II. RICHELIEU ÉTABLIT L'AUTORITÉ ABSOLUE pu Ror
Soumission des protestants. — Richelieu voulut que tout le monde dans le royaume obéît au roi.
Par l'Édit de Nantes, Henri IV avait donné aux protestants quelques villes, pour qu'ils pussent se défendre s'ils étaient maltraités par les catholiques. Les protestants, qui craignaient toujours d'être attaqués, cherchaient des alliés à l'étranger.
Une de leurs villes était le port de La Rochelle, par où ils pouvaient recevoir le secours des Anglais. Louis XIII et Richelieu allèrent l’assiéger. Richelieu commandait comme un général, et portait la cuirasse et l'épée.
La Rochelle fut prise. Les protestants rendirent leurs villes; mais le roi leur permit de garder leur religion.
Soumission des grands. — Richelieu obligea aussi les grands seigneurs à obéir.
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Dans ce temps-là, les nobles avaient l'habitude de se battre en duel. Pour des raisons qui n’en valaient pas la peine, un noble en provoquait un autre à se battre avec lui. (Chacun des deux combattants choisissait un ou
RICHELIEU DEVANT LA ROCHELLE (d’après le tableau de Henri Motte)
La digue a été construite à l’entrée du port, pour arrêter les vaisseaux anglais. Richelieu, les bras croisés, regarde les vaisseaux anglais qui ne peuvent pas passer. Derrière lui sont des moines. Richelieu se servait des gens d’Église pour la politique et même pour la guerre.
plusieurs amis qui l’accompagnaient sur le terrain. En même temps que les adversaires se battaient, ces amis se battaient les uns contre les autres. On disait que les duels faisaient mourir plus d'hommes que la guerre ellemême.
Le roi défendit les duels sous peine de mort. Cela n’empêcha pas un grand seigneur, le comte de Montmorency- Boutteville, de se battre à la place Royale, qui était un des endroits les plus fréquentés de Paris. Le duel eut Heu auprès du poteau où était affichée la défense de se battre. Montmorency tua son adversaire, et il s'enfuit de Paris.
Mais il fut rattrapé, condamné à mort pour désobéissance au roi, et il eut la tête coupée.
Conspiration contre Richelieu. — Richelieu avait beaucoup d’ennemis, même auprès du roi. La reine mère, Marie de Médicis, le détestait, parce qu'il ne voulait pas faire ses volontés. (Gaston d'Orléans, frère du roi, conspirait sans cesse contre lui, et toujours il trouvait des grands seigneurs pour l'aider. Montmorency, gouverneur du Languedoc, prit les armes contre le roi, après s'être entendu avec Gaston et s'être allié au roi d'Espagne.
Montmorency fut vaincu, pris, et condamné à mort. La population de Toulouse, qui laimait, demanda sa grâce. Tout le monde supplia Louis XIIT d’avoir pitié; mais le roi ne voulut pas pardonner un si grand crime. Lorsque la duchesse de Montmorency vint se jeter à ses pieds, il passa devant elle sans dire une parole.
Montmorency se repentait de son crime, mais il ne demanda pas sa grâce, et il fut brave sur l’échafaud comme il l'avait été sur le champ de bataille.
Les intendants. — En ce temps-là, le roi était mal obéi dans les provinces. Il n’y avait pas de préfets, ni de souspréfets pour transmettre les ordres et les faire exécuter. Dans chaque province, il y avait un gouverneur envoyé par le roi; mais ces gouverneurs étaient des grands seigneurs qui ne faisaient que ce qui leur plaisait, ou même se révoltaient, comme fit le duc de Montmorency.
Richelieu mit dans les provinces des intendants, qui, le plus souvent, étaient des bourgeois. Les bourgeois obéissaient beaucoup mieux que les nobles au roi et à ses ministres. Ils habituèrent tout le monde à l’obéissance. |
Mort de Richelieu (1642) et de Louis XIII (1643). — A la fin de l’année 1642, le cardinal tomba gravement malade. Il demanda à son médecin combien de temps il
avait encore à vivre. « Vingt-quatre heures », répondit le médecin.
Richelieu employa ses dernières heures à se préparer à la mort, mais il s’occupait encore des affaires de l’État. Il donna au roi des conseils sur ce qu'il y avait à faire après lui.
On ne peut aimer Richelieu, car il ne fut pas bon, et il fut souvent hypocrite; mais il a voulu la grandeur de la France, et il a donné à la France cette grandeur.
Au moment où il mourut, en 1642, nos armées avaient conquis le Roussillon, l’Artois et la Franche-Comté.
Louis XIII mourut en 1643, quelques mois après Richelieu. Il ne l’avait jamais aimé, car ce roi, qui s’ennuya toute sa vie, n’aimait presque personne; mais il savait que son grand ministre était plus capable que lui de gouverner, et, jusqu'au dernier moment, il l’avait défendu contre tous ses ennemis.