Histoire de France illustrée
ouïs Mil I , fils de Henri IV el de Marie de Médicis, n'avail pas encoi e oeuf ans lors de l'assassinai de son |,.i e. S'il meurt, la France va tomber 'jii d'étranges mains, s'était écrié Sully en apprenant le crime de
i Louis XIII, dil le Juste, fil Henri IV et de M n ie de Mi i
linebleau le 22 septembre 1001, mort Laye le l i mai 164 Sl.ï \nnc d'Autriche
L60 1-1666 , filli Philippe III, roi d'Espa I : Au-
tricl.e. Il en eut deux fils : Louis XIV et Philippe d I « son désir d'obtenir un héritier, qui ne lui vint qu'après vinf mariage. Loui- XIII (il placer le i et en février Wï.lH fut institué! i i pi ■ • - lion dite du vœu de Loin- Mil.
IIiSToinE di Fbanci. — IL
Ravaillac. La noblesse et, après elle, les protestants v en effet
relever la tète, s'insurger contre le pouvoir royal reconstitué par Henri IV, donl la politique extérieure ne tardera pas à être sacrifiée. Malgréle testarnenl du feu roi, la reine mère lui nommée régente sans conditions par le Parlement le 14 mai 1610, et le lendemain l mis MIL séant en sou lil de justice, confirma l'arrêt de la cour. La haute compagnie n'était nullemenl compétente pour donner L'investiture à Marie de Médicis, mais son assenti ni avail une portée
morale considérable; il légitimail en quelque sorte la violation des intentions de Henri IV, et de son côté le Parlement, en souscrivant
HISTOIHK DE FRANCE
A la demande que lui adre: a le duc d'Lpernon, voyail son rôle politique officie llemenl consacré. D'Épernon n'avait pas eu besoin, comme <>n le « 1 î i. d'ordinaire, de tenir au Parlemenl un langage impératif et comminatoire.
Caractère faible, esprit borné, Marie de Médicis abandonna le pouvoir à l'Italien Concini el ù la femme de ce courtisan, Léonora Galigal, sa sœur de lait. Intrigantsans scrupule, prévaricateur effronté, Concini, membre du conseil d'État et «lu conseil
tantes. Ils décidèrent qu'il sérail tenu tous les deux ans une as blée générale; ils fixèrent les attributions des conseils provinciaux ri des assemblées provinciales el générales; enfin ils < réèrenl des ,/ emblées de cercle, composées de lélégui - des conseils de trois pi o- \ inces au moins, et qui- Richelieu devait considérer comme
Le duc d'Épernon, médaille gravée par Dupkb.
Concini, maréchal d'Ancre, par Dumonstibr.
Léonora Galigai, maréchale d'Ancre.
Nicolas de Villeroy, par Michel Lasne.
des finances, acheta le marquisat d'Ancre, les gouvernements de Péronne, Roye et Montdidier et une charge de premier gentilhomme de la Chambre, pendant que sa femme vendait des grâces et des faveurs.
Les mariages espagnols. Disgrâce de Sully. — Le gouvernement de Marie de Médicis, faible et irrésolu à l'intérieur, prit à l'extérieur le contre-pied des plans de Henri IV. Le maréchal de La Châtre, qui avait reçu l'ordre de conduire une expédition sous les murs de Juliers, s'était emparé de cette place, mais la régente se rapprocha subitement de l'Espagne et des négociations furent entamées en vue de la conclusion d'un doublé mariage : le roi de Fiance épouserait Anne d'Autriche, fille du mi d'Espagne Philippe III, dont le fils serait uni de son côté à Elisabeth de France; Bien que la reine mère eût confirmé solennellement l'édit de Nantes (déclaration du 22 mai 1610), les mariages espagnols inquiétèrent les protestants qui, dans l'assemblée de Saumur, prirent des décisions fort impor-
particulièrement dangereuses pour le pouvoir politique de l'État. Sully, disgracié et replacé ainsi dans l'opposition calviniste, avait tenu contre la cour un langage sévère.
Le gouvernement de Villeroy. — Dès le début de sa régence. Marie de Médicis s'était trouvée en conflit avec le vieil homme d'État, qui incarnait obstinément la politique et les traditions de l'ancien règne. Lorsque le conseiller de Henri IV eut été renversé par Concini, uni dans ce but à Villeroy et aux princes, elle fut désarmée contre ces derniers dont elle dut satisfaire les insatiables appétits : Henri 11 de Coudé eut le gouvernement de la Guyenne; Charles, comte de Soissons, ceux de la Normandie et du Dauphiné; le due d'Épernon, celui des Trois-Évêchés. Charles, duc de Guise, fils du héros de la Ligue, les ducs de Bouillon, de Longueville et bien d'autres vinrent à la curée. Comme l'a écrit Richelieu, « les présents de la reine étourdirent la grosse faim de leur avarice et de leur ambition, mais elle ne fut pas pour cela éteinte ».
Jusqu'à la majorité du roi le pouvoir appartient absolument à Villeroy. « Il veille à tout, dit l'ambassadeur vénitien Bartolini, avec une extraordinaire application et se donne une peine infinie pour gagner un chacun, entre autres les cbefs des huguenots. » Mais que d'obstacles à surmonter, que de haines à désarmer, que de convoitises à assouvir Villeroy ne rencontre-t-il pas au cours de son ministère! Pour conserver à la royauté les conquêtes qu'elle doit à l'habileté de Henri IV, il est forcé de sacrifier une partie de l'héritage de ce prince, et, dans sa politique extérieure comme dans sa politique intérieure, il est trop souvent réduit à des demi-mesures. Au dehors, il tient tête à l'Espagne et la contraint d'évacuer la .Navarre, forcé toutefois d'acheter cette concession par la conclusion des mariages espagnols 1
Au dedans, il s'efforce de refréner les ambitions des Concini et de tenir le mari exilé à Amiens; mais il est réduit à chaque instant à abandonner aux grands seigneurs des parcelles de la souveraineté royale, à répondre à leurs prières par des promesses, à leurs menaces par des faveurs, à leurs rébellions par des concessions. Pour briser
Les mariages espagnols, par Nicolas ou Mathoniére.
(1) Elisabeth de France, née à Fontainebleau, morte à Madrid (1602-164 4), épousa le 18 octobre 1615 Philippe IV, roi d'Espagne en 1621 el à qui elle donna Marie-Thérèse, femme de Louis XIV.
Louis XIII épousa par procuration à Burgos, le 18 octobre 1613, et personnellement à Bordeaux, le 24 novembre suivant, Anne d'Autriche (1601-1666), fille aînée de Philippe III et de Marguerite d'Autriche.
LA MONARCHIE ARSOLUE. — RIClIELIEl' ET MAZARLN
sa résistance, Léonora Galigaï négocie le mariage de sa fille avec un petit-fils de Villeroy, d'Alincourt. A cette occasion, Concini, qui n'avait jamais été soldat, est l'ait maréchal de France à la place du maréchal de Fervaques.
Révolte de Condé. Traité de Sainte-Menehould (1614). — Les prodigalités incessantes que la régente avait la faiblesse de consentir ne calmèrent pas les mécontentements et le signal de la révolte l'ut donné par le prince de Gohdé, qui, maître de Mézières, adressa un
genoux, alors que les orateurs des autres ordres se tenaient deboul en parlant au roi, se sentit profondément blessé el adopta une attitude de défiance.
Le clergé avait eu l'idée ingénieuse de proposer la rédaction préalable d'« articles généraux», c'est-à-dire d'extraire des cahiers les doléances communes aux trois ordres; mais la cour, avertie à temps, lit interdire celle rédaction, et le tiers, ne voyant là qu'une déconvenue pour le clergé, déféra joyeusement à la volonté royale.
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Henri II de Bourbon, prince de Condi, par Michel Lasne.
Jean Savaron, lieutenant général de la sénéchaussée de Clermont.
manifeste au peuple, dont il se souciait fort peu, et demanda la convocation des Etats généraux pour masquer le véritable motif de cette prise d'armes. Descendant du prince assassiné à Jarnac, il voyait dans les services rendus par sa famille à la cause calviniste un moyen d'attirer à lui les protestants, en même temps qu'il espérait avoir pour lui les catholiques, dont il professait la religion. Mais, dans le peuple, protestants et catholiques restèrent sourds à l'appel du prince; de leur côté, la bourgeoisie et la magistrature, attachées à la politique réparatrice de Henri IV, ne fournirent aux rebelles aucun appui. Et pourtant la reine mère, après avoir songé un moment à opposer la force à la cabale des factieux, capitula devant d'impuissants ennemis. Par le traité de Sainte-Menehould 15 mai 1614), Condé reçut quatre cent cinquante mille livres comptant, le duc de Longueville une pension de cent mille livres, le duc de Mayenne trois cent mille livres « pour se marier ».
Cela ne suffit pas encore à l'insatiable t'.ondé, dont les exigences déterminèrent enfin Marie de Médicis à entreprendre avec son tils dans les provinces de l'Ouest un voyage militaire qui lit tomber L'agitation des princes.
Lorsque prend fin, le 2 octobre 1614, la minorité de Louis XIII, Marie de Médicis conserve son ancien pouvoir, puisque le roi la déclare chef du conseil et la prie « de continuer de gouverner et commander comme par ci-devant ». En l'ail la minorité continue : Louis Mil ne prend encore aucune part aux affaires publiques.
Les Etats généraux 1614). — Les grands ne se soucièrent plus de la convocation des États généraux; mais Marie de Médicis, désireuse d'enlever à la noblesse une arme donl elle pourrait peut-être se servir à nouveau, réunil les trois ordres à Paris. Les États comptaienl i64 députés, dont 140 du clergé, I32de la noblesse, l'.t'i du tiers état. Après des messes et une procession solennelle, la séance d'ouverture eut lieu, le 14 octobre 1614, dans la grande salle de l'hôtel du Petit-Bourbon, quai de l'École. Le clergé choisi I comme président le cardinal de Joyeuse; la
noblesse, le bar le Senecey; le tiers état,
Robert Miron, prévôl des marchands de l'an-. h,'-- le -27 octobre, jour de la séance royale.
le bar Lu Ponl de Saint-Pierre s'exprima en
tei nies très vifs -m le compte du tiers état, disant que -es membres s'en faisaient accroire i.jiis couleur de quelque- di;n-mais que « le roi reconnaîtrai quelle diffé rence il y avait entre les deux ordres ». Le tiers, dont l'orateur avait fuit sa harangi
Louis XIII, médaille parWAEii»,
Les États généraux de 1614 (Estampe de la Bibliothèque nationale).
La noblesse, qui n'avait pas vu sans inquiétude les progrès de la bourgeoisie favorisés par l'établissement de la /mulriir, demanda la suppression de ce droit annuel : c'était s'en prendre directement à la bourgeoisie dérobe et de tinance. Le tiers ne s'y trompa point; il s'associa donc au vieu de la noblesse, mais il demanda, par contre, la surséance «les pensions et la réduction de la taille : la suppression de la paulel.te devant entraîner une réduction de recettes, il était naturel de diminuer en même temps les dépenses. Ce fut l'avis du clergé, mais non celui de la noblesse, et le difféssénd fut portédevant le roi. Le lieutenant général de la sénéchûtfèsée de t'.lerinoni, .lean Savaron, ayanl prédit une révolte du peuple, surchargé d'impôts et opprimé- par les grands, la noblesse réclama des excuses. Le lieutenant civil de la prévôté de Paris, Henri de Mesmes, n'en déclara pas moins que - la France était la mère commune des trois ordres, que l'Eglise était l'aînée, la noblesse puînée, le tiers étal le cadet, et qu'il se rencontrait par fois dans les familles tels derniers qui relevaient des maison- ruinées par le- aines », Le baron de Se -.-y alla se plaindre au roi luimême de tant d'insolence. J'ai boute, dit-il, Sire, de vous dire les termes qui, de nouveau, nous ont offensés; ils comparent votre État à une famille composée de trois frères : en quelle
misérable condit sommes nous tombés, si
cette parole est véritable! I ne autre fois, messire de Bonneval, député de la noblesse,
niSTOIRE DR FRANCE
brisa son bâton sur la tête du sieur de Chavailles, député limousin du tiers, qui ue l'avail pas salué au Bortir d'une séance.
Le 23 février eul lieu la présentation des cahiers au roi. L'orateui ilu clergé, Armand-Jean du Plessis de Richelieu, évêque de Luçon, el l'orateur du tiers, Roberl Miron, prononcèrent des harangues remarquables. << Si Votre Majesté n'j pourvoit, dit Miron, il esl à craindre que le désespoir ne fasse connaître au pauvre peuple que le soldai n'esl pas autre chose que le paysan armé, el que, <l enclume qu'il est, il ne devienne marteau. •
Le lendemain, sous prétexte qu'on en avait besoin pour y donner un liai, la Cour lit fermer la salle des Étals, comme elle devait le faire en 17s1.». El de môme que les députés de 1789 se réunirent dans la salle du Jeu de Paume, ceux de 1614 se réunirent dans l'antichambre de Miron, mais durent se séparer sans avoir juré de « donner une constitution à la France ».
Si la session des États généraux de 1614 fut stérile, les cahiers des trois ordres permettent du moins de se rendre compte des sentiments de chacun d'eux. I.e clergé l'ait cause commune avec le tiers dans les questions d'administration générale. Il est à la fois libéral par ses doctrines, aristocratique par ses privilèges, ce qui explique la contradiction de ses vœux et de ses votes. « Ses sympathies évangéliques, jointes à ses sympathies d'origine, le rapprochent du tiers état, dans tout ce qui n'affecte pas ses intérêts temporels ou l'intérêt spirituel et les prétentions de l'Église. Mais entre les deux ordres laïques la divergence est complète. Le cahier du tiers état est un vaste programme de réformes dont les unes lurent exécutées par les grands ministres du xvip siècle et ionl les autres se sont fait attendre jusqu'à 1789; le cahier de la noblesse, dans sa partie essentielle, n'est qu'une requête en faveur de tout ce qui périssait ou était destiné à périr par le progrès du temps et de la raison » (1). Les États généraux de 1614 donnèrent donc le spectacle d'un antagonisme stérile, et avec eux prit fin ce système représentatif « qui s'était mêlé à la monarchie sans règles ni conditions précises, et où la bourgeoisie avait pris place non par droit, non par conquête, mais à l'appel du pouvoir royal » (1). La royauté était en 1614 si impuissante que les 'trois ordres, en immolant leurs divisions à l'intérêt public, eussent peut-être fait accepter des garanties constitutionnelles capables d'enrayer les progrès de l'absolutisme et de prévenir la Révolution.
Nouvelle révolte de Condé. Traité de Loudun (1616). — Les grands n'avaient pas tardé à dépenser les sommes considérables qu'ils avaient arrachées au Trésor public, et, lorsqu'ils n'eurent plus rien, ils prirent de nouveau les armes, prétextant effrontément le refus de la Cour de donner satisfaction aux États généraux. Marie de Médicis, en concluant les mariages espagnols, avait abandonné le protectorat des protestants d'Allemagne et sacrifié notre influence au delà du Rhin. Les protestants firent, cette fois, cause commune avec Condé qui, interprète apparent de l'irritation générale, ne songeait qu'à la chute du favori. Leur chef, le duc de Rohan, gendre de Sully, souleva les protestants des Cévennes. La Cour, dans le trajet de Paris à Bordeaux, où Louis XIII allait recevoir sa fiancée et dont le mariage fut célébré le 28 novembre 1615, fut inquiétée par les rebelles, et au retour elle capitula de nouveau à Loudun, achetant encore la paix par des faveurs et de l'argent (3 mai 1616).
Le traité de Loudun, à l'estimation de Richelieu, ne coûta pas au Trésor moins de 6 millions de livres, dont 1500 000 furent attribuées à Condé.
— Les protestants obtenaient la confirmation de l'édit de Nantes.
Arrestation de Condé (1616). — Cette nouvelle victoire des factieux fut suivie de la disgrâce de Villeroy
(1) Augustin Thierry, Essai sur l'histoire de la formation el des progrès du tiers état, chajj VII.
Séance de l'assemblée des notables de Rouen (1617) (Estampe de la Bibliothèque nationale .
el de ses collaborateurs — les barbon» — provoquée par la maréchale d'Ancre, mais les princes ue désarmaient toujours pas, et le duc de Bouillon se proposait maintenant de reléguer Marie de' Médicis dans un cloître, puis de s'emparer de la personne du roi, c'est-à-dire du gouvernement. On ferai! ensuite déclarer nul le mariage de Marie de Médicis el la couronne passerail de la tête de Louis XIII, roi illégitime, sur celle de Condé. Les Guise refusèrent di .1 ssocier a celte enti éprise criminelle.
La reine mère n'hésite plus: elle fait jeter Condé a la Bastille l " septembre 1616 et mobilise des troupes pour châtier les mécontents, qui s'enfuient jusqu'à Soissons. Le marquis de Thémines, pour avoir procédé à l'arrestation du prince, reçut le bâton de maréchal de France.
L'évèque de Luçon. — Ce coup d'État contre l'éternel rebelle, toujours avide et jamais satisfait, avait été conseillé à Marié de Médicis par Sully et surtout par l'évèque de Luçon, Richelieu.
Fils d'un gentilhomme poitevin, qui avait d'abord servi Henri III et s'était rallié dès l'origine à Henri de Navarre, Armand-Jean du Plessis de Richelieu, né à Paris en 1585, d'abord destiné à la carrière des armes et entré dans les ordres en 1606, avait été à vingt ei un ans nommé évêque de Luçon. Il avait déjà, dans la solitude, réfléchi sur les idées qu'il put réaliser dans la suite. Aimable, séduisant, régulier dans ses mœurs, ferme et juste dans l'administration de son diocèse, ambitieux déjà au point d'avoir, dès ce moment, songé aux hommes qu'il chargera plus tard d'exécuter ses desseins, préparant pendant huit années de labeurs obscurs et de savantes intrigues son arrivée au pouvoir, Richelieu fut « un excellent évêque, et l'évèque a préparé le ministre ». (L. Lacroix.)
Marie de Médicis le remarqua aux États généraux de 1614. Elle l'attacha à sa personne, prit et écouta ses avis, et, après l'arrestation de Condé, en fit un secrétaire d'État (novembre 1616). Dès ce moment, Richelieu donne sa mesure : il suit une politique vraiment française dans les affaires d'Espagne et d'Italie et, à l'intérieur, il prend nettement position contre les princes.
Assassinat de Concini (1617). — Jusqu'à présent, Louis XIII n'a manifesté aucun goût pour les affaires, aucun désir du pouvoir. Il ne s'exalte en entendant des récits de guerre que pour retomber dans des accès de mélancolie dont rien ne peut le tirer. On le croit dépourvu d'intelligence, hypocrite, sans ambition, incapable de s'élever au-dessus d'amusements indignes de son âge et de son rang. On n'a pour lui aucun égard; on lui manque même fort
souvent. A la vérité, le roi a une nature ardente, délicate. Il cache ses impressions et ses amertumes, mais il est sensible. Il ne dit rien parce qu'il est impuissant; mais, sous des dehors qui ne sont que le masque de la résignation, il attend l'heure de secouer le joug de sa mère et l'insolente tyrannie du ménage florentin. L'idée de se débarrasser du maréchal le hante; il s'en ouvre à quelques rares fidèles, surtout à Charles d'Albert, plus lard duc de Luynes, à qui il a accordé toute Se confiance.
Ce cadet de Provence savait mieux que personne dresser des oiseaux de proie. Pendant qu'on le croyait uniquement occupé de fauconnerie, il méditait avec son jeune maître la chute de l'intrigant usurpateur de la puissance royale. Concini flaira quelque chose. Luynes prit peur, engagea Louis XIII à prendre la fuite, mais le roi préféra tout à cette abdication, tout, même l'arrestation, même l'assassinat du maréchal; quand on lui demanda s'il entendait qu'on tuât Concini en cas de résistance — et la résistance ne faisait aucun doute — il acquiesça par son silence. Le 24 avril 1617, comme Concini entrait au Louvre, le capitaine des gardes de Louis XIII, Vitry, et quelques gentilshommes s'approchèrent de lui et lui tirèrent, à bout portant, trois coups de pistolet. Louis XIII se montra à
LA MONARCHIE ABSOLUE. — 1UCIIELIKU RT MAZAKIN
une fenêtre : m Merci, grand merci à vous, dit-il ; à celte heurt1, je suis roi » (1).
Marie de Médicis fut exilée à Blois, Richelieu à Luçon, puis dans leGomtat (1617). Le peuple s'était acharné sur le cadavre de Con cini. dont il se partagea les morceaux ; un forcené lit même griller, pour le manger, le cœur du maréchal d'Ancre. Léonora Galigaï
Charles d'Albert, duc de Luynes, par M ON' COR NET.
Le maréchal de Caumont La Force, par Dumonsti er .
suivit son mari dans sa disgrâce et, accusée de complot de sorcellerie, fut décapitée en place de Grève ; on jeta ses restes au bûcher .
Gouvernement d'Albert de Luynes (1617-1621). — Albert de Luynes ne fut pas moins avide d'honneurs et de richesses que l'Italien dont il avait pris la place. Un de ses frères. Cadenet, devint maréchal de France et duc de C h aulnes; un autre, Branles, duc de Luxembourg-Piney ; quant à lui, il fut fait duc et pair, gouverneur de Picardie, et épousa une Rohan, Marie de Montbazon, si célèbre par son esprit d'intrigue et les grâces de sa personne.
(1) V. P. Batiffol, Le Coup d'État du 24 avril 1617 (Revue historique, 1907-1908).
! Léonora, à qui on demandait par quel* sortilèges elle avait dominé Marie de Médicis, aurait répondu : •• Par l'ascendant d'un espril supérieur sur une aine faible. •> En l'ail. lesGoncini ue pratiquèrent ni la sorcellerie ni l'aslrolog'ie.
Le favori du roi remplaçai! celui de la reine, et, suivant l'énergique expression du duc de Bouillon, » le cabaret était toujours le même, il n'y avait de changé que le bouchon ».
Cependant une assemblée des notables fut convoquée à Rouen en décembre 1017. Aussi 1rs grands, faisant volte-face, passèrent-ils au parti de la reine mère, qui s'échappa du château de Blois 'dans la nuit du 22 au 23 février 1619 et recul à tngoulême l'hospitalité du duc d'Ëpernon : le traité d'Angoulême donna à Marie de Médieis le gouvernement de l'Anjou et trois places de sûreté 30 avril 1619). Angers devint alors le foyer d'une agitation persistante, niais les troupes royales battirent les partisans de la reine mère qui, malgré la « drôlerie » des Ponts-de-dé, obtint, par la paix d'Angers, que négocia Richelieu, le renouvellement du traité d'Angoulême 1 10 août 1620).
Un arrêt du conseil du 25 juin 1017 avait ordonné, dans le Béarn, la restitution des biens du clergé que Jeanne d'Albrel avait donnés aux pasteurs réformés et le rétablissement du culte catholique, qu'elle avait supprimé. Le roi, étant intervenu personnellement pour assurer l'exécution de l'arrêt, l'assemblée protestante de La Rochelle (1621) prit des décisions d'une extrême gravité. Elle vota un ordre et règlement général de milices et <ln finances pour 1rs églises réformées de Frimer et souveraineté de Béarn et divisa la France en huit départements militaires ayant pour chefs le due de Bouillon, le duc de Soubise, le duc de la Trémoille, le duc de Caumont La Force, le duc de Rohan, le comte de Châtillon et Montbrun. Le duc de Bouillon était investi du commandement général désarmées calvinistes, en quelque province qu'il se trouvât. L'assemblée générale et les conseils provinciaux recevaient une extension considérable de leurs attributions pour toute la durée de la guerre.
Louis XIII donna l'épée de connétable (3 avril lO-Jl à smi favori, qui l'entraîna devant Montauban et dont l'incapacité vint se briser contre cette citadelle calviniste, héroïquement défendue (18aoùl- 12 novembre 1621) par le duc de Caumont La Force et ses trois (ils. Les troupes royales furent obligées de décamper, et le duc de Luynes, atteinl d'une lièvre rouge qui désolait l'armée, mourut peu de temps après devant Monheurt (15 décembre 1621).
Le connétable de Luynes a été cependant trop rabaissé par ses
Les huit divisions militaires de la France protestante en 1621
Histoire de France. — II.
l'ii>>t. UuufulauogJ.
tte-Marie de 1 ram i , ri ino d'Angleterre, par Van Dyck (Dresde)
HISTOIKK DE FRANCE
mariage de la princesse Victor-Amédée l '. prince
contemporains. Son attitude contre l'agitation politique des protestants fut conforme aux intérêts de l'État, et, dans sa politique extérieure, il fut à certains égards le précurseur bien effacé sans doute, mais le précurseur de Richelieu.
Il cui l'habileté de conclure 1619 le Christine, deuxième fille de Henri IV, avec de Piémont, espérant ainsi s'attacher la Savoie, que ses ambitions territoriales jetaienl tour à tour dans 1rs intrigues el 1rs alliances 1rs plus opposées. Il imagina et négocia un autre mariage que lii chelieu n'aura que le mérite de conclure : celui d'une autre fille de Henri IV, Henriette-Marie, avec le prince héritier d'Angleterre, qui fut plus tard Charles I' ' : c'était une heureuse contre-partie aux mariages espagnols.
La vallée de la Valteline était la voie de communication la plus rapide entre le Milanais el le Tyrol. Elle étail dune indispensable à la maison d'Autriche pour relier ses possessions italiennes à ses possessions allemandes. Elle ne commandai! pas seulement quelques-unes des routes les plus importantes d'Italie en Allemagne; elle constituait en outre une excellente base d'opérations sur le Milanais, l'Allemagne occidentale et l'Allemagne centrale par l'Adda, par le Rhin, par l'Inn et par le Danube.
La Valteline était sujette de l'évoque de Coire et des « Trois Ligues grises ». Les protestants y étaient assez nombreux pour imposer leur domination aux catholiques, qui s'appuyaient sur l'Espagne.
Venise s'en émut, et Henri IV, qui avait renouvelé en ltiO-'î son alliance avec les
Ligues grises, ne vit aucun inconvénient à laisser Venise contracter de son côté avec les Suisses un traité qui lui assurait le libre passaur- à travers les montagnes. Ce double arrangement menaçait la liberté d'action des Espagnols du Milanais, et le comte de Fuentès, gouverneur de Milan, s'efforça de déterminer les Grisons à entrer dans son alliance. Il y eut alors dans les Ligues un parti français, un parti espagnol et un parti vénitien principalement formé des protestants. Dans ces conjonctures, Charles Paschal, vicomte de la Quente et de Dargnies, ambassadeur de la France à Coire, sut très habilement et sans qu'on pût lui opposer de preuves matérielles, miner l'influence espagnole et la vénitienne dans les Grisons, et il réussit à détacher les « Ligues» de leur alliance avec la sérénissime république. Ces précieux résultats avaient été compromis par l'inaction du maréchal d'Ancre, lorsque les Valtelins catholiques, persécutés par les protestants, tirent appel aux Espagnols contre les Grisons : le duc de Feria, successeur de Fuentès, occupa la vallée (1620).
Luynes, se plaçant sur le terrain diplomatique, se rapprocha de Venise et envoya en Espagne Bassompierre, qui fit signer à Philippe iV le traité de Madrid (15 avril 1621), dont l'article premier stipula que toutes choses seraient remises en l'état.
11 était capital pour la France de fermer la Valteline aux Espagnols, et, s'il était réservé à Richelieu de résoudre la question conformément ù l'intérêt national, de Luynes sut en comprendre l'importance. Il lut moins avisé en Allemagne où la guerre de Trente ans avait en ItilS mis aux prises l'empereur et les princes catholiques d'une part, les protestants de l'Allemagne et de la Bohème d'autre part. L'intérêt de la Fiance lui conseillait d'intervenir activement entre les deux belligérants et de profiter de l'occasion pour ruiner la puissance de la maison d'Autriche. De Luynes se contenta d'envoyer en Allemagne une ambassade qui lit conclure entre la Ligue catholique et l'Union évangélique la trêve d'Ulm (3 juillet 1620), dont l'empereur Ferdinand profita pour écraser l'électeur Palatin, roi de Bohème.
Richelieu, buste par Jean Warin (Bibliotu. Mazanne)
Charles de La Vieuville, par Roussel
Richelieu chef du conseil. Après la mort de Luynes, Marie de Médicis rentra en grâce auprès du roi. Les Espagnols, qui en oe moment mêmeagissaienl vigoureusement et heureusement en Allemagne contre les protestants, avaient obligé les Grisons, au mépris du traite de Madrid, à renoncer à la suzeraineté de la Valteline traité de Milan. 29 janvier 1622 . La reine mère, sur le conseil de Richelieu, engagea son lils à surseoir, pour l'instant, à la lutte contre les calvinistes pour rappeler tout d'abord l'Espagne au respect de sa parole; mais Soubise ayant pris l'initiative d'un soulèvement dans l'Aunis el le Poitou, Louis XIII en personne, suivi de C lé, marcha contre le
chef protestant, qu'il défi I pies desSablesd'OIonne, el s'empara de Royan mai Ib22j pendant que Soubise, qui était allé demander le secours de l'Angleterre, était déclaré, ainsi que son frère Rohan, criminel de lèse-majesté. Cependant, le vieux maréchal de Lesdiguières, à qui sa conversion au catholicisme valut l'épée de connétable, ménagea la paix de Montpellier (18 octobre 1622), malgré Condé, qui étail venu assiéger cette place. On promettait aux protestants l'exécution fidèle de ledit de .Nantes et on leur laissait deux [daces de sûreté, La Rochelle et Monlauban.
La direction des affaires appartint alors au chancelier Brûlart de Sillery el à son fils Puisieux, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères. Les Brûlait négocièrent avec la Savoie et Venise un Irait'' tendant à faire restituer la Valteline aux (irisons (novembre 1622 , mais ils hésitaient à le signer, et il ne le fut, en effet, à Paris que le 7 février 1623 sur l'insistance de Richelieu. Promu cardinal le 5 septembre précédent, de plus en plus maître de l'esprit de la reine mère, Richelieu ruinait peu à peu le crédit des Brûlart qu'il faisait attaquer dans des pamphlets par ui) chanoine de Saint-Germain-l'Auxerrois, Fancan. Il s'efforçait surtout de faire revenir Louis XIII de ses préventions contre lui. Les Brûlart congédiés, le ministre La Vieuville fut aux prises avec les difficultés d'une situation extrêmement délicate et compliquée: notre ambassadeur à Rome, Brûlart de Sillery, frère du chancelier disgracié, avait apposé sa signature au bas d'une convention sur la Valteline que son gouvernement refusa de ratifier 1624 ; il avait fallu s'allier avec les Pays-Bas pour les empêcher de se soumettre à l'Espagne; enfin l'occasion se présentait de négocier le mariage de Henriette de France avec le prince héritier d'Angleterre qui, venu à Madrid pour s'y fiancer avec l'Infante, avait dû rompre les pourparlers pour ne pas souscrire à des conditions qu'il jugeait inacceptables.
De lui-même La Vieuville, tant pour être agréable à la reine mère que pour s'assurer un concours précieux, fit entrer Richelieu au conseil 29 avril Iti24), à la tète duquel le cardinal ne tarda pas à le remplacer : Richelieu fit remarquer au roi que, dans ses négociations avec l'Angleterre et avec les Hollandais, La Vieuville sacrifiait les intérêts catholiques et que l'administration de ce ministre était concussionnaire. La Vieuville fut arrêté' le 13 août 1624 el conduit au château d'Amboise, pendant que le cardinal prenait la direction des affaires pour la conserver jusqu'à sa mort.
Richelieu a tracé- lui-même, dans son Testament politique, la situation du royaume à l'époque de son avènement au pouvoir.
« Lorsque Votre Majesté résolut de me donner l'entrée de ses conseils, les huguenots partageaient l'État avec elle, les grands se conduisaient comme s'ils n'eussent pas été ses sujets, et les plus puissants gouverneurs de province comme s'ils eussent été souverains en leurs charges; les alliances étrangères étaient méprisées, les intérêts parli-
LA MONARCHIE ABSOLUE. RICHELIEU ET MAZARIN
culiers proférés aux publics; en un mot, la dignité 1 1 « ■ la majesté royale élail tellement ravalée et si différente de ce qu'elle devait être, qu'il rtail presque impossible <lc la reconnaître. »
Richelieu se proposa donc :
1° De ruiner les protestants à l'intérieur, comme parti politique; - 2° de forcer les grands à accepter l'autorité royale; — ÎJ° d'abaisser La
Le baron de Soubise, par M on co R set.
Le duc Henri de Rohan, par Mon corn 1. 1.
mai se nu l'A u triche pour asseoir en Europe la prép Il commença par les protestants.
lérance fram aise
Richelieu et les protestants. Les protestants s'étaienl organisés en République : ils ne se contentaient plus de vouloir — et c'était justice — librement exercer la pratique de leur religion ; ils prétendaient — et en cela ils excédaient leur droit — former un Etat dans l'État. « Ils constituaient donc dans les premières années du règne de Louis XIII, écrilun historien protestant, un parti considérable, s'appuyant au dedans du royaume sur les mécontents de toutes les opinions, au dehors sur l'Europe protestante. Ils communiquaient par La Rochelle avec l'Angleterre, par Sedan avec l'Allemagne, par Genève avec les cantons suisses, et semblaient toujours prêts à diviser les forces de l'État. Une telle organisation était intolérable pour la couronne et d'autant plus choquante que le principe de l'unité nationale se dégageait davantage des ruines de l'ancienne féodalité » 1 i.
Le 27 mai 1621, le roi déclara criminels de lèse-majesté tous les adhérents à l'assemblée de La Rochelle et se disposa à assiéger Saint- Jean-d'Angely, dont Rohan était gouverneur et qui dut se rendre le 24 juin. D'Épernon étant venu ensuite faire une démonstration devant La Rochelle, en même temps que se dessinait une attaque par mer, la llutie rochelaise s'empara de l'île d'Oléron qu'elle remit à Soubise 1622 , mais celui-ci subil des écbecs aux îles de Riez, et le Fort-Louis fut construit pour surveiller la ville rebelle.
La Rochelle était le dernier boulevard de la Réforme. Ses franchises municipales 2 , en même temps que sa prospérité commerciale, avaient développé chez ses habitants un vif sentiment d'indépendance, et ils considérèrent comme une violation de leurs privilèges la consti uction du Foi i Louis. De part et d'autre, on se préparait à la guei i e et Soubise la commença en dévastant le Blavet, que le cardinal avait fait creuser pour porter atteinte à la prospérité du port de La Rochelle 1625 . Le duc de Montmorency s'étant emparé des lies de Ré et d'Oléron, la Cour se refusa formellement à démolir le
Le maréchal de Toyras, médaille gravée par Du pué.
(1) G. de Félice, Histoire des protestants de France (7e éd.), 1880. p. 322.
(2) Sur l'organisation municipale de La li" cbelle, voir A. GntY, Les Établisse Rouen, t. I", p. 54-84.
L<- duo do Buoi (Ga
Fort-Louis; mais Richelieu, loul occupé des affaires extérieures, consentit pourtant àfaire encore une l'ois la paix avec le mairede La Rochelle é> mars Iti26). C'est alors que le due de Buckingham décida Charles I' ' à secourir les protestants de France, connue |e lui demandait Soubise, réfugié en Angleterre, et la Hotte anglaise tit une descente sur la côte française juillet |i'>27 . Les Rochelais accueillirent d'abord a\ ec une extrême réserve les ouvertures de Buckingham, alléguant qu'ils devaient en référer à leurs coreligionnaires ; ils envoyèrent même une dépulation au duc d'Angoulême, à Maruns, pour l'assurer que, malgré la présence de Souliise à La Rochelle, ils restaient soumis au roi de France. Le duc, sans tenir
compte de ces pl'ol estai ions
loyalistes . se i approc ha de la ville et éleva des torts et des ouvrages : un Rochelais lit tirer un coup de canon sur les loyalistes (lu septembre), et ce fut le signal des hostilités.
Pendant que, dans l'île de Ré, le gouverneur Toyras opposait une rude résistance au duc de Buckingham, le roi 12 octobre 1027) arrivait devant La Rochelle, où l'avait précédé son frère Gaston d'Orléans: Les Rochelais se décidèrent à signer un traité formel avec l'Angleterre (13 octobre), mais en déclarant dans un manifeste que, s'ils se révoltaient pour défendre leurs privilèges, dont Louis XI à genoux avait solennellement juré l'observation, ils demeuraient les (idèles sujets du roi. Il esl remarquable que, tout en acceptant l'alliance étrangère, ils ne cessèrent de protester jusqu'au bout de leur volonté de rester Français, de n'accepter jamais la sujétion du roi d'Angleterre.
Cependant Buckingham avait mis à la voile le 17 novembre, emmenant avec lui en Angleterre Soubise et quelques députés rochelais. Le siège de La Rochelle entrait dans sa période critique.
Siège de La Rochelle (1627-1628). — La Rochelle était très bien fortifiée, remplie d'approvisionnements, défendue par des habitants dont l'indépendance et la foi doublaient le courage. Richelieu partagea le commandement entre les maréchaux Bassompierre, de Schomberg et le duc d'Angoulême. Le cardinal prit lui-même la direction du siège. Déployant une activité merveilleuse, il fut tout à la fois général, ingénieur, amiral. Il était secondé' par ses lieutenants d'Église militante, comme il les appelait : Sourdis, le futur archevêque de Bordeaux, le l'ère Joseph, l'évéque de Monde. Il n'avait qu'une confiance limitée dans les officiers de l'armée royale, inquiets de sa puissance croissante. Se connaissant des
e ■misdans sa propre armée et voyant les
choses traîner en longueur, il résolut de bloquer la ville. Il l'entoura rie treize forts flanqués de redoutes (1627 ; puis, au printemps, il lit fermer le port au moyen d' •
digue si élevée que les soldats s'j trouvaient .i sec par les plus hautes mers. Richelieu, ayant a la main son Quinte-Curce et la description de la dL'iio construite par Alexandre devant T y r, surveilla les travaux qu'exécutèrent le maître maçon Thériot et l'architecte Mele/eall.
Le roi s'ennuyait devant La Rochelle. H
repartit p Paris le 10 l'é\ riei . mais ve\ int
le 2o avril pour rester jusqu'à la lin du siège. Le itu du même mois, les Roi hélais, qui avaient reçu des encouragements d'Anj terre et repoussé des propositions d'aci om
modement, élurent comme maire la al
5e leur flotte, Jean tonton qm. en pi enanl possession de la manie sur les instances de ses concitoyens : ■■ Je serai maire , leur dit il, puisque vous le veniez. Mais je jure d'enfoncer i e poignai d dans le sein du premier qui parlera de se rendre, et je veux
Florence).
Phot. Mestres de Pujol.
Le maire Guilon, par Orner Cuarlet (Palais de justice de La Rochelle)
lui y entra à son i • • 1 1 ■ ~ ri ni distribuer des vi- \ res aux survivants : il n'en restait plus que (5000, juste le quart de la population. Lorsque le lendemain le roi vint entendre les vêpres à l'église Sainte-Marguerite, •■ il fut remarqué à son entrée, dit !<• chroniqueur Mervault, que voyant les pauvres habitants, comme des anatomies, et qui à peine avoient face d'hommes, il en eut pitié jusques à espandre des larmes ».
Guiton avait voulu aller saluer le cardinal, liichelieu lui ordonna de congédier les liallebardiers qui le précédaient et qu'il lion de maire ».
Le culte catholique fui rétabli à La Rochelle, dont la capitulation devait être célébrée chaque année par une procession. La mairie, l'ordre des pairs, l'ordre îles bourgeois furent déclarés abolis. Le séjour de La Rochelle fut interdit aux protestants qui n'y étaient pas établis avant la descente des Anglais, et soumis, quant aux catholiques, à la permission expresse du roi. Les fortifications furent rasées, sauf du côté de la mer, et Richelieu choisit Brouage pour en faire un port militaire. Amnistie complète était accordée aux Rochelais et à tous les Français qui avaient combattu avec eux.
Ainsi disparaissait la dernière commune de France, la dernière survivance de l'organisation municipale du moyen âge, devenue depuis longtemps incompatible avec un régime de centralisation et d'unité.
Le château d'Aryencourt, au centre de la digue, par C ai. lot.
àl de plus faire aucune fonc-
qu'on m'en perce moi-même si jamais je parle de capituler » (1). Le 1 1 mai apparut une flotte anglaise commandée par Dembigh, beau-frère de Buckingham, mais elle repartit au bout de huit jours, sans avoir rien fait.
Le 7 juillet 1628, Richelieu fil savoir aux Rochelais qu'ils auraient la vie sauve s'ils se rendaient avant trois jours: cette proposition fut fièrement repoussée. Un fanatique offrit d'assassiner le cardinal; Guiton refusa elle pasteur Salbert s'écria : « Si Dieu veut nous sauver, ce ne sera pas par un crime. » Bientôt on fut en proie à toutes les horreurs de la famine. Une seconde flotte anglaise apparut le 20 septembre sous les ordres de lord Lindsey. Quelle ne fut pas la surprise des Rochelais lorsqu'ils virent que des négociations étaient entamées entre son commandant et le cardinal!
« Par les rues, dit un témoin, on entendait à toute heure des cris et des gémissements effroyables; mais ce n'était que de ceux qui s'ôtaient le pain les uns aux autres, car pour les morts, on ne s'amusait point aies pleurer. » Quand on montrait à Guiton les cadavres
jonchant les rues : « Il faudra bien, répondait-il, que vous et moi en venions là, » ou bien :
« Il suffit qu'il en reste un pour fermer les portes. » Cependant,, après quinze mois de résistance, lorsque les survivants apprirent, que l'Angleterre abandonnait leur cause, il fallut se rendre, et Guilon lui-même s'y résigna. Le 30 octobre, au matin, le duc d'Angoulême et le maréchal de Schomberg pénétrèrent dans la ville à la tête des troupes royales. L'après-midi, le cardi-
Le maréchal comte Henri de Schomberg.
(1) En prononçant ces paroles, Guilon frappa si vigoureusement de son poignard une table de marbre qu'il en lit sauter un éclat. Celle table existe encore à La Rochelle, ainsi que le fauteuil du maire.
Louis XIII, au retour du siège de La Rochelle,
est félicité par le prévôt des marchands et les échevins
(Gravure de Abraham Bossu".
LA MONARCHIE ABSOLUE. - RICHELIEU ET MA/ARIN
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Marie de Rohan-Montbazon, duchesse de Chevreuse, par Jean Le Blon.
L'édit d'Alais (1629). — Rohan tenail encore la campagne dans les Cévennes et, par le traité de Madrid, il avail obtenu une subvention du roi d'Espagne Philippe IV. Richelieu rejoignil le roi le 19 mai devant Privas, capitale du Vivarais protestant, [.'exemple de cette ville, dont les habitants lurent égorgés <■! qui lui pillée el brûlée (29 mai), amena la soumission des autres. L'édil d'Alais ou
édil de grâce 28 juin 1629) uni enfin un terme aux guerres de religion : l'édil de .Nantes ('(ait. confirmé, niais les protestants perdaient leurs places de sûreté; leur organisation politique était détruite. En un mot, il restait en France des protestants, mais plus de parti calviniste. Rohan, qui ne voulait pas de chef de parti se faire courtisan, se retira à Venise.
Richelieu dédaigna les critiques de ceux qui le traitaient de « cardinal de La Rochelle et de pape des huguenots ». Il anéantit les protestants comme parti politique, mais il respecta leur liberté de conscience.
Comme prince de l'Église, il était le protecteur naturel de la religion, mais il sut distinguer les intérêts temporels de la France de ses intérêts religieux, et il rechercha contre la maison d'Autriche l'alliance des protestants de la Hollande, de la Suède, de l'Allemagne.
Richelieu et la noblesse. — « Vous verrez, disait, un jour Rassompierre, que nous serons assez fous pour prendre La Rochelle. » Le maréchal prévoyait que la ruine des calvinistes serait le prélude de l'abaissement des grands. Si la féodalité n'existait plus, l'esprit féodal avait survécu; les grands étaient toujours en révolte contre l'autorité royale, et leurs intrigues entravaient l'exécution des vastes desseins du ministre, qui avait peine à se défendre contre les cabales dans « les six pieds carrés du cabinet du roi ».
Pendant toute la durée de son ministère, le cardinal eut donc à déjouer les entreprises des factieux à qui sa toute-puissance portait ombrage et qui voulaient le ruiner dans l'esprit du roi ou même attenter à ses jours. La reine mère ne lui pardonna jamais de n'être pas à sa dévotion, et Anne d'Autriche, délaissée par son mari, prit part à tous les complots ourdis contre le ministre.
Richelieu tira parti de sa frivolité, de ses imprudences avec Buckingham, pour la priver de toute influence et la tenir constamment dans une situation humiliée.
M aie de Rohan-Montbazon, veuve du connétable de Luynes, s'était remariée en 1662 avec Claude de Lorraine, duc de Chevreuse. Surintendante de la maison de la reine, intime amie et confidente d'Anne d'Autriche, extrêmement belle et séduisante, coquette et légère, elle esl mêlée à toutes les intrigues, i tous les événements de son temps.
Exilée après l'exécution de Chalais voir [dus loin), elle se réfugie en Lorraine, conspire encore contre le cardinal, et revient à la Cour grâce
Henri de Talleyrand, comte de Chalais, gravé par Le Bert.
à Buckingham, qui négocie sa rentrée en grâce lorsqu'il fait la paix avec la France après l'échec de l'île dé Ré. Cette lois elle tourne contre Richelieu une créature du cardinal, le marquis de Chàteauneuf, l<' successeur de Michel de Marillac comme garde dos sceaux : h' cardinal l'obligea se retirer en son château de Dampierre, d'où (die vient de ninl s'entretenir avec Anne d'Autriche exilée en Touraine ; elle y trame une nouvelle conspiration, compromet Anne d'Autriche ellemême, doit fuir sous un déguisement et gagne Madrid, puis Londres, entin Bruxelles, où elle pousse le comte tle Soissons à se rebeller contre le cardinal.
Louis XIII, avant de mourir, eut le soin de la bannir du royaume.
11 faut aussi ranger parmi les ennemis du cardinal Marie de llauteforl, tille d'honneur de Marie de Médicis, et Louise de La Fayette, fille d'honneur d'Anne d'Autriche, pour lesquelles le roi éprouva successivement une amitié des plus vives. La première fut exilée en 1640, la seconde se fit religieuse au couvent de la Visitation de Chaillot en lti.'!!t. C'est
Richelieu lui-même qui, pour soustraire Louis XIII à l'influence de M"c de llauteforl, semble avoir favorisé son inclination pour Louise de La Fayette, espérant bien être en tiers dans la conversation, mais « elle eut plus de courage que tous les hommes de la Cour, qui avaient la lâcheté de lui aller rendre compte de tout ce que le roi disait contre lui ». (Mmo de Motteville.)
L'adversaire le plus redoutable du cardinal et le plus tenace parce que son sang même le préservait de Péchafaud fut le propre frère du roi, le duc Gaston d'Orléans, héritier présomptif du trône (1) et autour de qui s'agitaient tous les mécontents.
Esprit médiocre, frivole, léger, égoïste et très ambitieux, Gaston d'Orléans se trouva associé, sans gloire et sans succès, à tous les troubles qui agitèrent la France pendant le règne de Louis XIII et la minorité de Louis XIV. Il dut sortir plusieurs fois du royaume et il y revint à main armée. « Il entra, dit Richelieu, dans toutes les affaires, pane qu'il n'avait pas la force de résister à ceux qui l'y entraînaient, et il en sortit toujours avec honte, parce qu'il n'avait pas le courage de les soutenir. » Il se mêla en effet à toutes les intrigues et il abandonna avec une lâcheté indigne ceux qui s'étaient dévoués à sa fortune.
louis XIII avait projeté le mariage de son frère avec Marie de Roui bon, duchesse de Montpensier, mais ce projel souleva une véritable tempête dans le ci parti de l'aversion », comme on appela ceux qui. pour faire é( bec au cardinal, escomptaient l'union de Gaston avec une princesse él i angèi e. Conspiration de Chalaisf 626-1627).
— Ornano, ancien gouverneur du due d'Orléans, qui avail reçu le bâton de maréchal pour faciliter le m u de Gaston avec M"' de Montpensier
Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII,
(!) Louis XIV ne ! , sep-
tembre 1638.
et qui avait trompé l'attente du ministre I626 , alla m. .mu Bastille, « non sans soupçcm de morl violente ■ 27 septembre 1626 . Sun arrestation troubla un momenl les conjurés, mais ne les ai rêta
pas. Henri de Talleyrand, c te de Chalais, ami d'enfance de
Louis Mil el qui s'étail joinl au ■• parti de l'aversion », entra 'la us le complot formé contre la vi«- < In ranimai, s'engageanl même à poi ter le premier coup; mais, dissuadé par le commandeur de \ alen çay, il révéla toul à Richelieu, lui
promettant d'em ner Gaston à
Nantes et de lui faire épouser M11, de Montpensier. Tins, cédanl aux incitations de la duchesse de Chevreuse qui voulait « tuer la bête au gîte », c'est-à dire le «animal dans sa maison de Fleury, il revint aux conspirateurs el prépara avec Gaston un plan de rébellion armée. Il fui trahi par son rival auprès de la duchesse, le comte do Louvigny, qui dévoila le complot. Les Vendôme furent enfermés au château d'Amboise (12 juin 162(1;; le comte île Soissons se retira en Savoie: la duchesse de Chevreuse du I quitter la cour; Chalais fut condamné à mort par une commission extraordinaire du Parlement de Rennes et exécuté le lit août 1627. Un bourreau d'occasion frappa plus de trente coups avant que la tète du malheureux pût être séparée du corps; au vingtième, Chalais se plaignait encore.
Gaston se décida à épouser M"e de Montpensier, dont il eut une fille, Anne -Marie -Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle (1627-1693).
Les duellistes. — Richelieu était résolu à faire respecter la loi avec autant d'inflexibilité qu'il avait défendu son pouvoir et sa tète. La fureur des duels était poussée à un tel point qu'en dix-huit ans (de 1591 à 1609) quatre mille gentilshommes avaient péri en combat singulier, souvent pour les motifs les plus futiles. Le frère aine de Richelieu avait péri de cette manière. Le comte François de MontmorencyiBoutteville (1), qui avait déjà eu vingt et un duels, s'enfuit à Bruxelles et ne put obtenir son pardon du roi. Irrité, il jura qu'il viendrait se battre en plein Paris, sur la place Royale, en plein midi, contrairement à ledit de mars 1626. Ayant tenu parole (12 mai 1626), il fut condamné par le Parlement avec l'un de ses seconds, des Chapelles, et tous deux furent décapités en place de Grève (21 juin 1627).
La Journée des Dupes (1630). — La reine mère, après avoir fait entrer Richelieu au conseil, était devenue l'ennemie de « l'ingrat valet » qui avait trompé ses espérances. Un jour, le cardinal fut disgracié à la suite d'une intrigue de cour ourdie par la reine mère, Anne d'Autriche, Gaston d'Orléans, et le garde des sceaux Michel de Marillac. Le roi quittant le Luxembourg, où Marie de Médicis avail l'ail une algarade à Riche-
LVcicy le vray pcurtrait âe Vhumaincjaae^o Ja^ parfhicle painture de la (Diuimtç^<&) Ou lesjqges mortels vont prendre leur adrejle Pour fe conduirai ! heur comm ''en l aduerfaù ■
Marie de Médicis, gravure de L. Gaultier
François de Montmorency-Boutteville, par Dumonstibr (Louvre).
1 1 La comtessede Montmorency-Boutteville donna le jour au célèbre maréchal de Luxembourg.
lieu, se rendit, encore tout furieux, à l'hôtel des Ambassadeurs (aujourd'hui caserne de la rue de Tournon et de là partit pour Versailles après avoir fait arrêter le cardinal par Claude de Saint- Simon, le père du célèbre mémorialiste. Mais Saint-Simon éclaira le roi, el Lie Indien, sm le conseil du cardinal de La Valette, accourut a \ ersailles. Introduit auprès de Louis XIII par un escalier dérobé,
il en sortit la lép- liante, triomphant, maître pan toujours du pouvoir, i lontinuez, lui avail dit le roi, à me sen ir comme vous avez fait, et je vous maintiendrai contre tous ceux qui ont juré votre pei te. Ce fut un coup de théâtre qu on appela la Journée des Dupes 11 novembre 1630 et que suivirent des mesures de répression extrêmemenl rigoureuses. (. aston s'enfuil en Lorraine; sa mère, refusant d'aller à Moulins, à moins
qu'oi l'y traînai par les che-
\ eux », franchi! enfin 19 juillet 1631 1 la frontière de France, qu'elle ne devait, [dus repasser; elle alla chercher un asile à Bruxelles, et finit par mourir a Cologne 1642), non, comme on l'a dit, dans la misère, mais dans un état de gêne relatif, par suite de son relus de se retirer à Florence. Les deux frères Marillac, l'un garde des sceaux, l'autre maréchal de France, que Richelieu avait cherché à gagner par ses bienfaits, avaient participé à la Journée des Dupes : le premier, disgracié, mourut en prison; l'autre qui, pendant qu'il commandait en Champagne, s'était rendu coupable d'exactions d'ailleurs très communes à cette époque, fut jugé par une commission extraordinaire, à Rueil, près Paris, dans lamaison de campagne de Richelieu, et condamné à mort pour péculal «Péculat ! s'écria le malheureux maréchal, il ne s'agit dans mon procès que de foin et de paille; il n'y a pas de quoi fouetter un laquais. » Il n'en fut pas moins exécuté en place de Grève, ses concussions n'ayant été que le prétexte de sa condamnation.
Le maréchal de Bassompierre fut enfermé à la Bastille ; il y resta plus de douze ans et n'en sortit qu'à la mort du cardinal. Lorsque Louis XIII, le revoyant après cette longue détention, lui demanda son âge : « Sire, réponditil, j'ai cinquante ans. » Il en avait [dus de soixante, et le roi en fil, la remarque : » Sire, reprit Bassompierre. je retranche dix années passées à la Bastille, puisque je ne les ai pas employées à vous servir. »
Conspiration de Montmorency (1632). -- Peu de temps après, le duc d'Orléans quitta la cour de Charles IV, duc de Lorraine, dont il avait épousé en secondes noces la sœur Marguerite, malgré les ordres du roi, et rentra en France à la tête de quelques milliers d'aventuriers.
Soutenu par l'Espagne, il souleva les mécontents du Midi et entraîna dans sa révolte le gouverneur du Languedoc, Henri II de Montmorency, filleul de Hen- Maréchal de Bassompierre, ri IV, fils et petit-fils de par Michel Lasnb
LA MONARCHIE ABSOLUE. — RICHELIEU ET M\/.\ltIN
connétable. Une rencontre eul lieu sous les murs de Gastëlnaudary entre les rebelles el l'armée royale, commandée par le maréchal de Schomberg; le duc d'Orléans s'enfuit au premier choc; Montmorency tomba criblé de blessures, s'éeriant : - Je me suis sacrifié pour des lâches. ■ On l'emporta tout sanglant à Castelnaudary. Con damné à mort parle Parlement de Toulouse, il fui décapité dans la
folle ambition. N'ayant pu obtenir du cardinal un grand commandemenl militaire, il voulu! le supplanter dans la faveur du roi, en traînant dans son entreprise téméraire la reine, le duc d'Orléans, Bouillon, en même temps qu'il traitait avec l'Espagne. Fontrailles, envoyé de Cinq-Mars, avait signé à Madrid 13 mars 1642 un Irai lé secret avec le comte-duc d'Olivarès, ministre de I * 1 1 i 1 î j » i » ** IV. Une