QUà^BIÀMS EIM^QOS
on dimm^ lessattribotious d^ comités; Todienae k)i da 2a prairial relative h la procédure criminelle fut abolie ; il n'y eut plus que trois assemblées de section par mois, et Ton supprima l'indemnité de quarante sous par jour donnée aux citoyens pauvres qui y assistaient; enfin, raflliliatlon de ia société mère des Jacobins de Paris avec toutes celles de la république fut interdite. Fréron^appelait en même temps la jeunesse aux armes contre les terroristes , dans sa feuille de l'Orateur du peuple. Son appel fut entendu : une foule de jeunes gens appartenant à la classe riche et à la classe moyenne, et auxquels on donna le nom de jeunesse dorée , parcoururent les rues en groupes nombreux , armés de bâtons plombés et livrant aux jacobins une guerre à outrance. Le club de ces derniers fut attaqué et pris après une très- vive résistance; la jeunesse en ferma les portes , et Paris tout entier ne fut qu'un champ de bataille. La Convention secondait tous ces actes réactionnaires ; elle mit en jugement l'atroce Fouquier-Tin ville, accusateur public, ainsi que Joseph Lebon et Carrier, qui avaient rempli leur mission , l'un à Arras , l'autre à Nantes, en démons exterminateurs. Tous trois payèrent leurs crimes de lear tête, et leurs atrocités, publiquement dévoilées, ajoutèrent encore à l'horreur qu'inspiraient leurs anciens compli- Rappel ces. La Convention rappela dans son sein soixante-treize GtrondiM députés proscrits pour avoir protesté contre la condamnation des Girondins; elle révoqua les décrets d'expulsion contre les prêtres et contre les nobles; les cultes furent rétablis; on supprima le maximum^ et le buste de Marat uuDqneroute fut brisé daus la salle des séances. Mais d'autres fléaux
des
assignats, t fîirent produits par cette réaction rapide ; huit milliards d'assignats avaient été mis en circulation, et, lorsqu'il n'y eut plus de lois violentes pour les soutenir» ils tombèrent sur-le-champ quinze fois au-dessous de leur première valeur ; le numéraire disparut » et cette baisse
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prodigieuse enfanta un agiotage effréné , qui précipita la Agiotage ruine d*une multitude de familles. Le monopôle succéda à la terrible loi du maximum , et les feriniers se vengèrent de leur longue et cruelle oppression en accaparant les subsistances. La famine parut ; le bas peuple des Famioe. faubourgs regretta le régime qui lui donnait du pain et du pouvoir, et eut de nouveau recours aux émeutes.
Plusieurs des plus fameux terroristes , Billaud- Varennes , Collot d'Herbois, Barrère et Vadier, avaient été condamnes à la déportation et conduits au château de Ham , avec dix-sept membres de la crête qui s'étaient montrés favorables à une première insurrection tentée pour les sauver ; une seconde insurrection n*eut pas plus de succès au 12 germinal; enfin une troisième fut organisée le 1^^ prairial sur un plan redoutable. Les conjurés Le peuple décrétèrent ce jour-là , entre autres mesures , au nom conveîftion. du peuple insurgé pour obtenir du pain et reprendre ses *( «avril* droits^ l'établissement de la constitution de 93 , la mise en liberté des patriotes et la suspension de toute autorité non émanée du peuple. Ils décidèrent de créer une nouvelle municipalité , de s'emparer des barrières , du télégraphe et du tocsin , et de ne s'arrêter qu'après avoir assuré la subsistance , le repos et le bonheur de tous les Français. Ils invitèrent toutes les troupes à entrer dans leurs rangs , et marchèrent rapidement sur la Convention, qui, surprise par eux, se hâta d'appeler les sections aux armes. Les portes furent enfoncées, la multitude et une foule de femmes furieuses envahirent les tribunes^ criant : Du pain et la constitution de QZ\ L'enceinte de l'assemblée devint bientôt un champ de bataille. Le député Auguis , le sabre à la main , à la tête des vétérans et des gendarme^, repousse d'abord les assaillants; ils reviennent au pas de charge. Le président Boissy d'Anglas est couché en joue ; le député Féraud s'élance et le couvre de son corps; il est blessé lui-même, entraîné par la foule
316 QUATRIÀMB BPOQUB.
Courage et décapité. La plupart des députés conventionnels prend'Angi!^ nent la fuite. Boissy d'Anglas demeure au fauteuil, calme et le front couvert ; il proteste contre ces violences de la populace. Les insurgés furieux, Fentourent, et , appuyant leurs armes sur sa poitrine, ils veulent le contraindre à mettre leurs propositions aux voix, il résiste; on lui présente au bout d*une pique la tête sanglante de Féraud; il se découvre et s'incline devant elle. Les députés de la crête , favorables à Témeute, terminent cette scène terrible en s'emparant des bureaux , et en décrétant seuls^ aux applaudissements de la multitude, les articles con- , tenus dans le manifeste des insurgés. Mais les bataillons des sections arrivent , ils s'emparent du Carrousel et entrent, la baïonnette en avant, dans la salle des séances ; la foule se retire devant eux. Les membres reviennent en masse ; la Convention annule les mesures adoptées pendant le tumulte, et fait arrêter quatorze de ses membres complices des insurgés. Le lendemain les faubourgs en armes tentent inutilement une nouvelle attaque, et enfin, le 4 prairial , à la suite d'un dernier mouvement qui avait pour but la délivrance de l'assassin du député Féraud , les faubourgs furent cernés et désarmés. La Convention AboiutoQ détruisit les comités révolutionnaires et abolit la conconsmûuon stitutiou de 1793. Ainsi finit le régime de la multitude, et depuis lors l'ancien parti girondin domina dans l'assemblée.
de 1798.
campaOTM La réactiou commencée en thermidor n'arrêta point les et**de nw. succès dc uos armécs , dont un hiver rigoureux seconda l'audace. Dans les derniers jours de 1794 le froid devintexcessif, et les glaces rendirent possible sur plusieurs points le passage de la Meuse et du Wahal , barrières défensives de Tarmée ennemie. Nos soldats étaient à peine entrés depuis un mois dans leurs cantonnements d'hiver; dénués d'habits et de chaussures, accablés des fatigues de
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tant de brillants faits d'armes, Jamais le repos ne leur eût été plus nécessaire; et pourtant à la vue des fleuves enchaînés et durcis par la glace, leur ardeur, excitée par la consternation de l'ennemi autant que par les vœux des patriotes hollandais , ne connaît plus d'obstacles. Fichegru les ^ide : ils pénètrent en Hollande sur plusieurs conquête points ; York et son armée se retirent sur Deventer en Hoitimie désordre; le prince d'Orange, frappé de stupeur, de- j/^îte/î}'^, meure immobile à Gorcum ; les patriotes , ennemis du stathouder, secondent nos efforts , et en peu de temps la Hollande entière est conquise. Le sthathouder se réfugie en Angleterre, et les états généraux gouvernent la république, qui s'unit étroitement à la France. La Prusse, menacée, conclut la paix à Bâie, et T Espagne, où les Pau Français étaient mattres d'un grand nombre de places, s avrii nts. suivit bientôt l'exemple de cette puissance en signant un traité dont la condition principale fut l'échange de nos conquêtes dans la Péninsule contre la partie espagnole de Saint-Domingue.
La France fut moins heureuse , dans le cours de cette année, sur la frontière de l'est. Pichegru avait quitté le commandement de l'armée du Nord pour prendre celui de Tarmée du Rhin ; il occupait la rive gauche de ce fleuve depuis Mayence Jusqu'à Strasbourg; Jourdan, avec l'armée de Sambre-et-Meuse, était cantonné sur le Rhin , vers Cologne. Les coalisés avaient perdu toute la rive gauche, hormis Luxembourg et Mayence. La première de ces places fut prise par famine le 24 juin, et dès lors les Français devaient songer à passer le fleuve , dont la rive droite était défendue par les Autrichiens , sous Glairfait et Wurmser. Mais nos armées , dénuées du nécessaire, manquaient de matériel et d'équipages de ponts; il fallut attendre plusieurs mois, et enfln, le G septembre, Jourdan effectua le passage sur trois points, aux environs de Dusseldorf ; Pichegru passa le fleuve
PasAAge
318 * QUÀTBIÀME ÉPOQUE.
presque en même temps, à la hauteur de la forte place
de M anheim , qui se rendit presque aussitôt. Les deux
(in Rhîn ^'''"^^s, en combinant leurs manœuvres et se réunissant
Se sïmRî- ^^^^ '® vallée du Meîn , auraient pu repousser Claîrfait
^^Mtt^^ et Wurmser et les battre successivement Tun et l'autre ;
jourdan, jj^j^jg çg ^\^^ ^^ f^j^. p^^g g^j^j pj^hegru avait des intelli-
**'duRiSf* gences avec le prince de Condé, chef de l'émigration; pichêgra. il méditait déjà de trahir la république , et il compromit Septembre ^^^ armée et celle de Jourdan par la faiblesse de ses manœuvres. Il donna le temps à Clairfait de fondre sur lai avec des forces supérieures, se laissa honteusement battre à Heidelberg, et se renferma dans Manheim. Clair- Défaite fait sc porta ensuite contre Jourdan , qui, séparé de Pi- Hddelberg ^hegru , serre entre le Rhin et le terram neutre de la Prusse et manquant de subsistances , fut contraint à la retraite et repassa le fleuve. Trente mille Français continuaient d'investir Mayence; Clairfait, par une ma- Retraite uœuvrc habile et hardie , força leurs lignes et refoula ^^di'rtS?' nos armées jusqu'au pied des Vosges sur la rive gauche desifiiibre- du Rhîn. Lcs places de Manheim , Dusseldorf et Neuwied
et-Meose. * > -.
Perte nous restaient sculcs sur la rive droite. Un armistice
des llffne» ^ , ,
*e Mayence. suivit CCS Tcvcrs , et Ics troupes entrèrent dans leurs cantonnements.
De brillants succès en Piémont balancèrent l'échec des
armées du Rhin. L'important traité conclu avec TEspa-
gne avait permis de réunir les deux armées des Pjnré-
nées à celle des Alpes maritimes, commandée par
Jonction Kellermann. La jonction de ces forces autorisait à pren-
dîrpyrtnlÏB dre Toffensive; il s'agissait , par une victoire éclatante,
^'mîrttimâ? de forcer les passages des Apennins et de contraindre le
Piémont à la neutralité. Kellerman fut remplacé par
Schérer, dont l'armée, resserrée entre la mer et la chaîne
de l'Apennin , avait en face l'armée piémontaise soos
CoUi et l'armée autrichienne ; celle-ci s'étendait de la
crête de l'Apennin au bassin de Loauo , jusqu'à la mer;
LivBB 11. GHAprri» iir.
Virtoire de Scbéfcr * Loano.
NoTcmbrefl
celle-là occupait le reYers opposé des montagnes v^rs le P6 , fortement retranchée dans le camp de la Géva. Sehé* rer tenta un coup hardi; Masséna, par son ordre, franchit la crête des Apennins et sépara les deux armées ennemies, taudis que Serrurier trompait Golli par une fausse attaque et qu' Augereau refoulait lés Autrichiens dans le hassin de liOsmo. Une victoire complète (ut le fruit de cette savante manœuvre; les ennemis furent ibrcés et mis en fuite; une tempête accompagnée d'une neige épaisse couvrit leur retraite précipitée; vingt pièces de canon et d'immenses magasins tombèrent au pouvoir des vainqueurs, et Tltalie futouverte aux Français.
Les armes de la république n'étaient pas moins heureuses en Vendée , où la mésintelligence des deux principaux chefs, Cbarette et Stoffiet, affaiblit les forces des insurgés. Le marquis de Puisaye, actif agent do parti royaliste en Bretagne, demanda le secours de l'An- sipédition gleterre et l'obtint ; Tamiral Brldport mit à la voile avec 'dmoSb^^ les deux premières divisions d'émigrés, commandées roj^uTe. Tune par le comté d'Hervilly , l'autre par M. de Sombreuil ; une troisième division suivait, sous les- ordres du comte d'Artois. Un engagement eut lieu, à la hauteur de Belle-Isle , entre la flotte de l'amiral Brldport et celle de l'amiral républicain Villaret- Joyeuse ; Brldport, vainqueur, opéra le débarquement des deux premières divisions dans la baie de Quiberon, près de Vannes; l'une d'elles s'empara sur-le*champ du fort Pentfaîèvre, qui dominait r^râte presqu'île de Quiberon, sur laquelle s'était opéré le débarquement. Les émigrés marchent aussitôt contre l'armée républicaine^ en l'absence de Hoche qui la commandait. A la nouvelle de cette attaque soudaine il accourt, et les royalistes sont répoussés et moissonnés par la mitraille ; Sombreuil, avec sa division, arrive trop tard pour soutenir un combat inégal ; la tempête éloigne la flotte et rend la retraite impossible. Les
. républicains s'emparent par trahison da fèrt Penthièvre; il faisait nuit, un affreux massacre commence. D'Hervilly est tué ; Sombreuii et huit cents des siens , après une résistance héroïque , sont réduits par Hoche à capituler; mais le repréwntant Tallien arrive sur le champ de bataille et s'empare de tous les pouvoirs ; il ne reconnaît point de capitulation ; les émigrés vaincus sont jetés dans les prisons au mépris des engagements pris envers eux , puis militairement jugés et fusillés. Avec eux périt l'élite de notre ancienne marine , et , au bruit de cet affreux massacre, la France put se croire revenue aux jours les plus sombres de la Terreur.
L'Angleterre tenta un nouvel effort pour soutenir la guerre civile dans TOuest ; la flotte anglaise portait un prince français, le comtQ d'Artois, et plusieurs régiments. A la voix de l'intrépide Gharette tout le littoral de la Bretagne avait repris les armes dans Tattente du débarquement du prince, et ce grand mouvement pouvait changer, dans ces contrées, la face de la guerre. Mais, après un séjour Le oomie dc ouelques semaines à TIle-Dieu , le comte d*Artols re- ^ ^'Itm^*^"' ^^^°a ®^ Angleterre sans, toucher le continent ; la flotte anglaise, contrariée par les vents, ne fut d'aucun seeours aux chouans ( 1 ), et tout le fruit espéré de cette expédition fut perdu.
Ainsi donc, à l'exception de l'échec qui avait fait reculer nos armées à Test, la république n'avait eu que des succès dans le cours de 1795. Elle avait conquis au nord toute la Hollande et au sud le passage de l'Apennin, porte de ritalie; Tespoir que la Bretagne et la Vendée fondaient sur l'Angleterre s*était évanoui à Quiberon ; trois puis- Ci) Od nouimait chouans les paysans qui composaient les principales forces des royalistes dans TAnjou et dans la Basse- Bretagne. On a donné à c« nom diverses origines ; TopiDion la plus probable est qu'il vient d'une famille nommée Chouan , qui , la prenaière , sMnsurgea dans TAnjou.
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sances enfin avaient déposé les armes : la Prusse, la Hollande et l'Espagne. La cause royale semblait désespérée, ^^ et ellejperdit encore cette même année le Dauphin, fils de Lo„,g**xvii. Loyis XVi, proclamé fol France par les royalistes après •'"*" "*'^'le 21 janvier et nommé Louis XVII, Ce prince, âgé de huit ans seulement à la mort de son père, avait été arraché des bras de sa mère, de sa tante et de sa sœur, et confié à la garde d'un misérable, appelé Simon, cordonnier de profession et républicain forcené , qui , sous prétexte de donner à Tenfant royal une éducation républicaine, Taccablait d'outrages et de violences brutales. La mort précoce du jeune prince fut attribuée aux indignes traitements qu'il reçut de cet homme affreux ; il mourut au mois de juin 1795. Ses droits au trône passèrent à son oncle, LouisStanislas-Xavier, comte de Provence, que les émigrés et les puissances étrangères reconnurent dès lors pour roi de France sous le nom de Louis XVIII.
Après le désastre deQuiberon toutes les espérances des ^^^^^ royalistes se portèrent sur le mouvement réactionnaire c^n^èniion de l'intérieur; ce mouvement, dirigé d'abord par des républicains modérés, devint bientôt très-violent et se mesura sur la fureur des passions révolutionnaires. Trop de crimes avaient été eommis au nom de la Convention pour que cette assemblée, malgré ses derniers actes, n'excitât point de profonds ressentiments et ne fût pas en butte àTindignation et à la haine d'une foule d'âmes généreuses. Cette disposition des esprits fut puissamment secondée par les journalistes; ceux-ci formèrent contre elle une confédération redoutable , dont les principaux organes furent Charles Lacretelle, La Harpe, Richer de Sérisy , Tronçon du Coudray. La jeunesse dorée abandonna la Convention, et la bourgeoisie manifesta également des dispositions hostiles ; on s'assemblait sur les boulevards au chant du Réveil du peuple; on poursuivait a outrance les jacobins en criant : Haro sur les terroristes ! et .^
322 QUÀTBIÈMB ÉPOQDB.
grands excès furent commis. La Convention mit de& bornes à ces vengeances dans la capitale; mais dans les provinces son autorité fut impuissante pour les prévenir. Dans le Midi surtout ses ennemis se livrèrent à d'affreuses violences; H se forma des compagnies de Jésus et du Soleil qui exercèrent de sanglantes représailles; les prisons se remplirent d'hommes accusés d'avoir pris une part active au régime de la Terreur; à Lyon, à Aix, à Tarascon, à Marseille, ils furent impitoyablement égorgés. Cette disposition réactionnaire des esprits produisit de graves commotions , qui mirent à l'intérieur la Convention en péril, tandis qu'elle triomphait aux frontières. F/émigration, perdant Tespoir de la renverser par ^la force des armes, recourut aux sections de Paris, et tenta de faire la contre-révolution aii moyeu de la constitution nouvelle de l'an m.
roMmutton Cette constitution était la moins défectueuse de celles
4e r'Sii Ui*
"M. qui avalent été établies ou projetées depuis 1789. Elle plaçait le pouvoir lé^slatif dans deux conseils, celui des Cinq-Cents et celui des Anciens; le pouvoir exécutif dans un Directoire de cinq membres. Elle rétablit len deux degrés, et fixa certaines conditions de propriété pour devenir membre des assemblées primaires et des assemblées électorales. L'initiative dans la présentation des projets de loi et leur discussion appartenaient au conseil des Cinq-Cents; leur admission ou leur rejet était décidé par le conseil des Anciens. Le premier se composait de cinq cents membres âgés de trente ans au moins, et le second lie deux cent cinquante , qui comptaient quarante ans accomplis; ceux-ci nommaient les cinq directeurs, snr la présentation du conseil' des Cinq-Cents ; chacun des directeurs était président pendant trois mois et avait alors la signature et les sceaux. Tous les ans le Directoire se renouvelait par cinquième; il eut une garde, et pour demeure le palais do Luxembourg. Les affreux souvenirs
LITfiB II. GHAMTRB 111. SS3
do régime de la Terreur, qui enflammaient ro[^infon réactionnaire de la elasse moyenne et mettaient la Convention dans la nécessité de se défendre, devinrent fn« nestes à la constitution nouvelle, qui périt surtout par la haine et par Thorreur auxquelles ses auteurs étaient en butte. Ceux-ci comprirent quels seraient les dangers de leur position si le choix des nouveaux conseils était dicté par l'opinion dominante, et, afin de s'assurer la majorité pour la nomination des directeurs, ils décidèrent, par les déerets du 5 et du là fructidor, que les deux tiers oéereu
, . , , ^ . . . dtt • et dn It
des membres de la Convention seraient maintenus.
Août ITM.
Ces décrets, ainsi que l'acte constitutionnel, furent sou mis aux assemblées primaires et adoptés par les départements. Paris, sous l'influence directe des Journalistes, accepta la constitution nouvelle et rejeta les décrets, dont l'adoption par la majorité des assemblées primaires de la république fut proclamée le l*'^ vendémiaire. Ce fut le si- R^roite
dM flCdtolM
gnal d'une agitation menaçante; les journalistes et les chefs de Paris, royalistes des sections s'agitèrent et crièrent à la tyrannie; la bougeoisie armée nomma un collège d'électeurs et jnra de le défendre jusqu'à la mort; ce collège fut constitué le 1 1 vendémiaire. La Convention , justement alarmée, se mit en permanence; elle appela autour d'elle le camp des Sablons, arma dix-huit cents patriotes et cassa le collège des électeurs. La section Lepeletier éclata la première contre ces mesures et anima les autres sections contre la Convention en leur faisant craindre le retour de la Terreur. Une première attaque des conventionnels fut mal conduite par le général Menou, et les insurgés se crurent vainqueurs; quarante mille hommes de la bourgeoisie furent bientôt sous les armes, prêts à marcher sur la Convention. Celle-ci nomma Barras commandant en chef; Barras demanda et obtint pour second un jeune général qui s'était particulièrement distingué au siège de Toulon : c'était Napoléon Bonarparte. Ce fut lui qui en
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vendémiaire disposa tout pour la défense de la Convention. Il étendit sa ligne de défense du pont Louis XY au Pont-Neuf, braquant des canons sur tous les principaux points d'attaque. Les insurgés s'avancèrent en plusieurs colonnes, que commandaient les généraux Danican, Duboux, et Tex -garde du corps Lafon. Le général Danican, introduit en parlementaire dans rassemblée, somma la Convention de faire retirer ses troupes et de désarmer les terroristes. On délibérait encore sur cette demande lorsqu'on entendit le bruit de la mousqueterie et du canon ; toute discussion cessa; on apporta sept cents fusils, et les conventionnels s'armèrent en corps de réserve. L'action lapins meurtrière eut lieu au Pont-Royal et dans 1^ rue Saint-Honoré ; l'artillerie, sur ces deux points principaux, foudroya les insurgés et les mit en fuite. A sept heures du soir les convenuon troupcs Conventionnelles prirent Toffensive; elles étaient des^sccrïons. partout*victorieuses ; le lendemain clIcs désarmèrent la (6 ctobre section Lepeletieret firent rentrer les autres dans Tordre. Telle fut la journée du 1 3 vendémiaire, dont le succès tout entier est attribué à Bonaparte. Cette victoire permit à la Convention de s'occuper sur-le-champ de la formation de ses conseils, dont les deux tiers des membres furent tirés par elle de son sein ; le premier tiers, librement élu, avait été nommé par l'opinion réactionnaire. Les Élection membres du Directoire furent choisis , et les conventionels direcieurs. crurent, dans l'intérêt de la cause révolutionnaire et de leur propre sécurité, devoir ne porter à la tète du gouvernement que des régicides : ils nommèrent directeurs La Réveillère-Lépeaux, Sieyès, Rewbeli, Le Tourneur et cj6*y« Barras. Sieyès refusa ; Carnot fut élu à sa place. Aussitôt ^"oculbre' ^P^^* ^^ Convention déclara sa session terminée : elle 1798. avait eu trois années d'existence, du 21 septembre 1792 jusqu'au 26 octobre 1796 (4 brumaire an IV ). Les hommes qui cherchent à justifier cette assemblée allèguent en sa faveur les dangers de la patrie et l'inflexible nécei-
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site dtt moment ; naais, lorsqu'elle ouvrit ses séances, la campagne de TÂrgonne et la canonnade de Valmy avaient saavé la Révolution^ les Prussiens étaient en fuite et nos armes victorieuses sur toutes les frontières; la journée de Jemmapes enfin précéda de deux mois le 2i janvier. La Convention fut le plus tyrannique et le plus cruel de tous les pouvoirs qui ont pesé sur la France; elle eut à vaincre sans doute d'innombrables ennemis, mais elle les avait armés contre elle par ses attentats, et, si elle dut recourir à la terreur pour les abattre, c'est que les actes criminels qu'elle toléra ou dont elle permit l'exécution avaient soulevé riudignation générale et compromis la Révolution aux yeux mêmes de ses plus enthousiastes partisans.