‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 93 sur 298 · CHAPITRE XXIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIll

soilc nalurello de son habitade de vouloir, en chaque aiïaire, épuiser, jusqu'à la dernière heure, lous les délais possibles? ou bien se rapportaientils à la nature nouvelle des circonsiances, qui laissaient apercevoir la probabilité d'une rupture imminente entre la France et l'Angleterre? Peutêtre tenaient-ils à Tune et à l'autre des causes.

Une autre considération pouvait augmenter Tin* quiète impatiencedu gouvernement français. A Pétersbourg, la direction des alTaircs politiques avait encore une fois changé de main. Le prince Kurakin et M. de Kolscliubey avaient cédé la place au comte Alexarfdre Wuronzuf (>uoique le nouveau ministère prclendit vouloir être un ministère russe par cxcelienec, il était à prévoir que ses préférences seraient plutél ^ pour l’Angletorre et pour l'Autrichc que pour le gouvernemetil fraiir^is. Déjà, dans les derniers mois, on avait remarqué que la Russie avait mis pins d'indifTérenre au succès de la médiation de Ralisboimc. Quoique la tâche fût terminée, en ce qui regardait cette puissance, ces diverses conjonctures réunies étaient, pour la France, pour la Prusse, et pour toutes les parties qu'intéressait le rccès principal, autant de motifs de presser la ratification de S. M. l’empereur d'Allemagne. Deux mois s'écoulèrent avant qu'elle fût accordée. J/avis de ta cominissioii d'empire fut exprimé le 24 mars, et le décret de ratification porté seulement le 27 avril. Encore la ratilication était-elle accompagnée de quelques réserves, dont nous aurons à faire mention plus lard.

Ce décret, malgré les réserves impériales, avait le grand avantage de sanctionner, d’une manière solennelle, tout l'arrangement des indemnités et de lui donner un caractère définitif. députation extraordinaire d'empire se sépara; les ministres des puissances médiatrices déclarèrent leur mission terminée. Il est facile de concevoir combien le gouvernement français, qui voyait chaque jour les nuages s'épaissir entre Paris et Londres, avait dû mettre de prix à ce que lous les litiges de l'Allemagne fussent conciliés avant l'explosion de ce nouvel orage. Sa prévoyance était d'autant mieux fondée que le peu de questions qui restent indécises et que l'Autriche va faire sortir des réserves de sa ratification, sufliront bientôt pour amener, entre celte puissance et le gouvernement français, des explications vives, des mouvements de troupes aulrtchiennes et presque des menaces de guerre.

Il serait fastidieux et peu utile de donner ici rentière énumération des biens ecclésiastiques ré-

• Novembre 1805.

* Le comie Simoo Woronzof, frère du nouveau mioisire. éuit connu par sa partialité pour l'Angleterre, où

partis entre les dîi-hoil princes ou maisons qui avaient droit à une indemnité. Nous croyons devoir cependant présenter un aperçu du lot assigné aux états principaux.

I L'Autriche, quoiqu'elle n'ait rien perdu sur la rive gauche du Rhin, figure dans le partage, par suite de l'arrangement signé à Paris, le 20 décembre 1802, En indemnité de l'Ortenau , cédé par l’empereur pour former celle du duc de Modène, on sécularise en sa faveur les evéchés de Brixen et de Trente, avec tous leurs biens, droits et revenus.

Le grand-duc de Toscane a perdu en Italie, suivant resümaiion, à la vérité exagérée, du subdélégué de Rohéaie,

Habitants. Revenu,

i 1,150,000. 3,800,000 flor. d'empire.

Il reçoit, en Allemagne, l'archevéchc de Sallibourg, une partie de l'évécbé de Passau, l'évéché d'Aiclistedl, la principauté de fterclolsgaden cl quelques possessions en Bohême, appartenant à la Bavière, ensemble

Habitants. Revenu.

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