‹ Histoire de FranceChapitre 124 sur 229 · TURGOT · texte numérisé non relu

TURGOT

Turgot est né à Paris en 1727. Élevé au séminaire, il quitta les ordres en 1754, pour entrer au Parlement de Paris. Il suivait avec attention les travaux des philosophes et des économistes, et publia plusieurs écrits remarquables sur quelques-unes des réformes qui étaient alors réclamées par les esprits les plus sages.

Nommé intendant à Limoges, en 1761, il eut le bonheur de pouvoir appliquer ces réformes dans son intendance. Il y adoucit les impôts, y fit construire des routes, y ouvrit des écoles, des ateliers pour les pauvres. En un mot, il enrichit le pays dont l'administration lui avait été confiée, et il devint très populaire.

Ministre de Louis XVI, Turgot entreprit de réformer toute la monarchie.

Il ne voulait pas qu’un seul homme continuât à être

le maître absolu du pays; mais il voulait que le pays apprît peu à peu à connaître et à discuter ses propres affaires. Il voulait créer dans chaque paroisse une municipalité, qui aurait été chargée des affaires de la paroisse; les muni- Ne LS = cipalités de paroisse au-

Xl; si, raient nommé des muni- X cipalités d’arrondissement; les municipalités d'arrondissement, des municipalités de province; dans celles-ci, enfin, on aurait pris une m”unicipalité du royaume. Ainsi eût été faite peu à peu l'éducation politique de la nation, car dans chacune de ces assemblées, on aurait discuté les affaires des paroisses, des arrondissements, des provinces; dans la dernière assemblée, on aurait discuté les affaires du royaume. En même temps, Turgot voulait affranchir le travail de toutes les entraves: il abolit la corvée, il supprima les corporations: 1l préparait l'établissement d’un impôt sur les terres nobles, et un code de lois qui auraient été les mêmes pour tous.

Turgot aurait peut-être sauvé la royauté, siles privilégiés n'avaient obtenu du roi qu'il renvoyât le réformateur. Alors, au lieu d’une réforme, on eut une révolution.

Page 1