POÈTES DE LA RENAISSANCE
Clément Marot. Clément Marot, né à Cahors, en 1495, est un des plus charmants poètes de la France. Il a écrit de jolies épîtres, des élégies où il y a autant de malice que de sensibilité, des épigrammes où il a raïilé tous ses ennemis. Marot a vécu auprès de François [”; il était valet de chambre de Marguerite, la sœur du roi de France, et, quelquefois, il échangeait des vers avec elle sur quelque sujet plaisant.
Un jour Marot jouait aux cartes avec Marguerite: l'enjeu était un dizain, c’est-à-dire une pièce de vers composée de dix vers, Marot perdit et paya, en envoyant à la princesse le dizain, qui se terminait ainsi:
« Que piût à Dieu que ceux à qui je doy t « Fussent contents de semblable monnoie. » ?
1 Pour dois. 2 monnae.
Le pauvre poète avait beaucoup de créanciers., Marguerite lui répondit par des vers où elle lui disait que ces créanciers devraient s’estimer très heureux d’être payés en vers tels que les siens.
Ronsard. Pierre de Ronsard est né près de Vendôme en 1524. Ila vécu sous le règne de François I”, de Henri II, de Charles IX et de Henri III. C'est un admirateur de l'antiquité. Il voulut faire des poèmes épiques comme les poètes grecs et latins, et transformer notre langue, en en faisant comme une copie de la langue latine; mais il n'y réussit pas.
On ne lit plus aujourd'hui ses grands poèmes, mais on admire encore ses vers où il à mis autant de grâce que Marot, et d’autres où il parle avec une force que Marot n'a pas connue.
Comme Marot, Ronsard a vécu dans l'intimité des rois, mais il était de plus noble naissance et plus grave que le valet de chambre de Marguerite; attaché à la personne d'un fils de François [”, il fut employé à des missions diplomatiques.
Nul n'eut autant d’admirateurs que Ronsard en son temps; il exerça une sorte de royauté intellectuelle. C'est à lui que Charles IX écrivit ces deux vers:
€ Tous deux également nous portons des couronnes;
Mais, roi, je la reçois: poète, tu la donnes. »
Calvin