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LA PÉRIODE GIRONDINE

Les partis. — La Convention nationale se constitua le 20 septembre 1792 et ouvrit ses séances le 21. Elle se composait de 749 membres, dont un tiers environ avait déjà siégé dans les deux Assemblées précédentes. Depuis trois ans, Paris dirigeait la Révolution; mais les départements avaient renforcé le parti de la Gironde, brillant par la supériorité des talents et de l'éloquence, dominant dans les administrations départementales et les ministères, s'appuyant sur les classes moyennes.

Lors des élections, Paris avait écarté tous les candidats girondins et manifesté ses idées avancées par des choix signiticatifs : Maximilien Robespierre et son frère Augustin, Danton, Camille Desmoulins, Marat, le boucher Legendre, Billaud-Varenne, le poète Fabre d'Églantine, le peintre David, Collot d'Herbois, le duc d'Orléans (Philippe-Égalité), le procureur syndic Manuel.

Ces montagnards (li prétendaient gouverner exclusivement pour le peuple, avec le peuple, et devaient pousser jusqu'à ses plus extrêmes conséquences l'application des principes révolutionnaires. Leurs partisans étaient encore en minorité dans le gouvernement et l'administration. Ils exerçaient quelque action sur Pacbe, ministre de la Guerre, et sur Monge, ministre de la Marine; mais Roland, qui lestenaità distance, était assuré du concours de Lebrun (Affaires étrangères), Clavière (Finances) et Garât (Justice). Ce dernier succéda à Danton le 12 octobre 1792, lorsque la Convention eut décidé que les minisires ne pourraient être pris dans son sein.

La Plaine ou centre élait composée de ces hommes essentiellement influençables que les montagnards désignèrentsous le nom de crapauds du Mara is , parce qu'ils ne manifestaient le plus souvent leurs opinions que par des rumeurs confuses. Inclinant par sentiment vers la Gironde, ils se laisseront finalement entraîner aux solutions les plus radicales.

Etablissement de la République. — Les élections (2) à la Convention avaient été, à la presque unanimité, antimonarcbiques, et le premier acte de l'Assemblée lut de déclarer, sur la proposition de Collot d'Herbois, que « la royauté était abolie » (21 septembre . C'est à relie occasion que l'évêque constitutionnel de Loir-et-Cher, l'ancien constituant Henri Grégoire, prononça les paroles célèbres : ii Les rois sont dans l'ordre moral ce que lesmonstres sont dans l'ordre physique; les Cours sont l'atelier

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Henri Grégoire, gravé d'après Bonneville.

La panthère autrichienne i Le traître Louis XVI

« à la lanterne, » « à la lanterne, »

" voués au mépris

et à l'exécration de la nation française dans leur postérité la plus reculée

(Estampes satiriques de la Bibliothèque nationale).

(1) La « Montagne » de la Convention fut ainsi appelée par analogie avec l.i montagne biblique, avec le Sinaï, « d'où descend sur les Français la loi

ivelle », el se< membres ne siégeaient pas tout d'abord sur 1rs bancs les

plus élevés. — « 11 y a des montagnards un peu pari oui dans la Convention, el ils ne forment pas un groupe ». (F. -A. Ai i

2 pour bs élections à la Convention, le système des deux degrés lui i oirement maintenu, à cause de l'urgence; mais la distinction entre le citoyens actifs el pas if . déjà supprime,' par quelques sériions de Paris, le Cul définitivement par l'Assemblée législative luis les Français majeurs el e] iciliés eurent le droit, sans condition de cens, de voter dans les assemblées primaires, convoquées pour le dimanche 26 août; les assemblées élei torales le furent pour le dimanche 2 septembre et jours suivants.

HISTOIRE DE FRANCK

du crime, le foyer de la corruption : l'histoire des rois est le martyrologe des nations. » Le lendemain, à la demande de Billaud- Varenne, la Convenlion décida que « tous les actes publics seraient désormais datés de l'an Ier de la République ».

Girondins et montagnards. Danton, Robespierre, Marat.

— La rivalité de la Gironde et de la Montagne éclata avec opiniâtreté dès les premières séances. Les montagnards considéraient comme

Danton

(Musée Carnavalet).

Robespierre

Marat (Musée Carnavalet).

nécessaire au salut public un gouvernement centralisateur et acceptaient l'omnipotence de la capitale. Les girondins, ennemis des coups de force et respectueux de la légalité, opposaient l'influence des départements à celle de Paris. Ils réclamèrent des lois répressives contre « l'anarchie » et la constitution d'une garde soldée, prise dans les 83 départements (24 septembre). « Il faut, avait dit Lasource, que Paris soit réduit à 1/83 d'influence, comme les autres départements »; puis il affirma qu'il existait dans la Convention des aspirants à la dictature. L'accusation visait Danton, Robespierre et Marat.

Né en 1759 à Arcis-sur-Aube et avocat aux conseils du roi, Danton avait fondé en 1790 le club des Cordeliers. Son rôle prit de l'importance après la fuite de Louis XVI, dont il demanda la déchéance par une pétition qui provoqua des poursuites judiciaires. Il passa en Angleterre, revint à Paris au bout de six semaines, fut élu substitut du procureur de la Commune (novembre 1791) et usa de l'influence que lui donnait ce poste pour participer à l'organisation du Dix Août. Ministre de la Justice, il fut, après la suspension du roi, l'homme marquant et dirigeant du Conseil exécutif provisoire. « Le « Mirabeau de la populace » avait de la ressemblance avec ce tribun des hautes classes : des traits heurtés, une voix forte, un geste impétueux, une éloquence hardie, un front dominateur. » (Mignet.) Pour lui la Révolution réalisait les destinées nationales; elle était par excellence l'œuvre qui « accomplit l'histoire des Français et ne la rompt pas ». Jusqu'alors il avait exercé une influence souveraine sur les masses : il va maintenant imposer à l'Assemblée par l'audace de sa conception et la fougue de sa volonté. Les accusations de vénalité qu'on a portées sur son compte ne sont pas fondées, et il n'est pas vrai qu'il ait organisé ou encouragé les massacres de Septembre.

Maximilien de Robespierre (1758-1794), avocat à Arras, avait déjà affirmé ses idées démocratiques, comme député à la Constituante. Bien que son éloquence fût froide et compassée, il était devenu le guide politique des jacobins, dont il dirigea l'opposition à la politique de la Gironde, et il avait fait partie de la Commune du Dix Août. Mirabeau disait de lui : « Il ira loin : il croit tout ce qu'il dit. » Modestement logé chez le menuisier Duplay, charitable dans la vie privée, austère, surnommé par Marat » l'incorruptible », il fut dans la vie publique défiant, sectaire et dissimulé. Il encourt devant l'histoire la responsabilité d'avoir, dans l'intérêt de sa politique personnelle, prolongé le régime terroriste et hypocritement prépaie la condamnation de son ami Danton.

Jean-Paul Marat, né en Suisse (1743-1793), avait vécu à Londres de 1767 à 1777, fuyant les « prétendus philosophes » et « leurs funestes leçons ». Nommé en 1778 médecin des gardes du corps du comte d'Artois, il attira l'attention par ses travaux scientifiques. Sa

première brochure politique, Offrande à la patrie, et le numéro unique du Moniteur patriote lurent bientôt suivis des diatribes véhémentes du Pablieiste parisien (1789), qui devint le célèbre Ami du peuple. Il tourne en ridicule l'œuvre de la Constituante, voit dans la prise de possession des biens du clergé une confiscation du « patrimoine des pauvres » et qualifie la Déclaration des droits île l'homme de «leurre dérisoire pour amuser les sots ». Deux fois décrété d'arrestation, obligé de fuir pendant quatre mois en Angleterre, il

revient en Fiance en 1790. La fuite de Louis XVI lui fournit le sujet de violentes attaques contre les girondins. De nouveau décrété de prise de corps, il se cache chez le boucher Legendre et ses presses sont saisies. Mais administrateur de la Commune après le Dix Août, il provoque les massacres de Septembre. « Sensible » comme tous les hommes du xvme siècle, interprète exalté des idées du club des Cordeliers, animé d'une pitié convulsive pour les maux du peuple, il voit partout des complots, des trahisons, et chacun de ses articles demande du sang. Il fut en somme le champion du césarisme démagogique.

Danton comprenait que, si les partis ne conservaient le pouvoir que par la violence, ils se détruiraient successivement, et il ne cessa de préconiser la conciliation; mais à ces ouvertures de rapprochement, Barbaroux répondit avec véhémence : « Il n'est pas possible que le vice marche jamais d'accord avec la vertu! »

Lorsque le conflit s'envenima entre les montagnards et les girondins, Danton fit de nouveau appel à la concorde, demandant qu'on ne rendit pas tous les députés de Paris responsables des exagérations de 1' « ami du peuple ». Robespierre se disculpa; mais Marat avoua hautement qu'il avait, lui seul, préconisé la dictature. Les girondins s'efforcèrent de le faire décréter d'accusation, et c'est à la fin du débat qu'il s'appliqua un pistolet sur le front, déclarant que, si le décret eût été rendu, il se serait fait sauter la cervelle au pied de la tribune. L'Assemblée, passant à l'ordre du jour, décréta l'unité et l'indivisibilité de la République, résolution dirigée contre les projets fédéralistes qu'on prêtait aux girondins. Mais lorsque Danton eut quitté le ministère (12 octobre 1792) et que la politique du Conseil exécutif fut purement girondine, la lutte redoubla d'acuité.

Le 29 octobre, Louvet de Couvray renouvela l'accusation précédemment portée contre Robespierre de « marcher au suprême pouvoir ». Robespierre obtint un délai pour préparer sa défense, qu'il présenta victorieusement le 3 novembre, dans un discours dont la Convention décréta l'impression et l'envoi aux départements. La Gironde subissait un premier échec et elle en subit un second à l'occasion du renouvellement de la municipalité : les montagnards Chaumette et Hébert furent élus : le premier, procureur de la Commune, et le second, substitut; un peu plus tard, un troisième montagnard, Pache, fut appelé aux fonctions de maire.

Exécution de Louis XVI (21 janvier 1793). — Depuis l'ouverture de la Convention, la mise en accusation de Louis XVI était réclamée par les clubs et par des adresses envoyées de tous les points de la France. Le 6 novembre, le girondin Valazé, au nom de la commission chargée d'examiner les papiers trouvés aux Tuileries, présenta son rapport, et le lendemain, Mailhe, au nom du Comité de législation, conclut: 1° que Louis XVI devait être jugé; 2° qu'il devait l'être par la Convention nationale.

La personne du roi déchu était inviolable aux termes de la Constitution de 1791, qui avait établi la responsabilité ministérielle; mais la découverte aux Tuileries, alors que la France était menacée d'une coalition générale, de 1' « armoire de fer », déchaîna contre Louis XVI l'hostilité des partis révolutionnaires. Le serrurier Gamain, qui l'avait construite, en avait dénoncé l'existence au ministre de l'Intérieur, Roland : on y trouva un grand nombre de papiers, entre autres des pièces établissant la politique secrète de Mirabeau et l'accord de la Cour avec la contre-révolution.

LA RÉVOLUTION

Les débats s'ouvrirent le 13 novembre. Sajnt-Just et Bobesp'erre demandèrent que Louis XVI fût mis hors la loi et condamné, sans jugement, à une mort immédiate. « Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme, dit Robespierre, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer. » La majorité, composée d'une grande partie des girondins et de la Plaine, n'osa pas se déclarer pour l'inviolabilité du roi et, le 3 décembre, la Convention décréta que LouisXVI serait jugé par elle.

Le 11 décembre, Louis XVI fut conduit à la barre de la Convention et lecture lui fut donnée de l'« acte énonciatif des crimes de Louis, dernier roi des Français» (L, rédigé par Barbaroux. Le roi, gardant une contenance calme et ferme, répondit aux trente-trois questions qui lui étaient posées. Malesherbes et l'ancien avocat au Parlement, Tronchet, qu'il avait choisis pour défenseurs, s'associèrent un jeune avocat de Bordeaux, De- *<■/.<'. Target, qui avait reçu naguère des bienfaits de Louis XVI, refusa de le défendre. Le 26 décembre 1702, l'Assemblée écouta en silence la plaidoirie de Desèze qui opposa à la Convention la Constitution de 1791 : « Je cherche en vous des juges, s'écria-t-il, je ne vois que des accusateurs » (26 décembre 1792).

A peine LouisXVI eut-il été reconduit au Temple que Lanjuinais, au milieu des protestations de la Montagne, demanda l'annulation de la procédure. « Vous ne pouvez, dit-il, rester juges, applicateurs de la loi, jurés d'accusation, accusateurs, jurés de jugement, ayant tous ou presque tous ouvert votre avis, l'ayant fait, quelques-uns de vous, avec une férocité scandaleuse. » La discussion se poursuivit durant douze jours. Elle fut close le 7 janvier 1793, et l'on décida que les questions seraient ainsi posées : Louis est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentat contre la sûreté générale de l'Étal? - Le jugement sera-t-il soumis à la sanction du peuple? — Quelle sera la peine? — Sera-t-il sursis à l'exécution?

La réponse à la première question fut affirmative, à la presque unanimité (15 janvier). Sur la deuxième question, il y eut 281 voix pour et 423 voix contre l'appel au peuple (16 janvier). L'appel nominal sur la troisième question commença le 16 janvier, à huit heures du soir, et ne dura pas moins de vingt-cinq heures : 334 voix se prononcèrent pour le bannissement, la détention ou la mort conditionnelle, et 387, dont celle de Philippe-Égalité, pour la mort 17 janvier) ; la peine de mort fut donc prononcée, sans condition, à la majorité de 53 voix. Le sursis fut écarté par 380 voix contre 310 19 janvier . Les girondins, tout en déclarant le roi coupable de trahison, auraient voulu lui épargner l'échafaud, et c'est dans ce but que Vergniaud avait demandé l'appel au peuple, qui fut écarté, sur la motion de Barère. .Mais, finalement, ils « n'osèrent, ne voulurent ou ne purent sauver la tèle de Louis ».

L'exécution devait avoir lieu dans les vingt-quatre heures, c'està-dire le 21 janvier. Des forces militaires imposantes furent massées sur les boulevards et une nombreuse artillerie escorta le condamné, qui lisait la prière des agonisants. Le baron de liai/, avait formé le projet chimérique d'enlever Louis XVI sur le chemin même de l'échafaud, à l'angle de la rue de la Lune; mais les quelques conjurés qui purent venir au rendez-vous ne trouvèrent pas d'écho dans la foule (2 . Le roi monta d'un pas ferme sur l'échafaud, ôta lui-même Son habil el sa cravate et s'avança pour parler au peuple : h Français, dit-il d'une voix sonore, je meurs innocent des crimes qu'on m'impute; je pardonne aux auteurs de

ma mort, et je demande que mon sang ne ret be pas sur la

France. » Un roulement de tambours couvrit sa voix, les bourreaux s'emparèrent de lui, et le plus jeune d'entre eux montra

au peuple avec une ostentation indécente la tète de Louis XVI (1). La veille t\c l'exécution, le représentant Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, qui avail voté la mort, fui assassiné, presque au sortir de la séance, par un ancien garde du corps, nommé Pâlis. La Convention lui décerna les honneurs du Panthéon et assista en corps à ses funérailles (24 janvier).

Proscription des girondins (31 mai-2 juin 1793). — En

(1 L'acte énonciatif faisait grief à Louis XVI d'avoir pris des mesures contre les représentants de la nation les 20 et 23 juin 1789, d'avoir hésité à sanctionner certains décrets de la Constituante, d'avoir toléré la manifestation des gardes du corps (octobre 1789 . de n'avoir pas tenu le serment prêté lors de la fêle de la Fédération, d'avoir tenté de quitter Paris pour se placer sous la protection de Bouille et dicter ses volontés a 1 Assemblée, d'avoir intrigué il accord avec I.a Fayette et Mirabeau, d'avoir essayé de l'aire échec a 1 i Constitution, d'avoir entretenu des intelligences avec les émigrés, etc.

(2) « Les autres, par l'effet des mesures prises dés la pointe du jour dans toutes les rues de Paris, ne purent même pas sortir de leurs maisons. » Relation dTSDGBWOHTH.)

Histoire dk France. — II.

Exécution de Louis Capet, XVI'' du nom, le 21 janvier 1793 » (Estampe de la Bibliothèque nationale).

présence des complications extérieures et de la persistance de l'action contre-révolutionnaire, la Convention avait, dès le début de l'année 1793, pris des décrets où était déjà en germe le régime terroriste : envoi de représentants en mission aux armées et dans les départements, tribunal révolutionnaire, Comité de salut public supérieur au Conseil exécutif, Comité de sûreté générale (Voir p. 243).

La condamnation de Louis XVI avait fourni à chacun des deux partis de nouveaux prétextes de se combattre. Après la défection de Dumouriez, l'arrestation des commissaires et celle du ministre de la Guerre, Beurnonville (Voir p. 241), les montagnards accusèrent les girondins de complicilé avec, le traître. Les girondins se retournèrent vers Danton, qui avait, disaient-ils, connu les projets de Dumouriez quand il avait été envoyé' récemment en Belgique. ■ Le salut public, disait Marat, est la loi suprême : or, deux cent, soixante-dix mille nobles et prêtres, avec leurs partisans, mettent l'État en danger; donc, il faut faire tomber les deux cent soixante-dix mille tètes. » Chaque malin, dans son journal l'Ami </n /iru/>l<', il demandait cet holocauste, et, le 13 avril 1793, Guadet vint signaler à l'Assemblée une adresse de la société des Jacobins, signée par Marat, leur président, qui contenait celte phrase : » Citoyens, armonsnous! La contre-révolution est dans le gouvernement; elle est dans le sein de la Convention. Citoyens, marchons-y 1 marchons! » Marat s'écria de sa place : « Oui, marchons ! « A ces mots, les girondins se lèvent et, par 220 voix contre 92, obtiennenl la mise en accusation de !' « ami du peuple » (13 avril ; mais le tribunal révolutionnaire l'absoul à l'unanimité (24 avril 1793) et Maral esl porté en triomphe au milieu de la salle de la Convention, le front ceint d'une couronne de chêne.

Le maire de Paris, Jean-Nicolas Pache, était venu le 15 avril, au nom des sections et du Conseil général 15 avril 1793), sommer la Convention de punir les •■ traîtres el les tyrans » et demander qu'on « purifiai la représentation nationale » en expulsant les députés de la Gironde. La majorité de la Convention se prononça pour l'inviola-

ii L'abbé Edgeworth de Firmonl tai i enouillé sur la dernière marche de l escalier de réeiiafaud. !.e^ paroles céb bres qu'on lui a attribuées: « Fils de - ii ni Louis, montez au ciel, » onl peul être été imaginées le jour même de l'exécution par Charles His, directeur du journal antiterroriste, le Républi

,,iiii /murais. - - Les restes de Louis X \ I furent i n h unies rue d'Anjou-

Saint-Honoré, a l'endroit où a été élevée depuis la chapelle expiato

bilité de ses membres; le parti modéré, l'emportant une Pois encore, fit décréter qu'une commission de douze membres vérifierait les actes de la Commune et rechercherait les complots tramés contre la représentation nationale (18 mai 1793).

Le 24 mai, la commission des Douze fit arrêter quelques conspirateurs, entre autres Hébert, substitut du procureur de la Com-

Lanjuinais, gravé d'après Bonne ville.

Hérault de Séchelles, gravé d'après Bonne ville.

mune, rédacteur du Père Duchesne, feuille que son langage ordurier mettait à la portée de la plus basse populace. Dès le lendemain la Commune vint demander à la Convention justice de la commission des Douze, qui avait enlevé à ses fonctions et enfermé à l'Abbaye un magistrat du peuple. Le girondin Isnard, qui présidait la séance, répondit à la députation : « Écoutez ce que je vais vous dire. Si jamais, par une de ces insurrections qui se renouvellent depuis le 10 mars, il arrivait qu'on portât atteinte à la représentation nationale, je vous le déclare, au nom de la France entière, Paris serait anéanti; oui, la France entière tirerait vengeance de cet attentat, et bientôt on chercberait sur quelle rive de la Seine Paris a existé. » La députation fut congédiée sans .avoir rien obtenu, mais l'agitation ne fit que s'accroître et Hébert fut mis en liberté.

Danton essaye encore, tout en censurant les agissements de la Commune, de préconiser l'union des partis; il y échoue : la Gironde touche à sa ruine. Le 30 mai, un Comité insurrectionnel, qui s'était formé à l'évèché, se renforce des délégués des sections. Le 31, au matin, il met la main sur le Conseil général, donne l'ordre de fermer les barrières, confie à Hanriot le commandement de la garde nationale, alloue une solde aux citoyens armés, et, dans l'après-midi, une délégation des sections invite la Convention à supprimer la commission des Douze et à décréter l'arrestation de vingt et un girondins. Elle obtient gain de cause sur le premier point, après un véhément discours de Robespierre. Enhardie par cette concession, elle se prépare à l'action sous l'impulsion de Marat. Le 1er juin, elle prend le nom de Comité de salut public drs sections et adresse aux Parisiens une proclamation enflammée.

Le "2 juin, au petit jour, la Convention est entourée par 100 000 hommes en armes, qui lui demandent l'arrestation des principaux girondins. Plusieurs députés consentent à abdiquer leurs fonctions; Lanjuinais s'y refuse. « On veut,< dit-il, les sacrifices de nos pouvoirs, mais les sacrifices doivent être libres, et vous ne Tries pas! » Sur la proposition de Barère, l'Assemblée entière se lève, ayant à sa tète le président Hérault de Séchelles, arrive dans la cour des Tuileries, du côté du Carrousel, et se trouve en présence des canonniers. Le président signifie à Hanriot d'avoir à livrer passage aux représentants du peuple. « Nous ne sommes pas ici, dit Hanriot, pour entendre des phrases. Vous ne sortirez pas que vous n'ayez livré les traîtres.... Canonniers à vos pièces! » La Convention recule et se dirige vers le jardin, dont toutes les issues sont garde.es. Marat, à la tête d'une troupe de sans-culottes, dit au président : « Je vous somme de retourner à votre poste que vous avez lâchement abandonné. »

L'Assemblée rentre dans la salle de ses séances. Sous le coup de cette violence, elle décrète l'arrestation de vingt-neuf girondins. Ce fut, comme on l'a dit, « le Dix Août de la Convention », l'écrasement de la représentation nationale, le triomphe de Robespierre et de la Commune, qui rendait les girondins responsables de la défaite de Neerwinden et de la trahison de Durnouriez.

Hanriot, grave d'après Bonneville.

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