LES FRANÇAIS EN ÉGYPTE
Le 1°” juillet 1798, Bonaparte débarquait à Alexandrie pour se diriger immédiatement sur le Nil à travers le désert. Les premières marches faites sur une terre desséchée et crevassée par un soleil ardent, causèrent un mécontentement général dans l’armée. La vue des cabanes des Arabes, repoussantes par leur laideur et leur saleté, le Nil avec son eau jaune et bourbeuse, le manque de pain et de vin, faisaient regretter les camps dressés au milieu des belles plaines de l'Italie.
Cependant Bonaparte subissait les mêmes privations que les soldats; souvent il parcourait les rangs pour ranimer les courages: « Le Nil, aujourd’hui petit ruisseau, disait-il, va devenir un fleuve bienfaisant entouré de plaines fertiles en moissons; vous trouverez au Caire, une ville opulente et ni le pain ni le vin ne vous manqueront plus. » Mais l’armée ne croyait pas aux promesses de son chef et accusait le Directoire de l'avoir déportée avec Bonaparte.
Les soldats se moquaient aussi d’une commission de savants qui accompagnait l’armée: «Ce sont ces ânes, disaient-ils, dont le chef, Caffarelli, a conseillé l’expédition pour le plaisir de fouiller le sol de l'Égypte. » Toutefois ce brave général était respecté; il encourageait tout le monde par ses bonnes paroles. Comme il prêchait un jour quelques soldats mécontents: «Pardi, lui dit un grenadier, vous vous moquez de cela, mon général, vous qui avez un pied en France ! » Caffarelli avait une jambe de bois.
Après dix-neuf jours de marche à travers les sables du désert, l’armée de Bonaparte arriva à cinq lieues du Caire, dans une plaine où s’élevaient les Pyramides. Devant ces monuments, les plus énormes que l’on ait jamais vus, l’armée s’arrêta et attendit l’ennemi: «Soldats, s’écria Bonaparte, du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent ! »
Bientôt un nuage épais de poussière annonce l’arrivée des cavaliers mameluks. C’étaient d’excellents soldats, montés sur de rapides chevaux. Les Mameluks avaient espéré couper en deux l’armée française en se jetant sur le centre des troupes. Mais Bonaparte avait disposé ses soldats en carrés. Au centre des carrés étaient les bagages, les munitions et l'artillerie. Par cinq fois les cavaliers égyptiens reviennent à la charge; par cinq fois ils se brisent contre ce mur de baïonnettes et sont rejetés en arrière. Quand les escadrons des Mameluks eurent été ainsi mis en désordre, les carrés français s’ouvrirent pour laisser agir l'artillerie. Et l’ennemi, écrasé par la mitraille, s'enfuit. Deux jours après (le 23 juillet 1798) Bonaparte entrait au Caire.
Médaille des trois consuls Bonaparte, premier consul
Lebrun, troisième consul
Cambacérès, second consul