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sa jeunesse, toute sa vie furent extraordinaires. A neuf ans, il faisait des discours qui étonnaient son père. Il apprit tout ce qu'on pouvait apprendre, avec une facilité prodigieuse. Son père le destina au métier des armes, et il fut en effet officier pendant plusieurs années; mais il menait une existence désordonnée. Plusieurs fois il fut emprisonné, en vertu de lettres de cachet que son père avait obtenues contre lui. Il voyagea, et ses voyages achevèrent de l'instruire.
Il écrivit sur tous les sujets, sur les finances, sur la politique, sur la littérature, sur la musique. A vingt ans, il avait écrit contre le despotisme: il était partisan de toutes les réformes que réclamaient les esprits éclairés.
Lorsque vinrent les élections aux États généraux, la noblesse de Provence ne voulut pas l’élire: il fut élu par le tiers état. Dès les premiers jours, il se fit écouter et obéir par tout le monde. Le jour où le roi vint ordonner au tiers état, le 23 juin 1789, de quitter la salle commune et de délibérer à part, c’est lui qui retint le tiers état. Le maître des cérémonies étant venu ordonner aux députés du tiers d’obéir aux ordres du roi, Mirabeau se leva, et s'écria: «Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la puissance des baïonnettes. »
Mirabeau parla dans toutes les grandes discussions de l’Assemblée constituante. Les plus grandes réformes ont été proposées par lui. Mais Mirabeau, en même temps qu'il était le défenseur de la Révolution, voulut être le défenseur de la royauté. Il voulait que le roi eût le droit de veto, c’est-à-dire le droit de s'opposer à l'exécution d'une loi votée par l’Assemblée. Il voulait que le roi demeurât le chef de l’armée, en un mot, qu'il gardât une grande autorité. Lorsqu'on le vit prendre ainsi la défense de la royauté, on l’accusa de complicité, et il parut des écrits où l’on parlait de « la grande trahison du comte de
Mirabeau ». Il se défendit à la tribune; mais on est certain aujourd'hui qu'il reçut de l'argent du roi, et sa gloire n'est pas sans taches.
On peut croire cependant que Mirabeau, en défendant la royauté, était sincère. Il redoutait les excès de la Révolution. Un jour, il dit, en parlant des courtisans qui poussaient le roi à résister toujours, et qui ne voyaient pas le danger de cette conduite: «A quoi donc pensent ces gens-là? Ne voient-ils pas les abîmes qui se creusent sous leurs pas? Le roi et la reine y périront, et la populace battra leurs cadavres. » A son lit de mort, prévoyant qu'après lui personne ne serait assez fort pour défendre la royauté, il dit: «J”’emporte avec mor le deuil de la monarchie. »
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Frise de style révolutionnaire.