XVII. CAROLUS ET LUDOVICDS FILIUS , IMPER A
tores occidentis, patres augusti , Charles et Louis son fils , empereurs d'Occident , pères au* gustes. On voit dans cette médaille la cérémonie par laquelle Charles , associant son fils à l'empire, lui fit prendre la couronne de dessus l'autel; en quoi parut une grande prévoyance de ce prince , providentia principis, qui voulut de son vivant reconnoître et exercer les forces de son fils, et les tenir toujours en haleine pour réprimer l'insolence des mutins et les courses des barbares.
XVIII. Cette médaille représente quatre figures attachées ensemble à un même charriot , emblèmes des quatre évangelistes : le boeuf de
saint Luc , le lion de saint Marc, l'aigle de saint Jean , et l'ange de saint Matthieu, que Charlemagne , traduisit et en fit une concordance, ut quatuor hjec unum constituant, afin que les quatre n'en soient qu'un ; exercice pieux auquel il s'adonnoit vers l'an dccciiï.
HILMETRUDE,
FEMME DE Cil A RLE MAGNE.
Il se trouve à Saint -Denis une épitaphe qui porte : hic jacet hilmf.tr. reg. uxor caroli magni , Ci-gjLt Hilmétrude, reine, femme de Charles-le- Grand , ce qui a donné sujet à quelques uns de croire qu'elle étoit en effet légitime épouse de ce prince. Mais , soit que cette épi- lD J^£ tr ' clkn taphe ait été composée long-temps après par quelqu'un qui n'étoit pas bien informé de la vérité , soit que les parens de la défunte l'aient ainsi mise pour Thonorer du titre de reine , tant y a qu'il est très certain qu'elle n'étoit que maîtresse de Charlemagne ; car, outre qu'elle est ainsi appelée par les annalistes d'environ ce temps-là , il n'est pas croyable que Pepin-le- Bossu, que Charlemagne avoit eu d'elle, eût été laissé sans partage et sans charge par son père , lorsque les autres a voient de grandes provinces et de belles armées , vu même qu'il étoit leur aîné. Toutefois , puisque l'histoire fait foi que les rois en ce temps-là se don noient la liberté d'épouser plusieurs femmes, on pourroit dire que celle-ci l'auroit été de Charlemagne, Eiie.waun eu
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et que le peu de compte qu'il faisoit de Pepin-
le-Bossu provenoit plutôt de la connoissance qu'il avoit de son esprit dangereux et de sa difforme stature, que non pas de ce qu'il étoit bâtard, vu même que la succession étoit donnée par les pères selon leur volonté , seule loi qui faisoit les légitimes héritiers. Ainsi vous avez vu que Martel fut laissé successeur par son père Pcpin , au préjudice des enfans légitimes ; et quelques uns assurent que Charles, aîné des trois fils de Charlemagne , ctoit bâtard , fondés sur cette conjecture, que son père ne le présenta pas au pape pour le faire couronner, comme il fit Louis et Pépin. Au moins il est bien vrai que Bernard , qui n'étoit pas d'un légitime mariage , fut substitué par son aïeul Charlemagne au royaume d'Italie, que son père Pépin avoit tenu. Mais, quoi qu'il en soit, si Hilmétrude, nommée par quelqu'un Hilnudiane, avoit été femme de Charlemagne, et si les rois n'en pouvoient avoir qu'une à la fois, il la devroit avoir répudiée par le conseil de sa mère Berthe au grand pied, pour épouser la fille de Didier, qu'il répudia semblablement , parce qu'elle étoit , dit un auteur , clinica , c'est-à-dire maladive. On ne dit point de quelle maison elle étoit issue ; et je crois qu'elle n'avoit rien de plus illustre que sa beauté , perfection assez puissante pour en faire une maîtresse , mais non pas une épouse.
HILMÉTRUDE, REINE DE FRANCE. 4 a 9
Je ne sais non plus si elle étoit encore vivante lorsque son fils Pépin -le-Bossu conspira contre Charlemagne, ni en quel lieu ou de Quelle façon elle mourut; seulement j'ai appris , par Tépitaphe ci-dessus rapportée , qu'elle étoit enterrée à Saint -Denis. On dit qu'avant elle Charles avoit épousé Galène , fille du prince de Tolède , douée d'une beauté plus qu'humaine ; mais qui, par le destin des belles choses, ne dura seulement que quelques mois.
niSTOIRE DE FRANCE