NOTRE-DAME DE PARIS
Cette assemblée, où les trois états, clergé, noblesse et tiers état, se trouvèrent ensemble, s’appela les États généraux.
Les députés du tiers état n'étaient pas les égaux de ceux des deux autres ordres. Le clergé et la noblesse 10 siégeaient aux côtés du roi; eux, ils se tenaient à genoux devant lui. Mais c'était déjà beaucoup que le roi voulût connaître leur avis. Cela prouvait que les bourgeois étaient devenus puissants dans la nation.
Le jour où les trois ordres se trouvèrent ainsi réunis, on 15 commença de voir qu'il y avait une nation française.
Les artistes et les écrivains de la France. — En ce temps-là déjà, la France était célèbre parmi les peuples.
En France, d’abord, et partout ensuite, on bâtit ces belles églises qui, par leurs fenêtres hautes, leurs tours et leurs flèches, semblent s’élancer vers le ciel.
Il y avait encore des écrivains qui écrivaient en latin et l’on enseignait en latin dans les grandes écoles. Mais peu à peu le latin s'était transformé; il était devenu la langue française.
Cette langue n'était pas encore à beaucoup près celle que nous parlons. Il faut, pour créer une langue belle et parfaite comme la nôtre, le travail de beaucoup d’écrivains les uns après les autres, pendant plusieurs siècles. Mais déjà notre langue savait dire beaucoup de choses en vers et en prose.
Nos poètes ont célébré dans de grands poèmes, qu’on appelle Chansons de geste, les combats et les actions réelles ou inventées de Charlemagne et des guerriers de son temps.
Parmi les écrivains en prose, il y en a un qui est charmant, c’est Joinville, le compagnon et l’ami de saint Louis, qui a raconté de jolies histoires sur le bon roi.
La France admirée. — Notre langue était admirée dans toute l’Europe; on disait qu’elle était délectable, c’est-à-dire délicieuse à parler.
On admirait aussi la bonne grâce et les belles manières, ce qu’on appelait la courtoisie française.
On disait que la France était le plus beau royaume après celui du ciel.
Malheureusement, elle allait avoir beaucoup à souffrir d’une guerre contre les Anglais qui dura plus de cent ans.
RÉSUMÉ
1. Les premiers Capétiens étaient peu puissants hors de leur domaine, et, le duc de Normandie ayant conquis l’ Angleterre, en 1066, il devint plus fort que son suzerain, le roi de France. Mais le roi Louis VI le Gros fit la guerre à des seigneurs qui troublaient le royaume. Philippe-Auguste, qui fut un grand roi, fit la guerre au roi d'Angleterre et lui prit la Normandie. Il battit les Allemands à Bouvines en 1214. Son fils Louis VIII acquit les pays de Beaucaire et de Carcassonne, après l’horrible croisade des Albigeoïs.
II. Saint Louis fut le meilleur des rois; il était juste et bon. Il aimait à rendre la justice. Il protégeait les pauvres gens. Il parvint à faire régner la paix dans le royaume. Il fit deux croisades, toutes deux malheureuses, l’une en Égypte et l’autre à Tunis. Il mourut à Tunis en 1270.
III. Philippe IV le Bel convoqua les États généraux en 1302. Ce fut la première fois que des députés du tiers état furent réunis avec des députés du clergé et de la noblesse. En ce temps-là, la France était grande et célèbre; des architectes firent de belles églises, et des écrivains composèrent de beaux ouvrages.