CHAPITRE III
F!VÊN£MENTS en ÉGYPTE.
Ciution fausse, par lord Grcnville, d’une lettre du général Uonapartc. — Méprise du gouTemement anglais produite par une lettre de Kléber. — Succès des Français dans la haute et dans la basse Égypte. — Réponse du grand vizir k une lettre du général Bonaparte. — Réponse du grand vizir k Kléber, — Lettre de Sidney-Smilb à Kléber. — Nomination du général Desaix et de M. Poiissielguc comme plénipotentiaires français. — Contraste ïdes dispositions de Desaix et de Klélxir. — Lettre de Sidney-Smith au général Kléber. — Motifs de la nomination de DesaLx comme plénipotentiaire. — Temporisation de Sidney-Siuilli. — Propositions des né);ociateurs français. — Étal de la négociation le 8 janvier. — Abandon, fait par Kléber, des principales demandes de ses plénipotentiaires. — Hésitation des plénipotentiaires. — Signature de la convention pour l'évacuation de l'Égypte.
— Remarques sur la forme de cette convention. — Fausses allégations de sir Walter Scott. — Effet produit par la nouvelle du 18 brumaire. — Violation par les Anglais de la convention d’El-Arisch. — Indignation de Kléber et son bel ordre du jour. — Bataille d'Héliopolis. — Reprise du Caire. — Union de Mourad-Bcy avec Kléber.
— Affermissement de la puissance frauçaise en Égy-pte. — Bonaparte et Kléber. — Réfutation par Kléber luiméme de sa lettre au directoire. — Sagesse des mesures administratives et militaires de Kléber. — Assassinai de Kléber, — Anecdote sur le Schcick-Sada.
} Parmi les motifs allégués au parlement d’An- ^ gleterre pour juslincr le rejet des ouvertures de paix faites par le premier consul, et pour prouver * qu'il n’y avait pas de sûreté à entrer en rapport avec lui, lord Grcnville ’ avait cité, en le dénaturant, un passage des instructions laissées par Bonaparte au général Kléber, instructions dont une copie, jointe à une lettre adressée par ce dernierau directoire, sous la date du 2C septembre, et interceptée par la croisière anglaise dans la Aléditerranéc, était ainsi parvenue entre les mains du cabinet de Londres. Suivant la citation infidèle de ce ministre, le général Bonaparte aurait prescrit à Kléber U de signer un traitcj pour l'évacuation de » l’Égypte, mais de n'en point exécuter les articles, a sous le prétexte plausible d'etre obligé d'en soun'nicUrc la ratincalioii au directoire; » cl lord Grcnville de se récrier sur un prétendu système de fraude et de perfidie, très-condamnable en effet s'il eût été réel, mais qui au fond n’existait pas. 11 est pénible de penser qu'un homme comme lord Grcnville , ait, sciemment et à dessein, altéré le sens, très-précis et très-clair, du passage qu’il cite, dans le but de tromper le parlement; mais toute-
' Séance du 28 janvier.’
fois on a peine à comprendre qu’il n’y ait eu de sa part qu’une erreur d’interprétation. Le général Bonaparte, après avojr indiqué les conditions auxquelles il conviendrait de traiter, chargeait le général Kléber d’insister sur la nécessité u d’une sus- » pension d’armes de six mois, afin que, pendant » ce tcmps-là, l’échange des ratiHcations pût avoir U lieu. Supposant, continuait -il, que les circoni> stances soient telles que vous croyiez devoir i> conclure ce traité avec la Porte, vous ferez sentir M que vous ne pourrez pas le mettre à exécution, U qu’il ne soit ratifié; et, suivant l’usage de toutes » les nations , l'intervalle entre la signature d’un Il traité et sa ratification doit toujours être une » suspension d’hostilités, n Sous quel rapport ces paroles peuvent-elles prêter à une supposition de mauvaise foi? La mauvaise foi ne serait-elle point de vouloir y trouver un sens qu’elles ne renferment pas? Une condition, qui doit faire partie d’un traité, est-elle une fraude? une clause formellement stipulée, une supercherie? Ce qu’il y a de remarquable dans une telle allégation, et je la rapporte particulièrement à cause de cette singularité, c’est que le même genre de reproche, qui porte à faux de la part de l’Angleterre contre la France , SC trouve fondé, légitime, de la part de la France