II. La Paix DE FRANCFORT — ALSACE-LORRAINE
La paix de Francfort. — Les électeurs furent convoqués pour nommer une Assemblée nationale. Comme l'ennemi occupait le nord de la France, cette assemblée se réunit à Bordeaux. KElle nomma Thiers chef du pouvoir exécutif. Le 1° mars, Thiers signa avec Bismarck un traité préliminaire qui devint quelques semaines plus tard le traité de Francfort.
Thiers lut en pleurant à l’Assemblée les conditions de paix que les vainqueurs nous imposaient. Il fallut payer cinq milliards; mais cela n'était rien. Il fallut céder une partie de la Lorraine et l'Alsace, moins le territoire de Belfort.
L’Alsace-Lorraine.— PORTRAIT DE M. THIERS L'Alsace était française depuis plus de deux cents ans, la Lorraine depuis plus de cent ans. Elles aimaient la France tout autant que l’aimaient les pays qui étaient français depuis toujours.
Même, elles l'aimaient peut-être davantage, parce qu'elles étaient situées à la frontière, près de l'ennemi.
L’ Allemagne les avait prises sans leur demander si elles voulaient devenir allemandes. Lorsque la France avait acquis Nice et la Savoie, ç'avait été du consentement des habitants. La France ne croit pas qu'on at le droit de traiter des hommes comme des bêtes, qui changent de maîtres, sans qu’on les consulte.