R (CHILDEBERT, CLOT A IRE, CLODOMIR, THIERRY
»1 PARIS. DE SOIS50IÏS. D*ORliANS. Ot METZ.
C'est une chose miraculeuse que le corps de 5l5 . la France ayant été démembré si souvent , ait pu si heureusement se rejoindre. Le voici pour la première fois divisé en quatre pour autant Roy« um «p.r. de frères , enfans de Clovis, sans que l'un ait aucune prééminence sur l'autre. Thierry, l'aîné, fils naturel, eut le royaume de Metz, contenant la *°y*»™> de
J Mm à Tbierrv,
Lorraine et les contrées depuis Reims jusqu'au Murd - Rhin, et par-delà la rivière toutes les terres de l'ancien patrimoine de nos rois : car bien qu'il ne fût que bâtard, il partagea également avec les autres, les lois de la nature ayant eu dans la première race plus de force que les ordonnances des législateurs. Clodomir, le premier né des trois légitimes, eut le duché d'Orléans, d'où Royaume d*or.
° lé.ai à Clodomir.
dépehdoient leLyonnoiset leDauphiné , ensemble les droits sur la Bourgogne et la Provence. Childebert eut le royaume de Paris , sous lequel R 0y iame d«
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étoient le Poitou, le Maine, la Touraine, la**". Champagne en partie, l'Anjou, la Guyenne et
aJJSTTciï l'Auvergne. A Clotaire fut donné Soissons, avec ses appartenances, qui étoient le Vermandois, la Picardie, la Flandre et la Normandie. Les enfans de France partageoient ainsi les provinces en façon de royaumes, la majesté de cette auguste maison étant en effet telle, qu'elle ne produit que des rois; et voilà pourquoi ion appe-
FL'u,d*Fr.« e loit autrefois reines toutes les filles qui en étoient
appelée* Rein* t. *
descendues. Ces quatre princes ayant ainsi partagé, se disoient tous rois de France, et n'en marquoient la différence que par ces mots qu'ils y ajoutoient , tenant leur cour en telle ville. Néanmoins, pour ne point contrevenir à l'ordre que les historiens ont déjà suivi, nous compte-
rons par le roi de Paris , bien qu'en effet il ne Le^ideP^u tût pas l'aîné, et qu'il ne possédât point la por-
n'étoitpa» l'usé. g ^
tion la plus noble.
Ils passèrent quelques années dans une doucè paix : mais enfin leur mère Clotilde , poussée d'un certain ressentiment qui est naturel aux meilleures femmes, vint de Saint-Martin deTours, où elle s'étoit retirée depuis la mort de son mari, a<*od. «m. pour les solliciter à venger celle de son père;
rite «m fil» k I» r D F
vengnncc dei. i eur remontrant qu'elle avait été , comme tout
mort de »on p*?re. m
le monde savoit, privée de ses plus proches et de son royaume par la cruauté de Gondebaud et de Sigismond son fils, héritier de l'injustice du père. Les larmes d'une si bonne mère, et le
sang de Suger répandu par Sigismond, les appeloient à la vengeance. Cet enfant infortuné , sorti du premier lit, et fâché de ce que son père avoit en secondes noces épousé une servante de sa défunte mère, reprocha à cette marâtre un jour de fête qu'il la vit parée, qu'elle riètoit pas digne de se braver ainsi des dépouilles de sa maîtresse , jadis fille du noble Thierry roi /talie. La marâtre, irritée de cet affront, aigrit tellement l'esprit de son mari contre Suger, qu'il le fit étrangler. Pour ces causes Clodomir entre- sigi»«.ond r.it
t Itrangtrr «on BU
prit la guerre contre les Bourguignons. Il les ^Jl*^^* vainquit: leur roi Sigismtond, pris en fuyant, ^ t?rUttip)r . fut envoyé chargé de fers à Orléans , où peu de et «et enfans. temps après il fut égorgé avec sa femme et ses enfans, et jeté dans un puits par le commandement de Clodomir, auquel Àvite , abbé de moeurs religieuses, disoit souvent, inspiré d'un esprit prophétique : Prenez garde h ce que vous Jerez ; car vous et vos enfans serez traités de ki même façon que vous traiterez votre cousin germain Sigismond et ses enfans ; paroles que l'événement fit paroitre véritables. Gonderaar, puîné de Sigismond , appelé à la couronne par les Bourguignons, remit presque tout le royaume sous son obéissance : la force néanmoins ne le put garantir contre Clodomir, qui vint l'attaquer avec de plus puissantes troupes.
a.^T * U a donc recours à la ruse : il arme à la françoise quelques uns de ses plus résolus gendarmes , qui , dans la chaleur du combat^ ayant épié l'heure que Clodomir s'éloigneroit, transportés d'une ardeur inconsidérée, le joignent ciodomir t«é, comme s'ils eussent été des siens et le tuent, puis plantent sa téte sur une lance et la montrent aux Bourguignons et aux François qui , la reconnoissant à sa longue chevelure, se mirent en fuite. Ciotaire et Childebert arrivèrent bien* tôt pour venger la mort de leur frère, et ayant • pris Gondemar, terminèrent par un lacs coulant
roaret du rojau- 1 w »
me de B "»f o - ses j ours ? e t l e royaume des Bourguignons, qui fut encore inquiété par les armées d'Athalaric, Ostrogoth, jaloux de la puissance des François et désireux de garder la Provence, reconquise par son prédécesseur. Ciotaire épousa incontinent Gundochie , veuve de Clodomir; et au lieu de faire part à ses neveux du royaume de Bour- ' gôgne, à eux acquis par le sang de leur père, il va trouver Childebert son frère pour tramer avec lui la ruine de ces innocens. Ils la conclurent ; puis envoyèrent à Chrotilde, qui les avoit en garde, des ciseaux et un poignard : cela vouloit dire le choix de la mort ou de la servitude. J£lle ne put se résoudre à choisir pour eux ni l'un ni l'autre, mais les livra, y étant forcée, entre Jes mains des satellites, qui les menèrent à leurs
oncles. Ils étoient trois , Thibaud , Gontrand et Clou. Ce dernier se déroba par les chemins, et cio« éci,.j T e. pour se mettre à couvert se fit moine à deux lieues de Paris, à Nogent, aujourd'hui Saint- Cloud, où il acquit réputation de saint. La nature et la tendresse de l'âge des deux autres ne purent amollir le cœur de Clotaire, qui les assomma „*? tnt ™ de de sa main, bien que Childebert se repentant g^ par,eur,on d'y avoir consenti , mêlât ses larmes aux leurs pour l'en empêcher.
D'un autre côté Thierry, roi de Metz, afin de y» s»*, se rendre paisible , et puissant en amis dans la Germanie, fit alliance avec les rois de Turinge, pour lors grands terriens. Ils étoient trois frères, Baudry, Hermenfroy et Bertier. Ce dernier, lorsqu'il se croyoit le plus en sûreté, est surpris par Hermenfroy, qui le tue , réservant ses trois en- Btrntnfroy , fans , deux mâles et une fille nommée Ragqnde, lue Bertier, ton belle fleur éclose parmi tant d'épines. Il tâcha de ^^ e ' fiUe d'en faire autant à Baudry, qui lui demandoit sa part du royaume de Bertier. Amalabergue sa femme , fille d'Honoric , roi des Vandales, et d'Amalanfrède, sœur de Thierry d'Italie, furieuse d'ambition , pour l'irriter davantage contre son frère, s'avisa un jour de ne faire couvrir Méd»™-*?
11*11 •« <TAin»Ul»rrRue , -
que la moitié de la table ou il devoit dîner, enf"»»«
1 menfrov.
disant : Que celui à qui ton ôtoit une partie de son royaume ne devoit plus avoir que la moitié
90 HISTOIRE DE FR AJfCE.
de son couvert. Ayant bien remâché ce discours, il contracte alliance avec Thierry de Metz, pour s'en aider à dépouiller son frère. Ce mauvais dessein lui réussit : car en effet il le dépouilla; mais il ne voulut point faire part de la proie à Thierry : au contraire, il tua les otages françois, courut les terres du royaume de Metz, où ^c^^Her-il pendit les enfans aux arbres par les nerfs des cuisses , et égorgea plus de deux cents jeune» filles. Pour le regard des femmes, il traîna les unes à la queue des chevaux , et attacha sur des ornières les autres, leur faisant passer des charriots par-dessus le ventre. Le roi de Metz ayant en horreur ces tyrannies, se renforce du secours de son frère Clotaire , et marche contre les Turingiens , dont les chausse-trapes par eux creusées sur l'avenue du champ de bataille n'empê- Henowiroy chèrent point qu'il n'en demeurât un si grand
def»il par Thkf» * * D
ry de Meu. nombre sur la place, que les corps morts servirent, de pont aux nôtres sur la rivière d'Onestrudh. Hermenfroy, étonné de cet échec , traite de paix avec Thierry; et quelque temps après, lorsqu'il ne pense plus à ses méchancetés, se promenant avec lui sur les murailles de Tolbiac, PredpHc do il est jeté du haut en bas par un des gardes, les
liant de» mûri de /■» i ' i 1 a >*1
Tolbiac. François lui étant fidèles tout de même qu il l'avoit été à eux et aux siens. Durant ce voyage hÏÏ^?~ Clotaire épousa Radegonde à cause de sa béauté,
et ne laissa pas toutefois d'en tuer le frère. Elle quitta la cour à quelque temps de là, et s'enferma dans un monastère qu elle bâtit àPoitiers.Thierry, R*d*gon<ur«fâché de ce que Clotaire avoit épousé cette héritière, conspira de le surprendre et de l'assassiner. En ce dessein il le convie de venir en son palais, où il avoit caché des soldats derrière une tapisserie : Clotaire, qui s'endéfioit, y alla, mais bien accompagné; son frère connoissant que son dessein avoit été découvert, l'entretint de T™huoo a«
couverte.
plusieurs contes; et pour lui lever tout soupçon, par des preuves d'un feinte bienveillance , lui donna un riche bassin. Clotaire , dissimulant aussi adroitement, emporta ce présent; mais Thierry se repentant d'avoir été si prodigue, le lui renvoya redemander par son fils Théodeberr, auquel il le rendit sans aucune difficulté. Durant que Thierry fut occupé en ce voyage, Arcade, grand seigneur d'Auvergne, alors dépendante en partie du royaume de Metz, déçu par le bruit qui couroit de la mort de Thierry , appela Childebert à la possession de cette province ; mais Thierry ayant dissipé leur conjuration par son retour, punit sévèrement ceux de ses sujets qui s'en trouvèrent coupabl.es. Mundéric, se disant issu du sang de France, lui suscita une autre révolte dans la Champagne. Aregésile, envoyé contre lui, craignant de ne le pouvoir forcer
9a HISTOIRE DE FRANCE»
dans Vitry , où il s'étoit enfermé, trouva moyen Fmaermeat. de l'abuser par un faux serment, lui promettant vie et bagues sauves à lui et aux siens. Comme il sortoit sur cette assurance, l'épée au côté et la lance à la main, avec Aregésile, reconnoissant que les soldats branloient pour le tuer au signe que l'autre leur en avoit donné, il transperça de sa lance celui qui le trahissoit, et se défendit courageusement jusqu'à tant qu'il fut accablé par la multitude. Ce fut environ ce temps-là que fut mise à tin la guerre de Bourgogne contre Gondemar, que j'ai cotée ci-dessus , par Childebert et Clotaire.
Guerre a, Les deux armées étant toujours jointes, s'acheminèrent contre les ariens en Espagne.
Amaulry, à qui nos rois avoient donné leur sœur Ç^'^V^Clotilde, avec la comté de Toulouse, la traitoit
tee par Amaulry, 7
m.ri" rien ' *° a si mal en baine de sa religion , que lorsqu'elle alloit à l'église des catholiques il souffroit au peuple de lui couvrir le visage de boue et de la suivre à coups de cailloux, dont étant blessée,
w.angi»nte e ]l e envoya à ses frères un mouchoir souillé de
«le ClotUde a aes -
{riret ' son sang ; lettre sans caractères , mais pourtant assez éloquente pour les inciter à la vengeance. Il lui livrèrent donc le combat , dans lequel , ou un peu après , s'amusant à enlever ses trésors, MoricTA- il fut tué d'un coup de lance par un cavalier
luaulrv»
françois. Childebert s'attribua l'honneur de ce
pagne
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CH1LDÈBERT, UOI VI. 0,3
icoup, aussi bien que de la victoire, comme il
se remarque par les mots de la médaille : c^so màuuu.
AMALRICO ET PROFLIGATIS ARRI ANJS , POUT avoir
tué Amaulry et mis en route les ariens. De plus,
afin qu'on ne doute pas que la victoire lui en.
est due, il y a dans l'exergue : lutetia, regni
caput, Paris, chef du royaume, dont il étoit roi.
11 conquéta en cette guerre une grande partie
des Espagnes, prit Tolède et plusieurs autres
places. Il gagna encore un grand nombre de
vases très précieux , qu'il donna tous aux églises
de France, et ramena sa sœur , qui mourut par les Mortd«o«uwe.
chemins, et fut ensevelie au tombeau de son père
Clovis. Cesdeux frères firent à quelques années
de là un second voyage en Espagne pour châtier
Theuda , successeur d'Amaulry , qui persécutoit
les catholiques. Ils domptèrent les Wisigoths ,
prirent grand nombre de villes, ruinèrent la
province de Tarascon, et pardonnèrent à Sara-
gosse, pourra que les habitans leur donnèrent la
tunique de Saint- Vincent, martyr, en l'honneur
duquel Childebert fit bâtir à Paris l'église de EgliM Saint-
Vtncrot oa <1«
Saint- Vincent, dite aujourd'hui Saint- Germain- s^J^™*™ • des- Prés. Thierry de Metz étant décédé , Childebert etXlotaire se ruèrent de conspiration faite contre son fils Thibert, leur neveu , qui Un avoit succédé , mais sans aucun fruit : caries Austrasiens firent si bien leur devoir pour la
conservation de leur jeune roi, que Childebert, honteux d avoir voulu opprimer celui qu'il devoit maintenir, pour réparer sa faute, le régala de grands présens et l'institua son héritier. De l'alliance de Childebert avec Thibert naquit la guerre contre Clotaire. L'autorité de leur mère Clotilde ne put l'éteindre. Clotaire, trop foible, s'étoit retranché dans une forêt avec son armée, et l'avoit entourée d'une palissade faite de gros arbres. Childebert et Thibert commençoient d'attaquer son camp et de mettre le feu à la cloison , lorsque le ciel , qui étoit serein et sans nuages s'obscurcit tout à coup , et avec une étrange violence décocha pêle-mêle sur leur armée la pluie , la grêle , les vents et le tonnerre : ce qui les étonna tellement , que prenant ces tempêtes pour un avertissement divin, ils posèrent leurs armes et leur inimitié pour, embrasser Clotaire , dont les troupes, par un autre miracle, n'avoient point été endommagées de cet orage. Ce différent étant pacifié , Thtbertalia contre les Danois ou les Normands , qui étoient descendus sur ses côtes et ravageoient son pays. Il les rom- Dc&ue ^ pit par mer et par terre, et rendit ainsi la sûreté du commerce à toute l'Allemagne. Sa renommée, merveilleusement accrue par ses victoires , obli- LVmpweorj«. a e a Justinien à rechercher son amitié , en faveur
tintent tlesGoth» ° 7
ïdiin^*" 1 de laquelle il lui céda ce qu'il potivoit avoir en
CHILDEBERT, ROI VI. Op
Provence. Les Goths, d'un autre côté, le caressoient fort, et lui donnèrent volontiers leur part; aussi bien l'eût -il prise de force.
Les affaires des Ostrogoths étoient en tel état t«i en Italie. Atalaric, petit -fils et successeur de Thierry, né d'Amalasiunte et d'Eutaric, étant mort, sa mère épousa Théodat , par ce moyen devenu roi des Ostrogoths. Il la relégua pourtant, et ne tint plus aucun compte d'elle depuis qu'il se vit la couronne sur la tète. Il brigua tant qu'il put l'amitié des François : Thibert de j^Sf"*" <u Metz l'avoit promise à Justin ien; et toutefois, pour ce que dans le traité il n etoit parlé que des François, par une élusion il permit aux Ostrogoths de lever des soldats dans la Provence , * dans la Bourgogne et dans la Turinge, pays qu'il disoit n'être pas françois , bien qu'ils fussent de son obéissance. Les Goths néanmoins voyant qu'avec tout ce secours leurs affaires alloient de mal en pis, et recevoient chaque jour échec de Bélisaire, tuèrent leur roi dans son palais. u Vitige, son successeur, fut pris par Bélisaire et lhi<,u< " Iujlf * transporté à Constantinople.Totila, substitué en sa place, demande accommodement à l'empereur, et, à son refus, rase les murailles de Rome, R ™ u rMe brûle les maisons et met par terre tous les monumens de l'antiquité et de la grandeur romaine. Nonobstant ces heureux progrès, nos rois lui
refusèrent leur sœur; et comme il prenoit par ses ambassadeurs titre de roi d'Italie, les nôtres firent réponse , Qu'il ne le pouvoit être, puisque Rome éioit ruinée. Nous lisons qu'environ ce temps-là Childebert et Clotaire passoient le temps à donner des jeux publics dans l'amphithéâtre d'Arles, faisant, à la mode des empe- , reurs romains, largesse au peupled'une monnoie
•■!^Ï F 2 B 2 marquée de leur effigie, et qui avoit cours par toutes les terres de l'empire; privilège dont les autres princes n'étoient pas honorés, n'y ayant pour lors dans toute la terre que trois espèces de monnoies, la romaine, la françoise et la persique. Thibert, le plus actif de nos rois, espérant faire son profit de la foiblesse des Goths et des Romains , harassés par tant de sanglans
« 1 !ÏÏE lpM " combats, passa en Italie, où il conquêta de grands pays , qu'il laissa sous le gouvernement de trois lientenans , Bucellin , Àminge et Lotaire. Ils se maintinrent en ces contrées jusqu'à
1 Jïïwtîîl' 1 ce q ue Totila, défait et tué par Narsès,à l'aide des Lombards dans la Romagne, en un village nommé Brixelie, fit écrouler par sa chute la puissance des Ostrogoths. Il est vrai qu'elle fut un peu soutenue par Téias , qui fut remis en son lieu; mais comme il voulut, avec les lientenans de Thibert, assiéger un château nommé Tanet, un capitaine grec venant au secours les tailla
en pièces. Bucellin y fut tué sur le champ; c P it«f M «fr. B .
1 «>U débit» en
Aminge, aux portes de Vérone, par les Grecs, qui le poursuivirent l'épée dans les reins; et Lotaire, sauvé à Trente , mourut de déplaisir quelques jours après. La domination gothique S'a- Fin de la do.
1 1. 1 xi- , . minette» gothl-
bout de cette sorte en Italie ; et tant les Romains q« « que les Goths avec les autres peuples, y furent sans distinction nommés Italiens. L'histoireconte encore que'Thibert, généreusement piqué de ce que Justinien dans ses titres prenoit celui de STL. ^i. Vainqueur des François , passa en Italie, à dessein de l'en déposséder, et d'aller ensuite l'assiéger dans Constantinople; mais qu'en ce voyagelà il ne fit rien de mémorable que piller également ses amis et ses ennemis.
Étant de retour de cette entreprise, il mou- « »» rut d'une blessure reçue d'un taureau sauvage "^y£" 5 " 0 0 ; à la chasse (Grégoire dit de maladie), l'an quatorzième de son règne, et du nombre chrétien cinq cent cinquante. Ce prince, un des plus grands de la race de Clovis, est loué, même par les^-*-*™étrangers , d'avoir été fort adroit au maniement des affaires , et d'avoir maintenu ses sujets en paix en portant la guerre hors de ses terres , se montrant toujours hardi et prêt à combattre, sans considérer aucun danger pour sa personne, mais seulement pour les siens; au reste, chéri s. bonté, de ses sujets, et les chérissant non seulement tome 1. 7
g$ HISTOIRE Dï FRANCE.
comme doit un roi, mais encore comme fait un père de famille ; si bien qu'il distribuait l'argent de ses coffres à des marchands industrieux , afin que le profit qui en provieudroit pût soulager la nécessité des pauvres. Son père lui avoir en premières noces donné Visigarde, fille de Bacbis ou de Bachon , roi des Lombards ; maïs l'ayant envoyé en Languedoc contre les Wisigoths, il arriva qu'en voulant prendre une place nommée Chabrières il se vit lui-même pris par la beauté de Deuterie , dont le mari étoit gouverneur de Béziers : car celte artificieuse lui ayant fait présenter les cleis avec un compliment de sa part, il entra dans le château; mais lui-même * en y entrant , ouvrit son cœur à une passion illégitime : tellement que la mort l'ayant délivré de la crainte et du respect qu'il avoit pour son
iiépoueUmé. père, il épousa cette femme ; et d'autant qu'elle avoit de son premier mariage une fille qui commençoit déjà de faire épanouir les fleurs de sa première beauté , l'appréhension qu'elle eut que Thibert n'en devint amoureux fit qu'elle en conçut une si grande jalousie, qu'elle la fit mettre dans un char attelé par des bœufs indomptés, iwie noie qui 1* traînèrent dans la Meuse , près de Ver-
«fiue P ^,jou-^ un ^ où elle fut noyée. Thibert ayant appris le
tragique etfet de la haine de sa femme, la répudia et la prit en telle haine, que bien que
CIiaDEBKftT, BOI Vf.
garde , qu'il avoit reprise, étant morte , il sembla avoir occasion de légitimer son crime passé: toutefois il ne la voulut jamais voir, et rejeta bien loin la flatterie de ses courtisans, qui» pensant lui faire plaisir, lui en venoient apporter des nouvelles: en cela d'autant plu$ louable d'avoir, par un généreux effort , remis son esprit en liberté, qu'il n avoit été blâmable de le soumettre au plaisir. Il avoit eu d'elle deux enfarts, Ragintrude, qui fut mariée à Teudon, prince de Bavière, qu'elle convertit à notre foi, et Thibaud ou Tbéodoalde, qui lui succéda au royaume. Ce jeune prince , amateur du ref ne se soucia guère des pays d'au-delà les monts, et répondit à Justinien , qui lui demandoit se-
cours, Qu'il rïétoit pas d'humeur à foukr son
peuple pour les querelles d' autrui* Il n'eut pas Mm h p*i*
pour le bien de
loisir de projeter de grandes entreprises; car H ■«* mourut bientôt après, n'ayant régné que six ans, M^eiui™ et laissa par testament son oncle Clotaire héri- ^ hJ»J: 10 * fier de ses états.
Childebert, qui prétend sa part au royaume de Metz ou d'Austrasie, veut casser ce testament par les armes ; et lorsqu'il voit Clotaire fort empêché contre les Saxons > il lui suscite une chudeLe r t.«.
sédition domestique; Chramne , fils de sa pre- Jj >e clotoir *» " on mi ère femme , aussi beau , mais aussi méchant qu'Absalon , avoit exercé des violences sans
nombre dans le gouvernement d'Aquitaine:
Childebert lui conseille de s'en déclarer souverain, afin de n'en être point comptable devant son père , et lui promet secours. Ce malheureux fils, pour justifier ses autres crimes, se résout de commettre celui-ci , et s'oblige à son oncle par J n ^ £j«jun serment exécrable, de n'avoir jamais ni paix
lier j.m.u n j trêve avec Clotaire. Il commence donc à
»on père.
brouiller ses frères : Chérebert et Gontran veulent maintenir l'autorité de leur père absent; mais il les épouvante par des fausses nouvelles de la mort du père, qu'il fait débiter dans leur camp, et porter même à Childebert, qui sous cette espérance , entra dans les terres de Clotaire , et ravagea la Champagne. Mais Clotaire étant de retour de Saxe, mande à ciotih* i« Chramne qu'il vienne lui rendre compte : il
Blinde i U fait
k«mrde «mie. fait la sourde oreille, et continue ses insolences énormes ; de sorte que son père part en personne pour Palier quérir. Ce fils rebelle se voit *t abandonné en niême temps abandoné de tout secours. Les det0flJ ' villes qu'il avoit maltraitées lui ferment la porte pour l'ouvrir à son père ; et pour comble de ses malheurs, Childebert , son plus fort apchiidetert pui > vient à mourir sans en fans mâles, l'an de
meurt Fan 55g. , » ~ . . , ,
notre salut 55g, et le quaratrte-neuvieme de son règne. Ses deux filles furent Chrothberge et Chrotesinde, qu'il eut de la reine Ultrogote sa
CHILBEBERT, ROI VI. IOI
femme. Son tombeau est à Saint-Germain-des- Prés, et celui de sa mère Chrotilde, décédée cinq ans auparavant, à Sainte-Geneviève- du- Mont.
nos pr< torient.
iCTl HISTOIRE DE FRANGE.