VALMY
20 Septembre 1792 français
Prussiens . .. u'iHiaiiQ Échelle 1: 150 000 o Ik
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Plan de la bataille de Valmy (1792).
Adossée à l'Argonne, couverte sur sa droite par le cours de l'Aisne, sur sa gauche par les marais de l'Auve, l'armée française fait face à l'ouest. Son front est ainsi disposé : au centre, Kellermann, sur la butte de Valmy formant saillant du côté de la Champagne ; à gauche, le général Valence, près du carrefour de la Lune, sur la route de Chàlons; à droite, le général Stengel, sur le mont Yvron.
L'avant-garde prussienne (Hohenlohe-Kirchberg) s'est mise en marche à sept heures du matin pour gagner la route de Chàlons par la crête des coteaux parallèles au plateau de Valmy; un épais brouillard favorise ses mouvements. Mais en passant devant le mont Yvron la colonne est accueillie par des volées de mitraille ; quelques instants après, une pluie d'obus s'abat sur ses deux flancs. Les batteries de Hohenlohe ripostent au hasard en attendant le gros de l'armée. Frédéric et Brunswick, marchant au canon, arrivent vers midi. Le roi se décide à attaquer Valmy. L'artillerie ouvre le feu; puis l'infanterie descend dans le vallon qui sépare les deux armées et arrive au pied du plateau opposé. A ce moment le soleil, balayant les nuages, découvre aux regards des assaillants les Français rangés en amphithéâtre sur la butte de Valmy, derrière Kellermann, brandissant leurs chapeaux à la pointe des sabres et des baïonnettes, et défiant l'ennemi aux cris de : Vive la France! Vive la nation! qu'accompagnent la basse sourde du canon et la musique militaire jouant le Ça ira!
Brunswick, déconcerté, arrête les colonnes d'assaut : seule la canonnade redouble de violence. Les batteries françaises (d'Aboville etSénarmont) rendent coup pour coup à l'artillerie prussienne (Tempelhof). Kellermann précipite sa marche, pendant que Stengel contient les Autrichiens de Clerfayt. Vers quatre heures, Beurnonville survient avec des renforts : la bataille est gagnée.
Kellermann, gravé par Bonneville.
de ravins et de marécages.
C'est la forêt de l'Argonne, bordée à l'est par le fossé de la Meuse, baignée à l'ouest par l'Aisne et ses nombreux affluents. Cinq passages relient les deux vallées à travers la forêt : le Chesne-Populeux, la Crui.r-au-Buis, Gramljtré, la Chalaile et les hlettos.
Du mouriez conçut l'idée d'utiliser cette ligne de défenses naturelles. Le 31 août 1792, son avant- garde, commandée par Arthur Dillon, se glissa dans la trouée ménagée entre la Meuse et la forêt; puis, filant audacieusement par une marche de liane devant le front des positions prussiennes, elle balaya toute la rive gauche de la rivière et occupa successivement les cinq défilés. Dumouriez,
suivant de près, transforma l'Argonne en camp retranché, et, le 4 septembre, de son quartier général de Grandpré, il écrivit à Paris : « Les défilés de l'Argonne sont les Thermopylesde la France, mais je serai plus heureux que Léonidas. »
Délogé de la Croix-au-Bois et du Chesne-Populeux, débordé sur sa gauche par les Autrichiens et les émigrés, pressé en arrière par les Prussiens, Dumouriez, isolé à Grandpré, changea de front et résolut l'occupation du plateau de Valmy, à l'ouest de Sainte- Menehould, pour menacer de flanc les colonnes ennemies et commander la route de Chàlons. Brunswick, traversant l'Argonne par Grandpré, descendit droit au sud, afin de couper Dumouriez à Chàlons.
Le choc si impatiemment attendu par Frédéric-Guillaume et les émigrés eut lieu le 20 septembre 1792 : il se termina par la victoire des Français. Si la « canonnade de Valmy », qui ne coûta la vie qu'à cinq cents hommes, n'eut pas de résultat matériel appréciable, son effet moral fut par contre extraordinaire. C'était la première victoire remportée par la Révolution sur les coalisés et les émigrés : elle rabaissa l'orgueil des Prussiens et donna aux Français une foi inébranlable dans l'avenir de leurs armes.
Le grand poète de l'Allemagne, Gœthe, qui suivait l'armée prussienne avec le duc de Weimar, répondit à ceux qui lui demandaient
LA REVOLUTION
ses impressions : « De ce jour et de ce lieu date une ère nouvelle pour l'histoire du monde, et vous pourrez dire : j'y étais. »
Séparation de l'Assemblée législative. — Le lendemain de la victoire de Yalmy, l'Assemblée législative se sépara pour faire place à la Convention nationale, qui avait tenu la veille sa première séance. Elle avait assisté à la chute de la monarchie constitutionnelle et à l'avènement de la démocratie jacobine, en même temps qu'au début de cette épopée gigantesque qui ne se termina qu'en 1815.
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Sceau de la République (1792).