LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY
Comme la nuit allait finir, la cloche de l’église Saint- Germain-l’Auxerrois donna le signal du massacre. Catherine et les Guises avaient tout préparé: des soldats armés avaient été envoyés dans les divers quartiers; Henri de Guise avait fait cerner le logis de l’amiral Coligny. C’est par le meurtre de l’amiral que l’on commença: il mourut héroïquement; les assassins le jetèrent par la fenêtre, sur l’ordre de Guise, qui attendait dans la cour, et qui frappa le cadavre du pied.
Cependant la cloche de Saint-Germain-l’Auxerrois sonnait toujours; les bandes armées s'étaient répandues dans la ville; on entendait partout des cris et le bruit de la fusillade. Partout les protestants furent surpris sans défense. On tua, au Louvre, sous les yeux mêmes de Charles IX, des hommes avec qui le roi causait familièrement quelques heures auparavant. On tua dans les maisons et dans les rues. Les enfants ne furent pas épargnés. Les cadavres furent traînés dans la boue. Les assassins se firent voleurs: des boutiques et des magasins furent pillés.
Le massacre continua toute la journée du 25. Le 26, Charles IX se rendit au Parlement, où il déclara qu'il avait voulu prévenir le complot de l'amiral, et que ce qui avait été fait l'avait été par son ordre. Il chargeait ainsi sa mémoire d’un des plus exécrables crimes qui aient jamais été commis; mais l'histoire lui tient compte des remords qui le tourmentèrent bientôt, et elle rejette une grande part de la responsabilitésur sa mère, Catherine de Médicis.
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