BATAILLE D EYLAU
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Plan de la bataille d'Eylau (1807).
T2 000 Russes et 53 000 Français sont en présence. Napoléon place Augereau à l'aile droite, Sou-lt à l'aile gauche dans la ville d'Eylau. Lui-même, au centre, s'établit avec - i garde dans le cimetière de cette ville. La cavalerie de Murât est en réserve. A l'extrême droite, Davout est chargé de tourner la gauche des Russes, pour se rabattre sur leurs derrières et les prendre entre deux feux. Ceux-ci sont rangés sur deux lignes très rapprochées, couvertes en avant par 400 canons. Les Français n'en ont que 300. La bataille commence par un duel d'artillerie qui dure toute la matinée et décime les deux armées, aussi impassibles l'une que l'autre. Vers midi, le canon de Davout se fait entendre, annonçant que le maréchal exécute le mouvement prescrit. C'est le moment attendu par Napoléon : il lance Augereau sur le centre ennemi. Les colonnes françaises, mitraillées, reculent, Augereau est grièvement blessé; la cavaeric russe sabre les assaillants. Mais Murât accourt avec 80 escadrons : il troue les deux lignes ennemies et vientse heurter à une batterie russe formidable. Pendant ce |js, la première ligne ennemie s'est reformée : le général Lepic, à la tête de ses grenadiers à cheval, la fauche sur le terrain; 4ou0 Russes, qui se sont avancés jusqu'au cimetière, sont détruits, jusqu'au dernier. Vers i heures, Ney, qu'on croit perdu, arrive et entre en ligne. Alors, Benningsen, découragé, se décide à abandonner à Napoléon ce funèbre champ de bataille, où gisent sur la neige rougie 40 ooo hommes, dont 10 ooo Français.
armée en avant d'Eylau 7 février 1807). 11 fait un froid terrible; la neige couvre d'une couche épaisse les immenses plaines où Français et Russes vont se mesurer.
\|n 'es unedes plus sanglantes batailles du siècle, Benningsen doit battre en retraite.
Siège de Dantzig (1807). — Napoléon ayanl repris ses quartiers d'hiver sur la basse Vistule, le siège de Dantzig commence le
'il 1807 sous les ordres du maréchal Lefebvre avec 18000 hommes, et la place, défendue par le vieux maréc liai Kalkreuth, avec 14000 Prussiens et 4 000
ss, capitule le 26 mai.
Bataille de Friedland (14 juin 1807). - Ben-
- n veut reprendre l'of-
i] I et Murât lui
tiennent tète à Heilsberg,
où Napoléon, accouru avec
Plan de la bataille de Friedland (1807).
Friedland est située au fond d'un petit coude de l'Aile, dont l'ouverture donne sur la plaine de Heinrichsdorf, traversée au centre par un petit cours d'eau, le Miilhen- Flu>s (ruisseau du Moulin). Napoléon surveille de prés Benningsen. Lanncs reçoit l'ordre de se porter par la rive gauche de l'Aile vers la route de Kœnigsberg et d'empêcher les Russes de franchir la rivière. Ma;s une partie de l'armée ennemie est déjàpass 'e sur la rive gauche etmarchesur Heinrichsdorf. Lannes n'a que 10000 hommes à opposer aux 72 000 soldats de Benningsen. Il n'hésite pas, cependant, à remplir sa mission, lie 3 heures du matin à midi, aide par Oudinot, il soutient le choc des troupes du tsar qui ne peuvent dépasser Heinrichsdorf et restent adossées à l'Aile, situation dangereuse, dont l'empereur songe immédiatement à tirer parti en s'eniparant des ponts de Friedland pour couper la retraite à Benningsen. A quatre heures du soir, Ney débouche du bois de Sort laçk, à l'aile droite, et, soiançant vers le Miihlen- Fluss, il s'enfonce comme un coin dans la masse épaisse des Russes. Celle-ci se referme sur lui en le couvrant de mitraille. Une charge furieuse des dragons de Latour-Maubourg le dégage. Puis Sénarmont accourt avec 36 pièces, qu il place audacieusement à 100 mètres des Russes, dont le feu s'éteint bientôt. Ney peut alors culbuter la garde russe postée sur le Muhlen-Fluss, pénétrer dans Friedland en flammes et s'emparer des ponts. Alors Napoléon se retourne contre l'aile droite aux ordres de Gortschakov. Foudroyés par l'artillerie de Mortier, chargés parla cavalerie de Grouchy, les Russes reculent en désordre vers l'Aile, ou la plupart se noient au passage. — La bataille de Friedland, où les F'rançais perdaient " 000 à 8 ooo hommes, en avait coûté 20 000 aux Russes, dont 5 généraux
ses forces réunies, entre le 11 juin 1807. Le généralissime russe se replie vers le nord pour couvrir Kœnigsberg et arrive le 13 juin 1807 à Friedland : les Russes sont une fois de plus taillés en pièces et
Napoléon parcourant le champ de bataille d'Eylau, par Gkos (Musée du Louvre).
LE CONSULAT ET L'EMPIRE
cette défaite a pour conse'quence la plus importante la prise de Kœnigsberg, la dernière forteresse prussienne 14 juin .
L'armée vaincue peut toutefois se rallier et se retire sur le Niémen.
Traité de Tilsitt (9 juillet 1807). — Le traité de Tilsitt mit fin à la guerre de la quatrième des coalitions formées contre Napoléon Ier et rétablit la paix entre la France d'une part, la Russie et la Prusse de l'autre. Signé le 8 juillet 18(17, il fut précédé d'une suspension d'armes et préparé par les entrevues qu'eurent Napoléon Ier et Alexandre, d'abord sur un radeau au milieu du Niémen (25 juin;, puis dans la ville de Tilsitt en compagnie du roi et de la reine de Prusse.
Quand le tsar rencontra Napoléon sur le Niémen, son premier mot fut, dit-on : « Je déteste les Anglais autant que vous. »
C'est que les Anglais s'étaient montrés aussi difficiles à vivre pendant l'alliance qu'avant sa conclusion. Ils n'avaient cessé de liarder sur les subsides d'une guerre faite surtout dans leur intérêt. Ils trouvaient de l'argent et des hommes quand il s'agissait de détruire quelque marine neutre et d'écraser quelqu'un des alliés naturels de la Russie, comme le Danemark, tandis que les soldats du tsar, pour la cause de l'Angleterre, tombaient par myriades sur les champs de bataille d'Austerlitz, d'Eylau, de Friedland.
Par le traité de Tilsilt, la Prusse mutilée, réduite à quatre provinces (Poméranie, Brandebourg, Vieille-Prusse, Silésie), abandonnait ses autres possessions destinées à former deux États placés sur ses flancs et introduits dans la Confédération du Rhin : le royaume de Westphalie, composé de ses anciennes provinces entre l'Elbe et le Rhin, et dévolu au prince Jérôme; le grand-duché de Varsovie, d"nné à l'électoral de Saxe érigé en royaume. Des articles secrets et séparés (7 juillet 1807) promettaient d'autre part à la Fiance la restitution des bouches de Cattaro et des Sept-Iles. Les clauses politiques du traité ne présentaient pas une moindre importance : Alexandre abandonnait à Napoléon l'occident de l'Europe et lui offrait contre l'Angleterre d'abord sa médiation, puis son alliance si celle-ci était repoussée; iladhérait au blocus continental (Voir ci-dessous). Napoléon, de son côté, abandonnait l'Orient à Alexandre en lui offrant le même concours contre la Porte.
La paix se' faisait aux frais de la Prusse.
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LE BLOCL'S CONTINENTAL
La victoire d'Austerlitz avait, rompu l'alliance austro-russe, écarté l'Autriche de l'Italie et ruiné les ambitions de la Prusse en Allemagne. Après la paix de Presbourg, on peut croire que la France
Benningsen.
(Estampe (le la Bibliothèqui uale.)
Entrée de Napoléon à Berlin, par Ch. Meynibr (Musée de Versailles,
va régner sans conteste sur l'Europe asservie; mais il reste encore à réduire l'Angleterre, et, puisqu'elle ne peut être forcée dans son île, Napoléon l'isolera du continent pour l'obliger à accepter la paix.
Le blocus continental, dont le Comité de salut public avait eu l'idée, devait, dans la pensée de l'empereur, assurer la ruine économique de l'Angleterre au profit de l'industrie et du commerce français, à qui seraient réservés les marchés de l'Allemagne, de la Hollande et de l'Italie. Mais ce résultat ne pouvait être obtenu que si tous les États européens adhéraient au boycottage des îles Britanniques et le pratiquaient rigoureusement. Or, si Napoléon a soumis les rois, les peuples demeurentdebout et, pourvaincre les résistances nationales, il faudra continuer indéfiniment la guerre : le sort de la France et de son chef dépendra jusqu'en 1815 d'une bataille gagnée ou perdue.
Le blocus continental est donc le fait capital de la politique napoléonienne après 1806. Il fut d'abord une mesure de représailles contre l'Angleterre, une réponse à l'arrêt du Conseil du 16 mai J^HUu, par lequel le gouvernement anglais avait interdit aux neutres tout commerce (le Brest aux bouches de l'Elbe, fermé' ses ports aux bâtiments français et assujel ii les
bâti nts neutres au droit de
visite. A ce blocus maritime Napoléon répondit parle blocus continental : le décret de Berlin(21 novembre 18U6) interdit « tout, commerce et toute correspondance avec les îles Britanniques »., ordonna l'arrestation comme prisonnier .le guerre de tout, sujet, anglais trouvé dans les pays occupés par les troupes françaises ou alliées de la France, déclara de bonne prise toui magasin, toute marchandise, toute propriété .le quelque nature qu'elle puisse être > appartenanl à I liât ou aux particuliers anglais, exclut .les ports français les bâtiments venant, directement ■ le l'Angleterre et de ses colonies u ou y ayant été » depuis la proclamation du blocus.
L'Angleterre se \ ni-, m par le bombardement de Copenhague (septembre 1807), installa à Helgoland un colossal dépôl de contrebande, soumit tous les bâtiments ( 1 1 n<>\ embre 1807) à la visite de ses croiseurs, les obligeai t h.r un port anglais et à acquitter une taxe:
ce ne fut plus une interdiction, mais un contrôle et un impôt sur le commerce. Napoléon riposta par le décret du 23 novembre 1807,
Alexandre I".
(Gravure de P. A u n o u i s .
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Lefebvre, par M"1 Davin (Musée de Versailles).
prescrivant la saisie et la confiscation des navires, y compris la cargaison, qui après avoir touché en Angleterre entreraient dans les ports de France, puis par le décret de Milan (17 décembre 1807), déclarant que tout bâtiment qui serait soumis à la formalité de la visite serait considéré comme anglais et dénationalisé. Le redoublement du blocus favorisa une contrebande effrénée : certaines marchandises, parties de Londres et expédiées à Salonique, furent réexpédiées par terre en Allemagne avant de parvenir en France.
Eu 1810, nouveau régime : le décret du S août admet à l'importation les denrées coloniales, mais les frappe à l'entrée d'un droit de 50 pour 100. La contrebande consiste alors à ne pas payer les droits; elle reste très active et Napoléon institue pour la réprimer des cours prévôtales. Mais, par dérogation à sespropres décrets, ildélivredes licences d'importation à des bâtiments qui peuventaller chercher en Angleterre des denrées coloniales, à la condition d'y importer une quantité égale de marchandises françaises. En 1813 surtout il multiplie les concessions de licences. Cette pratique procure des ressources au Trésor et de gros avantages aux bénéficiaires, mais donne lieu à des actes de favoritisme regrettables et à des excès de fiscalité.
Le blocus continental imprima à l'industrie française une impulsion extraordinaire et provoqua la découverte de nombreuses applications scientifiques. Mais s'il causa en Angleterre une crise terrible et si, au moment où commença la campagne de Russie, la banqueroute des finances britanniques paraissait imminente, il fut pour l'Europe la source de souffrances qui attisèrent les haines contre la domination impériale. Napoléon, pour rendre efficace le blocus continental, voulut l'imposer à l'Europe entière au risque de provoquer les résistances nationales; il fut donc entraîné à conquérir le Portugal, à confisquer le royaume d'Étrurie, à emprisonner le pape, à entreprendre la guerre d'Espagne, à annexer la Hollande ruinée, le grand-duché d'Oldenbourg et les villes hanséatiques. Ce fut la Suède qui, la première, se refusa à exécuter le décret de Berlin et sortit, par suite, de la coalition. Puis, le 31 décembre 1810, la Russie, ne pouvant plus exporter ses céréales, dénonça ses traités avec la France.
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