PROCLAMATION DE LA RÉPUBLIQUE (LE 4 MAI
crièrent sept fois: «Vive la République!» Et la foule répondit sept fois: «Vive la République! »
Dans toute la France on fit des fêtes en l'honneur de la République. Les paysans, même dans les plus petits villages, plantèrent un arbre, qu'on appela arbre de la liberté.
Inquiétudes et troubles. — Mais bientôt l'inquiétude commença. Les propriétaires et les patrons avaient peur des idées socialistes. Des usines et des magasins furent fermés. La misère se déclara. Les ouvriers de Paris demandèrent à l'État de les nourrir. Le gouvernement fit ouvrir des ateliers nationaux pour donner de l'ouvrage
à ceux qui n'en avaient pas. Cent mille hommes s’y présentèrent. On ne sut quoi leur donner à faire, et, chaque jour, il fallait payer le salaire de ces cent mille hommes. Comme il était impossible de continuer, le gouvernement ferma les ateliers nationaux.
Les journées de juin. — Alors les ouvriers s’insurgèrent. Dans tous les quartiers populaires, surtout au faubourg Saint-Antoine, ils élevèrent des barricades. Le gouvernement donna le commandement des troupes au général Cavaignac. Une terrible bataille dura quatre jours. Sept généraux furent tués ou blessés; l’archevêque de Paris, qui alla prêcher la paix devant les barricades, tomba frappé d’une balle. Plusieurs milliers d’insurgés périrent. Un grand nombre furent déportés dans les colonies.