‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 20 sur 196 · PRINCIPALES VILLES FORTIFIÉES PAR VAUBAN · texte numérisé non relu

PRINCIPALES VILLES FORTIFIÉES PAR VAUBAN

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et dirigea 53 sièges (1). Son mérite est d'avoir rattaché l'art de la fortification à la stratégie, trouvé les rapporte des places de guerre

entre elles, tiré du soi el des eaux une défense sûre et peu coûteuse, approprié la fortification au terrain. Il imagina un tracé (dus simple, des dehors plus vastes et mieux disposés. Son plan de défense consistait à établir des places de première importance aux points où s'ouvrent les routes de l'Oise, de la Marne, de la haute Seine, à les relier par des places secondaires, et à constitue) en arrière une seconde ligne de défense. Il exécuta lui-même la plus grande partie de ce programme, et noire frontière du nord fut presque tout entière fortifiée par lui. Il dirigea personnellement les sièges les plus difficiles, el l'on «lisait couramment : « Ville asse par Vauban, ville prise; ville fortifiée par Vauban, ville imprenable. »

Pour l'offensive, il imagina le système des parallèles reliant entre elles les larges tranchées, Il introduisit l'usage des boulets creux pour disperser les terres, celui du tir à ricochet pour démonter les pièces des assiégés, et il inventa la douille qui permit de tirer en gardant la baïonnette au fusil (2 .

En parcourant la France pour la fortifier, Vauban conférait avec les intendants, provoquait leur zèle, leur laissait des tableaux à remplir et semait ainsi les éléments d'une statistique du royaume. Il parvint à réunir une collection de mémoires qu'il intitula : Oisivt tel de M. de Vauban, et qui formaient, d'après Fontenelle, 12 volumes in-folio. Mais ce qui n'a pas moins de grandeur que les travaux de l'illustre ingénieur, c'est le sentiment qui les inspirait. Vauban, au contraire de Louvois, avait le respect de la vie humaine; peu soucieux de sa propre existence, il se préoccupait sans cesse d épargner celle des combattants et de diminuer les horreurs de la guerre. Emu de la misère générale, il eut le courage de présenter au roi un projet de dune royale (voir p. 56) qui entraîna la disgrâce de celui que Saint-Simon appelle « le plus honnête homme de son siècle ».

La marine militaire. — Les constructions navales. — Colbert fut le restaurateur de la marine militaire, connue Louvois fut l'organisateur de l'armée de terre. En 1669, il remplaça Hugues de Lionne à la tète de l'administration navale; son cousin Colbert du Terron devint intendant de la marine du « Ponant », et le baron d'Infreville intendant de la marine du Levant; un conseil des constructions navales, qui comptait parmi ses membres Petit-Renau, Vauban, Duquesne, Tourville, s'empressa de faire réparer « le peu de vaisseaux que le cardinal Mazarin avait laissé périr dans les ports ». (Voltaire.) On en acheta en Hollande, en Suède, et on demanda aux ports de la Baltique des ingénieurs et des ouvriers. L'art des constructions navales reçut une très vive impulsion : la

Défense de la frontière nord-est par Vauban.

(1) Les prédécesseurs de Vauban dans l'art de fortifier les places sont : Errard, de Bar-le-Duc, qui perfectionna les systèmes italien et hollandais; le che\ alier deVille ; lecomte de Pagan.

(2) Vauban a, de plus, exécuté une foule de travaux civils, notamment le canal de Saint-Omer, les jetées de Honfleur, l'aqueduc de Maintenon resté inachevé, etc.

Une ville fortifiée d'après le système de Vauban (Brisach)

Franco ont une Qotte capable de disputer la mer a l'Angleterre et à la Hollande.

Los principaux types do bâtiments alors en vigueur étaient les vaisseaux de ligne, les frégates qui avaient un pont couvert portant tlos canons), les corvettes, les gabares pour les transports , les galères. Sous Louis XIV, lés vaisseaux de ligne remplacent définitivement les caraques; ils se divisaient en cinq classes ou rangs dont la longueur variait de 56 à 35 mètres, la largeur de 15 à S mètres, le creux de 7 à 4 mètres et dont l'armement variait de 100 à 30 canons.

Les galères étaient employées presque exclusivement dans la Méditerranée; celles de premier rang avaient en moyenne 160 pieds de long, 30 à 35 pieds de large. Los galères du général et du lieutenant général étaient désignées respectivement sous les noms de La Réale et de La Patronne.

La galère était un navire effilé, éminemment propre aux évolutions rapides, ponté, gouvernant à barre franche et allant à la voile ou à la rame (1). Les voiles étaient fixées à des antennes suspendues à un, deux ou trois mâts verticaux. Les rames étaient placées sur une seule file, et chacune d'elles, longue d'environ 16 mètres, était manœuvrée par plusieurs hommes;

(1) Avant l'invention de la pondre, le bordagedes galères était surmonté d'une muraille de planches, et l'on élevait, tantôt au centre, tantôt aux extrémités, des châtelets en charpente, d'où les défenseurs lançaient des projectiles: comme ces navires combattaient de l'avant, ils étaient armés à la proue d'un éperon île bois garni de fer pour éventrer les bâtiments ennemis. L'adoption des armes à feu lit supprimer les châtelets et l'éperon. On mit alors à l'extrémité de la coursie, à la proue, un canon de gros calibre, que l'on appela coursier on canon de coursie, et à droite et à gauche duquel on plaça des pièces plus petites et montées sur de forts chandeliers de bois. Pour protéger cette artillerie, on établit par-dessus une espèce de pont, nommé rambade ou rambate, sur lequel on faisait monter d'adroits tireurs au moment du combat. Enfin, pour empêcher le navire d'être pris en enfilade, on construisit transversalement sur la couverte un rempart mobile de bois et de cordages, qui passait par-dessus les rameurs. La poupe, plus élevée que la proue, fut, suivant les temps, protégée par un mur de bois percé de créneaux, on par une rangée . de grands boucliers, ou enfin par un parapet de planches assez minces appelé bandins. C'est dans celte partie du navire qu'était le poste du commandant.

Le « Soleil royal » (Musée de la marine).

on en comptait vingt-cinq ou vingl six sur chaque bord, dans les galères ordinaires. C'est sur le pont, ou couverte, que se tenaient les rameurs assis sur dos bancs.

Les équipages des galères changèrenl souvent do composition : on y embarquait des hommes de force en cas de nécessité, et, après la révocation de l'édit de Nantes, on les peupla de protestants; mais la presque totalité delà chiourme était fournie principalement par les condamnés et par les captifs turcs. Colberl mandait on 1662 aux pré sidenls des Parlements que l'intention du roi était de tenir la main à ce que l'on envoyât aux galères le plus grand nombre possible de coupables et que l'on convertît même la peine de mort en celle des galères.

Quand on avait un nombre suffisant de prisonniers, on formait la « chaîne », c'est-à-dire qu'on attachait les forçats deux à deux pour les diriger sur Marseille ou toute autre ville du littoral méditerranéen.

Dans l'axe de chaque galère, au milieu de l'espace occupé par les bancs des rameurs, régnait une galerie, la coursive, sur laquelle se promenaient continuellement des surveillants appelés mmes, armés chacun d'un nerf de bœuf, dont ils frappaient les épaules des malheureux qui ne ramaient pas avec assez de force. Les galériens passaient leur vie sur leur banc, enchaînés deux à deux; ils y mangeaient et ils y dormaient, n'ayant d'autre abri contre la pluie, les ardeurs du soleil ou le froid de la nuit qu'une toile appelée taud, qu'on étendait au-dessus de leurs bancs, quand la galère n'était pas en marche et que le vent n'était pas trop violent.

Les ports. Les garde-côtes. — Rochefort fut créé à l'embouchure de la Charente. Un arsenal y fut établi ainsi qu'à Dunkerque, Brest, Le Havre et Toulon. Vauban protégea les ports du côté de la terre et imagina, pour la défense des côtes, ces tours ou châteaux dont un type remarquable existe encore à Camaret, dans le Finistère. La garde du littoral fut confiée aux milices garde-côtes.

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La galère • La Réale Musé< de la marine).

Un vaisseau de ligne Mu ée de ta manne).

HISïniHi; DE FRANCE

Le recrutement. Le système des classes. — Lorsqu'on avail besoin de matelots pour le service de L'Etat, on fermai I les ports, on prenaîl (lr gré "ii de force tous les marins, el on les embarquai! sur les vaisseaux du roi. Renonçant à cet usage barbare de la presse, Colbert décida que tous les gens de mer formeraient une grande armée servant tour à tour dans la guerre el dans le commerce. On inscrivil dans chaque village du littoral les noms de tous les matelots, que l'on divisa en trois classes : chaque classe devail servir une année sur les bâtiments de l'État, et, pendant les deux années suivantes, était libre de naviguer sur 1rs navires marchands. En retour des obligations auxquelles ils étaient soumis, les « enclassés » jouissaientde certains avantages, el la Caisse des invalides de la marine leur assurait, une pension de retraite. Le système des classes, inauguré en 1665 dans l'Atlantique, en l(iti6 dans la Méditerranée, et généralisé en 1668, fut l'origine de V inscription maritime.

D'autre part, pour le recrutement des officiers, on institua (1672) la compagnie des gardes-marine, composée de gentilshom- gravure (IÉdeltnck.

mes et de soldats de fortune et qui étaient sur mer

ce que les cadets étaient sur terre. Des écoles d'hydrographie et de canonnage furent créées.

Puissance de la marine sous Colbert. — En 1081, la flotte royale comprenait cent quatre-vingt-dix-huit vaisseaux de guerre, en comptant les allèges, et trente galères étaient dans le port de Toulon, armées ou prêtes à l'être. Onze mille hommes de troupes réglées servaient sur les vaisseaux; les galères en avaient trois mille. Il y avait cent soixante-six mille « enclassés pour les services divers de la marine ». En 1683, la France avait 276 bâtiments au lieu de 18 à la mort de Mazarin.

La puissance de notre marine française s'affirma d'abord dans les expéditions contre les Barbaresques (1661-1688), puis, pendant la guerre de Hollande, dans les batailles de Solbay, de Walcheren, du Texel, de Stromboli, d'Agosta, de Païenne. Le nom d'Abraham l)uquesne brille alors au premier rang et éclipse celui de l'amiral Jean d'Estrées, qui gagna le bâton de maréchal dans sa campagne d'Amérique.

Seignelay et ses successeurs. — En 1672 Colbert se fit adjoindre à la Marine, avec droit de survivance, son fils Jean-Baptiste, marquis de Seignelay (1651-1691), dont le ministère (1683-1690) fut signalé par les victoires de Bantry-Bay (1689) et du cap Beveziers (1690), respectivement remportées par Château-Renault et Tourville. Connue son père, il possédait le génie de l'organisation, des vues élevées et la fermeté dans les résolutions. Sous son administration, la marine française atteignit un haut, degré de prospérité et put rivaliser avec les Hottes combinées de l'Angleterre et de la Hollande. Seignelay prit part en personne à quelques-uns des plus beaux faits d'armes de l'époque : expédition de lieues (1684), campagne de 1688.

Le travail et les excès abrégèrent ses jours et il eut pour successeurs Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain (1690-1699 , et le fils de ce dernier, Jérmiie Phélypeaux (1699-1715), dont l'incapacité précipita la décadence de la marine. L'année 1692 est signalée par l'affaire de La Hougue, et si Jean Bart, Duguay-Trouin, Forbin, Pointis, Ducasse, Nesmond, Cassard s'illustrent dans la guerre de course, qui a dû être substituée à la guerre régulière. Château- Renault est battu à Vigo et les Anglais prennent Gibraltar.

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