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s'y âiMugoéit pas, emnme en PraT)ce et dans les provinces du nord , par son ardeur à s'hjstruîre et à répandre les lumîèF^; îl se signalait par de grands désordres, et tombait chaque jour dons un plus profond mépris. Le'besoin de refîmes se faisait depuis longtemps sentir au sein des populations provençales, et plusieurs réformateurs avaient déjà paru : depuis longtemps il se formait des assoeiatioDs dont le but avait été d'épurer les mœurs et les dacti4nes de l'Église: c'étaient celles des paterins , des catharlHs, des pauvres de Lyon ; et la plupart avaient obteaa .la sanction des papes, qui les regardaient comme autant d'oi'dres de moines propres à réveiller la ferveur publique^ Mais les réformes opérées s'étendirent graduellement, les dogmes même furent attaqués, les prêtres livrés anx insultes du peuple , et les domaines de l'Église envahis. Tel était Fétat des choses lorsque ie fameux Innoeent III, âgé de trente-neuf ans, monta sur le trône pontifical en 1 198 : il y apporta le génie d'un ambitieux et la fongneuse^ergîe d'un caractère violent et inflexible. Ce pontife , qui dominait l'Europe par des indulgences et des excommunications, sui*veîilait et punissait tout exercice libre de la pensée en matière religieuse ; îl sentit le premier toat ce qu'annonçait de grave et de menaçant pour l'Église romaine une liberté d'esprit qui déjà dégénérait en révolte; il vit avec inquiétude et colère la nouvelle tendance des esprits en Provence et en Languedoc, et proscrivit les réformateurs, dont les plus nombreux, ceux qui donnèrent leur nom à tous les autres, s'appelaient Yaudois ou Albigeois. Quelques-uns d'entre eux étaient manichéens, c'es1;-à-dire qu'ils admettaient les deux principes; mais ie plus grand nombre, connus sous le nom d'Albigeois et de Vaudoîs , professaient des doctrines peu
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différentes de celles qui, trois siècles plos tard, forent pri
cliéespar Luther. Ils niaient la transsubstantiation dansl sacrement de Teucharistie , rejetaient la confession et l6 sacrements de la confirmation et du mariage, et taxaiei^ d'idolâtrie le culte des images. Les principaux foyers d la réforme étaient Toulouse, Béziers et Carcassonne ; Toq louse surtout, ville vaste, puissante, industrieuse, et qui avait pour comte Raymond VI , le prince le plus riche dï la chrétienté; son neveu, Raymond Roger, jeune homoH plein d*ardeur et de courage , était vicomte de Béziers Tun et Tautre relevaient de la couronne d*Aragon, et, m rompre avec Rome, ils avaient favorisé les nouveani doctrinaires. I
Innocent III, impatient d'étouffer Thérésie, envoi(| d'abord des inquisiteurs dans la province de NarboDiie;i ils sont mal reçus : le légat Pierre Casteinau leur suecède; il excommunie Raymond, qui, épouvanté dès menaces du pontife romain, est forcé de se soumettre, et de permettre les persécutions. Un gentilhomme, vassal do comte, indigné des humiliations de son suzerain et de la Meurtre cruauté du légat, assassine ce dernier, et par ce raeurW *^'* donne lieu au pape de faire prêcher une croisade contre les États dé Raymond VI et de son neveu. Les moines de Citeaux secondent la vengeance dlnnocent , ils offrent d'amples indulgences à tous ceux qui porteraient quarante jourt les armes contre les sectaires. Ces indulgences devaient effacer tous les pèches commis depuis la naissance, qo^^" que énormes, quelque nombreux qu'ils fussent. Une multitude d'Anglais, de Français, d'Allemands, empressésde gagner le ciel à si peu de frais, accoururent sous les drapeaux du pontife. Les immenses préparatifs des croises frappent de terreur Raymond VI, qui, abattu par ^'^8^
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fet hors d'état â'qpposer une rësistaneevigottreiise^ se soumet et se fend auprès de l'abbé de Ctteaux, nouveau légat idu pape. Celui-d le réeooellie à l'Église en le febant battre de verges au pied de Tautel ; il lui ordonne de guider les colonnes ennemies au centre de ses États, et de livrer ses meilleurs châteaux. Le jeune vicomte de Béziers, neveu de Raymond, indigné de la conduite pusillanime de son oncle, lui déclare la guerre, et se décide à s'ensevelir, avec ses chevaliers, sous les ruines de ses places fortes. Les croisés se précipitent en masse sur ses terres, emportent ses châteaux, brûlent tous les hommes qu'ils y trouvent , violent les femmes , massacrent les enfants ; ils me- HaMacre nacent Béziers, qu'ils emportent d'assaut : un nombre '*^*'*prodigieux d'habitants des campagnes s'étaient réfugiés dans les murs de cette ville; le légat, consulté par les chevaliers vainqueurs sur le sort de ces malheureux dont une partie seulement était hérétique, prononce ces paroles exécrables : Tuez-les tous ; Dieu saura bien reconnaître les siens. Un massacre épouvantable spit cette réponse, et la ville est réduite en cendres. L'armée des croisés marche ensuite sur Carcassonne, et est vivement repoussée par le vicomte de Béziers. Ce jeune héros se rend au* près du légat pour traiter de la paix; il est arrêté avec trois cents chevaliers, malgré un sauf-conduit, en vertu de cette maxime qu'on n'est point tenu de garder sa foi en^ vers les hérétiques ou les infidèles. Les habitants de Carcassonne évacuent la ville par des souterrains secrets, inconnus rux croisés : quatre cenjt cinquante d'entre eux sont pris; on les pend, on les brûle: les eroisés euxmêmes, las de tant d'horreurs , songent à se retirer à l'ex- ptim de piration ^s quarante Jours. Le légat fait d'inutiles efforts ^'££eV pour les retenir, et donne tout le pays conquis au féroce ^^^^
T. I. 9 Bézférs.
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Simoft) ooflite de Montfort; û M Uvn aussi le iFieomte de BéElerSy qui meurt empoimmoL
Une partie seuleonait des Albigeois ayait été soumise et détruite par cette première croisade : les États da comte de Toulouse étaient restés intacts : ce fut contre eux que les moines de Ctteaux prêchèrent, les années suivantes, de AOuvelies croisades daaàs tonte l'Europe. £n vain le malhenreox ccmite Baymond veut conjurer l'orage; le concile de Saint-Gilles lui impose d'infâmes conditions, et lui prescrit délivrer lui-même au bûcher tous ceux que les prêtres lui désigneront. Le vieux Baymond se souvient alors de son héroïque neveu et de ces milliers d*h<»[imes égorgés dont le sang crie vengeance; son indignation ranime sa v^tu, il se prépare à la guerre et à la mort. Les croisés arrivent de toutes parts ; Simon de Montfort est à leur tête, el se signale par d'effroyables cruautés :. d'immenses bûchers sont dressés, le légat et Foulquet, évéque de Toulouse , y confondent dans un exécrable holocauste les hérétiques et les catholiques soupçonnés d'hérésie. La Bataiue bataille de Muret, tivrée en 1213, termine cette guerre; ^^mï^*^ le roi d'Aragoa don Pèdre y périt, les Albigeois sont vaincus, et cette défaite porte à leur cause on coup mortel.
Les bourreaux vainqueurs* se brouillent après la conquête, et se font la guerre; le peuple reprend courage, Toulouse se soulève^ Montfiort. s'en rend maître par une horrible trahison de Tévéque Foulquet : celui-ci invite, au nom du Dieu de paix, tous les habitants à sortir au-devant de Montfort , qui; les attendait avec ses chevaliers , et les fait tous charger de chaînes. La guerre continue avec des succès balancés^ enfin leLaniguedoc tout entier m soulève, Ifontfort cjrt. tué devant Ttiulouse^ qu'il assiège 9 le comte
Raymond estvsppelé et reçu dans cette vifle aux acelamatloiis du peuple r il meurt, et les prêtres lui refusent la sépaltore. Son cercneit reste pendant plusieurs années exposé à la porte d'une église. Sa tolérance fit son prfncipal crime aux jeux de ses persécuteurs, et une grande partie de ses dfsgrâces doit être attribuée à îa faiblesse de son caractère. Tels fàrent les principaux événements de la guerre des Albigeois ; mais ce ne fut pas la fin des malheure de cette eonirée. Les rainqueurs auraient voulu anéantir jascfH'aa sol qui avait porté des hérétiques : les papes firent prêcher de nouvelles croisades contre Raymond Vn, fils et successeur du vieux comte Raymondd'effroyables calamités frappèrent encore ces peuples,' leurs Tiltes furent détruises, leurs campagnes dévastées; enfin, après vingt-deux ans d'atrocités, quand la belle langue, les arts et l'industrie de ces provinces eurent disparu avec la réforme, les bouireaux se lassèrent, et ta guerre se termina sous le règne suivant, au grand avantage de la France. Raymcmd Vil lui céda une partie de ses États , par le traité de Paris , en 1 229.
PhâUppe-Auguste ne prit point une part active à cette Gouverguerre d'extermination. Il chercha au contraire à en ré- «tlSSÎ j parer les désastres. Pendant que le ftmatlsme ensanglan- «oîfdt tait les contrées méridionales, il étendit ses États et les îïî^ rendit florissants. Les assemblées nationales étaient tombées en désuétude, Philippe appda ses premiers barons à former son conseil et à sanctionner ses décrets.
Il conquit la Normandie, te Mahie, PAïrIbu, la Touraine ses cou. et le Poitou , enlevées auparavant par confiscation au roi îSwr? à' Angleterre. Il conquît encore le comté d'Auvergne. Sous *""" «m règne , te Valois , une partie du Vermandois et VA- ^nois échurent à la couronne. Ce prince réunît encore
tages
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par héritage VArUdSj du chef de sa femme, iMèelle de Flandre et de Hainaut; il donna «afin l'hériUère de la Bretagne à Pierre Mauclerc , membre de sa famille, et une dynastie capétienne fut fondée dans ce pays*; ainsi fut dSthé^ûe formé le nouveau duché de Bi*etagne, qui devint un des Breugne. gf ^i^ig flefs immédiats de la couronne de France. Ces résultats furent autant Touvrage de sa politique que de sa fortune et de sa valeur. Il fit fléchir devant lui les grands vassaux , et obtint sur eux par ses victoires la supériorité qui lui était acquise de droit dans l'opinion par son titre royal. La citation du roi Jean à son tribunal et Tarrét rendu contre lui portèrent un coup mortel à l'aristocratie féodale , et l'équilibre des pouvoirs fut rompu. Travaai Philippc-Augustc s'occupa toutc sa vie de guerres, de phutpp^ traités, de réformes, de lois sur les fiefs, les devoirs des vassaux et les droits des seigneurs : il mit le premier uo ordre constant dans ces matières, jusqu'alors livrées à tous les caprices de l'arbitraire, et fut ainsi le principal fondateur de la monarchie féodale. L'art militaire lui dut quelques progrès, les soldats reçurent une solde, et il établit pour cet usage les premiers impôts permanents ; il ordonna trois armements maritimes, et obtint, par son activité, par sa prudence et ses talents, le respect des souverains et des
univer- L'importautc fondation de ï Université remonte à ce
sité. ,
prince, qui en fixa les privilèges. Elle était dans Torigine un&. réunion d'hommes, la plupart ecclésiastiques, appliqués à l'étude des sciences. L'Université comprit dans la suite tous les étudiants, qui se partagèrent, selon leur pays , en plusieurs sections, intitulées sections de France, d'Angleterre f de Normandie ou de Picardie. J^àtïs vit alors s'élever une nmltitude de collèges, dont plusieurs
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aeq^irent une grande célébrité. Toutes les écoles furent placées sons Taotorité du prévôt de Paris; et Philippe- Auguste confirma une bulle du pape Célestin III, par laquelle les écoliers étaient soustraits à la Juridiction civile, et placés dans le ressort de la Juridiction ecclésiastique. LTnîversîté grandit ainsi sous le double patronage du saint-siége et de la royauté ; elle fut seule en possession du droit de décerner les grades de bachelier, de licencié et de docteur dans les diverses facultés des lettres et des sciences; et, quoique ses franchises et privilèges fussent souvent la source de grands désordres, elle acquit une haute renommée, et devint un des puissants corps de l'État. Le plus grand nombre des étudiants se vouaient alors à la prêtrise : TÉglise de France recherchait, avec une érudition et une patience incroyables, les monuments épars de la littérature ancienne, et luttait heureusement contre la barbarie et l'ignorance : Philippe avait compris le grand objet de TUniversité naissante ; il encouragea les études de tout son pouvoir, et voulut que la demeure de ceux qui s'y livraient f&t un asile in- Yiolàbie.
Tant de soins d'un intérêt si générai ne détournèrent ; point son attention des détails d'une importance secon- SS^SS, daire. Paris surtout lui fut redevable de changements utiles. Toutes les rues de cette capitale étaient Jusqu'alors, au temps des pluies, des cloaques infects : les principales furent pavées par son ordre et reçurent des embellissements. Philippe agrandit la ville , la ferma d'une enceinte de murailles, construisit des halles, et entoura de cloîtres le cimetière des Innocents; il b&tit un palais à côté de la grosse tour du Louvre , et fit continuer la cathédrale, déjà commencée avant lui. Il mérita par ses
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conquêtes et par ses ifistitations restime de ses extern- Mort de porains, et mourut à Mantes en 12^3, i^près un règne de AoffSSe! quarante4rois ans , en louant une jsoiUque partie de ses
immenses trésors aux prêtres et aux croisés , «t en faisant
aux pauvres des dons considérahlea.