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EMPIRE FRANÇAIS

LE CONSULAT ET LEMP1I1E

Infanterie anglaise.

La Marchande de coco (Infanterie prussienne) [Gravures de Dkbucourt d'après les dessins de Carie Vernet]

Infanterie de la garde autrichienne et de la garde russe.

el avec un secret absolu, son armée du camp de Boulogne sur le Danube, et, dès le début d'octobre 1805, six de ses corps d'armée venaient s'interposer entre les armées autrichienne et russe, tournant la position de Mack et s'apprètant à le couper de Vienne. L'avant-garde de Mack fut refoulée, ses troupes battues à Wertingen «t à'Gùnzbourg, Ulm menacé.

Capitulation d'Ulm (20 octobre 1805). — Mack fit front en arrière ; mais, contenu dans ses mouvements par le combat d'Haslach ou Albeck (11 octobre), où la seule division Dupont tint tète à son armée, il décida avec l'archiduc Ferdinand de se concentrer solidement autour d Ulm. Ses reconnaissances ayant été vaincues à Klchingen (14 octobre), il fut renfermé dans ses lignes. 11 ne lui restait d'autre issue que de percer les niasses françaises qui accouraient pour le cerner; il n'y voulut point consentir et préféra attendre l'attaque ou des secours. L'archiduc Ferdinand refusant <le se soumettre à ce plan partit de nuit avec la cavalerie et gagna la Bohême. Mack s'obstina. Le 15 octobre, Ney couronnait les hauteurs du Michelsberg, qui dominent Ulm, et Lannes s'emparait de Frauenberg; leurs colonnes vinrent entourer la ville, dont ils faillirent s'emparer de haute lutte. Le 16, Mack, sommé de se rendre, apprenait avec stupeur qu'il était entouré par l'armée française : il consentit à capituler si, le 25 octobre, les Russes ou l'archiduc Charles n'étaient pas venus le délivrer. On lui accorda cette semaine de répit pendant laquelle il resta bloqué, épuisant ses provisions. Dès le 20, il capitula avec 30 000 hommes, et Ney occupa Ulm pendant que la grande armée se dirigeait sur Vienne. Koutousov et les Russes étaient arrivés trop tardivement pour entrer en ligne.

Désastre de Trafalgar (21 octobre 1805). — Dans le même temps, no-tre marine essuyait malheureusement un désastre irréparable. La flotte anglaise de Nelson gagnait la bataille de Trafalgar, sur les flottes combinées de la France (21 octobre 1805) et de l'Espagne, aux ordres de l'amiral Villeneuve et de l'amiral espagnol Gravina.

Une tempête, la nuit suivante, obligea les Anglais à relâcher les navires capturés (sauf quatre), qui purent regagner Cadix. Mais la flotte française ne joua plus qu'un rôle insignifiant dans les guerres du premier Empire. L'empire de la mer restait décidément aux Anglais. « Soit, dit Napoléon, je battrai l'Angleterre sur le continent. » Ces mots contenaient en germe le blocus continental.

Opérations contre Koutousov. Napoléon à Vienne (13 novembre 1805). — Maître des lignes de l'Inn, de la Traun et de l'Lnns, Napoléon n'avait plus qu'à s'emparer de celle de la Trasen, la dernière qui couvre Vienne. Koutousov, poursuivi par Murât, s'était mis en sûreté sur la rive gauche du Danube, puis avait attaqué Mortier qui marchait seul le long du fleuve au nord et se trouvait ainsi pris entre le Danube et les montagnes dans le défilé de Dûrrenstein : Mortier se tira audacieusement de ce mauvais pas (11 novembre); mais il importait à Napoléon de pouvoir communiquer libremenl entre la rive droite et la rive gauche et, pour cela, il lui fallait occuper les ponts de Vienne : Murât et Lannes s'en emparent par surprise.

Napoléon entra le \'A novembre à Vienne, que François II avait abandonné, et s'installa au château de Schœnbrunn.

Opérations contre les deux empereurs. Bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805). — Masséna, malgré l'infériorité de

ses forces, avait attaqué les Autrichiens retranchés près du village de Caldiero. Après une lutte acharnée qui dura jusqu'à la nuit

Plan de la bataille d'Austerlitz (1805).

Avec 65 ou 70 000 hommes, appuyé d'un côté aux collines boisées de Moravie, de l'autre aux étangs de d'Augezd et de Menitz, Napoléon se prépare à lutter contre les 90 000 soldats de l'armée ennemie. Sa position eût été des plus critiques en cas d'échec. Le 2 décembre, à i heures du matin, l'action commence, dans un brouillard d'hiver que ne tarde pas à dissiper le soleil d'Austerlilz. Le maréchal Soult, coinni;indant le centre, s'empare du plateau de Pratzen, en qui Napoléon a vu la position de laquelle dépend le sorl de la journée. Lannes, Murât et Kellermann rejettent Hagration sur Austerlitz. Dès î heure de l'après-midi, la victoire ne présente plus de doute sur la gauche, malgré les efforts de Koutousov, qui, avant le commencement do faction, en a prévu l'issue. Napoléon tourne alors à droite avec le coins du maréchal Soult, la garde et les grenadiers d'Oudinot, voulant recueillir par lui-même le pris de ses savantes combinaisons. Il assaille les Russes par derrière, les précipite vers les étangs. Les fuyards ne s'y noient pas en masse (on n'y retrouva que trois cadavres n uns les étangs rendent la fuite difficile et meurtrière, el Les débris de l'armée russe se disp'T.scntdans toutes les directions. La victoire est complot.' . l'empereur d'Autriche envoie aussitôt le prince Jean de Lichtenstein solliciter de Napoléon un armistice el

l"1 expr ir le désir d'avoir avec lui une entrevue aux avant postes; :. français

au pins avaient pris part i la lutte.

V'i i sa à son armée une proclamation qui se terminait ainsi : « SoldatSi

mon peuple vous reverra avec joie, il vous su fira de dire : J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour que l'on vous réponde : Voilà un brave! »

Los résultats de la journée furent immenses î: o morts, environ ïo 000 prisonniers, 180 bouches à feu, une immense quantité de chevaux, de voitures d'artillerie et de bagages, tels étaieni les pei tes de 1 ennemi et les trophées dos Français. I eux ci

avaienl à regretter environ ! bon is tant tués que blessés, et, parmi les n

le général Walhubert.

(30 octobre), l'ennemi conserva ses positions; mais le lendemain l'archiduc Charles, informé du désastre d'Ulm, commença son mouvement de retraite, et se dirigea sur Laybach pour se réunir à son frère, l'archiduc Jean.

Les deux frères voulurent se rendre, à travers la Hongrie, à Olmutz, pour y joindre l'armée austro-russe, commandée par Koutousov et Buxhowden. Le plan de l'armée coalisée consistait à tourner l'armée française et à lui couper l'a route de Vienne pour l'obliger à se retirer en Bohème. Napoléon, se portant audacieuse ment à la rencontre des empereurs d'Autriche et de Russie, arriva devant Brùnn (30 novembre 1805), secondé par Davout, Lannes, Soult, Murât, Suchet, Friant, Gudin, Kellermann, d'Haulpoul, Sébastiani.

Pendant la nuit qui précéda la bataille, Napoléon visita ses sol-

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Mack.

(Estampe de la Bibliothèque nationale.)

Koutousov.

(Gravé d'après P. du Saint- Aubin.

dats. Un vieux grenadier, s'avançant vers lui, s'écria : « Sire, nous t'apporterons demain tous les drapeaux et tous les canons de l'ennemi pour célébrer l'anniversaire de ton couronnement. » Et effectivement, le 2 décembre 1805, Autrichiens et Russes furent complètement défaits à Austerlitz.

En trois mois nos soldats avaient parcouru cinq cents lieues, pris ou tué quatre-vingt-dix mille ennemis; ils s'étaient emparés de cent drapeaux et de trois cent cinquante canons, dont le bronze servit à la construction delà colonne Vendôme, à Paris.

Napoléon porta son quai lier général au château d'Austerlitz, et voulut donner ce nom à la bataille que les soldats appelaient déjà la bataille des trois empereurs.

Traité de Presbourg (26 décembre 1805). - L'empereur François II signa alors le traité de Presbourg, dont les conditions furent arrêtés à Brunn par Talleyrand, au nom de Napoléon, et par Giulay et le prince de Lichtenstein, au nom de l'empereur d'Autriche. Le Piémont, Parme, Plaisance et la République ligurienne étaient définitivement reconnus à la France. L'Autriche renonçait à la partie des États de la république de Venise qui lui avaient été cédés par les traités de Campo-Formio et de Lunéville, et qui fut réunie au royaume d'Italie. Le Frioul, l'Istrie, la Dalmatie, Trieste, les bouches du Cattaro et les îles de l'Adriatique passaient à la France, mais devaient être réunis au royaume d'Italie, dont Napoléon était reconnu souverain; toutefois les couronnes de France et d'Italie ne pouvaient être réunies sur la même tête. L'Autriche reconnaissait comme rois les électeurs de Bavière et de Wurtemberg; elle cédait à la Bavière le Tyrol, le Trentin, le Vorarlberg, l'évèché de Passau, toute la Souabe autrichienne, la ville et l'évèché d'Augsbourg; au Wurtemberg elle donnait une partie du Brisgau et plusieurs parties de la Souabe; au grand-duc de Bade le reste du Brisgau et plusieurs districts au bord du lac de Constance. L'Autriche recevait en retour la principauté de Salzbourg, donnée, en 1803, à l'archiduc Ferdinand, ancien grand-duc de Toscane, et la Bavière dédommageait l'archiduc en lui cédant la principauté ecclésiastique de Wurtzbourg. L'indépendance de la République helvétique et de la République batave était reconnue. L'Autriche était définitivement exclue de l'Italie.

Les royaumes vassaux. Fin du Saint-Empire romain germanique. — C'est après le traité de Presbourg que Napoléon

L'empereur François II.

(Gravure de Frédéric Lignon.)

constitua, dans l'espoir chimérique de consolider sa domination en, Europe, des royaumes vassaux et des fiefs. Il détrôna les Bourbons de Naples, alliés des Anglais, pour les remplacer par son frère Joseph. Pauline Borghèse remit le duché de Guastalla, qu'elle revendit immédiatement au royaume d'Italie; Massa, Garnira et la Garfagnana furent ajoutées à la principauté de Piombino, que possédait la princesse Élisa; de riches fiefs, pourvus de revenus magnifiques, furent créés en Vénétie, dans le duché de Parme et dans le royaume de Naples, pour les généraux et les ministres que l'empereur voulait récompenser. Un peu plus tard, Talleyrand eut la principauté de Bénévent, et Bernadette, beau-frère de Joseph, celle de Ponte-Corvo.

Le 12 janvier, Napoléon avait adopté le prince Eugène, vice-roi d'Italie, et le 13, il lui avait fait épouser la princesse Augusta de Bavière.

En 1806, l'empereur érigea la République batave en royaume pour son frère Louis, et fit grandduc de Clèves et de Berg le général Murât, mari de Caroline Bonaparte.

Il forma contre la Prusse et l'Autriche (12 juillet 1806) la C un fédération du Rhin, comprenant seize Étals allemands, qui le reconnurent comme « protecteur»; puis le vaincu d'Austerlitz dut abdiquer son titre d'empereur d'Allemagne pour ne conserver que celui d'Empereur héréditaire d'Autriche (6 août 1806) qu'il avait pris en 1804. Ainsi disparaissait le Saint-Empire romain germanique fondé par Otton le Grand en 962.

Napoléon se défiait justement du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III qui, selon le cours des événements, s'était successivement rapproché de la Russie ou de la France. En vertu du traité de Potsdam (3 novembre 1805), ses troupes allaient faire leur jonction avec les Russes lorsqu'il apprit la victoire ■ d'Austerlitz et, opérant une nouvelle volte-face, il s'allia sans réserves avec Napoléon moyennant la cession de l'ÉIectorat de Hanovre (traité de Schœnbrunn, février 1806), ce qui ne l'empêcha pas, quelques mois plus tard, de s'engager avec le tsar (juillet 1806).

Alombert (P.-C.) et J. Colin, La Campagne de 1805 en Allemagne (1902- 1908, ■"> vol.). — Bonnal (général H.), La Vie militaire du maréchal Seg, t. Ier (1910). — Colin (J.), La Surprise des ponts de Vienne en 1805 (1905). — Desbiuère (l'-colonel Edouard), La Campagne maritime de 1805, Trafalgar (1907). — Gachot (Ed.), La Troisième Campagne d'Italie (1805-1 806) [1911]. — Martin (commandant), Le Centenaire d'Austerlitz (1903). — Slovak (Aloïs), La lia/ai/le d'Austerlitz, trad. par L. Leroy (1908). — Thoumas (général), Le Maréchal Lannes (1891).

Quatrième coalition (1806). — Tout en acceptant du bout des lèvres notre alliance, la Prusse en effet négociait sous main avec la Russie. Frédéric-Guillaume III et surtout la reine Louise étaient animés contre la France d'une haine profonde et ils n'attendaient que l'occasion de nous faire la guerre.

William Pitt étant mort, on avait cru à la fin des hostilités, le nouveau ministre anglais, Fox, ayant entamé des négociations avec le désir sincère de les voir aboutir. Malheureusement Fox mourut bientôt lui-même; les partisans de la guerre, parmi lesquels le monde des affaires, reprirent le pouvoir, les négociations furent rompues aussitôt, et la quatrième coalition ne tarda pas à se former.

Les Anglais firent astucieusement croire à Frédéric-Guillaume que Napoléon allait lui reprendre le Hanovre. Le roi de Prusse prit peur : il se rapprocha de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Suède, et il enjoignit à Napoléon de ramener ses troupes en deçà du Rhin (1« octpbre 1806).

De cet ultimatum sortit nécessairement la guerre, à la grande joie de la population prussienne, qui donna le même spectacle que la population française en 1870. Elle parcourut les rues de Berlin en chantant des refrains patriotiques, et la reine Louise, en uni-

LE CONSULAT ET L'EMPIRE

forme de hussard, passa à cheval devant les troupes pour exciter leur enthousiasme. Un premier engagement, aux environs de Weimar, encouragea ces espérances et provoqua une explosion de joie; mais, dès le lendemain, les défaites commencèrent : les Prussiens furent écrasés en Saxe, les Russes en Pologne.

Opérations en Saxe. Batailles d'Iéna et d'Auerstaedt (14 octobre 1806). Les Français à Berlin. — Ney etSou!t(6e et 'ie corps) forment à Bayreuth la droite de l'armée ; Davout (3e corps) et Bernadotte(l8r corps), réunis près de Bamberg, forment le centre; la gauche, réunie dans les environs de Cobourg, est aux ordres de Lannes et d'Augereau (5e et 7e corps) : en tout 153000 hommes, auxquels il faut ajouter une réserve de cavalerie de 20000 hommes, que commande Murât, et les 9000 hommes de la garde (Bessières). Le duc de Brunswick et le maréchal de Mollendorf sont à la tète de l'armée prussienne.

Napoléon arrive à Wiirtzbourg le 2 octobre 1800. L'armée française s'ébranle le 8 octobre et passe le Frankenwald. Notre gauche, conduite par Lannes et Augereau, se porte de Cobourg sur Grafenthal. Deux premiers engagements ont lieu : à Schleitz (9 octobre) et à Saalfeld (10 octobre), où le prince Louis de Prusse est tué par un hussard. Les Prussiens et les Saxons perdent 2000 hommes et abandonnent 20 canons.

Ce début jette l'armée ennemie dans une grande confusion. Napoléon concentre son armée d'abord à Auma, puisa Géra. 11 envoie Lannes vers Iéna, et Davout vers Naumbourg, sur la Saale, pour en défendre le pont (13 octobre 1806). Le prince de Hohenlohë, qui a repassé la Saale, campe entre Iéna et Weimar. Brunswick décampe

village d'Auerstaedt : le maréchal Davout y taillait eu pièces le duc de Brunswick, l'auteur du célèbre manifeste de 1792.

Enlin le général Dupont attaqua à Halle, sur la Saale, le prince

Plan de la bataille d'Iéna (1806).

Iéna est dominée à l'Ouest par les escarpements du I andgrafenberg. rebord oriental d'un immense plateau ondulé et boisé, qui s'étend des hauteurs de la Saale à celles de l'Uni, son affluent. Arrivé à Iéna le 13 octobre isn6, Napoléon s'établit au Landgrafenberg, avec le corps de Lannes et la garde. Pendant la nuit, il y fait hisser son artilN-rie et appelle Augereau à sa gauche, Soult à, sa droite. I. 'armée prussienne de Hohenlohë est rangée près de la route d'Iéna à Weimar, face auSud-Esi. Le 14 h 6 heures du matin, maigre l'épais brouillard, Napoléon donne le signal de l'atiaque. Suchet et Gazan, du corps de Lannes, marchent contre Closewitz et Cospoda; ils culbutent l'avant-çarde prussienne et, à9 heures, les deux villages tombent entre leurs mains. Augereau, lance sur la route de Weimar. les y rejoint. Napoléon fait alors suspendre le combat pour laisser reposer ses troupes. Hohenlohë profite de ce répit pour prendre de nouvelles dispo-itions. Il pousse en avant l'infanterie de Grawert, appuyé à droite par Niesemenschel, à gauche par lleltzendorf. Tout à coup, Ney débouche avec 4ooo soldats d'élite et. se glissant audacieusement entre Lannes et Augereau. rouvre le feu contre le village de Vierzehnheiligen, qui occupe le centre 'lu champ de bataille. la que vase livrer l'action décisive. Chargé par 30 escadrons, Ney forme son infamerie en carrés, repousse l'ennemi et, aidé de Lannes, le chasse de vierzehnheiligen. Pendant ce temps, a l'aile gauche, les divisions Heudelet et Desjardins, du corps d'Augereau. emportent Iserstedl ; Soult. de son côté, tourne et immobilise Heltzendorf. Napoléon ordonne alors une attaque générale. Hohenlohë redouble d'efforts, il sacrifie toutes sis résen es : c es( en vain. A deux heures et demie, son lieutenant Ruche! lui amène de Weimar un renfort de i:>000 hommes qui, mitraillés de tous coi es, ne peuvent occuper les hauteurs à l'est de Capellendorf. Kn même temp la division saxonne <Je Niesemenschel déposait les armes, et les débris de l'armée de Hohenlohë ne tardaient pas à s'enfuir au delà de l'Uni. Murât arrive avec sa cavalerie par Wé mar, et achevé la déroute de l'armée prussienne qui, sureo ooo hommes, vient de perdre 12 ooo hommes tués ou blessés, 15 000 prisonniers, 200 canons. Les Français, qui avaient engagé 90 000 hommes, n'en perdirent que 4 000 tués ou blessés.

de Weimar sur Leipzig \'-\ octobre , mais Hohenlohë est surpris par les Français et obligé de livrer bataille.

Tandis que Napoléon l'emportait à Iéna avec l'aile gauche de la grande armée, le canon grondait dans le lointain aux environs du

Français \Prussiens et Saxons

Plan de la bataille d'Auerstaedt (1806).

Davout dispose de 35 ooo hommes (divisions d'infanterie Gudin, Friant, Morand, et division de cavalerie Vialannes). Brunswick a 56 000 hommes (divisions Schmettau et Wartensleben, prince d'Orange, etc.); Blùcher commande la cavalerie de la division Schmettau; le prince Guillaume de Prusse, celle des divisions Wartensleben et Orange. Davout a reçu l'ordre de passer la Saale à Kôsen et de prendre à revers les Prussiens qui, dans la pensée de Napoléon, sont sur les hauteurs d'Iéna. Gudin est attaqué par la cavalerie de Bluchor en avant de Hassenhausen : il se forme en carrés échelonnés, qui ne se laissent pas emamer. Les divisions Brunswick, Schmettau et Wartensleben grâce à l'arrivée de la division Friant, qui s'étab'it au nord do Gudin, subissent, en deçà de Hassenhausen, des pertes considérables. L'intervention du prince d'Orange permet à la droite prussienne d'essayer au sud de ce village un mouvement contre notre gauche, mais la division Morand rétablit nos forces et résiste à la cavalerie du prince, qui doit se replier sur Auerstaedt. Davout, prenant alors l'offensive et exécutant un mouvement concentrique, arrive à Gernstedt : le roi de Prusse ordonne la retraite, et les vaincus d'Auerstaedt rencontrent sur l'Ilm les vaincus d Iéna, qui s'enfuient dans la direction inverse. Le roi de Prusse et les princes s'étaient exposes comme les derniers soldats. Davout avait eu son chapeau percé par un boulet qui lui enleva les cheveux sans entamer le crâne. Le duc de Brunswick et les généraux prussiens Mollendorf et Schmettau furent frappés mortellement. L'ennemi laissait 15000 hommes sur le champ de bataille et lis pièces de canon entre les mains des vainqueurs, qui perdaient 7 000 tués ou blessés.

Eugène de Wurtemberg, qui commandait la réserve prussienne, et lui fit 4 000 prisonniers (17 octobre 1806).

La campagne de Prusse, à laquelle Napoléon avait préludé en dictant des ordres pendant trois jours et deux nuits, aboutissait à l'anéantissement de l'armée prussienne. Le 27 octobre 1806 l'empereur entra solennellement à Berlin, abandonné par les souverains, et il envoya aux Invalides l'épée du grand Frédéric. Les Français lurent, accueillis avec déférence : la nationalité prussienne semblait avoir abdiqué.

Opérations en Pologne.

Bataille d'Eylau (7 février 1807). — Frédéric-Guillaume refuse l'armistice que le maréchal Duroc vient lui offrir; il se rend à Kd'nigsberi,' pour se rapprocher des Russes qui, sous Itenniii'.'sen, ont passé le Niémen. Napoléon part de Posen le 15, au cœur de l'hiver, api es avoir promis aux Polonais la restauration de leur indépendant e, ei entre 5 Varsovie le 18 décembre 1806. Voulant acculer les Russes à la mer, il ordonne à ses maréchaux Davout, Soult, Augereau, Ney, de concentrer leurs corps d'armée vers le bourg d'Allenstein. Benningsen, qui ne peut battre en retraite, range

Davout.

E loupe de ta Bibliothèque nationale.

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