‹ Histoire de FranceChapitre 14 sur 47 · RADEGONDE, FEMME DE CLOTAIRE I · texte numérisé non relu

RADEGONDE, FEMME DE CLOTAIRE I

Le traître Herraenfroy ayant été précipité de* murailles de Tolbiac, pour punition de ce qu'il avoit violé les droits de nature par la mort de ses frères , Radegonde , fille de Bertier , l'un d'eux, fut emmenée par nos princes victorieux, Clotaire et Thierry , qui s étant assez bien accordés sur le partage du butin resté, pensèrent entrer en une sanglante discorde pour la posr session de cette princesse. Elle demeura néanmoins à Clotaire, qui , la désignant déjà pour son épouse, l'envoya au château d'Athie, en Vermandois, et commanda qu'elle fût là soigneusement instruite. Elle n'eut pas si tôt entendu B J Édue 5 tia- d «

I Ridcgoodc, qui

les mystères de notre religion , que détestant £n«J. alt chre * les erreurs du paganisme, où ses parens l'avoient nourrie, elle se fit baptiser. Le roi, bien informé qu'elle avoit ajouté la beauté de l'ame a celle du corps , l'épousa en sixièmes noces , a.u.rc r*

petite.

quelque résistance qu'elle y pût apporter en faveur de sa virginité. Le haut lustre d'une charité parfaite dont elle éclaira tout le palais royal durant six ans qu'elle y demeura , fit mal aux yeux de quelques méchans , qui se mirent à suggérer aux oreilles du roi qu'il avoit épousé

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v plutôt une nonnain qu'une princesse digne de lui ; et que, ne bougeant d'un oratoire (car elle en avoit fait bâtir un magnifique dans le palais), elle ravaloit la dignité royale aux plus abjects exercices des moindres servantes. Le roi dédaigna d'abord d'ouïr ces flatteurs, et ne tint conte de leurs paroles. Mais, comme il vit qu'elle ne lui donnoit point d'enfans, et, ce qui le fâchoit le plus, qu'elle le reprenoit de ses dissolutions, il lui itfes^p^d^ témoigna du dégoût et des froideurs extraordi-

puit d'avec elle. u "

naires; de manière que Radegonde, qui soupiroit incessamment après une vie solitaire, fit son profit de cette disgrâce, et là dessus obtint son congé. Ainsi, plus joyeuse de quitter la couronne qu'elle n'avoit été de la prendre, elle fut trouver Médard , évêque de Noyon, de la main ^«tegonde se duquel elle prit le sacré voile, bien que le peuple s'y voulût opposer. Cela fait , elle se retira en Touraine, où elle vécut renfermée dans une maison particulière jusqu'à ce qu'elle eût fait bâtir à Poitiers un monastère de filles sous la règle du bienheureux Cesarius , autrefois évêque d'Arles. Si vous désirez savoir en quelle estime elle vécut , voyez seulement chez Grégoire de Tours une lettre que lui écrivirent des évêques, auxquels elle rendit une si profonde obéissance, que je lis avec admiration qu'elle fit tous ses efforts pour se soumettre à la conduite de

fa.t

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