‹ Histoire de FranceChapitre 4 sur 101 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Règne de Louis XIII jasfpi^au ministère de Richelieu. 1610 ~ 1624.

Henri IV laissait son royaume florissant , un trésor de ^situation

.... . . , . . , de la France

qumze millions, plusieurs armées bien entretenues, des i-^^^J^^^t places fortes pourvues d'un nombreux matériel de guerre, lo^jJ^,,,. des alliances solides et un conseil bien composé. Après dw'SïiX sa mort, la faiblesse du gouvernement, la discorde entre "*®* les princes, l'ambition jalouse et les caprices de la reine mère eurent bientôt dissous tant d'éléments de prospérité.

2 TROISIÈME ISPOQUÈ.

Les grands avaient pris dans les troubles civils des habitudes d^ndépendance et de souveraineté; ils levaient pour leur compte des soldats et des impôts dans les pays et dans les villeà dont ils étaient gouverneurs, et soudoyaient un certain nombre de gentilshommes, toujours prêts à les soutenir de leur épée contre l'autorité royale. La plupart des nobles avaient perdu dans les guerres de religion le respect inviolable pour la personne du prince et jusqu'à la conscience de leurs devoirs envers lui. U s'était ainsi formé une classe d'hommes puissants, qui n'était pas, comme on l'a trop répété, une féodalité nouvelle, puisqu'elle n'avait aucun pouvoir qui n'émanât de la couronne et qui ne fût révocable à volonté ; mais ceux qui possédaient les grandes charges, et qu'Henri lY avait su contenir, abusèrent après lui du dépôt qu'il leur avait confié. La patrie elle-même n'avait point de culte dans les âmes ; toutes les pensées, tous les efforts des princes et des seigneurs étaient dirigés vers leur agrandissement^ et Ton ne vit en aucun autre temps les premiers personnages de l'État donner sans rougir plus de honteux exemples d'une ambition effrénée , d'une cupidité insatiable.

Malgré tant d'éléments de ruine et d'anarchie, aucune secousse ne se fit d'abord sentir à la nouvelle du change- Marie ment de règne. Marie de Médicis, femme impérieuse, régente, violeutc ct vindicativc, réclama sur-le-champ la régence du royaume. Aucune loi cependant ne lui attribuait ce droit ni ne définissait ses attributions politiques. La monarchie n'avait point de constitution fondamentale, et c'est de là que sortirent tous les fléaux qui agitaient la France à chaque minorité. Mais, de tous les membres de la famille de Bourbon, pas un n'était en mesui« de lui disputer le pouvoir : Gondé, le premier prince du sang, était à l'étranger; le prince de Gooti était infirme et imbécile; le comte de Soissons vivait éloigné de la cour. Le ducd'Èpemon^ colonel général de l'infanterie, fit cerner

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la salle des séances où le parlement, convoqué extraordiDa!rement> délibérait déjà^ et, trois heures après la mort du roi, sa veuve fut déclarée régente. Le lendemain, dans un lit de justice présidé par le roi enfant, cette assemblée proclama solennellement sa décision.

Marie de Médicis suivit d*abord les avis de Yilleroi, qai avait été ministre sous les quatre derniers monarques, et conserva le conseil du feu roi, qu'elle affaiblit néanmoins en y admettant un grand nombre de prétendants ambitieux.

La question de la guerre ou de la paix était la première à résoudre. Sully voulait persister dans la voie ouverte par Henri IV et poursuivre à outrance la guerre contre la maison d*Âutriebe; son avis ne prévalut qu'à demi. On abandonna au ressentiment de TËspagne le duc de Savoie, qui s'était compromis pour la France; ce prince fut obligé d'implorer le pardon de Philippe IIL £d Allemagne on se borna au siège de Juliers. Cette ville, vriw dont s'était emparé l'archiduc Léopold, capitula devant l'io. le maréchal de La Châtre et Maurice, prince d'Orange, qui la remirent, à la charge de la garder en commun, aux deux principaux compétiteurs, l'électeur de Brandebourg et le comte palatin de Neubourg, beaux-frères du dernier duc de Clèves et Juliers. Cette campagne n'eut pas d'autre suite, et la régente se hâta d'abandonner la politique de Henri lY. Le déplorable état où la France était tombée en quelques mois s'opposait d'ailleurs à l'accom plissement de ces vastes projets que le calme et la prospérité intérieurs pouvaient seuls permettre de poursuivre.

Condé était rentré en France, et pour prix de son acquiescement à la régence de Médicis il avait exigé d'immenses largesses pécuniaires. Tous les courtisans, à son exemple, voulurent de l'oret des dignités, et Médicis crut piodtgaiités qu'il suffisait d'enrichir ses amis et ses ennemis pour as- *** ** '**"*' surer la paix de son règne. Dominée par cette idée fu*

Exactiunt

de« selgDeurt.

Retraite de Sully.

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