L'ARTILLERIE FRANÇAISE
On voit, au premier plan, un canon de 75 en action; au fond, une pièce qui va prendre position.
tandis que les uniformes allemands tout gris ne se voyaient pas de loin, ce qui est un grand avantage.
Mais l’armée française était beaucoup mieux commandée qu’en 1870; elle avait un canon léger, le 75!, le meilleur du monde. Chefs et soldats étaient pleins d’ardeur et de confiance, parce qu'ils avaient le bon droit de leur côté et parce qu'ils se battaient, comme au temps
1 Ce chiffre indique le diamètre du tube du canon: 75 millimètres.
de la Révolution, non seulement pour la France, mais pour la liberté du Monde.
Mulhouse et Charleroi. — Les Français avaient hâte de délivrer l'Alsace et la Lorraine. Ils entrèrent en Alsace et prirent la ville de Mulhouse. Mais, en Lorraine, ils furent vaincus.
Pendant ce temps une énorme armée allemande inondait la Belgique. Les Allemands incendièrent les villes et les villages; ils massacrèrent un grand nombre de civils, même des femmes et des enfants. Devant eux fuyaient les misérables populations. Pour excuser ces horreurs, ils disaient que, plus ils seraient cruels, plus la guerre serait vite finie, parce qu’on aurait peur d’eux. Ils se déshonorèrent par leur barbarie.
Les Français et les Anglais marchèrent au secours des Belges, mais ils n'étaient pas assez nombreux; ils furent vaincus à Charleroi (24 août).
Invasion de la France. — Le danger était grand, le général Joffre ne se troubla pas. Il décida de ramener ses troupes en arrière. Ce fut une retraite très pénible; mais nos soldats ne perdirent pas courage.
Les Allemands se précipitèrent en France. Ils étaient joyeux de leur victoire et criaient: « Nach Paris ! » (A Paris!) L'empereur Guillaume se voyait déjà passer sous l'Arc de Triomphe. Les avant-gardes allemandes arrivèrent jusqu'à Chantilly qui est à 40 kilomètres de Paris. Le gouvernement français partit pour Bordeaux.
Victoire de la Marne (5-12 septembre). — Le gros de l’armée allemande avait passé la Marne quand brusquement il fut attaqué de flanc par une armée française venue de Paris. C’est alors que le général Joffre ordonna à ses armées « d'avancer coûte que coûte et de se faire tuer sur place plutôt que de reculer ». Jamais encore il n’y avait
eu une bataille sur un aussi grand espace, — environ 300 kilomètres, — avec un aussi grand nombre de combattants, — environ un million de chaque côté. Elle dura sept jours (5-12 septembre). Les Allemands furent vaincus; ils repassèrent la Marne et battirent en retraite.
A LA BATAILLE DE LA MARNE (septembre 1914)
(C’est la retraite! Des soldats allemands sortent en hâte des maisons d’un village; leurs officiers les pressent.
Dans toute l'histoire de la France, ü n'y a pas de plus glorieuse victoire que la victoire de la Marne: elle a sauvé la France et le Monde de la domination allemande.
Victoire de l’Yser. — Cependant les Allemands étaient encore très forts; on ne put pas les repousser plus loin que l'Aisne. Ils gardaient le nord de la France (V. carte, p. 332) et presque toute la Belgique; grâce à leurs gros canons, ils s’'emparèrent d'Anvers qui était très bien fortifié (9 octobre).
Après Anvers, ils voulurent prendre Calais qui est le port français le plus près de l'Angleterre. Pour y arriver, ils livrèrent une grande bataille qui dura un mois. Mais ils furent arrêtés sur la petite rivière de PYser et sur le canal d’'Ypres. Dans cette bataille, les fusiliers marins français se battirent héroïquement un contre dix.