dé* Totes,(qu'eiftretenaient la vue des réliques,k;è91edes images de la Yierge et des«aints, et destàb)eau?c représentant les mystères -de la reiiglén , k^ actions du Christ, des apôtrea et des preÉiîers fidèles : la magnifiéeiïee du eulte exerçait nue gramdc! influence-, «ît les prêtres, sous leS'^CaHovingiens, imposaient atix peuples, et surtout aux •grands, pur leur fortune et parîefrr puissance. Tffals l'Église- qtii, datur^

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le cinquième et le sixitoie siècle» avait résbté seule à l'ia vasion de la barbarie, Ait moins forte contre la corruption qu'entraîne l'excès des richesses : des barbares étaieni entrés en grand nombre dans le clergé, dont les vertus e1 les lumières s'évanonirent presque entièrement du huitième au dixième siècle; à leur défaut, Tunique moyen qu'eût encore TÉglise, dans ces temps malheureux» de conserver de l'ascendant sur les esprits , était de rester riche et puissante ; et à l'époque de rétablissement progressif du système féodal , elle vit avec effroi les grands vassaux empiéter sur ses domaines* Le clergé comprit bient^ que, toute l'autorité résidant entre les mains des possesseurs de fiefs, il devait faire lui-même partie de la confédération nouvelle. Il prêta donc foi et hommage pour les domaines qu'il possédait; ensuite il les divisa en de nombreuses parcelles dont il fit autant de fiefs, et se donna ainsi des suzeridns et des vassaux. L'obligation du service militaire étant inséparable de la possession des fiefs, le clergé y fut soumis comme tous les autres vassaux; il se rendit en armes à l'appel de ses suzerains, et contraignit ses hommes liges à se battre pour lui : dès lors un grand ' nombre d'évêques et d'abbés vécurent de la vie des no- | blés; les armes les occupèrent autant que le culte^ et ils délaissèrent les plus saints devoirs de la religion pour la licence des camps. Là où les membres du clergé n'avaient point embrassé la vie guerrière, les seigneurs temporels i^tenaient sur eux un immense avantage, et il fallut souvent que les évêques et les abbés se missent sous la protection d'un noble payé pour les défendre ; ce protecteur eut les noms û'avaué ou de vidante. Le dergé, par son organisation féodale, acheva de se détourner du but de son institution, le peuple trouva plus rarement en lai des '

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