‹ Histoire de FranceChapitre 20 sur 47 · DAGOBERT I DU NOM, ROI XI · texte numérisé non relu

DAGOBERT I DU NOM, ROI XI

63». Clotaire ayant eu deux femmes , n'avoit laissé d'elles que Dagobert et Aribert, l'un et l'autre également ambitieux, mais avec cette différence, que l'aîné étoit plus puissant en amis, plus mûr d'âge, et plus connoissant aux affaires. Aussi fit- Da^bmjait il la part au cadet , et s'empara fort habilement Ariber». d e t ous i es trésors du père , bien que Produlfe , ou Brunulfe, frère des deux reines Sigilde et Gométrude , et par conséquent oncle d'Aribert, eût voulu par ses menées établir son neveu dans le royaume d'Austrasie. Bien davantage , Dagobert mit son frère en tel état , que n'ayant plus aucune part à la succession du père , il fut contraint de supplier humblement le conseil qu'il lui fit donner au moins son apanage , pour subvenir seulement aux nécessités d'une vie ▲nbcrt . 1» privée. 11 eut donc la Guyenne, et le Languedoc,

Guyeane et le

et pour son siège Toulouse , à la charge qu'il renonceroit à toutes les prétentions qu'il avoit sur le royaume de son père. 11 vécut dans son nouveau pays l'espace de quelques années, durant lesquelles tout ce qu'il fit de plus remarquable fut d'élargir un peu ses limites du côté des Pyrénées, ayant dompté les Gascons, peuples

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sauvages en ce temps-là , et qui se tenoient resserrés dans leurs montagnes , où ils avoient accoutumé de ne vivre que du butin qu'ils faisoient.

Dagobert ayant pris le sceptre , ne fit rien de mémorable durant six années tout entières. La septième t il s'achemina dans le royaume de Bourgogne, au grand déplaisir des évéques et des seigneurs , qui craignoient d'autant plus sa justice, qu'ils avoient vécu dans la dissolution et dans le débordement depuis les désordres des guerres civiles. Au contraire, par ce voyage il satisfît aux communs souhaits de tout le peuple , qui attendoit de lui le soulagement que les gouverneurs, attachés à leurs intérêts propres, leur avoient toujours refusé. Il tint premièrement son siège dans Langres, puis dans Dijon; et nagoljertgrana marchant à petites journées par ses provinces, iu,uder * il adrainistroit la justice avec tant de prudence et de majesté , que les peuples l'admiroient comme un vrai lieutenant de Dieu , qui sans acception de personnes , rendoit à chacun ce qui lui appartenoit , unicuique quod suuai; ce que démontre une médaille où l'on voit une déesse mm«u«. assise sur un trône relevé de plusieurs degrés, tenant une balance delà main droite et l'épée de la gauche, pour montrer que la justice doit être plus forte que la sévérité: la France, à genoux tome i. 1 ' À

aux pieds de son trône, porte une main sous la balance, et l'autre sur la garde de l'épée, comme voulant dire qu'il faut user de modération aux jugemens que l'on donne. Cette vertu, la plus nécessaire aux princes, comme étant celle qui les maintient, acquit tant d'estime à celui-ci, u.H«u*tk. que les Huns et les Sclavons ne pouvant s'accor-

Sri a Ton» pren- * •

JK ert der de quelque différent qu'ils avoient ensemble, te choisirent pour leur arbitre, et le supplièrent

iJ£ïï* td *" ^ e vou l°i r prendre le gouvernement de leur pays , disant qu'ils ne manquaient point de vaillance, mais bien de justice. Ce roi, néanmoins, qui la reftdôit à tout le monde , la viola dans ses

dJw * 69 int éréts : car ils le portèrent , comme vous avez vu ci -devant, à partager mal son frère, et à faire mettre à mort Brunulfe, pour lui avoir conseillé de demander ses droits. Il répudia encore injustement la reine Gometrude, et tira du monastère Nantilde pour l'épouser.

6J9 II fit le bâtiment de Saint-Denis si somptueux et si magnifique, qu'il y épuisa ses principaux trésors; et non content de cela, pour amasser en un seul temple tout ce que la France avoit b«eoi*rtpaie de précieux et de saint , il prit de l'église de

le» éftlUe* pour m

^ , ^ lede Saint -Hiiatre de Poitiers le corps de ce grand prélat, et deux portes de bronze d'une valeur inestimable; comme aussi ce grand bassin de porphyre qui sert pour les baptistères, et qu'on

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