INTRODUCTION, XJ
emblème heureux du pouvoir de la raison et de r éloquence.
Notre Thçutatès remplit dans les cieux la même mission que Mercure.
Ésus est sanguinaire comme Mars , mais moins débauche que Jupiter.
Les Gaulois rendaient à Minerve le même culte que les Grecs.
Nos fées, sont plus attrayantes que les sibylles.
Le gui de chêne , par ses merveilles , choque moins le bon-sens que ce clou sacré , enfoncé solennellement par les dictateurs à la porte des temples pour éloigner la peste; et Fimage de Bérécynthie promenée dans les champs gaulois , ainsi que les chrétiens y portèrent depuis celle de la vierge de Nanterre pour appeler sur eux la rosée du ciel , plaît davantage à l'imagination que le culte sévère de Cybèle et de Vesta.
Revônens donc à présent sur nos pas , Époq et reportons nos regards sur cette époque ^« ^««"^ désastreuse oii la ruine de Rome parut
ue de la ruine
XÎj INTRODUCTION.
replonger dans le chaos le monde civilise.
Les antiques monumèns, les mystérieuses et gigantesques grandeurs de l'Egypte sont loin de nous ; nous avons vu naître et mourir T empire de Cyrus ; les héroïques et riantes fables de la Grèce ont disparu ; la nation des miracles , le peuple de Dieu languit dispersé 5 Torgueilleuse Carthage est détruite.
Nous avons suivi tous les pas du colosse romain depuis son bercpau jusqu'à sa tombe ; nous avons décrit âon accroissement rapide , son habileté profonde , sa force, sa gloire, sa grandeur, sa liberté, son luxe , sa corruption , sa décadence , sa servitude ; nous entendons encore le bruit de sa chute , et nous venons de voir ses derniers débris écrasés dans Byzance par les farouches enfans de Mahomet.
Au signal de la destruction de Tempire romain en Italie, TOccident est devenu la proie des sauvages guerriers du Nord ; une moitié du monde s'est vue esclave et
INTRODCCTION. XÎij
musulmane , F autre chrétienne , mais barbare; les arts, les lumières, les richesses j la civilisation de tanjt de siècles ont fui devant le fer des Celtes et des Scandinaves ; T olympe est sans dieux , le Parnasse sans muses.
Le voile sombre de Tignorance s'est étendu sur ces belles contrées où les sciences jetaient naguère un si vif éclat : ce Capitole où montaient tant de triomphateurs , ce Forum où Cicéron enchaînait par son éloquence une foule attentive , cette superbe Rome que Virgile enorgueillissait en ressuscitant les héros troyens , cette cité célèbre où Içs vers harmonieux d'Horace disposaient le cruel Octave à faire chérir le pouvoir d'Auguste , où le sévère Tacite faisait pâlir les tyrans, ne retentissent plus que des cris de guerre desHérules, des Goths et des Lombards.
L'indomptable Espagne a succombé TaWeau a*
^ ^ ^ , . U Gaule.
sous les coups des Suèves , des Visigoths ; les Vandales l'ont traversée pour ravager rÀfrique. Enfin la Gaule, depuis long-