DU TOME PREMIER
1 Druides 31
2 Monument druidique 33
3 Pont du Gard 39
4 Guerrier germain avec sa fra-
mée 45
b Bataille de Tolbiac 56
fi Francisque ou hache d'armes. 59
7 Eglise de Sainte-Radegonde. 66
8 Trône de Dagobert 82
9 Les Arènes d'Arles 95
10 Charlemagne, buste 103
I i Charlemagne en costume
d'empereur 114
12 Xavires normands 122
13 Bateau-dragon 136
14 Le grand Châtelet 144
15 Cotte de mailles 163
1 6 Hugues-Capet 169
17 Le Mont Saint-Michel 172
IS L'Abbaye de Cluny 1S5
19 Souliers à la pouiaine 203
20 Vue de Jérusalem 212
21 Westminster 215
22 La Graude-Chartreuse 218
23 Cathédrale de Chartres 220
24 Saint-Bernard prêchant la
croisade 233
23 L"Oriflammc 240
Xotre-Dame de Paris 251
La Tour du Louvre 265
Bourdon de pèlerin 271
Templier, hospitalier, chevalier teutonique 273
Vue de Constantinople 285
Le Louvre sous Philippe-Auguste 287
Simon de Montfort 298
La Sainle-Chapelle 333
Vue intérieure de la Sainte- Chapelle 334
Saint Louis, buste 337
Appareil pour lancer le feu
grégeois 34 1
Le Pont Saint-Esprit 356
Vue du Temple à Paris 400
Hôtel de ville de Louvain. . . 412
Armes à feu 425
Tour de Londres . 446
Donjon de Vincennes 469
Ruines du château d'Espally. 514 •
Château de Xaintrailles 516
Jeanne d'Arc 520
LouisXI 546
Le Plessis-lès-Tours 567
Entrée de Charles VIII à Na-
ples 5*î4
lATRODUCTION
J'ai écrit cette histoire pourmes enfants, dont j'ai voulu toujours être le premier précepteur dans tous les graves enseignements : je la publie pour qu'ils conservent le souvenir de mes leçons et puissent les faire un jour fructifier autour d'eux. J'avoue cependant que ma vue s'est portée au delà de ce petit cercle de famille, et que l'ambition d'être utile, la seule qui m'ait jamais entraîné, m'a porté presque malgré moi à désirer d'autres lecteurs, à invoquer d'autres juges. C'est à ces derniers, si j'ai le bonheur de fixer quelques moments leur attention, que j'adresse les lignes qui vont suivre.
Et d'abord, à cette première question que certes on va me faire : A quoi bon une nouvelle Histoire de France, quand nous en avons tant ? je répondrai que la multitude des écrits sur une matière prouve, non pas que cette matière est épuisée, mais qu'elle est inépuisable ; que celle-ci l'est en effet, et le sera toujours; car l'histoire d'une nation n'est pas seulement le récit des événements auxquels son nom se trouve mêlé, événements dont la connaissance exacte et à plus forte raison la juste appréciation donnent heu à des erreurs infinies, et par conséquent à d'infinies rectifications ; mais c'est aussi, et surtout, le tableau continuel des croyances, des idées, des mœurs, des institutions, des usages, en un mot, de la vie morale, intellectuelle, politique, matérielle même d'un peuple ; tableau perpétuellement mobile, dont les plans, les lignes, les couleurs, apparaissent diversement au spectateur qui les juge, selon la portée de sa vue, la distance où il se place, selon les théories
nisr. DE FR. — T I, 1
2 UISIOIRE DE lUANCE.
qu'il s'est faites, plas souvent encore selon les préjugés qu'il a subis. Et surtout lorsque la vie passée de ce peuple a été mise tout entière à découvert par une de ces révolutions immenses qui rendent compte de toute chose à tout le monde, et qu'on peut regarder comme la confession générale d'une nation, lorsque ensuite la science, toujours infatigable, venant en aide à la politique, a remué jusqu'au fond toutes les vieilles archives, fouillé tous les vieux monuments, et, pour ainsi dire, fait parler les ruines et ressuscité les morts, doit-on s'étonner que de nouvelles voix s'élèvent pour raconter encore ce qu'ont raconté tant de voix, pour le dire sous d'autres formes, pour en faire sortir d'autres idées, et, ce qui vaut mieux, d'autres doctrines ? car si l'histoire n'enseigne rien, il faut laisser les vieilles archives sous la poussière, les vieux monuments sous la mousse, les ruines dans leur silence, et les morts dans leur sommeil. Certes, si depuis le commencement de ce siècle, ce noble sujet n'a pas produit plus d'écrivains, il faut s'en prendre à l'énormité des travaux qu'il impose, quand on veut le traiter avec conscience. Étudier l'histoire pour l'enseigner, c'est tout lire, c'est tout voir : tout hre, non pas seulement les historiens de tous les temps, non pas seulement les mémoires, les chroniques, les chartes, les traités, les actes du pouvoir, quel qu'il soit, lois, bulles, capitulaires, édits, décisions des conciles; mais les écrits des docteurs de l'Église, les discussions des philosophes, les opinions des publicistes, les découvertes des savants, les créations des poètes, en un mot, tout ce qui intlue, à toute époque, sur l'intelligence et la morahté d'une nation, et sur l'opinion publique, cette reine des rois : c'est tout voir, car si vous ne connaissez pas la Flandre, la Franc lie-Comté, comment expliquerez-vous les campagnes de Louis XIV ? si vous n'avez pas étudié, jusque dans ses profondeurs, la merveilleuse Bretagne, comment ferez-vous comprendre la guerre de succession ? Que saurez-vous des désastreuses journées de Crécy, d'Azincourt et de Maupertuis, si vous n'avez pas vu ces champs de bataille? Croyez-vous que vous peindrez bien Louis XI, si vous n'avez pas, comme lui, fléchi le genou devant Notre-Dame d'Embrun, Notre-Dame du Puy, Saint-Michel en mer ? Charles VII, si vous n'avez pas comparé le donjon d'Espally à la cathédrale de Reims ? Que vous nous rendrez visible
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le siège de La Rochelle, si votre œil n'a pas mesuré la digue de Richelieu ; le passage des Alpes par François P% par Bonaparte, si vos pieds n'ont pas gravi les précipices de l'Argentière et les glaces du Saint-Bernard ? Et quand je parle de tout voir, je veux dire bien plus que les lieux : aussi les monuments, les statues qui remettent debout les hommes d'autrefois, les tableaux qui les font penser encore ; aussi les costumes, les armures, les instruments, jusqu'aux ustensiles, aux meubles des temps passés ; en un mot, tout ce qui donne au récit des faits la vérité, la couleur, la vie. Alors l'histoire devient une étude féconde, et peut produire une magnitique science : ce n'est plus cette nomenclature stérile qui fatigue la mémoire du fardeau de ses événements et du ramas de ses dates, c'est un spectacle qui ravit l'imagination, une leçon qui remue l'âme.
Je n'ai pas la prétention d'avoir accompli cette tâche, à laquelle la vie d'un homme ne pourrait suffire ; mais je l'ai entreprise : de continuels voyages, de nombreuses recherches, des études de tout genre m'ont plus d'une fois fait apercevoir sous un aspect nouveau les hommes et les choses des anciens jours ; et, bien que cette histoire ne soit qu'un exposé rapide, si elle ne se distingue pas des autres, elle s'en séparera du moins, dans la forme comme dans le fond, par quelques idées qu'on n'aura point rencontrées partout, et qui, dussentelles ne pas arrêter le lecteur entraîné dans les voies routinières, l'avertiront toujours de se défier des préjugés qui l'emportent.
Voilà pourquoi, après tant d'autres, j'ai esquissé l'histoire de mon pays.
Maintenant, quelques mots sur l'ouvrage lui-même.
Je suis de ceux qui croient que les nations sont l'œuvre de Dieu, comme l'individu ; que leur naissance, leur développement, leur décadence, leur mort, ont leur époque inévitablement fixée dans le temps, et que leur existence a un but placé hors du temps ; que par conséquent leur vie morale est soumise à des lois qu'elles doivent observer, leur vie matérielle à des conditions qu'elles doivent subir. Je crois que le pouvoir humain qui les gouverne, quel qu'il soit, quelle que soit la forme qui le confère et le constitue, une fois con-
slitué, émane de Dieu et de Dieu seul. Je crois que les dépositaires de ce pouvoir, responsables devant le tribunal humain de ce qu'ils ont fait d'utile ou de nuisible, le sont devant le tribunal divin de ce qu'ils ont fait de juste ou d'injuste ; que celui-là seul est un grand roi devant Dieu et devant les hommes, qui sait, qui voit à quelle époque de la vie est parvenu le peuple qu'il doit conduire, car on ne gouverne pas avec les mêmes idées l'enfance naïve, l'ardente jeunesse, la maturité vigoureuse et la vieillesse insouciante ; que celui-là seul est un grand roi, qui, tout en s'identifiant ainsi avec son siècle pour en satisfaire les exigences, pour en servir les intérêts, s'élève cependant au-dessus de ce siècle pour le maintenir dans les voies que la Providence lui a tracées ; voies difficiles à connaître, parce que si la conscience en révèle la direction, le génie seul peut en mesurer l'étendue ; voies difficiles à suivre pour les chefs des nations, parce que trop souvent ils prennent leurs propres vues pour celles de Dieu ; trop souvent aussi, quand ils veulent marcher dans le droit chemin, les clameurs de l'opinion les étourdissent et les entraînent.
J'en conclus qu'il y a peu de bons gouvernements, furt peu ; qu'en rigoureuse justice, nous avons beaucoup à rabattre de certaines admirations que la flatterie contemporaine, ou les aveugles passions d'un autre âge, ont soulevées dans nos âmes enthousiastes; mais aussi qu'il faut savoir, en dépit des préjugés religieux ou politiques, faire franchement à certains noms trop peu loués ou quelquefois même maudits, de loyales réparations. Ainsi, cette histoire changera sans doute quelques rangs dans la liste d'honneur tracée par la reconnaissance nationale : mais elle laissera Henri 111 et Louis W se disputer la dernière place, sans permettre à personne de contester la première à saint Louis.
Au reste, ce n'est point l'histoire des gouvernements que j'ai voulu écrire, et je ne saurais blâmer avec trop de force l'usage immémorial qui divise par règnes, même par dynasties, les annales de notre pays. Dans cette biographie perpétuelle de princes, on cherche en vain la vie de la nation, seule étude instructive et féconde. Toute vue d'ensemble s'évanouit, tout grand intérêt s'efface au milieu de cette fantasmagorie perpétuelle de souverains qui passent devant nous, la couronne sur