EXÉCUTION DU MARÉCHAL NEY
Le maréchal fait face au peloton de soldats, que commande un officier: « Soldats, visez au cœur, » crie le maréchal en montrant sa poitrine.
s’inquiéta des dispositions de ces exaltés. La Chambre 10 fut dissoute. Celle qui fut élue ensuite était raisonnable, Le duc de Richelieu, un honnête homme et très sage, fut président du conseil des ministres.
Il obtint des souverains étrangers le rappel des armées qui étaient restées en France. Louis XVIII put dire: 15 « J'ai assez vécu, puisque j'ai vu le drapeau français flotter sur toutes les villes de la France. »
L'opposition libérale. — Les idées libérales se répandaient de plus en plus dans la nation. Dans les Chambres, des orateurs libéraux parlaient très bien. Leurs discours étaient répétés par les journaux et une grande partie du public les admirait. Le plus souvent, quand un député mourait, c'était un libéral qui était élu à sa place. Les ultras enrageaient. Ils firent une loi nouvelle sur les élections, qui permettait aux plus riches de voter deux fois. Dans la Chambre qui fut élu en 1821 les ultras se retrouvèrent en majorité.
M. de Villèle. — Le président du conseil des ministres fut alors M. de Villèle, qui était un ultra. SCEAU DE LOUIS XVIII
Pendant ce ministère, une armée fut envoyée en Espagne, pour combattre les libéraux de ce pays, qui avaient forcé leur roi à accepter une constitution. Les libéraux d’Espagne furent vaincus. Les libéraux de France reprochèrent au gouvernement d’avoir employé les armes de la France pour détruire la liberté dans un pays voisin.
Sociétés secrètes. — Une société secrète, la Congrégation, composée de prêtres et d’ultras, espionnait les libéraux et les persécutait. Elle faisait au contraire accorder toutes les faveurs à ceux qu’on appelait les amis du trône et de l’autel.
D'autres sociétés étaient révolutionnaires et conspiraient contre le gouvernement.
Des militaires y entrèrent. Il y eut quelques émeutes. Les plus célèbres des conspirateurs, quatre sergents, furent guillotinés à La Rochelle.
Tous les libéraux de France plaignirent ces jeunes gens et
admirèrent leur courage. Ils s'étaient embrassés avant de monter à la guillotine.
Mort de Louis XVIII. — Louis XVIII n'était pas tranquille pour l'avenir. Comme il n'avait pas de fils, son frère Charles, le comte d’Artois, devait régner après lui.
Le comte d’Aïtois avait deux fils; l'aîné, le duc d'Angoulême, n’avait pas d'enfants; le cadet, le duc de Berry, avait été assassiné, mais il avait laissé un fils, le duc de Bordeaux, appelé aussi le comte de Chambord. Cet enfant était donc l’héritier de la couronne après le duc d'Angoulême.
Quand Louis XVIII se sentit près de mourir,
CHARLES X il dit: «Que Charles X
ménage la couronne de
cet enfant! » Ce qui signifie: « Que mon frère règne assez
sagement pour qu'il n'y ait pas de révolution, et que le duc
d'Angoulême puisse lui succéder, et ensuite le comte de Chambord. »
Louis XVIII mourut en 1824 et Charles X lui succéda,
IIT. CHarzes X. La RÉVOLUTION DE 1830
Charles X (1824-1830). — Charles X était un homme peu intelligent, entêté, très dévot.
Déjà, au temps de Louis XVIII, le clergé s'était mêlé de beaucoup d’affaires. Ce fut bien pis au temps de Charles X; la Congrégation fut plus puissante que jamais.
Les ultra-royalistes aimaient le nouveau roi, parce qu'ils espéraient qu'il détruirait tout ce que la Révolution avait fait.
Ils furent contents lorsqu'il prit pour ministre, en 1829, M. de Polignac, ancien émigré.
Prise d’Alger. — Pendant ce ministère, un événement considérable se produisit.
Le nord de l’Afrique appartenait à des populations qu'on appelait barbaresques.
Elles étaient divisées en plusieurs États. L'État d'Alger était gouverné par un souverain qui portait le titre de dey.
Les Algériens étaient d’excel-
lents marins; ils attaquaient les vaisseaux de commerce dans la Méditerranée et les pillaient.
LeMcommerce Mrancois Méca troublé par cette piraterie.
Nous avions à Alger un consul, c’est-à-dire un agent chargé de protéger les Français résidant à Alger et de défendre les intérêts de notre commerce. Il fit des observations au dey à propos de mauvais traitements que des Français avaient soufferts. Le dey se fâcha et le frappa avec le chasse-mouches qu'il tenait à la main.
Pour le punir, le gouvernement décida d’envoyer en Algérie une flotte portant un petit corps d'armée. Alger fut prise en juillet 1830. C’est ainsi que commença la conquête de ce pays, qui est devenu notre grande colonie africaine.
Les ordonnances de juillet 1830. — Peut-être ce succès décida-t-il le roi à commettre un acte qui devait le perdre. Avant l'expédition d'Alger, Charles X, conseillé par M. de Polignac, avait dissous la Chambre dont la majorité était libérale. On fit de nouvelles élections; les libéraux
furent élus en plus grand nombre encore. Le gouvernement ne voulut pas que cette Chambre se réunit: elle fut dissoute par une ordonnance du 26 juillet 1830.
Par une seconde ordonnance, le roi défendit aux journaux de faire paraître des articles qui n'auraient pas été communiqués à des fonctionnaires de la police et approuvés par eux. Par une troisième ordonnance, la loi sur les élections fut changée.
Le roi n'avait pas le droit de faire ainsi des lois à Lui tout seul, sans le consentement des Chambres.
«Les trois glorieuses ». — Le 27, les journalistes déclarèrent qu'ils n’obéiraient pas aux ordonnances. Un
CN
ES
JOURNÉES DE JUILLET 1830 PROMENADE DU DRAPEAU TRICOLORE DANS LES RUES DE PARIS
grand mouvement se fit dans Paris. Des membres des sociétés secrètes, d'anciens soldats de Napoléon, des étudiants, des ouvriers, se réunirent en bandes dans les rues. Ils chantèrent la Marseillaise. Ils promenèrent le drapeau tricolore, qui rappelait les temps de liberté et de gloire. En 1814, il avait été remplacé par le drapeau blanc, celui de nos anciens rois.
Les insurgés firent des barricades dans les rues avec des pavés, des voitures et des meubles, pour empêcher les troupes de circuler.
Le 98, ils s’'emparèrent de l'Hôtel de Ville. Le 29, des
5 régiments refusèrent de combattre le peuple. L’insurrection fut victorieuse.
Les trois journées où le peuple combattit pour défendre les libertés furent appelées Les trois glorieuses.