CHAPITRE m
Règne da roi Jean:
ATéne- Les Aésastres de la dernière gtierre a^ec les Anglais, rof Jean, les prodigalités, les firaudes, les exactions da roi Itan, et les malversations de ses ministres, furent les prineipales eanses qui rendirent sons son règne les états géttérattx in dépendants de la couronne, et leur donnèrent une autorité nouvelle et presque ai>soIae. Cette révolution Ait aussi due en partie à fimportance croissante de la bourgeoisie ou du tiers état en nombre et en fortune. Des rapports continuels avec les Italiens et les peuples d'Orient avaient développé rapidentent dans la noblesse française les habitudes d^un grand luxe; au qualorzièàie siècle surtout, les goûts dispendieux firent -des progi^ marquants , et donnèrent Tessor à de nouvelles branches d'industiie qui ajoutèrent h l'aisanee de la classe bourgeoise. €ellcMei, en acquérant des biens, acquit aussi le sefftiment detsa iîMree, et mit plus de courage et de persévérance à infoqver et' à défendre les droits de la Hlierté hidividutiHe et de lai propriété, progrts '^u^a'aa règne du roi OFean, les membres de cette olassej bovffeot- n*avaient paru animés d'aucttU esprit national ; ite «emn ti^ui. blaient*ètre restés étrangers aux intérêt politlqaes dm royaume : la patrie était restreiirte'pour eux à Teneeinl dé la «ité ; >i1s aban<)onns9ent afux 'grands vassamc et a roi le soin de veiller sur les destinées de l^Ëtat; et tool leur énergie se déploya d'ai)ord , non contre le gouverna
imsiil qai M; anUf gwweiii pvolégés , malt ontfvet'toppresfiioiityraiiiiiqae<Ae*teafB86ignean; rospodUBi* Copendant, lorsqu'à son toar l'avtorilé rojdle tes e«l BeosMés sons un joug isMéraMe, fls saisirent, ponr hii pésisfer, le moment 4>à ils la virent ébranlée par des malhenrs inonis et des traies tneroyables, et s'unirent contre eHe à la no<blesse et an-elergé. Les étâfls générauxprireDt dès lors «n uipect imposant; mais le résultat de ieucveifortB énerj^- 9ies.ûit passager. Biienfiftt les deux premiers ordres de la mitàom s'eUmjràrent ées succès obternn dans les états osn» tre l'antovité dn fdnee; ils «'indigoènent de Timportanoe que l'ordre dn tiers état ai/fiit sulritement aeçilse , etcsMa»pdrent que les inlérèts de cet ordre , qui tendait ài^alité sodate, étaient Aîreetement opposés aux intérêts des lenrs^ qoi imaieot de prMIéges : ilS'l'ahattdmmèrent dam à inlmém&iHostiles à la couronne sous d'autres rapports, ils s^mnvDt.à elle contre le tiers état; et les désastres doift la bourgeoisie fut accablée, à la suite de qnelqnes trions pbes 'éphémères, tournèrent an peofit du de^pottaae royaL
Jeannétalt âgé de phn de trente ;ans lorsqu'il snceéda, en tBêO., à PblHppe de Vateis, son père. Son édocaftian , Qimiqn^ile «ftt été soignée^ anFiât fkHdn kii bien phs un TaîllBnt«faeiralier qu'un roi sage et espérimenté : Impé' iDsnx de caractève, insésoki d'espntt, téméraire «itant que brave, prodigue, obstiné, vindicatif et plein d'orgueil, paxMtement insérait 4es loia.de la dtevakiie ot ignomnt les deipoiis du'irâne, il fut (toujoa» prêt à saerttler aux poq^ngés de Tbannsur, td qn^on irentendait alors » les droftooÉb •aes>fi4als, et les Intérêts ée rÉtat U Franœ était'^isée à «l'^bqnede son avènement , 'Cft eej^dattl il n^épaigna rliai 'pour les fêtes 4e seii «nm : landépensê
256 DXVxnMB upqub;
fat si prodigieQie, et l'appaayrissemeBt dm. trésor logral était tel , que le rai , dès l*aiiiiée suivaBite , se vit iriUigé de convoquer les états da royaume.
vioieocM Les premiers actes de son règne farent caractérisés par roûr^ la violence et le despotisme : il s'empara de la personne snpjgiM du comte d'Eu, connétable > qui , prismmier des Anglais , ^^ et libre sur parole » était venu en France pour recueillir sa rançon. Jean l'accuse de trahison, et lui fait traneher la tète sans jugement. 11 rend la même année dix*halt ordonnances pour altérer les monnaies» en augmentant et diminuant tour à tour la valeur du. mare d'or, et confisque les créances des marchands juifs et lombards établis dans le royaume : il défend à ses svyets de s'acquitter mivers eux , sous peine d'être contraints à un second payement. Ces ordonnances désastreuses frappent au cœur le commerce, et menacent de le détruire. Les juifs et les Italiens faisaient alors presque seuls tout le négoce de France : un grand nombre s'éloignent ; les antres, pour compenser leurs risques , exigent des bénéfices énormes qui augmentent la misère générale. Le roi ne craignit pas, après tant d*actes iniques, de convoquer les états de son royaume; et telle était encore à cette époque rignoranoe ou la soumission des députés, qu'ils n'élevèrent aucun murmure. Le monarque traita en particulier avec ceux de chaque province , en obtint ce qu'il voulut, et les congédia, préten. Ccs nouvclles rcssourccs furent puisées au. moment où trôSede la trévc couclae entre l'Angleterre et la France allait
France. * °
expirer. Edouard reprochait au roi Jean de l'avoir privé de la raûçon du connétable en l'assassinant , et jurait de tirer vengeance de ce crime. Un autre ennemi , presque aussi redoutable déeiaratt, vers le uiéme temps, la guerre
i^iyas II. CHAVIZAB III. 337
aa roi de Franee : c'était Charles, roi de Pâivane et comte d'Érreux. Ce prince airait, ainsi qa*Édouard, par les femmes, des droits aa trène, et il en était même plus proche d'an d^é comme fils d'une fille de Louis le Hatio. Le roi Jean y dont il était le gendre, eut l'imprudence de s'attirer son inimitié en n'acquittant point fidèlement la dot de sa fille, tandis qu'il comblait de biens et créait connétable l'Espagnol Charles de la Cerda , ennemi personnel du roi de Navarre. Ce monarque > à qui ses vices et ses cruautés firent donner le surnom de Mauvais^ sur-* prend le connétable à l'Aigle en Normandie et Tassas- At^f^^xsine; puis, appelant à lui ses barons et tous ses nobles connètanormands, il brave la fureur. du roi Jean , qtti> ne pouvant charien rien contre lui par les armes, le cite en lit de justice, p^/l*^";^, Charles de Navarre consent à y paraître, reçoit son par- maîarre dondo roi, et se récondlie avec lui par le traité de Yalo* Mauv^s!^' gne. Cependant la guerre éclate avec TAngleterre : le roi rend de nouvelles ordonnances pour falsifier les monnaies; le marc d'or monte de quatre livres à dix-sept» piis retombe à quatre livres. Ces odieux procédés n'offrent au trésor que d'insuffisantes ressources. Le roi , pour s'»i créer de noavelleSy convoque les états généraux de la langue d'oïl à Paris , en ia55.
Les états se réunirent le 2 décembre dans la grande Kt^t^ chambre du parlement. L'archevêque de Rouen , Pierre ^ItZ^^ de la Forest, chanœller de France, ouvre l'ass^nblée, et drcfn."^ demande des subsides peur la guerre. Jean de Craon, archevêque de Reims 9 au nom dit clergé; Gauthier de Brienne, duc d'Athènes, au nom de la noblesse; Étieiiiie Marcel, prév6t.<Ses marchands, au nom du tltrs étal, protestent de leur dévouement au roi ^ et se retirent pour délibérer entre eux sur les subsides à accorder , et sur ia
258 DEVXlèstA BFOQtS.
referme des abus. Leur première d'éclarafion annonça 1 j^runu' qa'uae révotaHen Vêtait opérée dans les esprits : elle! ' portait qo'aucan règlement n'aurait forée de loi qu'autant qn'ii serait approuvé des trois ordres, et qn\m ordre qui «orait refusé son <;onse&tement ne 'serait pas iié par le vote des deux antres. Par cette dédaratlon ^mense, le tiers état se finit reconnattre tau!; Â eoup , eomme pouvoir poMtiqve, pour Tégal du elergé et de la noblesse. Les demandes duiToi sont solennellement discutées; e%, avant i d'y souscrire , les états exigent que la vsdeur du marc' d'argent soit stable, et demeure fixée à quatre livres douze sous : ils suppriment le droit de prêt que s'étaient attribué Unu les pourrqyevrs du roi , des princes et des grands offieierB , et qui^eon^stait à prendre sans payer, dans leurs voyages, tout ce ^ui était à leur convenance ; ils interdisent toute poursuite pour le recouvrement des créances arraekées aux maretiands italiens, et abolissent les m<mo* pelés établis par les gens en place ; ils s'engagent en rotour à faamir trente mille gendarmes , et cinq millions ie livres pour solde d'une année ; mais ils veulent que cet urgent reste dans les mains de leurs reoeveurs et soit levé par eux. Ils devaient se rassembler de notiveau le 1^ mars de Tannée suivante pour recevoir les comptes des trésoriers, et ensuite au bout d'un an pour renouveler les impôts, «'il y avait lieu^ et subvenir aux frais de la gacrre. Le roi s^engage à respecter ces conditions.
•C'est ainsi que la nation parut aveiir recouvré ses anciennes amemblées périodiques, et qne le monarqne fut snaaéA reeonnattre ie partage du pouvoir souveraM'eEitre loi et 4ii trois eidres des états généraux. Mais oenx-ci , babtfesà vèhtmét las abus et à emiquérir desdroMs prédeux; «KuHfèreiitdanf l'assiette desiniflts nue ineapa-
LTVKB <n. CêêAVKKB III.
cité dcplombit. Oompesés dlionmieB sans expérienee , rassembléside tontes les parties do royaonie , ^ fnoomras les UBS BAix antres; n'aiyant obtenu du roi que trois Jours pour s'euteudM sur les moyens de reaipHr le trésor , de ramener la confiance, d*organiser rarmée et de rejeter reno^ni hors d« n^ume , ils établirent la taxe de la ^^;^ gabeUem de Timpôtnir le sel, et d'une aiêe de linit ^^^^^i deoîe» pour livre sur la vente de toute maréfaandise. Le ^^^*^' premier de ces impôts, tombant sur une denrée Indispensable pour tous , frappait ia classe la plus nombreuse et la plus pauwe; le second , auquel les personnes de tout état et de toute condition étaient soumises, blessait les i»rétentioi» de la nobAesse et du ol^gé, faisait peser sur la classe marchande une inquisition intolérable , et entra- Tait toute opération oommerciale. Bientôt se manifestent de funestes symptômes de discorde : le peuple murmure , des négociants étrangers abandonnent le royaume^ les marchands français renoncent aux affaires , le commerce s'éteint; les villes et les campagnes s'opposmit à l'établissem^t de la gaheUe, et se répandent en plaintes contre les^ts^ les eeclésîastit(aes refusent le service divin pour ne point pi^erTImpôt. Plusieurs séditiéns^ éclatent; Ârras sejK)ulève» et quatorze bourgeois y sont «égorgés par la multitude. Au milieu de ces ealaaiités arrive Tépoque où les états doivent s'assembler de nouveau; mais déjà le peuple f incapable de f emonter à la source du mal , ne volt plus ses députés sans défiance ; il les soupçonne de complicité avec ses ei^pressiears. Un grand nombre^de villes s'abaîfiDnent d'envoyer «aux états; les 9ioniiBBds>iet tes fieards refusent d'y 4bre ref réaenfiâs, «t.dédla»e»t (qu^its ne payeront point les disus^ .taxes établiasrt le 'roi dé Navarre flt le comte .d'JB«rooBtft »tetieDMali» réurtte et
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soutiennent les iBéeonteiits.Les noareanx états généranx, beaucoup moins nombreux que les précédents, abolissent la gabelle et l'aide de huit deniers par livre sur ta vente des marchandises , et remplacent ces impôts par une taxe proportionnelle à chaque fortune.
Cependant, le roi, qui n'avait pardonné à Charles de Navarre le meurtre de son connétable que par impuissance de le venger, saisit une occasion de. satisfaire à la . fois contre lui ses anciens et ses nouveaux ressentiments. Il apprend qu'à un jour convenu le Dauphin a convié à sa table, au château de. Rouen, le roi de Navarre, le comte d'Harcourt , et quelques autres seigneurs : il quitte aussitôt Orléans, où il se trouvait alors; entre à Rouen au jour fixé, suivi d*une nombreuse escorte, et se présente à rentrée de la salle même où les seigneurs étaient assis à table. Messire Arnouid d'Andeneham le précède , et . tirant son épée , il dit : « Que nul ne bouge pour chose qu'il voie, s'il ne veut mourir de cette épée. » Le roi Jean s'avance vers la table , et les convives, saisis de terreur, se levaient pour le saluer, lorsque, portant la main sur Charles de Navarre, le roi l'arrête, et , le secouant avec rudesse : «Traître, dit -il, tu n'es pas digne de seoir à la table de mon fils : je ne veux ni boire ni manger tant que tu vivras. » Témoin de cette \\otence , un écuyer du roi de Navarre , Collinet de Bréville, porta son coutelas à la poitrine du roi , et dit qu'il le Arresta. tucrait : « Qu'on arrête cet homme avec son maître , » dit chfriM le roi Jean. Son sergent d'armes saisit aussitôt le roi ▼anrep^r dc Navarre, qui demanda en vain merci. Le Dauphin , /ea?. fort jeune alors, ise jette aux pieds de son père : « Ah ! Sire, dit-il, vous me déshonorez! Que dira-t-on de moi, lorsque J'atals le roi et ses barons priés à dîner chez moi ,
- I^IYRE n. CRAPITAB III, 26 1
et qae vous tes traitez ainsi ? on dira qoe Je les aurai trabis. •— Taisez-TOQs, diartes, répondit le roi, Ils sont mauvais traîtres : vous ne savez pas tout ee que Je sais. » Le roi fit quelques pas, et, saisissant une masse d'armes, il en frappa le comte d'Hareourt entre les épaules, et dit : «Traître orgueillenxl Par l'âme de mon père, tu n'échapperas pas. » Deux seigneurs de la suite du roi de Navarre furent arrêtés avec ce prince et son écuyer. Le roi Jean fit entraîner ses prisonniers tiors du château , et <iit au chef de ses gardes : « Délivrez-nous de eeshommes.» D'Hareourt et les trois seigneurs furent sur-le-champ décapités devant lui. La dignité royale sauva Charles de Navarre : Jean épargna sa tète , mais il le retint prisonnier, renferma dans la tour du Louvre , et saisit son apanage ^
Cet acte de violence attira de grands maux sur le royaume; Philippe de Navarre, père du roi Charles > et Geoffroy d'Hareourt, oncle du comte décapité, s'unissent aussitôt au roi d'Angleterre , le reconnaissent pour roi de France, et lui font hommage de leurs domaines. Edouard se proclame le vengeur des gentilshommes exécutés; il envoie une armée formidable en Normandie , tandis que le prince de Galles porte le fer et le feu au cœur du royaume, ravage TAuvergne, le Limousin et le Berri, et s'approche de Tours. Jean » dont la fureur vindicative avait attiré ce nouvel orage sur la France , fait serment de combattre le prince de Galles partout où il le rencontrera : il convoque ses barons , ses grands vassaux , ses gentilshommes. L'armée s'assemble, en 1356, dans les plaines de Chartres ; elle atteint les Anglais aux environs de Poitiers. Déjà la
' Froissard, Chroniques.
262 pBiwwuii é^AQjsm
disette se faisait sentir éam le eemp otneml, et le prtaice Noir offrait cIq grands aYantages à:la Franee. Si Jean n'eftt point coml^atta , les Anglsns pouvaient ;éhre vaincus par la famine et réduits à poser les armes; inaîa tant ée prudence n'enU*ait point dans l'esprit de ces temps ehevale* resques : les batailles n'étaient pas-de^eakuls, mais le frait d'uno rencontre inopinée et d'une impulsion guerrière; elles décidaient moins de T^iListence que de l'honneur des nations. L'armée française d'ailleurs était forte de pins de soixante mille combattants, l'armée ennemie n*en comptait que huit mille. Le roi Jean résolut donc de combattre, il pouvait compter sur la victoire.
Bataille Le prlncc Noir n'avait que deux mille cavaliers, quatre
de
Poitiers, mille archers et deux mille fantassins^ et il voyait devant lui une armée de cinquante mille combattants, parmi lesquels^, outre le roi de France et ses quatre fils, on comptait vingt-six ducs ou comtes et cent quarante bannerets. 11 choisit son champ à Maupertuis, deux lieues au nord de ^itiers , sur un coteau couvert de haies , de boissons et de vignes , impraticable à la cavalerie et favorable aux tirailleurs ; il cacha ses ai:chers dans les buissons^ creusa des fossés , se couvrit, de palissades et de ehariots ; enfin, fit de son camp, une grande redoute, ouverte seulement au milieu par un défilé étroit, que bordait une double haie. Au haut de ce défilé était la petite armée anglais^ à pied, ^rrée et couverte de tous côtés ; enfin, derrière une colline qui séparait les deux armées , ily avait, «ne embus* cade de six ûçnts cavaUers et archeis*.
L'armée française, se diapeba sur une ligne eblique, en trois batailles op divisions. L'aile gauche^ et la plus avan« cée , était commandée par le duc d'Orléans , frère du roi, le centre en arrière par les fils du roi^ L'aile droite ou la
■Lnmm lu caàMiiMm jiu 263
réserYApar le rd. .taH-mèmei Leserii de balailk se faisaient déjà eotendre, loisque denx légaii interposèrent leur mé^Ation. Le priaee de Galles oomentait à restittter ses conviâtBS et sesiprifionniers, et à fie pas servir contre la Franee pendant sepi ans; mais Jean exigea qu'il se rendit pnMNuiier aveo eait chevaliers. Les Anglais refusé* rent, elle roi, qui aurait pu les prendre par famine, or-» donna la bataille.
Un corps de trois cents gendarmes français s'engagea dans le défilé; une grêle de flèches le détruisit; le corps qm suivait, troublé par cette attaque, se rejeta sur l'aile gauche et la mit en désordre. Ce n'était qu'un combat d'avant-garde; mais l'embuscade anglaise, se jetant tout à coup sur Ja division du centre , celle-ci, saisie d'une terreur panique , prît la fuite avant de combattre. A cette YueyChandos, le plus illustre cafRtaine de l'armée an* gkâse, dît au prince Noir : « Chevauchez avant; la jour* née eit vostre. » Les Anglais descendent la coUiae, et i^a*^ verset tout devant eux : a Trois fils du rcô, dit Fsoissafdy avec plus de huit cents lances saines et entières, qui ja** mais n'approchèrent leu£S ennemis , slenfuànmt '. » L'aile gauche se rébgiaen désordre derrière la diviskm du joi, dé^à troublée, mais ii^acte. Les Ai^aisi sortirent en bon ordre du d^, et.s'avançaiis^ en plaine^ trouvèrent de* vant eux cettsidivision). où. était le roi avecsoa {dus jeune fijâ et sa bcilbinte) nel^lewe. Les FrançiAi avaient eneoiie l'avantage sur leurs ennemis ) bien tnlteieiiEaen nomiiceç mais. Jean se souvenant, pwir son lualheur, ipio le ûé^ sasira de Ctée^. avait élé causé, pas la cavaierift feasi^alse, ae mit à crier* : « A piedl a pied i» Lni^méme. dtsoendît
> F»issiNl, t. m*
264 DEUXÙMB ÉPOQVB.
de cheval et se mit en avant des siens , une hadie d< goerre à la main. La mèiée fat rude , sanglante; mais le< chevaliers français étaient inhabiles à lutter à pied contre ies grands chevaux des Anglais et les flèches des arehers: ils combattirent jusqu'à ce qu'ils fussent tous morts ou pris , mais sans ordre , par troupeaux et par compagnies, ainsi qu'ils se trouvaient rassemblés ou épars. Là péril toute la fleur de la chevalerie de France. Le roi resta presque seul, tête nue, blessé, intrépide, jouant bravement de la hache avec son plus jeune fils, qui parait les coups de ses ennemis t il fallut se rendre.
Le prince Noir , à peine âgé de vingt-six ans, se montra digne de sa l)onne fortune; il entoura de respects le roi vaincu , déclarant qu'il avait mérité le prix dé la valeur dans cette journée mémorable. Telle fut l'issue désastreuse de la célèbre bataille de Poitiers. Le Dauphin, d^à nommé par son père lieutenant générai du roj^aume, piit les rênes de l'État pendant la captivité du roi : il rendit six ordonnances sur les monnaies, pour subvenir aux premiers besoins du trésor, et convoqua à Paris, la même année , les états de la langue d'oil. '
Le désastre de Poitiers et la captivité du roi avaient' plongé le royaume dans le deuil, et chacun, dans cett«l crise dangereuse, comprit l'importance extrême des étatsl Ktaudc généraux convoqués par le Dauphin en 181^6; huit cenli '"^ députés y furent envoyés : Charles de Blois, duc m Bretagne y les présida. Cinquante commissaires nomma par eux exigoit aussitôt la mise en jugement des mini^ très du roi Jean , se soumettant à perdre leurs biens si ¥\^ nooenee des accusés est reconnue : ils réclament la mi en liberté du roi de Navarre, et l'institution d'un conse pour assister le prince , composé de quatre prélats, âou2
IiITRB If. CHAPITRE ni. 265
ehevaliers et douze bourgeois. Jaloux de Pautorité que s'arrog^t les états, le Dauphin demande du temps pour réfléchir; il traîne les discussions en longueur, flatte les députés, les abuse par de vaines paroles et les fatigue ; la plupart retournent chez eux ; enfin , l'assemblée se sépare sans avoir rien obtenu et rien accordé. Le Dauphin espérait plus des états de la langue d'oc : ceux-ci accordent en* effet quelques subsides et des troupes ; mais ils réclament des libertés et le droit d'administrer leurs finances. Ces faibles secours étaient loin de suffire aux besoins du royaume : l'Anglais en désolait les plus belles provinces: ï^*«o'«le commerce était anéanti; les soldats , débandés et sans 'oya»»'"»paye, ravageaient les campagnes; il n'y avait plus de sûreté pour les paysans dans les chaumières , pour les moines et les religieuses dans les couvents; les champs abandonnés restèrent incultes, et les villes reçurent une rauUitude d'hommes sans asile et sans pain, qui firent entier avec eux la famine dans leurs murs ; Tennemi , enfin, était aux portes de Paris.
Au milieu de tant d»calamîtés, Etienne Marcel, prévôt des marchands de la capitale , déploya un grand courage et les qualités d'un génie supérieur. Il ranime les Parisiens, achève et fortifie l'enceinte de la ville , fait tendre des chaînes de fer dans les rués, accoutume les bourgeois aux armes, et, fort d'une immense popularité, il se présente aux fameux états de 1357, convoqués à Paris par le Dauphin en assem- célèbres fatée générale. Robert le Coq , évêque de Laon , y porte la géné^ra\ix parole pioor le dergé , Jean de Péquigny pour la noblesse, isw. Etienne Marcel pour le tiers état. Ils promettent au Dauphin un sub^de suffisant pour l'entretien de trente mille hommes y sous -condition qu'il sera perçu et géré par eux. Le flrince s^eogage soley^nelH^ment à ne plus rien détour- T. I. n
Sgg DSUXISlfS ÉPOQCS.
ner , pour ses intérêts personnels, de ïw^xA coimeré à la défense du royaume, à refuser toute lettre de grâee pour crimes atroces, à ne plus vendre ou donner àiorme les offices de judicature , à rechercher et à puoir les prévaricateurs de la chambre des comptes et de celle des enquêtes, à rétablir les bonnes monnaies, et à n'y plus ap- . porter de changement que de l'aveu des trois états, à défendre toute prise pour service royal, à faire rendre compte aux percepteurs accusés de malversations; enfin ^ il convoque les étets pour le 1*" avril suivant, et les invite à se rassembler deux autres fois, à leur volonté, avant le l*''^ mars 1368. Ceux-ci désignèrent trente-six commissaires pris dans leur sein, pour administrer les finances et diriger les affaires de concert avec le prince.
On peut juger par ces conditions, auxquelles souscrivit le Dauphin, du nombre des giiefe justemoit élevés contre la cour et les grands, et de l'énormité des abus sous lesquels gémissait la nation. Ces utiles réformes âirent tentées avec courage par le prévôt Etienne Marcel ot par révêque Robert le Coq, qui tous deux cependant usèrent de coupables violences pour les soutenir; mais, s'ils parti* cipèrent en beaucoup de choses de la rudesse et de la ba^ barie de leur temps, ils eurent du moins le mérite d'avoir essayé de sauver la France par elle-même. Le soeeès durable de leur grande entreprise était impossible* La seule classe qui aurait pu se croire alors avec raison intéressée au triomphe des principes qu'ils établirent, était la classe du tiers état ou la bourgeoisie, et elle ne formait pas un corps animé d'un même esprit. Disséminés dans an grand nombre de villes jËéodalâoient soumises à autant de puissants seigneurs, et la plupart récemment unies an royaume, ia diversité de.ieursliabitudes» de leurs bushts» de knrs
i*nnui Bé emkvwmm nu S87
pr^vgés et de knre Intérêts matériels, rendait les hom-mes de la classe bourgeoise rivaox et jaloux les uns des antres : aacan lien social n'existait entre enz. Faiblement toadiés des destinées générales de r£tat , qui ne leor offrait aucun avantage , ils se révoltèrent contre les sacrifices qu'exigeait sa défense, lorsqu'ils purent le faire impu* nément, désavouèrent leurs libres représentants, et ne leur prêtèrent point Tappui nécessaire cmitre la jalousie des ordres privilégiés. Il fallut que l'action d'un pouvoir centrai et énergique pesât sur eux pendant des sièdes encore, avant de fondre tant de volontés partieulières ^n une seule volonté générale, et avant qu'il pût naître en France im esprit national assez sage pour comprendre les avantages qu'une vaste et puissante assooiation procure et les charges qu'elle impose, assez éclairé pour apprécier le bienfait des lil>ertés publiques, assez fort pour les conquérir et pour les défendre. L'année 1S67 fut l'époque de la plus grande puissance des états généraux au moyen âge : depuis lors, ils déchurent rapidement; ils perdirent, ainsi que l'ordre du tiers état, toute influenee politique , et ne furent plus, pendant des sièdes, qu'un vain simulacre des assend>lées natimiales*
Le roi Jean avait été conduit de Poitiers à Bordeaux , puis à Londres; et, pendant les négociations au sujet de fia rançon , une trêve de deux ans fut conclue entre l'Angleterre et la France. Vers le même temps, la mort de Geoffroy d'Harcourt délivra le Dauphin d'un implacable ennemi. Charles respira : il n'avait cédé que par contrainte «B vœu des états, il eut hâte de briser leur joug aussitôt q&'il put se dispenser de feindre. Il conserva les ministres 91*11 avait promis de chasser et de faire poursuivre, et, à leur ùiatlgation, il opposa les prétentions de la noblesse
268 raUXIBMB ÉPOQUS.
et les mormiireB da peuple aux votes des états. Les G<mtributions consenties par eux ne forent point payées; le prince alors déclara qu'il gouvernerait seul, et congédia • leurs trente-six commissaires. Ceux-ci sentent que l'opinion publique, seule force capable de les soutenir, les abandonne; ils se séparent sans résistance. Cbarles, hors de tutelle, rétablit plusieurs des abus qu'il avait promis de détruire ; mais l'argent lui manque, et les états s'assemblent de nouveau. Alarmés des déclarations et des actes hostiles du prince, ils désirent se donner un protecteur capable de les défendre, et jettent les yeux sur le roi de Navarre, prisonnier dans le château d'Arleux. Jean de Charles Péqulguy , dépuf^ de la noblesse, surprend le fort et dé- Navfrrc Hvrc Ic roi, qui se rend à Paris , où il est accueilli comme par Jean le futur Mbératcur du royaume. Le Dauphin dissimule, et
de Péqul- * 7
f^ promet de lui rendre ses châteaux; il manque à sa promesse, le Navarrois commence la guerre. Charles, pour la soutenir, altère les monnaies et brave les états^ en rapprochant davantage de sa personne les ministres et grands of&ciers condamnés par eux. Aucun tribunal n^avait osé les poursuivre; ils affectaient le plus profond mépiis pour l'autorité des communes, en menaçant de rétablir tous les abus. Le moment de la crise était venu : Marcel a recours aux moyens violents : il fait adopter aux Parisiens une couleur nationale, et letir donne pour signe de ralliement un chaperon mi-parti de rouge et de blanc; il se rend, suivi d'hommes armés, auprès du Dauphin, et trouve à ses côtés le sire de Conflans , maréchal de Champagne , et Robert de Clermont, maréchal de Normandie, tous deux proscrits par les états. Quelques pai'oles s*échangent entre le prince et Marcel ; puis sur un signe du prévôt, les hommes de sa suite tii'cnt leurs épéssy et lei^ «deux maréchaux
lut.
LIVAB II. CHAPITRB UI.
sont massacrés. Le Dauphin, couvert de lear sang, impjore Mearirc
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pour sa vie Marcel , qui lui met sur la tète son chaperon ^'^^Jj^ rottgc et blanc, et le conduit à l'hôtel de ville sous la sau- ^Jf^j^o^^ Vf garde des couleurs populaires. Là, le Dauphin^ saisi ■"*°''*®' d'effroi , déclare au peuple que les deux maréchaux assassinés furent des traîtres, et qu'ils ont mérité la mort. Mar- ^uenB« cel est roi dans Paris. Ce double assassinat, en restituant ^^^^j. pour quelque temps le pouvoir aux états, ne consolide ^reoV point leur pouvoir, et rend leur chute plus complète; il °û^m^ soulève d'implacables ressentiments dans le cœur du Dau- Ism!' phin et parmi la noblesse. Déjà les deux ordres privilégiés s'indignaient de voir des bourgeois méprisés exercer une puissance égale à la leur ; des haines sourdes fermentaient, des préjagés nobiliaires divisaient les trois ordres, lorsque le meurtre des maréchaux fit éclater la discorde. La no* blesse de Champagne s'assemble^ et demande vengeance au Dauphin; celui-ci, devenu régent du royaume par sa majorité, profite de ces dispositions favorables à ses desseins : il convoque à Compiègne les états de la langue d'oil; la noblesse seule s'y présente en grand nombre, et' exprime des vœux de vengeance. Marcel prévient l'orage et se prépare au combat ; il attaque le Louvre, alors hors de la capitale , et s'en empare; il unit la ville au château , et fortifie leur enceinte. Le régent appelle à lui la noblesse et rassemble sept mille lances, tandis que, par l'avis de Marcel , les bourgeois de Paris proclament le roi de Na-
■ . . ^ / • » . .1 Guerre
varre leur capitame général. La guerre civile commence; tmt. avec elle se montre un nouveau fléau.
Le penpie des campagnes , sans fbrce contre l'oppression, de quelque côté qu'elle se présentât , surchargé d'im- |>ôts par les seigneurs, dédaigné des bourgeois , pillé par les soldats^ souffrait à cette époque des maux intolérables.
270 DBvnÉHB xpoQin»
Un proverbe peiat avec énergie aon exeessive miaère : les Bdbles avaient coatoHie de désigner ce malheureux peapie sous le nom de Jacques Bonhomme , et disaient avec
te M. ironie : Jaeque$^ Bonhomme né lâche pas son argent, «sBt-* s'U n'est roué de ee^ps; mais Jacques Bonhomme paijfera, car il sera battu. Le désastre de Poitiers augmenta les maux de cette classe infortunée : les barons, les gentilshommes, prisonniers des Anglais et relâchés sur piurole, soumirent leurs ser& à d'atroees pecséeutiOBs, pour en arracher le prix de leur rançon. Alors Finstinet du désespoir unit ces paysans , un seui sentiment s'empara de leur âme , celui d'une venge^ce forcenée ; ils se soulèvent en masse , et jurent guerre à mort aux gentilshommes : ils brûlent les châteaux , dont ils torturent et massacrent les habitants ; ils violent, égorgent les femmes elles fiUes, et poussent la rage jusqa'à forcer des* enfants à manger de leur père , qu'ils brûlent sous leurs yeux ; enfia ils commettent tous les excès ou peuvent s'abandonner des hommes ignorants et barbares , longtemps vietimes d'une oppression cruelle. Ce soulèvement reçut dans i'Ustoire le nodi de la Jacquerie : il fut Umtàt réprimé; la noblesse y iovincible sous son armure de fer^ extermina ces malheureux demi-nus. Ils soUieitent l'appui dn roi de Navarre; mais ce prince marche oontra eux, et en mas* saere des milliers. Ils pérkent presque tous, et le» eam« pagnes de plusieurs provinces demeurèrent désertes. La noblesse prend avantage de cette victoire de Charles le Mauvais , pour lui faire honte de son .alliance avee les bourgeois parisiens; il les trahit^ et est chassé par eux.
^ Bientôt le Dauphin eampe sous leurs murs avec son armée. Marcel n'a d'espoir qpe dans le roi de Navarre ; il se rend auprès de lui, il lui rappelle qu'il est , par les femmes , le
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pins prodie hériliep do tPftne , et Invite à rentrer dans Paris : il s'engage en même temps à Ini faire rendre le titre de capitaine général , età lur owfrir les portes de la vîlie. Le Navarrois accepte , mcas un bourgeois nommé Ifeillsrd , partisan dn régent, et personnellement ennemi du préfet des maBcfaaBds, a deviné son dessein. Il se présente la nuit aveelMtereel à la porte que edui^ci doit livrer ao roi; et, avant qii'ii Tait onverte, il le JPirappe au front d'an eonp de badw d'annss d» le tue. Le même coap at- jj^^jf tdgnit tout le parti de Mat eei. La mort du fameux prévôt aplanit les voies au régent, qni entra dans Paris^ en vain* qaenr, appuyé sur l'épaule de Maillard , et signala sa puis* sance par de nombreuses exécutions.
GspcBdant le roi Jean , las de sa longue captivité^ avait seuMdt à un bonteux traité, qui cédait la moitié de la Frmse à l'Angleterre. Ce traité fut rejeté tout d'une voix par le régent et par les états de 1 S&9. Le Dauphin , à qui cet œte patriotique donnait de la popularité, déclara ensuite foe les ministres et grands officiers proscrits par les états précédents n'avaient jamais perdu sa confiance, et il les rétablit dans leurs fonctions. Il obtint quelques sub* Aides que le peuple ne paya [peint ; et, pour soutenir la gvtrre, il altéra de nouveau les monnaies. Le célèbre traité de BretigiHr termina enHn les hostilités entre la Traiu de Ffattte et rAngleteite: ses principanix articles portèrent "^ que la 6ulenne, ie Poitou, la Gascogne au midi , le Pon- Uden, Calais et quelques âdb an nofd, demeureraient en taobt propriété an toi d'Angleterre; qu'Edouard renonce* itôt à ses pcéteutioM sur la couronne de France , sur la riormandie, laBeetagne, le Maine*, la Touraine et l'Anjou, possédés par ses ancêtres , et que Jean payerait trois
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millions d'écm d'or pour sa rançon. Les deux souverains
confirmèrent ce traité à Calais en U60 '.
De grandes calamités suivirent la délivrance du roi Jean. Ce prince , en accordant sa fille à Galéas Yisconti de Milan» Ini avait fmt acheter par cent mille florins Ithonneur de sou alliance. Cette somme, épargnée à la France pour la rançon du roi, était cependant loin d'y suffire. Le peuple fat soumis à des taxes arbitraires, et sa misère s'en accrut : de nombreuses compagnies d'aventu-' riers, toujours à la solde du parti le plus offrant, et sans emploi en temps de paix , infestaient les campagnes ; les cbamps restèrent incultes; la famine , suivie d'une peste de trois ans, désola le royaume.
Au milieu de tant de maux , il se présenta une circonstance heureuse pour la France. Jean acquit la Bourgogne par la mort du jeune Philippe de Rouvre, dernier dnc , auquel il succéda en qualité de plus proche parent. Mais il ne comprit point Timportance de cette acquisition dans l!intérét national , et il s'empressa de détacher de nouveau cette belle province de sa couronne , en la donnant pour phiuroe apanage à Philippe le Hardi , son quatrième fils : ainsi fat JocTe^u ^"^^^ '^ seconde maison de Bourgogne , qui se rendit si m^Jra i^doutable a la France. Chacun des actes de ce roi parait "^ffogne!* être marqué du sceau de la plus déplorable fatalité : après '*^' tant de fautes, et au milieu des cris de détresse de la nation^ il médite de s'unir au roi de Chypre , engagé dans une nouvelle croisade, et, encouragé par le pape Urbain y, il prend la croix à Avignon; mais il sut bientôt que le duc d'Anjou , son fils, s'était enfui d'Angleterre, où il l'avait laissé comme otage; il en éprouva le plus vif
• Voyez carte n* 9.
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cbagijn : coupable de complicité avec son fils, le roi eût violé les lois de la chevalerie , qu'il respectait jDsqo'aa scrapule; impatient de se jostifier , il demanda un saufcondaity l'obtint > et retourna en Angleterre, où il mourut, Mort «la eo {Z&4. Peu de rois» avec des qualités estimables et des ^\it***' iotentions droites ^ ont attiré plus de maux sur leurs peuples. On attribue à ce prince cette belle parole : Si la bonne foi était banmie du reste du monde , il faudrait qu'on la retrouvée dans le eosur des rois ; noble maxime» qui ferait encore plus d'honneur au roi Jean si elle eût toujours inspiré ses actions.