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CHAPITRE V

DE L'AVÈNEMENT DE LOUIS LE GROS A L'AVÈNEMENT DE PHILIPPE DE VALOIS (1108-1328)

Le duc de Normandie conquiert l'Angleterre. — Hugues Capet et ses premiers successeurs n’eurent pas d’autorité hors de leur domaine. Les dues et les comtes continuèrent à se conduire dans leurs duchés et leurs comtés comme

5 s'ils étaient les maîtres.

Un de ces vassaux, Guillaume, duc de Normandie, conquit l'Angleterre (1066). Ses successeurs acquirent plusieurs duchés et comtés en France. Ils devinrent plus puissants que leur suzerain le roi de France.

10 Le roi Louis le Gros. — Mais Louis le Gros, qui devint roi en 1108, fut un homme énergique.

Il fit la guerre à de méchants seigneurs, qui ne lui obéissaient pas, se battaient les uns avec les autres, et maltraitaient les paysans. Il détruisit leurs châteaux.

Il aida les bourgeois à se défendre contre leurs seigneurs, quand ceux-ci ne tenaient pas les promesses qu'ils avaient faites.

Les gens du peuple, dans les villes et les campagnes, commencèrent alors à aimer le roi de France, qui les pro- 20 tégeait par sa force et par sa justice.

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Le roi Philippe-Auguste. — Le petit-fils de Louis le Gros, appelé Philippe- Auguste, fut un grand roi.

Il attaqua le roi d'Angleterre, duc de Normandie, et lui prit la Normandie. La Normandie fut ajoutée au domaine royal; elle devint ainsi la propriété du roi, comme l'était le duché de France. La puissance du roi se trouva doublée.

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| LE RETOUR DE BOUVINES Derrière le roi, le comte Ferrand est enchaîné dans une charrette.

La journée de Bouvines (1214). — L'empereur d’Allemagne, appelé Otton, s’allia au roi d'Angleterre. Il entra en France avec une grande armée. Il voulait prendre Paris.

Philippe-Auguste alla au-devant de lui. Ille rencontra à Bouvines, Philippe-Auguste fut vainqueur. L’empe-

reur d'Allemagne manqua d'être pris; il se sauva au grand galop.

Dans cette journée, le comte de Flandre, Ferrand, vassal du roi de France, combattit contre lui. Il fut pris.

Philippe-Auguste retourna à Paris. Il emmena avec lui Ferrand, assis dans un chariot, avec des chaînes aux pieds et aux mains.

Partout où le roi passa, on accourut pour le voir, on cria: « Vive le roi! » On se moqua de Ferrand, à qui on disait: «Ferrand, te voilà ferré! »

Quand le roi fut près de Paris, les ecoliers allèrent audevant de lui. Ils crièrent: « Vive le roi! »

Pendant plusieurs jours, on chanta et on dansa dans Paris, tant on était content. C’est en l’an 1214 que fut remportée cette grande victoire.

La croisade des Albigeois. — Au temps de Philippe- Auguste, il se passa dans le Midi des événements terribles.

Un grand nombre des gens du Midi étaient hérétiques, c’est-à-dire qu'ils ne voulaient pas croire ce qu’enseignait l'Église. On les appelait Albigeois, du nom de la ville d'Albi, où les hérétiques étaient très nombreux.

Le pape prêcha une croisade contre eux. Les seigneurs du Nord prirent part à cette croisade où des atrocités furent commises. Le pape établit un tribunal appelé Inquisition. Les juges de ce tribunal recherchaïent les hérétiques et les condamnaient à des peines très dures, même à mort.

Philippe-Auguste n’alla pas à cette croisade; mais il y envoya son fils. Ce fils, devenu roi sous le nom de Louis VIII, réunit au domaine royal les pays de Beaucaire et de Carcassonne.

Ainsi le domaine du roi commença de s'étendre dans ces pays du Midi qui paraissaient fort éloignés, car \ fallait

six fois plus de temps pour aller de Paris à Carcassonne qu'il n'en faut aujourd'hui pour aller de Paris à Constantinople.

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