‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 19 sur 196 · L.V MONAUCIIIK AltSOLUK · texte numérisé non relu

L.V MONAUCIIIK AltSOLUK

La police. — La réforme de la police avait marché de front avec la réforme de la législation. Boileau écrivail encore en liitiit :

Le bois le plus luneste el le moins fréquenté Est, auprès de Paris, un lieu de sûre lé.

Un conseil de police fut organisé par Colbert en 1666, sous la direction de sou oncle Pussort. Il se préoccupa de la propreté des rues, facilita la circulation urbaine par la destruction dos saillies et escaliers extérieurs, assura une meilleure distribution des eaux.

Le premier chef régulier de la police fut le prévôt de Paris, institue par le roi Henri Ier, résiliant au Grand CMtelet, et qui était juge d'appel des décisions rendues par les prévôts des provinces. Il avait pour collaborateurs immédiats vin lieutenant civil, un lieutenant particulier, un lieutenant criminel auquel était subordonné un lieutenant criminel en robe courte . des commissaires examinateurs et enquêteurs. 11 avait sous ses ordres le chevalier du guet.

L'édil du 15 mars 1667 modifia cette organisation. Il y eut désormais un lieutenant civil, à qui fut -conservé le litre de prévôt de Paris et dont les attributions furent purement judiciaires; — un lieutenant rai île police, chargé de la police proprement dite et prérliVesseur du moderne préfet de police. I ne organisation analogue fut étendue aux provinces par I

des lieutenants

ênèrau i de. polie

Nicolas de La Reynie, gravé par de l'Arm knnin.

•dit de 1699, qui y créa

Le premier lieutenant général de police fut le maître des requêtes Nicolas-Gabriel de La Reynie (1625-1709), à qui succéda en 1697 le marquis d' A rgenson. Louis XIV avait donné à La Reynie un programme que celui-ci exécuta fidèlement et qui se résumait en trois mots: netteté-, clarté, sûreté.

L'n règlement avait pourvu à l'éclairage des rues au moyen de 5000 lanternes à chandelles avril 1666), et l'extension de cette mesure aux autres villes fut décidée sous l'administration de La Reynie. Des quais nouveaux furent construits, les anciens réparés; le guet veilla à la sécurité des personnes et un corps de pompiers (1099) à relie des biens. L'armée devint l'auxiliaire du guet et fut employée comme gendarmerie mobile.

Le service des secours contre l'incendie était, avant Louis XIV, assuré plus ou moins régulièrement, sous l'autorité' des quarteniers, par les ouvriers du bâtiment et par des auxiliaires de bonne volonté. Des tonneaux remplis à la Seine et des seaux constituaient tout le matériel. Des lettres patentes du 12 octobre 1699 concédèrent à François Dumouriez-Dupérier, secrétaire de la Comédie-Française, qui avait vu en Hollande des pompes à tuyau de cuir, le privilège Ue fabriquer des appareils analogues : une subvention lui fut alloué-.- sur le Trésor et il organisa une compagnie de gardes des pompes qui travailla concurremment avec les maçons, couvreurs et Charpentiers, dont le concours, en cas de sinistre, continua délie obligatoire.

Les transports publics faits depuis 1617 au moyen de chaises portatives, depuis 1650 par des carrosses de place, furent facilités eu 1662 par l'institution des transports en commun, par la mise en circulation à l'usage des bourgeois des carrosses « quasi omnibus » imaginés par Pascal. On commença dès bus à moins circuler à cheval à travers les rues.

La lieynie avait dans ses attributions, outre les services de voirie, - i • ■ es de police proprement dits, et comme le roi se croyait le droit d'intervenir dans la vie privée de ses sujets, le lieutenant de police |e seconda efficace ment en celle matière. Il abusa des lettres de cacliet, \ iola le secret des correspondances el lit poursuivi e les auteurs de nouvelles el de gazettes à la main, petits manuscrits in-4° qui s'envoyaient sous enveloppe comme une lettre. Dans Va/faire des poisons Voir plus loin , La lieynie présida la chambre ardente chargée de juger les crimes d'en poisonnement, et, après la révocation de l'é-dit de Nantes, il lit exécuter sévèrement dans Paris les ordres du roi.

L'assistance publique. Les services d'assistance publique

avaient été- réglementes au x\ i" siècle el, à partir de François I", l'intervention administrative S'était efforcée d'assurer une bonne el loyale gestion du patrimoine des pauvres. Les guerres civiles empêchèrent l'application des mesures prescrites à celle fin, et la Chambre de I" charité chrétienne instituée par Henri IV n'apporta aucune amélioration vraiment sensible à l'organisation de l'assistance. Sous Louis Mil, une commission spéciale, créée en 1612, proposa d'attribuer aux hospices les biens des anciennes léproseries et maladreries, dont des particuliers ou des communautés avaient pris sans droit possession, mais Louvois les lit attribuer aux ordres de Saint-Lazare et du Mont-Carmel. C'est également en 1612 que furent créés à Paris des dépôts de mendicité et l'hôpital de la Pitié.

L'institution en avril lOlili, par Louis XIV, sur l'initiative de Colbert, de V Hôpital général constitua un progrès décisif dans l'organisation de l'assistance publique : tous les établissements charitables de Paris furent groupés en un seul corps « pour le renfermement des pauvres de Paris et de ses faubourgs ». Le service des enfants trouvés y fut annexé en 1670.

En outre, pour unifier l'administration des grands services de bienfaisance de la capitale, des lettres patentes de 1690 instituèrent, au-dessus du bureau municipal de l'Hôtel-Dieu, un conseil supérieur composé des personnages qui administraient déjà l'Hôpital général. Du bureau de l'Hôtel-Dieu dépendaient l'hôpital Saint-Louis, fondé en 1607, et l'hospice des Incurables (aujourd'hui hôpital Laënnec), fondé en 1637. Outre les maisons dé-pendant de l'HÔtel- Dieu, du grand bureau des pauvres et de l'Hôpital général, il existait plusieurs fondations privées.

Dans les provinces, l'ordonnance de Moulins (1561) avait mis à la charge de chaque ville ou village l'assistance des indigents; mais la réformalion générale des hôpitaux de France n'était pas facile à réaliser et toute une suite d'ordonnances, du milieu du xvr siècle jusqu'à Louis XIII, s'y attacha vainement. Louis XIV, par un édit de 1662 étendant à toute la fiance les dispositions en vigueur à Paris, ordonna la création, dans chaque ville ou bourg important, d'un hôpital général pour les pauvres malades, mendiants et orphelins, » lesquels seront instruits à la piété et aux métiers dont ils pourront se rendre capables». La plupart des paroisses devinrent des centres d'assistance, dotés d'un bureau de charité. Pour ces créations, il fallait de grandes ressources. En 1693, l'Etat repril les donations précédemment faites aux ordres du Mont-Carmel et de Saint-Lazare tant pour en consacrer les revenus à de nouvelles créations que pour accroître les dotations des établissements les moins riclu-s.

Enfin la déclaration de 1098 attribua à des administrateurs, presque tous laïques, la gestion des hôpitaux : ce fut la règle organique à laquelle furent soumis jusqu'en 1789 (1) la plupart des établissements d'assistance.

Diverses ordonnances (1685, 1699, 1709) réglèrent la police des ateliers de charité : on commençait à entrevoir que la misère naît

souvent de la paresse el à comprendre la supériorité-do l'assistance par le travail.

L'armée de terre.

— Michel Le Tellier et Louvois. — Le père de Louvois, Michel Le Tellier (1603- 1685 .

d'abord intendant à l'armée d'Italie, fut en suite secrétaire d'Etal de la guerre de 1643 à Itititi. Il n'étail pas d'une intelligence supérieure, mais il avail un esprit droit, du jugement, de la fermeté,

Michel Le Tellier

(Buste en bi onze ; I.ouvrc).

(1) En 17m;, on comptait a Paris 18 établissement 9 hospitaliers, chacun jouissant d'une véritable autonomie, d'une dotation propre, <le nombreux privilèges et d'exemptions d'impôts.

IllSlOlKi: DIS FRANCE

une expérience consommée des affaires administratives. C'esl lui qui, pendant l'exil de Mazarin, dirigea en réalité le gouvernement de la France. Au point de vue militaire, il réalisa de nombreuses réformes et amorça un certain nombre de celles auxquelles le nom de Sun lils est demeuré attaché 1 1 1. Michel Le ïellier eul en effet le mérite d'établir la hiérarchie sur la double base du choix el de l'ancienneté, d'améliorer le recrutement et de le diriger dans un sens national, d'unifier la solde et son mode de payement, de préparer (règlement «lu '■> décembre ltitiii l'uniformité de l'habillement el de l'armement, d'adopter dans la question du logement des solutions variables selon 1rs nécessités de lu paix mi de la guerre, mais inspirées des intérêts respectifs de l'habitant et du suidai, d'organiser les étapes, les subsis lames el l'intendance, de jeter les bases de la formation des armes spéciales, artillerie et génie, d'exiger la résidence ainsi (|iit> le service effectif, de créer les services civils de l'armée, enfin de constituer définitivement la justice et la discipline militaires.

Continuant et complétant l'œuvre de sou père, Louvois organisa l'armée de terre, comme Colbert avait organisé la marine, et la soumit à l'autorité du gouvernement central.

François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois (1639-1G91), était, à vingt-deux ans, conseiller au Parlement de Metz, lorsque son père, qui avait obtenu pour lui la survivance de la charge de secrétaire d'État au département de la guerre, lui lit épouser Anne de Souvré, marquise de Courtanvaux (1662). Le roi lui permit d'exercer les fonctions de secrétaire d'État, mais Le Tellier conserva concurremment avec lui la signature jusqu'en 1(577, époque à laquelle il fut nommé chancelier.

Il y a en Louvois deux hommes : l'administrateur, qui fut hors ligne, et le politique, qui fut pour Louis XIV un conseiller trop souvent pernicieux.

Tous les contemporains sont d'accord sur ses façons impérieuses, sa rudesse, sa brusquerie, ses emportements, défauts qu'accentuaient encore son extérieur lourd et la dureté de sa physionomie. Vittorio Siri écrit en 1667, dans le Mercurio, qu'il est « le plus grand commis et le plus grand brutal que l'on puisse voir ». Formé de lionne heure à la pratique des affaires, assidu, appliqué, vigilant, prompt dans ses résolutions, il travailla avec méthode, organisa ses bureaux de manière à en tirer le maximum de collaboration utile et de dévouement à sa personne (2). Connaissant tout le détail des services, sa prévoyance ne négligeait rien pour préparer le succès des armes royales. Mais ces qualités éminentes étaient déparées par l'absence des grandes vues sans lesquelles il n'est pas d'homme d'État complet, un tempérament impulsif qui excluait la prudence dans les résolutions, une présomption el un orgueil aveugles, une ambition démesurée (3), une morgue autoritaire et impatiente qui ne ménageait personne, pas même le roi. Ayant mis la France en état de se battre, il prolongea la guerre pour se maintenir dans son crédit. Il s'opposa en 1672 à ce que l'on fit la paix avec la Hollande, et, s'il n'est pas vrai qu'il ait provoqué l'Europe par les acquisitions des chambres de réunion, dont Colbert. de Croissy est surtout responsable, il ordonna l'incendie du Palatinat et organisa les dragonnades. Il employa toute une armée aux travaux entrepris pour l'adduction des eaux du parc de Versailles et il voyait d'un œil sec les soldats succomber à la fatigue, à la contagion qui décimait leurs rangs : « Qu'ils meurent, disait-il, en remuant la terre devant une place ennemie ou en la remuant dans les plaines de la Beauce, peu importe, c'est toujours pour le service du roi. »

Louvois, par Mir, nard

Le haut commandement. — Richelieu avait supprimé déjà la charge de connétable. Louis XIV supprima en 1602, à la mort du duc d'Epernon, celle de colonel général de l'infanterie el démembra celle de colonel général de la cavalerie en créant un colonel général des dragons. Au-dessous des maréchaux, lieutenants généraux el maréchaux de camp, on créa des brigadiers on dirait aujourd'hui des généraux de brigade pour l'infanterie, la cavalerie et les dragons (1G68 . Les pouvoirs des colonels, si étendus jadis, se trouvèrent par suite considérablement réduits. L'ordre du tableau. — Les grands capitaines du xvne siècle, Iri élogienx pour le soldai, déploraient l'indépendance excessive des officiers, qui apportaient aux armées les habitudes de la Cour. Wordredu tableau assura l'avancement d'après l'ancienneté à partir du grade de colonel. « Au moyen de celte règle, dit Saint-Simon, qui s'en indigne, il l'ut établi que quel qu'on pût être, tout ce qui servait, demeurait, quant au service el aux grades, dans une égalité entière. De là lous les seigneurs dans la foule de tous les officiers de toute espèce; de là cette confusion que le roi désirait; de là peu à peu cet oubli de tous et dans tous, de toute différence personnelle el d'origine, pour ne plus exister que dans cet état de service militaire devenu populaire, tout entier sous la main du roi, beaucoup plus sous celle de son ministre et même de ses commis. Grands et petits, connus el obscurs, furent forcés d'entrer et de persévérer dans le service, d'y être un vil peuple, en loule égalité, et dans la plus soumise dépendance du minisire de la guerre et même de ses commis. Cet ordre du tableau, auquel les officiers généraux étaient soumis, mit tout entre les mains du roi. »

Les « montres ». Le contrôle. — L'armée continua d'être recrutée à prix d'argent et équipée par les capitaines qui, eux-mêmes, ainsi que les colonels, avaient acheté leur brevet ^1 ; mais si Louvois ne supprima pas le « racolage », il imposa aux troupes une discipline rigoureuse, les soumit à de sévères revues ou montres des commissaires des guerres, et frappa de peines redoutables les passe-volants, c'est-à-dire les hommes qui, sans faire partie de l'armée, augmentaient fictivement son effectif les jours de mon lie.

Des inspecteurs généraux de l'infanterie et de la cavalerie (1668) passèrent des revues mensuelles, rendirent compte de l'état des régiments, proposèrent pour l'avancement, contrôlèrent les colonels et les commissaires de guerre. L'inspection spéciale de l'artillerie fut créée ultérieurement. On exigea de tous les officiers, si bien apparentés qu'ils fussent, l'accomplissement strict de leurs devoirs. On connaît le dialogue significatif rapporté par Mme de Sévigné : « M. de Louvois dit, l'autre jour, tout haut à M. de Nogaret : « Monsieur, « votre compagnie est en fort mauvais état. — Monsieur, je ne le sa- « vais pas. — Il faut le savoir, dit M. de Louvois ; l'avez- vous vue ? — « Non, monsieur, dit Nogaret. — Il faudrait l'avoir vue, monsieur. « — Monsieur, j'y donnerai ordre. — 11 faudrait l'avoir déjà donné, « car, enfin, il faut prendre son parti, monsieur: ou se déclarer « courtisan, ou faire son devoir quand on est officier! »

Le roi organisa sa maison militaire de manière à en faire une école préparatoire pour les officiers. A l'exception des princes du sang, tous les jeunes gentilshommes durent commencer par être

Phnt. Lévy frères (Musée do Reims).

(1) L'importance de l'œuvre de Loi' vois serait même beaucoup moins considérable que celle de son père, si l'on admet les conclusions de M. Louis André (Michel Le Tellier et l'organisation de l'armée monarchique, 1906).

(2) Il fut particulièrement seconde par Chamlay et Sainl-Pouange.

(3) Il fui nommé en 1668 intendant général des posles et relais du royaume; en 1671, chancelier des ordres du roi; en 1672, ministre d'État; en 1683, à la mort de Colbert, surintendant des bâtiments, arts et manufactures.

(1) L'usage de vendre les charges militaires s'établit dès le xvie siècle, par suite des besoins de l'Etat, qui avaient déjà fait introduire la vénalité dans les charges civiles. On commença par exiger une « grosse finance » des mestres de camp, qui se la remboursaient ensuite de l'un à l'autre, de nomination à nomination. Le prix des régiments variait suivant leur importance et surtout le rang que, d'après leur ancienneté, ils occupaient dans l'armée. Ainsi les régiments qualifiés de « vieux >» coulaient plus cher. En 1714 leur prix l'ut officiellement fixé à 75 000 livres, celui des autres régiments variant de 55 000 à 40 000; il descendait même jusqu'à 30 000, pour ceux de création relativement récente. A cette même époque on défendit de vendre les compagnies d'infanterie, à l'exception de celles des gardes-françaises. Mais les compagnies de la maison militaire du roi se vendaient à des prix très élevés dès le règne de Louis XIV.

LA MONAKC.HIK ABSOLUE

cadets dans les gardes du corps et y suivre, pendant un an, la règle commune. Il fallait ensuite commander une compagnie île cavalerie ou une lieutenance dans le régiment du roi, avant d'obtenir l'autorisation d'acheter un régiment. Dans la suite, des compagnies de cadets furent formées dans les places frontières, mais leur recrutement laissait fort à désirer, au dire de \ auban, et on le suspendit pour instituer dans les régiments mêmes un cadet par compagnie, mêlant ainsi le futur officier à la vie du soldat.

L'uniforme. — Les régiments se distinguaient parles couleurs de leurs colonels :

l'uniforme par régiment devint obligatoire et l'habillement fui à la charge de l'État.

La marche au pas. La baïonnette. — La marche au pas donna plus de cohésion aux manœuvres, et l'infanterie, précédemment armée de la pi. pie et du fusil, fut pourvue de la baïonnette, qui devait émanciper le fantassin de la

tutelle du cavalier 1699 . Des règlements furent rédigés pour tous les services, les uns applicables en temps de paix, les autres en temps de guerre. L'uniformité de l'exercice fut établie.

Les corps spéciaux. — Le développement des corps spéciaux ne retint pas moins l'attention du ministre que l'organisation générale de l'armée. La garde de l'artillerie, assurée parles Suisses, fut confiée à six compagnies spéciales 1668 . Un régiment de fusiliers du roi, qui prit plus tard la dénomination de « Royal-artillerie », lut institué en 1671 et comprit une compagnie de sapeurs, une de canonniers, deux d'ouvriers. Une compagnie de mineurs et un régiment de bombardiers furent respectivement créés en 107'i et

m 1684. Il y eut une compagnie de grenadiers dans chaque bataillon d'infanterie. Les écoles à feu de Douai, Metz, Strasbourg formèrent des officiers. Dix arsenaux, dix-neuf moulins, cinq fonderies étaient en pleine activité en 1699 ! . — Louvois songea à la constitution d'un corps spécial du génie; il ne donna pas suite à ce projet, mais il créa des compagnies de sapeurs et de pionniers et, moyennant un supplément de solde, lit exécuter par les troupes les travaux de fortification. Les ingénieurs fuient, assimilés aux officiers.

Les étapes. La remonte. Le logement des troupes. — Le Tellier avait organisé le service des étapes, réglementé la distribution des subsistances, rétabli les commissaires généraux des vivres : il semble bien avoir mérité, autant que son fils, le titre de grand uivrier de ce, Louvois n'ayant eu sur ce point qu'à continuel- une œuvre , réalisée. - La remonte l'ut facilitée par Colberl au moyen de la Mon des haras royaux et d'encouragements à la race chevaline. — Louvois substitua au système des « quartiers », que son père avait d'ailleurs perfectionné, le système du casernement, qui fut un bienfait pour les populations 1629). Ce système ne put être immédiatement généralisé, mais le logement chez l'habitanl fut restreint aux centres urbains, assuré par les magistrats municipaux, surveillé par les intendants.

Conseils de guerre. Hôpitaux. — Les conseils de guet i e fui enl ré-

nentés en l66o el la compétence des juridictions militaires fixée

en 1671. Des hôpitaux s'élevèreni en même temps qu'étail construit

Y hôtel dt Invalides l'iT'i pour recevoir les vieux soldais infirmes 2).

l Soua Louià XIV, les canons fra i nnaienl deux sections : les

es de campagne, des calibres de 8, I, 1 et 1 el les pièces de batterie, subdivisées en pièces ordinaires, des calibres de 32, ■!■'<■ 16 el 12, ordinaires, des calibres de 60 el i %.

i Jusqu'au xvie siècle, les invalides fun

con biais dans les abh ivi . où leur U une laissa irer.

i IV décida 1 ,'.'7 d'hospitaliser les vétérans blessés dans uni dite de la Charité chrétienne, mai l'étal des financi I perinil \>

!• iliser son dessein, qui fui repris par Louvois.

Vue générale de l'hôtel des Invalides, gravé par A. Pérelle,

Le Dépôt de la guerre (1688) dut recevoir désormais tous les documents intéressant notre histoire militaire.

Les milices. — En 1688, l'insuffisance du recrutement volontaire détermina Louis XIV à établir le recrutement forcé. Les intendants furent chargés de lever des compagnies de milice de 50 hommes; chaque paroisse assujettie désignait et équipait un homme, la dépense des mousquets étant à la charge de l'État. Tant que les miliciens restaient dans les limites de leur province, ils recevaient de leur paroisse une solde journalière de 2 sous; hors de la province, on leur donnait sur l'extraordinaire des guerres une solde de 3 sous et le pain de munition, I ne taxe spéciale, perçue dans la généralité, servait à payer les officiers. Les miliciens fuient, tirés au sort à partir de Ledit du 10 décembre 1691. En 1701, ils formèrent des bataillons de treize compagnies, qui furent annexés aux régiments d'infanterie. En 1709, les paroisses furent autorisées à se racheter de l'obligation de la milice moyennant 75 livres par homme, et, jusqu'à 17-2.'i, les miliciens ne prirent part à aucune opération militaire. Puissance de l'armée de terre. — Grâce à l'impulsion que donna Louvois à toutes les branches du service de la guerre, la France

put mettre sous les armes jusqu'à 450000 hommes qui, partout, trouvaient des appn>\ isionnements toujours prêts, des logements m a rq nés. Les m a rc h es furent soumises à un ilinéraire régulier. Les convois n'étaienl plus embarrassés de ces gros bagages dont, les officiers se faisaient accompagner, de ce

luxe excessif d'équipe nt

et de i o i i e 1 1 e incom patible avec la simplicité de la vie militaire.

L'ordre de Saint-Louis.

— Louvois mourut e n 1691 I . Deux ans api es fut

Le true q je, de Barbezieux

l II mourul d'une attaque

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lellectuel.

Il n'esl nullement établi li crainte d'uni' disgrâce ait [ours.

Histoire de France.— II.

IIISTOlKi: DE FRANCE

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institué l'ordre de Saint-Louis, différant essentiellement de celui du Saint-Esprit, puisque le mérite et les services étaient les seules

c litions exigées pour en faire partie. Le nombre «les chevaliers

était illimité. Ils étaient choisis parmi les officiers comptant au moins <lix ans de service sur terre ou sur mer [1693] et parfois parmi les sergents îles gardes françaises. Les successeurs de Louvois. Le lils de Louvois, Louis-rFrançois-

Marie Le Tellier, marquis de Barbezieux, qui succéda à sou père 1691 I, ne manquait ni d'activité, ni de talent; mais son goût effréné pour les plaisirs, qu'il menait de Iront avec le travail, causa sa mort au moment où commençaità s'affirmer sa compétence (1701).

Après lui, le ministère de la guerre passa à deux hommes également incapables d'en supporter le fardeau, Michel Chamillart de 1701 à 1709 et Daniel Voisin de 1709 à 1715.

« Depuis la mort de Louvois, dit le général Grimoard, le roi fut son premier ministre de la guerre et présida lui-même, comme le prouventde nombreux documents que l'on a recueillis, à la rédaction de la correspondance avec les généraux. » Vauban. — Les services de la solde, d'une partie du matériel et des fortifications ressortissaient au contrôle général des finances. Colbert, qui avait hérité des attributions du surintendant des fortifications, encouragea et seconda les efforts de Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707), l'un des plus illustres ingénieurs militaires de son temps. De 1655 à 1659, Vauban prit une part active à la guerre de Flandre, et, après la paix des Pyrénées, il travailla à plusieurs places de la frontière du Nord. A la reprise des hostilités (1667), il dirigea les sièges de Tournai, Douai, Lille, Dôle; les travaux qu'il fit à Lille consacrèrent sa réputation. Dans la campagne de Hollande, il conduisit (1673) le siège de Maastricht. En 1674, il prit, sous les yeux du roi, Besançon et Dôle. Nommé brigadier la même année et maréchal de camp en 1676, il obtint de Louvois la création du corps des ingénieurs. En 1678, il devint commissaire général des fortifications et, aussitôt après la paix de Nimègue, il entoura la France, de Dunkerque aux Pyrénées orientales, d'une admirable ceinture de forteresses. En 1683, il s'empara de Luxembourg, dont il fit une place inexpugnable. Lieutenant général au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688), il prit Mons (1691), Namur (1692), Charleroi (1693), et défendit Brest contre les Anglais (1694). Il fut enfin nommé maréchal de France en 1703. Vauban répara 300 places anciennes, en construisit 33 nouvelles

Le marquis de Vauban, gravé par N. Dupuis.

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