LE CARDINAL DE RICHELIEU
Richelieu, né en 1585, d’une famille dont la noblesse était récente et la fortune médiocre, fut d’abord destiné à la carrière des armes; puis il entra dans les ordres. A vingt-deux ans, il était évêque de Luçon «le plus vilain et le plus désagréable évêché de France », disait-il. Il s’y ennuyait, et, de temps à autre venait prêcher à Paris et se montrer à la cour.
Député du clergé à l'assemblée de 1614, il s’y révéla homme d'État. Une première fois, il fut ministre en 1616, mais pour peu de temps. Dans la triste période où la France fut gouvernée par Concini et de Luynes, il montra son habileté à se conduire au milieu des intrigues, jouant le rôle de médiateur entre le roi et sa mère et bien vu des partis les plus hostiles. Il fut élevé au cardinalat et aspira bientôt à la première place dans l'État; mais il eut le talent de cacher son ambition et de se faire désirer, si bien que lorsque le roi, en 1624, le rappela au ministère, il sembla qu'il lui fit violence. Le cardinal avouait bien «que le ciel lui avait donné quelque force et quelque lumière d’esprit »; mais il se plaignait non sans raison d’ailleurs, de la débilité de son corps.
Quand on eut bien insisté, il posa ses conditions. Il déclara qu'il n'était point en état de recevoir de visite, ni d'aller, suivant l’usage des courtisans, assister au lever du roi, parce qu'il ne pouvait « rester longtemps debout ». On en passa par où il voulut, et le grand ministère de Richelieu commença.