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I. LA FIN DE LA GUERRE CONTRE L’ALLEMAGNE

Le Gouvernement de la Défense nationale. — Le 4 septembre 1870, les députés républicains de la Seine formèrent un gouvernement qu'on appela Gouvernement de la Défense nationale; il fut présidé par le général Trochu.

La situation était terrible. Notre principale armée était enfermée dans Metz. L'armée de Sedan était prisonnière en Allemagne. Les Allemands arrivèrent sous les murs de Paris le 19 septembre 1870. Il semblait qu'il ne fût pas possible de se défendre.

Un des membres du gouvernement, Jules Favre, fut envoyé auprès de Bismarck. Il parla de paix; mais, pour faire la paix, le roi de Prusse exigeait que la France cédât l'Alsace et la Lorraine. Jules Favre déclara qu'elle ne voulait céder ni une pierre de ses forteresses, ni un pouce de son territoire.

La guerre en province. — Gambetta, qui était aussi membre du gouvernement, s’échappa de Paris en ballon pour aller organiser la défense en province. IT y eut alors un second gouvernement qui s'établit à Tours. Un

ingénieur, Freycinet, travailla avec Gambetta à former de nouvelles armées. Ces deux hommes eurent l'honneur de ne pas désespérer de la Patrie alors que tout paraissait perdu.

Armée de la Loire. — Une armée organisée sur les bords de la Loire fut bientôt prête à marcher vers Paris. Elle fut victorieuse à Coulmiers.

Mais, à la fin d'octobre, Bazaine s'était rendu. Toute son armée fut faite prisonnière et conduite en Allemagne. Aussitôt, l’armée allemande qui avait assiégé Bazaine marcha vers la Loire.

Ainsi, presque toutes nos vieilles troupes étaient perdues pour nous. Nos armes, nos fusils,

nos canons

DÉPART DE GAMBETTA EN BALLON PENDANT LE SIÈGE DE PARIS, LE 10 OCTOBRE 1870

avaient été pris par l'ennemi. Il fallut se procurer de nouvelles armes, appeler de nouveaux soldats, les instruire en quelques semaines et les faire marcher contre les troupes allemandes victorieuses. Et l'hiver vint, qui fut très rude.

Tout le monde fit son devoir. Il n'y a peut-être pas un pays au monde qui aurait montré tant de courage dans une

situation pareille. Même ceux qui n'espéraient pas la victoire croyaient que l'honneur commandait de nous battre encore, et qu'il faut toujours obéir quand l'honneur commande.

5 Les défaites. — La victoire était impossible. Le général Chanzy, qui commandait l’armée de la Loire, fut obligé de se retirer vers l'Ouest. Il fut battu au Mans en janvier 1871.

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