‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 33 sur 103 · DCUXIBMB ÉPOqUB · texte numérisé non relu

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sa parole, mais Philippe ne tint compte, de son pefas, et

commença la guerre. Richard était alors trahi ]g»ar son

frère Jean, qui s'empara^d^une partie de ses États ,. et qoî

offrit, ainsi que Philippe» des sommes énormes àToope-

reur pour qu^il retint le monarque anglais pdsoiinii»;

mais la captivité de ce prince, du héoos de la ocodsade, iD>-

digne l'Europe, et la clameur publique contraint Henri Yî

à lui rendre sa liberté, qii*M lui Tend au poids de l'or. H

. exige de lui , dans une diète de l'empre, hommage comme

à son suzerain , et le relâche après l'avoir ruiné par une

rançon exorbitante. Richard reparaît inopinément dans ses

États, il réduit son frêne à la sommission, et se venge de

Philippe en s'aliiant à de puissants comtes ses enn^nis. La

guerre se prolonge entre ces deux rivaiuL avec des succès

divers ; ils signent une trêve de cinq ans , et Bieiiard est

tué au siège de la petite forteresse de Chalnz-Chabrol en

Poitou (1199).

Jean, dernier fils de Henri II, saisît la couronne d'Angleterre, et Philippe soutient contre lui les justes prétentions d*Ârthur de Bretagne, son neveu : ce jeune prince promet hommage à Philippepour toutes ses possessions en France, et lui cède la Normandie. Une guerre sanglante éclate; Mort Arthur est pris avec ses chevaliers par le roi Jean, tf meurt <ie assassiné : on dit que son oncle se rendit de nuit* dmis la

Bretagne, ^

tour de Rouen, où il le tenait captif, et qu'aprè» avoir en vain voulu le contraindre à hii céder ses» droits, il le perça de son épée, attacha une lourde pierre à son ctaàavrB, ^^^ précipita lui-même dans le fleuve. Ce crime affreux excite une indignation universelle^ et son chAtimentdeideBtiitil)^ à la France. Il fut l'effet d'une mesure qui servit les intérêts de la couronne autant par ses résultats imméàÊBXsV^ par l'idée qu'elle donna du pouvoir du monarqi» flrasiçais

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et de la^dépendaDce de ses gtands- vassaux. Jean, roi d*Angleterre, vassal de la couronne, est eité par Philippe^ son ^^ suzerain , devant ses pairs > pour répondre , entre autres 4^|*^(j| cheCa â'aceusation , sur le meurtre de son neveu Arthur* Il ^l\it ne décline point la jaridictiou ; mais , redoutant la sen- '*^' tencedu tribunal, il ne comparait pas : la cour des pairs le condamne à mort comme contumax; la Normandie et RénnioD toutes les terres qu'il tenait en lief de la France sont dé- dêia^"" elarées confisquées, acquises au coi et rattachées a la cou- die et^de ronne. Cette réunion cependant, n'eut pas lieu sans de nom- ^^^^, ** breox combats et sans une longue effusion de sang. Dans 7ws^' cette gaerre, Jean fut à lui-même son plus grand ennem. Ses cruautés, ses exactions, son avarice, soulèvent les peuples; il attaque le clergé dans ses biens, il est aussitôt excomnKUiié; lé pape Innocent III offre ses États à Philippe, qui rassemble une armée et médite une descente en Angleterre. Jean , alarmé , devient aussi humble envers l'Église qii^l s'était montré insolent ; il se soumet au pape et lui âdt hommage de sa couronne. Philippe marchait aloxs contre lui en vertu de la sentence pontificale, mais l'offre du roi Jean change les vœux du saînt-siége; ils étalent pour Philippe , ils sont maintenant pour le roi d'Angleterre. Pandolphe, légat du pontife romain , se rend en France, etdéfendàPhilippede passer outre ; puis, pour calmer son indignation, il lui montre le comté de Flandre comme une riche proie promise à son armée ; celle-ci sera dédonunagée par le butin de tant de villes opulentes : la Flandre payera pour l'Angleterre. €e conseil est suivi : â*aneienft griefe divisaient Ferrand, comte de cette province, et Philippe; le roi obtiendra satisfaction par les armes^ Ferrand se hâte de conclure une ligue avec Jean d'AngleteiTC, et avec son parent Othon IV, empereur

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d'Allemagne : l'armée française rencontre Tarmée ennemie entre Lille et Tournai. La bataille s'engage au pont de Bouvîncs ; l'empereur et le roi de France commandaient en personne; celui-ci remporta une éclatante victoire; cinq comtes, et, parmi eux celui de Flandre, tombèrent en ses mains : les communes de quinze \iiles de France avaient envoyé leurs milices à cette bataille, et elles rivalisèrent de gloire avec les chevaliers. Philippe flit reçu dans Paris aux acclamations de son peuple ; et la glorieuse bataille de Bouvines, où il vainquit trois souverains, fit prodigieusement grandir, aux yeux de FEurope, la dynastie capétienne en considération et en renommée.

Cependant le roi Jean n'avait pas entendu , en soumettant son royaume à rÉj;lise, lui faire le sacrifice de ses passions criminelles. Il se rendit si odieux et si méprisable, que ses barons se liguèrent contre lui , et le forcèrent, les armes à la main, le 15 juin 1215, à signer fn charte qui "**■ est devenue la base des libertés du peuple anglais, et qui est connue sous le nom de la Grande charte d'Angleterre. Le roi s'engageait par elle à ne plus dépouiller les veuves et les mineurs confiés à sa tutelle, à ne jamais lever de taxes sans l'approbation du grand conseil , à ne point emprisonner, mutiler ou condamner à mort les francs tenanciers, les marchands et les paysans, sans l'aveu de douze de leurs pairs. Ces clauses parurent intolérables au roi despote ; il ne prêta serment à cette charte qu'avec l'espoir d'être délié par le pape : il le fut en effet : ses barons offrirent alors la couronne à Louis de France, fils de Phi- UMif d« lippe-Auguste. Ce prince, malgré le vœu de son père et la «^Ajfic. défense du pape , dont le légat l'excommunie , passe en Angleterre; Il est reçu à bras ouverts par les barons, et

GniMie

cbarie

d'Angle-

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s'empare du royaume ; mais le roi Jean meurt à cette époque, et ses partisans proclament son jeune fils Henri. Le peuple anglais s'attache à cet enfant ; et Louis, abandonné, retourne en France, après avoir contribué à établir sur des bases plus solides les libertés de l'Angleterre.

Philippe-Auguste éprouva lui-même dans Texcommonication le sort commua jusqu'alors à presque toute sa race. Il en fut frappé à Toceasion de son troisième mariage avec Agnès de Méran, du vivant de sa seconde femme, Ingeberge de Danemark. Il voulut résister, toutes ses possessions furent frappées d'interdit ; on ne pouvait plus ni se marier, ni communier, ni enterrer les morts ; le peuple fut saisi d^épouvante , et le roi finit par se soumettre bien plus par nécessité que par scrupule de conscience.

Une quatrième croisade eut lieu sous sou règne. Elle ^JJJJ^

fut prêchée par l'enthousiaste Foulque de Neuilly. Les ^^^l;

puissants comtes de Flandre et de Champagne donnèrent ^S^"

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l'exemple et se croisèrent; ils furent suivis des Dampierre, des Montmorency, du fameux Simon de Montfort, *** * et d'une foule de seigneurs du nord de la France, auxquels les Yen iliens fournirent cinquante galères pour le transport de l'armée; le marquis de Montferrat et le comte deFJaudre étaient reconnus pour chefs de cette expédition , que dirigeait en réalité le vieux doge aveugle Daudolo. Ce fut lui qui , sous prétexte d'obtenir le prix de leur transport, mena les croisés à la conquête de Zara , capitale de iaûalmatie, dont il s'empara au nom de la république vénitienne; puis, tirant avantage d'une guerre civile qui feolait l'empire byzantin, et des promesses d'un jeune prince grec qui vient dans le camp des croisés et implore leur secours pour rétablir sur le trône l'empereur Isaac Comnène son père, Dandolo leur montre Constan-

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tfnople connue une proie riche et facile à saisir, et les décide à commencer la croisade par cette eonquête. En vain la pape met obstacie à cette expédition atentoreuse ; en Tain un grand nombre de croisés se séparent et se rendent directement eu Palestine : Bandoio lance l'armée sur Constantinople, qui disputait à Venise I*empire de la mer. Les croisés prir^t deux fois cette capitale fameuse, et la seconde fois la famille impériale de Byzance fut dépossédée par eux, l'empire partagé , démembré enfiéfs, et Baudouin , comte de Flandre, descendant de Charlemagne, Fonda- élu empereur ; âii>si fut fondé l'empire latin de Constantirèmpîrc Bople. Lcs Vénitiens exigèrerrt, pour leur part, trois des <^on8un- huit quartiers de cette Tille , et obtinrent en outre la plus 14M. grande partie des îles et du littoral de l'empire : le marquis de Montferrat eut le royaume de Thessalonique, fe Morée devint une principauté, et le territoire d'Athènes undaclîé féodal.

^^SîSw* I-'événement qui agita le plus profondément l'Europe **|Mteî" P^ûdant le règne de Philippe- Auguste est la guerre des AIifto8-i»w. bigeois, ou la croisade entreprise contre les sectaires du Midi. Ceux-ci se rencontraienit en très-grand nombre dans la Provence, dans la Catalogne, et surtout dans le Languedoc, contrées qui relevaient toutes de la couronne d'Aragon. Les habitants de ces provinces étaient industrieux, spirituels, adonnés au commerce, aux arts et à la poésie: leurs villes nombreuses florissaient , gouvernées par des consuls avec des formes à peu près républicaines; tout à coup cette belle région fut abandonnée aux fureurs du fanatisme, ses villes furent ruinées, ses arts et son commerce détruits , et son langage repoussé dans la barbarie. La prédication d'une première réforme religieuse donna lieu à la dévastation de ces riches contrées. Le clergé ne

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