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LIVRE VI

LOUIS XIV

sible aux séductions d'une sœur qu'il aimait, se mit à la tête des troupes royales, et donna à Charenton une leçon sévère aux frondeurs. Entraînés de faute en faute par leur défaite , les rebelles osèrent parler de s'allier ouvertement avec les Espagnols, dont ils ne faisaient que trop les affaires. C'était là ce qui avait perdu la Ligue , perdu les grands sous Richelieu, et ce qui con-

damnait encore une fois en France l'exercice de la liberté. Au lieu de donner à la politique une impulsion nationale, le parlement arrivait à traiter avec l'ennemi.

LXXIII. Toutefois, en face de cette trahison, le vieux sang français se révolta dans ces honnêtes magistrats. Mieux valait remettre leurs prétentions à un temps plus favorable et faire une soumission provisoire.

Cette trêve ne fut pas longue, etbient H ce fut le sauveur de la reine et de la monarchie, le vainqueur de Rocroy et

de Charenton, qui ralluma ces dissensions mal éteintes. Plus habitué au commandement qu'à la vie de la cour, ne mettant plus de bornes à son orgueil, au premier froissement il s'irrita et prit un ton menaçant. On se souvint de son père, que la prison avait rendu si sage; il fut arrêté avec son frère et son beau-frère le duc deLongueville(1650). Mais, s'il était captif, sa femme, sa mère et sa sœur ne l'étaient point. Pendant que les unes soulèvent Bordeaux, l'autre part pour la Hollande , y vend ses bijoux, y cherche des amis. A son instiga-

T roubles de la Froude. ( P. 275.)

tion, les anciens frondeurs se joignent aux nouveaux. Soit dévouement pour elle, soit reconnaissance envers Condé, Turenne prend encore une fois les armes contre la cour, traite avec les ennemis qui entrent en Picardie ; d'accord avec eux, il s'empare du Catelet et assiège Guise.

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