‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 66 sur 103 · I.1VHE n. CHAPITRS f · texte numérisé non relu

I.1VHE n. CHAPITRS f

Qae)qiies*iiQ8 affirmèrent qu'elle avait été empoisonnée ; l'on donna peu d'attention à cet événement dans un temps où la mort par le poison on le poignard semblait presque nne manière naturelle de mourir. Le mariage projeté fat conclu entre Marguerite et le Jeune Henri, qui, aussitôt après la mort de sa mère^ avait pris le titre de roi de Navarre.

Des troupes catholiques étaient en marche sur plusieurs points du royaume. La cour passait des emprunts avec l'étranger, et redoublait d'égards pour les calvinistes: ceux-ci demeurèrent néanmoins dans une sécurité profonde. Coligni , consulté par Charles IX , lui conseillait d'arrêter les progrès de la puissance espagnole , en soutenant contre Philippe la Flandre insurgée. Le roi semblait approuver ce projet, et des troupes prirent le chemin de la Belgique. Alors Médicis et le duc d'Anjou , soit qu'ils eussent surpris de l'hésitation dans l'esprit de Charles et voulu le commettre sans retour avec les calvinistes , soit qu'ils désirassent avant tout se défaire de Coligni, apostèrent un assassin nommé Maurevel , qui le blessa dangereusement d'un coup d'arquebuse. On rapporta chez lai colinS l'amiral tout sanglant. Charles jouait à la paume lorsqu'il ^wo. apprit cette nouvelle : « Verrai-je donc toujours des trpu- « blés nouveaux ?« s'écria-t-il en jetant sa raquette avec fureur. Il accompagna sa mère chez l'amiral, et le combla de caresses perfides , et de faux tânoignages de regret et d'indignation.

Déjà Médieis avait fixé le jour du plus grand des attentats. Secondée par le duc d'Anjou, elle convainquit le roi que le moment de frapper était venu. Charles ^ra tout a coup dans un sombre accès de colère : « Péptésent donc

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SdiU «fàt mift^^n mvnpoar alticer le pliiS;graDd Jtwiatbrejpofftible de protestoits à. Bans. Gharies, dans ce Iwt, leur in^plm .qaei(pe .iaqwândeÀ dcsieiD , et leur fit ^ntttDdre qa'il fiiilaitqn-ils futtentea fioroe pour ^re à L'abri de toute surprise et de tout péril. Ils accoururent en feole^ et ToD prit ansiit^ les di^positiaDS JiécMsaires pomr IfBunte desang. Un eunseil se tkit aux ïaiJaries entre la leioe, le dae d'An|ou, le duc de Nevers, Henri d'Angoulèine, grand prieur de France, Bené de Jlirague, lemaréeKal de Tayannes, Albert de Gondi-et le baron de Aetz. Les rôles lurent distribués, et il lut dit que l'exéeiirtiau.eoniflRaeeraitayec Taurore du lendemain, jour de la Saint«Bartbéleœi. Tavannes donne Tordre, en présence dn jroi, au prévôt des marchands , Jean Charron, de faine armer les compagnies bourgeoises , de les réunir à minuit à l'hôtel 4b ville, et de les lancer sur les calviniste&au premier coup de tocsin. Les. meurtriers, pourâe reconnattre, devaient porter une écharpe au bnas «gauche, et .une erms: ^jteK" blanche au ebapesn. Au .point du joue. Médias» impatiente, fait donner le signal par Thorloge de.Saint>Gerniain

M^ût l'Awierrois : aniuroit de la cloche lugubre, la ville ^rem-

plit d'assassins, et dfabord une bande de jsoldats, dirigée par «Henri de Guise, cerne la maison de Coligni : les portas aont ouvertes au nom du roi; des meurtriers montent, et trouvent Famiral en prière : « Est-ce toi qui es .Coligni ? > loi idemanda rieur chef nommé Sème, «en le «menaçant de son ipée. «Oui, c'est mol,, )> répondit eelui-ei ; «Jeune «liomme, tu devrais respecter mes cheveux blancs !» Pour tonle réponse, Bôme ie.fi:i(ppe à coups jredoublés, le mutile, et précipite son cadavre dans la rue, où Henri de

Gnlse l'attefidait «t le feule anx pieis. Déjà HitmorJ; éMC partDQt dans Paris; les favguenotssortaieBtéenitaWide lears maisons au bruit dn tocsin, aux cris delean'Arèras égorgés, et périssaient.par milliers. Ta^anaes, les do» d'Âugoulêaie et d'Anjou , Henri de Guise^et Mentpeusier, animaient k» bourreaux au carnage : «-Saigneai, saigam! « eriait Tavauaes; les médecins disent que la saignée ert « aussi bonne au mois d'août eomme en mai« » Les boupgeois rivalisèrent de férocité avec les plus grands 4el< gneurs : Torfévre Grucése vanta d'avoir seul égorgé j^lus de quatre cents huguenots en un jour. Gelui qui avait or^ donné le crime voulut une part tkins son exécutton*: tt Ou vit le roi , dit Branttoie y tirer d'une fenêtre du liOUcyre sur les protestants fugitifs. » Il se rendit ensuite en brillant cortège aux fourches patibulaires de Montibucon, où étaient suspeadus les restes de l'amiral à demi consumés. II parut Jouir de ce spectacle, et répéta, dit-on , «e mot affreux de Yitellius : « Le eorps d'un ennemi tué «sent toujours bon. » Les dames de la cour et les filles d'honneur de la reine partagèrent le délire et la fureur des bourreaux : elles vinrent contempler les restes sanglants de plusieurs seigneurs qu'elles avaient connus y et faire dMmpodiques recherches sur leurs cadavres. Leirol, la reine et leur cour acceptèrent , de la main des assassins, des bijoux qui avalent appartenu aux victimes. Xe massacre dura trois jours dans Paris, où cinq mille. personnes perdirent la vie. Le troisième jour, Charles IX se rendit au parlement ; il eut Faudace de justifier sa conduite, et 1« président Christophe de Tbou eut l'indigne felblesse de l'approuver. Des ordres royaux furent expédiés dans toutes les provinces pour commander de semblablen massacres : Meaux, Angers, Bourges, Orléans, Lyon, Toi^

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loue , Rouen , deviarent le théétre de scènes horribles : phttieurs gonyemenrs oqpendant refusèrent d*obéir. Le ▼icomte d'Ortfaes , commandant de Rayonne , écrivit au roi : « Sire , je n'ai troavé dans la ville que bons citoyens « et braves soldats , mais pas un bonrreaa. « Le comte de Tendes, en Provence, fit nne réponse semblable : la mort de tous deux fut snbite et prématurée. Le Jeune roi de Navarre et Henri de Coudé coururent risque de la vie pendant le massacre : Qiaries les fit venir en sa présence, et leur dit d'une voix terrible : « La messe ou la mort ! > Cédant à la nécessité, les deux princes abjurèrent en apparence , et demeurèrent prisonniers. Telles furent les principales scènes de cet effroyable événement. Rome en aecueillit la nouvelle avec enthousiasme : le pape Grégoire XIII fit tirer le canon et chanter une messe solennelle en rhonneur d'une journée dont THospital disait, en faisant ouvrir ses portes aux assassins : « Périsse fa mé- « moire de ce jour exécrable ' ! »

^^ Médicis et Charles IX avaient espéré on règne paisible «5*|J pour résultat de leurs crimes : ils se trompaient -, la guerre | eivile se réveilla plus terrible, et un grand nombre de ca- 1

* Ge jonr le frappa d*une telle horreur, qu'il ne fit plus^qu'appeler. la mort. Dès qa'il eut connaissance de tant d'atrocités : « Je leoon* « nais, s'écria-t-il, les conseils qu'on donnait au roi depuis longtenips| «c il faut mourir quand on n*a pu prévenir de tels malheurs. Les assa» « sins de l'amiral de Coligni s'approclient bien tard de la demeure di « chancelier de l'Hospital. » Ses domestiques Tinrent lui apprendn qu'une troupe armée se dirigeait d'Êtampes Ters son château : « Qa'oi «leur ouvre, s'écria- t-il , qu'on ne leur oppose aucune résistance^ <c qu'on les conduise à mon appartement. Si la petite porte n'est bat « tante , ouvrex la grande. J'ai assez vu le jour. »

(CUcretelle, Histoire de France pendant les guerres de reli gion^ Mr. VII.)

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tholiques embrassèrent la réforme, par Thorreur que leur inspira la Saint-Barthélemi. Le parti des politignes se leva contre la cour, et bientôt l'on compta dans leurs rangs plu$ieui*s des plus illustres seigneurs de France , auxquels s'adjoignirent Damville et Thoré , fils du connétable de Montmorency. Le mépris et la soif de la Tengeance^ poussés jusqu'à la rage, doublaient les forces des protestants. Les plus faibles places résistaient aux troupes royales, que les insurgés insultaient du haut des murs : «Approchez, assassins, leur criaient-ils; venez , massa- * creurs ; vous ne nous trouverez pas endormis comme «Tamiral. » La Rochelle était la principale place des protestants; Charles sentit la nécessité de s'en emparer. Le duc d'Anjou partit pour cette expédition à la tête d'une armée nombreuse, et traîna les deux princes captifs à ce siège. La défense fut héroïque ; elle dura six mois, et coûta des sommes immenses et vingt mille hommes aux catholiques. Sancerre soutint aussi un siège mémorable : Montauban, Nîmes et d'autres villes étaient au pouvoir des protestants. Une quatrième paix fut signée : elle accordait ^^^ dans ces places aux réformés la plupart des avantages p^|. garantis par les traités précédents.

Le duc d'Anjou venait d'être élu roi de Pologne ; bientôt il partit pour son royaume. Une entreprise dite des jours gras, parce qu'on la fit en temps de carnaval , fut

ptlae des

tentée, l'année suivante, pour délivrer les deux princes, y^ £lle échoua en partie, et coûta la vie à ses auteurs, la Môle ««'*•' et Coconnas : ils furent décapités. La reine de Navarre et la duchesse de Nevers , dont ils avaient été les amants, se firent apporter leurs tètes sanglantes, et , à leur vue , s'abandonnèrent à de farouches transports. Gandé seul

était parv«iMi àfl'éebiqsper rHenri de Navarre fut surveillé plna étroitement jinqu'à la mort du n>L

ChttNes IX languissait depuis la Saint-Barthéienii. Sentent il' semblait en proie à un délire fhrieuic ;^ il voyait aku» siB dresser devant lui les spectres de ses victimes, ^ort^de Btn» la dernière suit de ^ vie , dit TEstoile, comme il ne ^ restait piua daos sa ohamfore que deux personnes^et sa nooidce, qu'il aimait beaucoup > sur le point de semmeHler, elle entendit le. roi se plaindre , pleurer et soupirer. BUe s'approebaidouœment du lit, et ayant tifé le rideau, le roi lui dii:en jetant un grand soupir, et en pleurant si ftMTt que les sanglots interrompaient ses paroles : « Ah I ma « nouniee , ma nourrice, que de sang 1 que de meurtres 1 « Ah ! que j'ai suivi un médiant conseil ! Oh 1 mon Dieu I « pardonncp-mc». » Son propre sang sortait de sa peau , et inondait son lit \ il expira le Somai 1574, âgé seulement de utogt^atre ans.

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