‹ Histoire de FranceChapitre 66 sur 101 · LIVRE iV. CHÀPITBB · texte numérisé non relu

LIVRE iV. CHÀPITBB

parti dont tous les vœux conspirent au rétablissement d'un régime détruit s'exalte par la pensée qu'il y a nécessairement une étroite conformité entre ses propres désirs et ceux des princes dont il salue le retour. De là, d'un côté, folles espérances, menacesimprudentes,projetstéméraireSy et, de Tautre, sombres inquiétudes, répugnances, désaffections et complots. Lorsqu'à ces ferments de troubles civils se joignent , dans Tesprît des peuples , des souvenirs d'humiliation inséparables de la restauration qui s'accomplit; lorsque celle-ci se présente avec de grands désastres nationaux pour précurseurs et avec les balonettes étrangères pour soutien, alors, avant qu'aucune parole ait été prononcée , avant qu'une seule faute ait été commise^ on peut dire que de redoutables résistances se préparent et que le péril est imminent. Telles furent les circonstances fâcheuses qui accompagnèrent en 1814 la restauration des Bourbons, et aucun des membres de cette famille n'avait encoretouché le sol de la France que déjà il était possible de mesurer les obstacles qu'ils auraient à vaincre et d'annoncer l'orage prêt à fondre sur leurs têtes.

Le chef de la maison royale , Louis-Stanislas-Xavier, ^^^l que le Sénat appelait à régner sous le nom de Louis XVIII, était doué d'un esprit judicieux et capable d'apprécier son époque. Il avait acquis dans sa jeunesse, comme comte de Provence, une certaine pupularité en se prononçant, à la seconde assemblée des notables , pour la double représentation du tiers état; puis, dans l'émigration, il combattit la république et protesta noblement contre Na- . poléon , en revendiquant ses droits à la couronne. Repoussé du continent , il trouva un honorable asile en Angleterre , et il vivait depuis longtemps retiré à Hartwell, avec quelques familiers, lorsque les désasti-es de nos armées lui ouvrirent le chemin du trône. La plupart des membres de sa famille, Monsieur, contre d'Artois ,

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son frère, les ducs d'Angouléme etdeBerry, fils de MonsiBUR, enfin les deux princes de la maison de Gondé, le père et l'aïeul de Tinfortuné duc d'Ënghien , ne s'étaient fait connaître que par leurs efforts impuissants pour triompher de la Réyolution à Taide de la guerre civile et des armées étrangères. Seul entre tous ceux de la maison de Bourbon , le duc d'Orléans, premier prince du sang , avait porté les couleurs nationales et combattu les ennemis de la France. Parmi les membres de la famille royale on distinguait Tillustre fille de Louis XYI et de Marie-Antoinette , unie à son cousin le duc d'Angouiême, princesse digne, par Télévation de son âme et par ses malheurs , d'un intérêt profond et universel, mais qui avait trop à oublier et trop à pardonner pour qu'une grande partie de la nation la vît sans inquiétude remettre le pied sur son territoire.

Le comte d'Artois avait précédé , comme on l'a déjà vu^ le roi son frère à Paris , où il avait fait son entrée le 12 avril avec le titre de lieutenant général du royaume. Des mots heureux qu'il prononça disposèrent les esprits en sa faveur. // rCy a rien de changé en France , avaitil dit en débarquant à Calais ; il n'y a qu'un Français déplus. Et ce mot avait eu un immense et heureux re- Nomioatton tcntissement. Le prince invita le gouvernement proviconseil royal soirc à former son conseil , dont firent partie trois nou-

supérleur. *^

veaux membres; ce furent les maréchaux Moncey et Oudinot et le général Dessoles, ancien chef d'état-major da général Moreau. Ce conseil, nommé conseil royal supérieur, se mit à l'œuvre aussitôt qu'il fut constitué , et le gouvernement des Bourbons commeaça.

Le premier soin du prince et de ses conseillers fut d'apporter un soulagement immédiat aux provinces dévastées par la guerre et .encore occupées par Tennemi. La prompte évacuation du territoire fut dans ce but, à leurs yeux, le premier résultat qu'il importait d'obtenir; mais

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il était évident que les alliés ii*éyacaeralent le sol de la France qu'à la condition que les nombreuses places en<> core occupées par les troupes françaises sur leurs propres territoires seraient elles-mêmes immédiatement évacuées^

€es forteresse, au nombre de cinquaDte-trois, renfermaient^ outre leurs garnisons, un immense matériel^ et quelques-unes, entre autres Anvers, Fles^ingue^ Màyence, Magdebourg^ Mantoue^ Alexandrie, Veiiise, Hambourg^ ^oSérenlê" etc*, étaient comptées parmi les meilleures de l'Europe. ^""^^'*'- Le conseil royal n'hésita point cependant à en hâter Fa-* bandon afin d'obtenir une prompte libération du sol fran-* çais, et il signa, dans ce but louable, une convention onéreuse par laquelUe la France s'engageait à remettre, dans le plus bref délai possible, aut puissances alliées^ toutes les places qu'elle occupait encore chez elles, avee tout le matériel de guerre qu'elles renfermaient ; il iiit en même temps stipulé que le territoire français serait immédiatement affranchi de la présence des troupes étrangères.

Cette convention, qu'une nécessité douloureuse avait Débarquedictée, mais qui nous priva malheureusement de tant de ^S. gages précieuxjavant que la paix générale eût été coneluey à" cauu. fut signée le 23 avril. Le lendemain Louis XYIÎI débarqua dans son royaume ; il fut reçu par le général Maison h Calais, où il fit son entrée au milieu des acclamations d'une population enthousiaste, et se dirigea sur Paris*

Jaloux de ses privilèges héréditaires, le roi ne reconnut point au Sénat 'le droit de lui imposer une eoûstitutioii ; néanmoins, éclairé par les tives représentations de rem« pereur Alexandre et par les conseils de Talleyrand^ il se fit précéder dans la capitale par une déclaration célèbre datée de Saint-Oaen ; elle garantissait aux Fran» Déettratidii çais la Jouissance des libertés promises par la constitution *^de^ sénatoriale et maintenait la plupart de ses clauses^ Le ^^°^'^'^*"' lendemain 3 mai eut lieu dans Paris l'entrée solennelle Entrée

9UATBIBMB ÉPOQUB.

8 mal 1814.

solennelle ^u FOi, de madame la duchesse d'Ângoulèmeet de la pla- '^à parisV" P^^ ^^ princes de la famille des Boarbons. Aucun soldat étranger ne parut dans le cortège royal; la vieille garde escortait le monarque, et une grande partie de l'intérêt public se reporta sur ces braves guerriers, dont l'air triste et morne contrastait avec la joie populaire. Souvent le cri de Vive la garde ! répondit ou se mêla au cri de Vit^e le roi / Louis XVIII cependant reçut partout un chaleureux accueil. La déclaration de Saint-Ouen commenrait pour la France une ère nouvelle pon avait foi dans les promesses royales^ et les cœurs s'ouvraient à l'espérance.

Le roi confirma dans ses attributions le conseil consultatif et supérieur établi par son frère sous le nom de conseil royal et au-dessous duquel un autre conseil, celui des ministres, exerçait la puissance executive. Deux tendances très-différentes et opposées s'y firent tout d'abord reconnaître, et auprès de plusieurs hommes très-ëminents, sincèrement attachés à la cause constitutionnelle, on vit avec inquiétude siéger quelques personnages trèshostiles à l'esprit libéral et que la faveur ou des services antérieurs à la Bévolutionjdésignaient au choix du monarque. De ce nombre étaient Dambray^ nommé chancelier de France et garde des sceaux, l'abbé de Montesqulou, ministre de l'intérieur, et le comte de. Blacas, ministre de la maison du roi. Le générai Dupont eut le portefeuille delà guerre; Talleyrand fut ministre des affaires étrangères ; Malouet eut le département de la marine, le baron Louis celui des finances, et Beugnot la dirrection de la police du royaume.

D'activés négociations pour la paix furent immédiate- M^MM'ïm. ment entamées, et elle fut définitivement conclue, le 30 mai, par un traité signé à Paris. La France rentrait dans ses limites de 1790. Une faible extension de territoire lui était donnée sur la frontière du nord, qui fut ainsi accrue

Premier ministère

delà Restaura- ^ lion.

lYalté de Parlt.

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de trois places^ Philippevilley Manenboarg et Sarrelouis ; elle conservait les enclaves d'Avignon et de Montbelliard, et obtint à Test une partie du pays de Gex, près de Genève, et une moitié de la Savoie, comprenant Annecy et Chambéry. Il fallut céder à l'Angleterre trois de nos colonies, Sainte-Lucie, Tabago et la plus importante de nos possessions dans la mer de l'Inde, l'île de France. La ferme résistance du roi et de son conseil affranchit le royaume de toute contribution de guerre, et Paris garda ses UMisées remplis des chefs-d'œuvre enlevés à TEurope par nos victoires. Il fut convenu que la France solderait vingt-cinq millions aux alliés à titre de liquidation ou d'indemnité, et enfin que les vaisseaux construits par Tordre de son gouvernement dans les ports étrangers seraient partagés par moitié entre elle et les puissances. Peu de temps après la signature du traité de Paris, le sol français fut délivré des troupes étrangères.

Le roi convoqua pour le 4 juin le Sénat et le Ciorps législatif^ violemment dissous par Napoléon, et le même jour, en leur présence, il donna solennellement aux Français une charte constitutionnelle, dont les dispositions principales reproduisaient .celles de l'acte du Sénat et de ourte la déclaration de Saint-Ouen. Elle établissait un gou- neuedelsu.' vernement représentatif, composé du roi et de deux Chambres : l'une des Pairs nommés par le roi ; Tautre des Députés des départements (1). Elle/abolissait la confiscation

(1) Il fat enlendu que le roi choisirait parmi les sénateurs, pour composer la chambre des Pairs, tous ceux qui pouvaient convenablement y figurer, et que leurs dolatioas siéraient conservées à ceux mêmes des sénateurs qui ne seraient point admis dans la nouvelle pairie ; celle-ci devait être liéréditaire, sauf le cas où le roi ne voudrait accorder aux pairs qu^un titre viager. Le Corps législatif tout entier forma la seconde chambre ou Chambre des Députés, qui devait se renouveler par séries successives d'un cinquième de ses membres. Il fut décidé, en outre, que ceux-ci seraient élus dans les

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et ro4ieuse loi de la conscription, assurait la liberté individaelle, celle de la presse et celle des caltes, rinviolabilité des propriétés, iMrrévocabilité de la vente des biens nationaux, la responsabilité des ministres, le vote annuel des contributions, Tindépendance des tribunaux; elle garantissait la dette publique, rétablissait Tancienne noblesse et maintenait la nouvelle. Cette charte devait être jurée p^r les rois à Tépoque de leur sacre ; elle répondait en général aux vœux exprimés depuis vingt-cinq ans par les esprits les plus distingués de la France. Immédiatement après sa lecture le chancelier donna communication de Tordonnance qui constituait la chambre des Pairs, composée de la plupart des anciens sénateurs, des maréchaux et d'un grand nombre de dignitaires de Fancienne cour et de la noblesse.

Une faute grave accompagna la promulgation de i*acte constitutionnel. Le roi s'était refusé àTaccepter comme coodition de son élévation au trône; il Toctroya comme un simple actjB de sa volonté souveraine, et le data de la dix-neuvième année de son règne. C'était ne tenir aucun compte de tout ce qui avait eu lieu en France depuis vingt-cinq ans ; c*était mettre la charte en péril en la mettant d'avance à la merci du pouvoir. En effet, si le prince auteur de cette constitution n'y reconnaissait luimême qu*un acte bénévole émané de son bon plaisir et de sa seule autorité, il était à craindre qu'un roi mal conseillé ne se crût un jour en droit de l'altérer ou de la révoquer, en vertu de la même autorité héréditaire et ina-

collèges d'arrondissement par des électeurs payant 300 francs (a) de contribution, et choisis parmi les contribuables payant 1,000 francs d'impôt. Les deux Chambres diîvaient être convoquée tous les ans. Le roi pouvait dissoudre ce.Ie des députés, mais il était tenu d'en convoquer une nouvelle dans les trois mois.

(o) La charte n'avait point spécifié que tous les Françai& payant 900 francs de contribution directe seraient électeurs, mais elle disait que nul ne serait électeur si ^ taux de sa contribution ne 8>élevait an moins à 800 francs.

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liénable. Les premiers résultats de cette feute forent d'exagérer les inquiétudes prématurées des uns, d'enflammer les audacieuses espérances des autres , et c'est à elle qu'il faut imputer une partie des malheurs de la Restauration.

Bientôt les dangers du terrain sur lequel le roi asseyait oangcnt son pouvoir devinrent manifestes. Une foule d'hommes h «uSuon. qui avaient vu avec ombrage le retour des Bourbons demeurèrent persuadés que ceux-ci, en supportant malgré eux l'état de choses créé par la Révolution , ne le regardaient point cependant comme un fait irrévocable. Ils n'accueillirent qu'avec défiance le régime nouveau , et la presse, implacable et violente , fit retentir au loin leurs alarmes et leurs menaces. On eut hâte de lui donner des entraves, et l'on rétablit la censure en interprétant d'une façon arbitraire un des articles de la constitution. Les partisans de l'ancien régime, d'autre part, se livraient sans contrainte dans leurs journaux à de violentes déclamations, et , comme il arrive toujours lorsque la liberté de la presse est suspendue » on attribua a!u pouvoir la pensée des excès qu'il ne^ réprimait pas. Des paroles imprudentes échappèrent souvent aux ministres et aux commissaires du gouvernement , et ceux qui s'appliquaient exclusivement à eux-méines le nom de royalistes se répandirent en amères invectives non-seulement contre la charte et les garanties qu'elle accordait , mais encore contre son royal auteur, qu'ils accusaient d'avoir mé- . connu envers les émigrés les devoirs de la justice et de la reconnaissance en déclarant la vente des biens nationaux irrévocable. Il était à d'autres égards presque impossible iiue le roi, malgré son expérience et sa sagesse, n'écoutât trop quelquefois d'anciens préjugés et ne subit souvent l'influence des membres de sa famille moins éclairés et moins prudents, ainsi que celle des hommes revenus avec lui de l'exil et qui avaient sa confiance. Ceux-ci , par la

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faveur ou en vertu d'anciens titres, obtinrent la plupart des grandes charges de la couronne et Us entourèrent le monarque. Louis XV ill fit la faute de rétablir à grands frais Tancienne maison militaire , les compagnies de gardes du corps et de mousquetaires, composées déjeunes gens de famille, tous reconnus officiers à leur début dans la carrière, en face d'une armée dans laquelle tous les grades étaient , depuis vingt ans , le prix du sang et des glorieux services.

Plusieurs ordonnances parurent, les unes offensantes pour Tarmée e^ pour la nation, les autres tracassières et vexatoires ; des deuils d'expiation furent prescrits pour les royales victimes des orages révolutionnaires, et, dans le langage des proclamations officielles, comme dans celui de la chaire, la France entière semblait sans cesse accusée des atrocités commises sous le régime de la terreur. Le parti clérical dictait au directeur de la police, pour suspendre les achats et les ventes, comme tout travail extérieur, les dimanches et les jours fériés , une ordonnance, louable en principe , mais blâmable dans ses formes, intempestive et impopulaire. La suppression da concordat fut négociée à Rome et fit craindre de voir le clergé rétabli dans ses anciens privilèges; beaucoup de prêtres parlaient de recouvrer leurs dîmes , leurs domaines, et tonnaient contre les acquéreurs des biens nationaux ; un grand nombre d'évéques enfin adhéraient hautement à la' bulle du pape Pie VU qui rétablissait Tordre des jésuites. L'armée, reléguée en d'obscures garnisons, pleurait ses aigles, remplacées par des fleurs de lis, et cachait en frémissant les trois couleurs sous la cocarde blanche ; elle vit destituer par le général Dupont une multitude d'officiers vieillis dans ses rangs, et auxquels succédaient des hommes dont le seul titre aux honneurs du commandement était la naissance ou les services à letroDger. Les nouveaux venus, remplis des sou-

Parlli

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Tenir S de raDcienne monarchie , parlaient du blanc panache de Henri IV et des vertus chrétiennes de saint Louis à des hommes qui avait suivi Napoléon dans toutes les capitales de l'Europe, mais qui la plupart ignoraient jusqu'aux noms de saint Louis et de Henri IV.

L'irritation et l'inquiétude agitaient toutes les classes dont les intérêts se liaient intimement à ceux de la Révolution et au sein desquelles il se forma deux partis redoutables : le parti impérialiste, appuyé sur Tarmée poûtique.^. presque tout entière, dont les chefs intriguaient à Paris autour de la reine Hortense» fille de l'impératrice Joséphine et femme de Louis Bonaparte ; et le parti révolutionnaire ou républicain , rempli d'hommes ardents et nombreux, avec lesquels sympathisaient la plupart des acquéreurs des biens nationaux. En face de ces partis il y en avait un troisième, non moins dangereux, qui fut désigné sous le nom à*uitra^ royaliste^ et qui avait pour principal chef Monsieur, frère du roi; les comtes de Blacas et de Vaublanc en étaient les membres les plus actifs et ne cessaient, ainsi que Monsieur, de pousser Louis XVllT à des actes impopulaires, aussi contraires à l'esprit de la charte qu'aux inclinations personnelles du monarque. Ce partie soutenu par la portion la plus nombreuse de l'ancienne noblesse et parle clergé, avait ses ramifications dans la Vendée , dans la Bretagne et dans l'Anjou 9 et trouvait de puissants échos dans quelques cités du Midi, entre autres à Lyon, à Toulouse, à Nîmes, à Avignon, et surtout dans les villes maritimes de Bordeaux et de Marseille, dont le commerce avait été ruiné sous la Révolution et l'Empire. Un quatrième parti enfin, nommé le parti constitutionnel, réunissait tous les hommes dont la charte satisfaisait les vœux et les besoins, etqui, assez éclairés pour se rendre compte des difficultés inséparables de l'état actuel des choses, comptaient, pour en triompher avec le temps, sur la ferme volonté

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de la France et sur la sagesse da roi; Ce parti, en tète duquel étaieiit La Fayette^ RoyeNCollàrd, LaoJuinaiB ^ Carnet, Benjamin Constant, madame de Staèl, le doe de Broglie, Boissy d'Anglas, etc., soutenu par la garde nationale de Paria , était puissant dans la bourgeoisie des principales Tilles^ et dominait dans les deux Chambres. seMion Celles-ci i réunies le 4 juin, et présidées^ la première, celle de ml des Pairs, par le chancelier Dambray» la seconde (mr M. Laine, poursuivaient leurs travaux, au milieu des obstacles, aveq résolution et persévérance, etropiuion publique à Paris leur tenait compte de leurs efforts persévérants poiir maintenir dans les voies constitutionnelles le gouverdement, formé, comme on Ta^vii , d'éléments très-divers:

Entre les hommes qui, dans le conseil du roi , rendirent albrs les plus grands services au pays, le baron Louis , mi- Plan nistre des finances, occupe le premier rang. Son système "'"T*' reposait sur Tacquittement intégral des dettes de l'État, de celles même de TEm^ire, ht sur le maintien des impôts existants, y compris les droits réufiis{î)^ les plus décriés de tous les impôts, et dont le comte d'Artois aVait foit espérer la suppression en mettant le pied sur le sol français; L6 ministre soutint ce système avec autant de talent qtie d'énergie^ et présenta aux Chambres le budget de Tannée courante évalué à 600 millions; il trouva ses ressource^ dans de liombreuses économies et dans des combinaisdtià finandères d'uhe rare habileté; il eut ainsi l'honneur d'être en France le véritable fondateur du crédit public. Les deux Chambres adoptèrent les mesures du ministre, cominàndéeà par dne impérieuse hécessité; mais leur exécution fut acompagnée de grandes souffïrances; il fallut, pour réaliser les économies, supprimer une iîiuUitude d'emplois et réduire à là demi-solde une foule de bons officiers ; ceux-

(1) Les droits réunis frappaient la plupart des objets de consommation et ont été remplacés par les contributioiis indirectes.

baroa Louis.

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ci afflaèrent à Paris, et la population s'émut de leurs plaintes et de leur misère. D'autre part une vive irritation fiit causée par le maintien de tous les impôts^ même des plus vexatoires, dont la suppression avait été promise ou espérée.

La censure des livres et des journaux fut au nombre des plus graves questions débattues dans les Gbambres : la cbarte promettait que la presse serait libre, en réservant au gouvernement le droit d'en réprimer légalement les abus; une ordonnance royale néanmoins avait pro- ^^^ visoîrement placé la presse sousies règlements de TEm- «uruprcsM. pire relatifs à la librairie; puis, cédant aux réclamations de la chambre des Députés, le gouvernement présenta un projet qui n'exemptait de la censure que les livres in-S"" d'au moins 30 feuilles dMmpressioD. Ce projet subit dans la Chambre de profondes modifications toutes favorables au principe de la liberté; il fut en outre spécifié que la censure ne serait maintenue qu'à titre de mesure temporaire et seulement jusqu'à la fin de 1 816. La loi fut ainsi votée à une majorité considérable* Un autre projet présenté à la Chambre par M. Ferrand, ministre d'État, pour la restitution aux émigrés de la portion des biens détenus par l'État, mais non vendus encore, souleva un violent orage, beaucoup moins par ses dispositions que par l'exposé de^ motifs. Lé ministre fut assez imprudent pour y présenter ce projet comme avant-coureur d'autres mesures plus complètement réparatrices; il montra le roi se faisant une dure violence pour se renfermer dans les limites de la charte, et les émigrés furent signalés dans son discours comme étant les seuls entre tous les Français qui n'eussent point dévié depuis vingt-cinq ans de la ligne droite ou du chemin de l'honneur. La Chambre ne vota ce projet qu'après l'avoir profondément modifié ; mais les fâcheuses paroles du ministre furent considérées comme i

l'expression véritable de la pensée du roi et de son gou-

Mi^nm impopalalrcs.

t'>l2 QUÂTBIÈMB SPOQUB.

vernement; elles se répandirent rapidement dans toute la France, où elles donnèrent nne activité nouvelle et funeste auK dangereuses espérances des uns et aux sombres fureurs des autres.

La fermentation des esprits était grande et augmentait avec les alarmes; il n'était bruit que de conspirations, soit pour chasser les Bourbons et substituer à leur gouvernement celui de la république, soit pour ramener Tempereur, et un complot fut tramé dans ce dernier but par quelques généraux imprudents sans la participation de Napoléon et à son insu même. L'armée était le plus redoutable foyer de l'irritation, et, au lieu de tout faire pour la ramener et la rallier à lui, le gouveruement multiplia les actes les plus propres à Taliéner. La paix succédant à la guerre il fallait nécessairement réduire de beaucoup ses cadres ; ce n'était qu'à ce prix qu'il était possible de réaliser des économies considérables, et le seul moyen efficace pour atteindre le but était la mise en demi-solde d'une foule d'officiers et le renvoi d'une partie de l'armée dans ses foyers. On y avait eu recours, non saos quelque péril, et l'on voulut faire davantage. Le ministre proposa aux Chambres de fermer plusieurs succursales de l'hôtel des Invalides en assurant aux vieux soldats expulsés une indemnité annuelle tout à fait insuffisante pour ieurs besoins. Une mesure semblable fut proposée à l'égard de quelques maisons d'éducation pour les orphelines de la Légion d'honneur, et le gouvernement créait à la même époque une caisse de pensions pour les Vendéens et les chouans et pour les officiers qui avaient servi dans l'armée de Gondé contre la France. L'opinion s'émut de ces projets; les mesures d'économie relatives aux invalides et aux orphelines de la Légion d'honneur furent rejetées par les Chambres et valurent aujgénéral Dupont, ministre de la guerre, une impopularité immense dans le public commer dans l'armée. Il ne put se maintenir contre la clameu

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universelle et eut pour successeur le maréchal Soult, qui se montra plus imprudent et plus dur encore dans ses rapports avec ses anciens compagnons d* armes. Parmi ceux-ci le général Excelmans était un des hommes les plus estimés et les plus populaires. Dévoué au roi Murat^ dont il avait reçu'des bienfaits, et qui, grâce à sa défection, occupait encore le trône de Naples, il sut que ce prince était menacé de perdre sa couronne et lui offrit ses services et son épée. Sa lettre fut interceptée ; on y vit une trahison, quoique Murât fût ostensiblement en paix avec la France. Excelmans fut traduit pour ce fait devant un conseil de guerre et acquitté aux applaudissements du public. Ce procès causa une émotion profonde et eut dans Tarmée un dangereux retentissement. Néanmoins, et malgré tant d'imprudences commises, il n*y avait pas lieu de désespérer de Tavenir ; ces fautes étaient, de la part de Louis XVIII, le résultat des circonstances qui pesaient fatalement sur sa famille bien plus que Teffet d'une volonté réfléchie; il savait les reconnaître et les réparer. L'armée d'ailleurs, quoique déjà en grande partie aliénée, était maintenue dans le de* ^ voir par le frein de la discipline comme par l'habitude de l'obéissance, et la dangereuse puissance des souvenirs devait tendre à s'effacer pour elle à mesure qu'elle se renouvellerait par des contingents successifis. La Chambre élective avait écarté ou blâmé les mesures les plus impopulaires du conseil; elle était le pouvoir qui avait le plus à gagner avec le temps; elle avait rallié à elle l'opinion, et, par une conduite judicieuse et modérée, elle entra sincèrement dans une voie constitutionnelle et libérale, qui était aussi celle de l'immense majorité de la bourgeoisie, amie de la paix, effrayée de l'anarchie et dégoûtée de l'Empire. Bien n'était donc encore irrévocablement compromis au commencement de 1815, et il n'eut j^as été impossible aux Bourbons de se maintenir s'ils n'avaient eu à combattre que des défiances trop naturçUeô ou les

(le Vienne.

.>14 QUATBIBME É^OQUS.

rttisentittienfô provoqués par l'itbpradeiilce de leurs pre*milerâ actes.

La feéanee était close, Ifes Chambres avaietit été ajournées au 15 mai suivant, et le ministère continuait d'agir sans plan bleii conçu, sans unité comme sans force. Talleyiràbd né siégeait plus au conseil ; il représentait alors la (jongrëi France au congrès des souverains, rassemblés depuis plusieurs mois à Vienne pour se partager les dépouilles da gk'and etiipire deNapoléon. Ce congrès, dirigé surtout par rémpereOi* Alexandre, et bù M. de Mettefc*nicb t>our l'Autrlbhe, Castlereagh et après lui Wellingtotl pour TÀDgieterre^ et Hardenberg pour la Prusse, exercèrent la plus grande ibfluence, soulevait déjà de nombreux et profonds mécontentements. Ce n'était plus retendue territoriale, c'était le nombre d'âmes de chaque ville, de chaque contrée, qui devait servir de base aux partages; on ne tint aucun coibpté des différences établies entre les peuples par t les mœurs^ les caractères nationaux, les besoins du commerce, les religions; mais les intérêts des États du second ordre furent cUnstamtUent sacrifiés à ceux des grandes puissances. Le malheureux roi de Saxe, coupable de fidélité envers Napoléon, fut dépouillé au profit de la Prusse et de la Russie ; la première obtint, outre l'électorat de Saxe, la Poméranie suédoise, une grande partie du territoire entre Rhin et Meuse; la Russie acquit le grand-duché de Varsovie sbus le nom de royaume de Pologne, et à charge de le régir pai* un gouvernement particulier et constitutionnel; r Autriche recouvra la Lombardie et y ajouta toutes les anciennes possessions de Venise sur les deux rives de l'Adriatique ; la Toscane fut donnée à l'archiduc Ferdinand , et GêUes au roi de Sardaigne; Parme à l'ex-impératrice Marie-Louise et seulement à titre Viager (l).La politique éXtérieui'ô de tous les États de TÂllemagne fut

(I) Le diicbé de Parme fut déclaré réversible à la reine d'Étrurie.

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soumise aux décisions d'une diète fédérale, dont 1* Autriche obtint la présidence perpétoeile. La Suède reçatlaNor- \?ége aux dépens du Danemark:, à qui F Angleterre enleva encore Héligoland; cette dernière puissance, enridiiedes colonies dérobées pendant la guerre et de ses nouvelles conquêtes dans Tlnde^ garda en outre le cap de Bonne- Espérance, nie de France, Malte et les tles Ioniennes ; elle donna tous ses soins à la formation du royaume des Pays- Bas, composé de la Hollande et de la Belgique, réunies sous la maison d*Orange, et qui lui semblait offrir une redoutable barrière contre la France. En Italie les légations furent restituées au pape; en Suisse on maintint Tétat de choses créé par Tacte de médiation de 1803, malgré tous les efforts des cantons dont cet acte célèbre avait lésé les droits ou les privilèges, et trois nouveaux cantons, ceux de ^euchâtely de Glaris et du Valais, formés^de quelques débris de l'empire de Napoléon, portèrent à vingt-deux le nombre total des cantons suisses. La neutralité de la Suisse fut en même temps proclamée, ainsi que quelques grands principes de droit public relatifs à l'abolition de la traite des noirs et à la liberté du parcours des fleuves navigables, principes encore eu vigueur, favorables soit à la cause de l'humanité, soit aux intérêts de tous les peuples de l'Europe , et dont la reconnaissance est le meilleur acte de ce congrès célèbre.

Les limites de la France ayant été déterminées par la paix de Paris, cette puissance n'eut qu'une influence trèssecondaire dans les résolutions du congrès; Talleyrand néanmoins s'opposa aux empiétements de la Russie, et, fidèle aux instructions de Louis XVIII, il montra l'Ile d'Ëibe trop proche de l'Italie et de la France et insista pour que Napoléon fût transporté dans des parages plus éloignés; il demanda aussi que Murât fût détrôné et que la maison de Bourbon fût remise en possession du royaume de Naples et du duché de Parme. Ses démarches eurent

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d*abord peu de succès; mais Murât en fut instruit, et, justement alarmé sur le maintien de ses droits , ii se rapprocha du grand liomme qu*il avait abandonné, i'appeta en Italie et lui promit une assistance puissante. Telle était en février 1815 la situation générale de TËurope lorsqu'un événe- Retoor ment prodigieux saisit tout à coup les esprits.

de Napoléon ,^, . ,.,, .

jf Le 27 février, un brick de guerre voguait avec précau-

tion sur la M éditerranée, suivi de six embarcations légères. Le calme régnait sur son bord , où étincelait le reflet des armes; quelques centaines d'hommes au visage basané, couverts de cicatrices et d'une contenance martiale, montaient cette flottille. Inquiets cependant et attentifs , ils interrogeaient des yeux toutes les voiles qui paraissaient à l'horizon. Plusieurs de ces fronts héroïques pâlirent en découvrant au loin quelques bâtiments de guerre, et déjà les mots d'Ile d'Elbe et de retour circulaient sourdement de bouche en bouche. Mais au milieu d'eux un homme en apparence impassible, et sur qui chacun reportait ses regards, repoussait tout délai à l'exécution d'une immense et fatale entreprise; il montrait la France et disait : £n avant! Cétait Napoléon, qui tentait encore la fortune. AlorSy comme au retour d'Egypte, mais cette fois pour le malheur de la France, il échappa aux croisières ennemies» et le 1**^ mars il débarqua dans le golfe Juan, entre Cannes et Anlibes, avec onze cents hommes, quatre pièces de canon» et ses trois braves généraux Bertrand, Drouot et Gambronne.

Napoléon avait sans doute à alléguer des grie& sérieux contre le gouvernement des Bourbons. Celui-ci n'avait point acquitté le subside annuel de deux millions stipulé par le traité du 1 1 avril et qui lui était indispensable pour entretenir^ avec sa maison, les officiers et les soldats qui l'avaient suivi à Tîle d'£lbe. Il n'ignorait pas que sa translation aux tles Açores, vivement sollicitée par le représentant de Louis XV III, ainsi que la déposition de Murât»

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avait été agitée au congrès de Vienne, et ses inquiétudes sur Tavenir que lui réservait la coalHion victorieuse étaient motivées. Rien cependant n'avait encore été résolu contre lui, et, si Napoléon n'eût écouté que Tintérét derhumanité , la voix de la France, sou devoir envers elle, il eût sans doute reculé devant Taffreuse pensée de la précipiter, tout épuisée qu'elle était, toute saignante encore des plaies de vingt-cinq années de combats, dans les horreurs d'une nouvelle guerre où elle lutterait seule contre tous. Mais cette fois encore Flntérèt personnel et l'ambition endurcirent son cœur, mirent un voile sur ses yeux et sur sa conscience. Il entendait» dit-il, un appel dans les plaintes et les clameurs de tous ceux qu'avait inquiétés ou blessés un gouvernement réactionnaire ; il ne se dit pas que son retour n'était, à peu d'exceptions près, vivement désiré que par l'armée» et qu'enfin, quels que fussent les griefs de la France, il allait déchaîner sur elle un déluge de calamités et la youer à des douleurs infiniment plus vives que celles qui excitaient ses plaintes. En déchirant la convention du 1 1 avril il annula tous les engluements de l'Europe envers lui, et, tandis qu'il allait rendre la France solidaire d'une entreprise criminelle et l'entraîner dans sa ruine, il s'écria qu'il allait la délivrer et la venger !

Le bruit de son débarquement répandit soudain autour de Louis XVllI la consternation et l'effroi. Le roi convo-

do gouTPr-

que les deux Chambres ; le comte d'Artois et le duc d'Or- ^^'^^^^ léans, sont chargés de diriger à Lyon des forces militaires , * jj " îSJî"* de concert avec le marchai Macdonald; Ney accepte le ^^^^^^^ commandement des troupes disséminées en Franche- ^'^vertm. Comté et prête serment entre les mains du roi ; le duc de Feltre remplace le maréchal Soult comme ministre de la guerre, et enfin une ordonnance royale déclare Napoléon Bonaparte traître et rebelle et enjoint à tous les Français de lui courir sus.

Napoléon avançait cependant à marches forcées, et,

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Marche ^^^ ^^^^^ dotltié à péuskv qu'il suivrait la route de "^tu^pî^H." Toulon et de MarseiHë, il avait pris cdle de Grenoble Man 1814. par les Montagties, à travers les populations où il espérait trouver le plus de sympathie pour sa personne et pour sa cause, et il les captivait sous le charme magique de son nom , du drapeau tridolore qu'il déployait et de ses éloquentes proclamations. Ildisaitau peuple : à Citoyens, je dr dbis tout âtl peuplé ; soldat, général, consul, empereur, <r Je ne ^iiis rien que par le peuple. Élevé ao trône par à votre choix , tout ce qui a été fhît sans vous est illégitime.. . cr Vo^ Vœux seront exaucés, la cause de la nation trioma pliera encore ; mon retour vous garantit tous les droits a dont vous jouissez depuis vingt-cinq ans. > U disait à i*armée : a Soldats, dans mon exil j'ai entendu votre a voix ; je sois arrivé à travers tous les obtacles et tous a les périls. Arrachez les couleurs que la nation a prosa crites, et arborez cette cocarde tricolore que vous pord liez dans nos grandes journées. Les vétérans des ar- (c mées de Sambre-et-Meuse, du Rhin, d'Italie, d'Egypte « et de rOUest, sont humiliés ; leurs honorables cicatrices a sbnt flétries ! Soldats, venez vous ranger sous les draa peaux de votre chef : la victoire marchera au pas de a charge; l'aigle, avee les couleurs nationales, vott léra de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre- « Dame... »

Tout l'espoir de Napoléon reposait sur l'affection des soldats pour sa personne, sur l'enthousiasme qu'il inspirait, et c'était de leur retour à lui que dépendait le succès de son entreprise. Une première tentative faite sur la garnison d'Ânttbes avait échoué^ et pendant pluMeurs jours Bonaparte mareha sahs rencontrer aucune troupe, soit amie, soit ennemie ; le 3 mars il franchit la Duraoce sur le pont de Sisteron , a travers un étroit défilé qu'une faible garnison dans la place aurait suffi pour défendre éontre des forces beaucoup plus nombreuses ; mais ce fort

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