IV. La Cure DE NAPOLÉON
La guerre de Russie. — L’Angleterre continuait la guerre. L'empereur de Russie, Alexandre, qui avait pensé à partager le monde avec Napoléon, se déclara contre lui.
Napoléon envahit la Russie avec une armée de près de 500 000 hommes, au mois de juin 1812. Après de sanglantes batailles, il entra dans Moscou, en septembre. Mais les Russes mirent le feu à la ville. Ils refusèrent de faire la paix, parce qu'ils savaient que Napoléon ne pourrait conquérir leur pays immense. Ils comptaient sur l'hiver qui approchait.
La retraite. — L'empereur fut obligé d’ordonner la retraite. L'armée souffrit du froid et de la faim dans les plaines désolées. Il neigeait, il neigeait toujours. La cavalerie russe harcelait nos soldats. Des milliers moururent en chemin. Le maréchal Ney commandait l’arrière-garde, un fusil à la main, et faisait le coup de feu comme un soldat.
Il fallut abandonner sur la route l'artillerie et les bagages, car il n’y avait plus de chevaux pour les traîner. Enfin on arriva près de la frontière, aux bords de la Bérésina. Nos soldats avaient espéré que cette rivière serait gelée, et qu'ils pourraient la passer sur la glace, mais elle ne faisait que charrier des glaçons. Il fallut donc construire des ponts. Nos pontonniers, commandés par l’héroïque général Éblé, les construisirent, en restant toute une nuit dans l’eau par un froid à mourir. L’armée passa, dans une bousculade affreuse, car les Russes canonnaïent les fuyards.
Après ce désastreux passage, l’armée sortit de Russie et entra en Allemagne. ‘Trois cent mille soldats de Napoléon avaient péri dans cette guerre.
La guerre avec l'Allemagne. — Le roi de Prusse et les princes allemands, qui tremblaient naguère devant l’empereur, s'enhardirent et lui déclarèrent la guerre. Napoléon leur opposa encore une armée de 250 000 hommes et