‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 32 sur 298 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

POLITIQUE EXTÉRIEURE

Propoxiiinns do paix faitM h l’Aiilrirhe psr le premier consul. — Traité de subsides entre l'.Aiitriche et rAiigletcrre.

— Envoi du comte de Saint-Julien A Paris par la cour «le Vienne. — Si«;nalure de préliminaires de p.iix entre la France et l'Autriche. — Refus fait par rAiitriche de ratitier les préliminaires «le paix. — Offre faite p.ir l’Anj{leterre de prendre part à la né(;ociation. — Ouverture de iii'f'oeiatinns entre la France et l’Anfllcterre. — Remarques sur ces négociations. — Prise de Malte par les Anglais. — Réunion déHuitive à la France de la rive gauche du Rhin. — Éloignement de l'Angleterre pour la paix. — Prolougntion de rarmisticc pour sept jours. — Prolongation de l'armistice pour quarante-cinq jours. — Occupation de la Toscane par les troupes Françaises.

— Intérieur. — Juste distribution «le punitions et de récompenses. — Mort du grenadier la Tour d’Auvergne. Fêle du 14 juillet. — Fête de la fondation de la république. — Indulgence pour les émigrés. — Acte tyrannique envers le général Foissac la Tour.

Si l'ün a pu supposer que le premier consul n'avait fait qu'une démarche politique et une démonstration calculée, en manifestant le désir de la paix, aux premiers jours de son avènement au pouvoir, puisqu'alors la paix n'aurait pu se conclure qu'à des conditions défavorables, ce désir, par le même principe, devait être, de sa part, sincère et franc après la convention d'Alexandrie. Du champ de bataille de Marengo, il en avait renouvelé la proposition à la cour de Vienne, sans rien ajouter aux bases qu'il avait antérieurement indiquées. Il avait aussi exprimé à cette cour sa disposition à étendre aux armées d'Allemagne la suspension d’armes signée pour l’Italie. L’Autriche, après scs premiers désastres, ne demandait pas mieux que de négocier; mais an moment où elle reçut les nouvelles ouvertures du premier consul, elle venait de se placer dans une situation qui lui interdisait pour quelque temps la faculté de rien conclure. Un doute s’élève dont je n’ai vu nulle part la solution. Depuis plusieurs mois , l’Angleterre pressait la cour de Vienne d’accepter des subsides nouveaux, mais sous l’obligation de ne point traiter séparément avec la France avant le 28 février 1801. De son côté, cette cour, voulant rester maîtresse de scs actes, SC refusait à prendre un tel engagement, et la signature du traité se différait de jour en jour. Il fut signé justement le 20 juin. Cette signature fut-elle duc à l’ignorance des événements d’Italie,

ou fut -elle un coup de désespoir amené par ces événements? Chacune de ces hypothèses a scs vraisemblances L La bataille de Marengo, livrée le 14 juin, avait paru gagnée jusqu’à cinq heures d’après midi; mais alors la chance ayant tourné, le général Mêlas dut, dans la nuit, pourvoir à la retraite de son armée en désordre. La journée du lendemain fut remplie pour lui par la discussion du déplorable armistice de ce jour, d’autant plus qu’il était privé de l’assistance de son chef d’étatnnijor, le général Zach , fait prisonnier la veille. Il est donc probable que le général Mêlas ne put pas, avant le 16, faire à sa cour le rapport de la bataille et de ses suites, et, comme son courrier avait à traverser les postes de l’armée française, ce qui amène toujours des retards, peut-être le 20 juin, ce courrier n’était-il pas encore arrivé à Vienne. La supposition contraire n’est pas non plus impossible, et quelques écrivains ont prétendu que le général Mêlas, au moment où il s’était cru assuré de la victoire, n'était rentré à Alexandrie que pour en expédier la nouvelle à Vienne. La supposition qui place la signature du traité de subsides après la nouvelle de la bataille perdue, ferait honneur à la fermeté du cabinet autrichien , puisqu’en recevant les guinées de l’Angleterre pour la

• M. Schitll «lit que le Irailé fut signé peu d’heures avant la nouvelle de la perte de la bataille de Marengo.

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