X-î 9. — i.es Arènes d*.%rles (Page
Cet amphithéâtre est le plus grand des monuments de ce genre que po.?sède la France ; son diamètre extérieur a 137 mètres 20 centimètres sur le grand axe. A l'intérieur, il a 69 mètres 40 centimètres, sur 39 mètres 03 centimètres. Le nombre de ses gradins était de 43, et 25,000 spectateurs y trouvaient place.
Le monument se composait, à lextérieur, de deux rangs de portiques superposés; le premier, d'ordre dorique; le second, d'ordre corinthien. La partie conservée a 17 mètres de hauteur, environ, au sommet de.> arcs.
Pendant les temps de guerres et de barbarie qui marquèrent les premiers siècles de notre histoire, cet amphithéâtre fut transformé en forteresse; il éiait encombré d'habitations à l'intérieur. Vers la fm du vnie .siècle, on y éleva quatre tours sur les points cardinaux de l'édi-
F.XPI.ICi J ION KAISnN.M:E DES ITGIKKS. 599
fioe ; deux, existent encore : l'une, celle du couchant, a ?)0 mètres d'élévation; on l'appelle la tour de Charles Martel.
Les Arènes sont le monument que l'on découvre de plus loin, lorsqu'on vient visiter Arles parle Khùne. A l'intérieur, tout est en ruines ; mais dans son périmètre extérieur, l'édifice existe entier. On ignore la date précise de sa construction : plusieurs archéologues le regardent l'ommeplus ancien que l'amphithéâtre de Mmes, et conjecturent, mais sans preuves, quil fut édifié par Titus. -— Sources : Alex. Delaborde, les Monuments de la France classés chronologiquement , et considéré'i sous le rapport des faits historiques et de l'étude des arts, pi. 76 et page 82. — Voy. aussi : Estrangln, Études archéologiques, historiques et statistiques sur Arles, I in-8". Arles, 1838, l^e partie, r.\mphithéâtre romain.
\'^ tO. — Charlenia$i;ne (Page 103).
Il e?t représenté en buste, et la couronne sur la tête, d'après une peinture du cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale de Paris.
On remarquera qu'alors la couronne impériale n'était point fermée par en haut, ce qui fut, plus tard, son caractère distinctif, ainsi que celui de la couronne rovale.
N" It.— Charlemagne en coj>itiiiue d'empereur (Page 114).
Il tient de la main droite le globe, image de son empire, et de la L:auche un long sceptre (d'après une gravure du cabinet des estampes de la Bibhothèque impériale de Paris).
No 12. — H'avîres normands (Page 122).
On a prétendu dans quelques histoires que ces navires n'étaient que de petites barques; mais la nature même des expéditions des Normands, pour lesquelles ils traversèrent souvent de grandes étendues de mer, rend cette opinion tout à fait invraisemblable. Ils avaient de grands et de petits navires : des grands pour les expéditions maritimes, des petits pour remonter les fleuves. L'opinion touchant les grands navires est confirmée par les témoignages pittoresques de l'archéologie.
La première figure que nous donnons ici est un navire normand du xie siècle, daprès la Tapisserie de Bayeux. Nous l'empruntons au savant ouvrage de M. Jal, r Archéologie navale, 1. 1, p. 136, mémoire n" 2, sur les Navires normands. M. Jal s'est encore aidé, dans la restitution de ce navire, des indications techniques puisées dans le Roman de Bon et le Roman de Brut, poèmes de Wace. « Des boucliers ran-
fioo HISTOIRE i»i: fra.nce.
« gés sur l'un et l'autre bord, dit M. Jal (lieu cité, p. 142), faisaient « un rempart aux rameurs et aux combattants ; c'est ce que plus tard « on appela pavesade, ou garniture de [.avois (boucliers) ; cest ce qui « est devenu le bastingage quand les boucliers ont cessé d'être au nom- '. bre des armes de guerre. On voit plusieurs navires normands ainsi « pavesés, dans la Tapisserie de IJayeux. »
La seconde figure représente un navire garni d'une ceinture de fer ou d'airain, se terminant à la proue en avant-bec qui formait un moyen d'attaque et de défense. — Source : J. Struit, Antiquités yiormankes , cité par M. Jal, ibid., p. 142.
>■" 13. — Bateau-dragon 'Page 136).
C'est un vaisseau du temps du roi d'Angleterre Edouard le Confesseur, d'après le manuscrit Tibérius B. V, curieux calendrier saxon du onzième siècle. (Tiré de l'Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés jusqu'à 7ios Jours, par MM. de Ruujoux et Mainguet, t. Il, p. 71, 2e édition; Paris, 1844.)
Ces bateaux ou vaisseaux, appelés ch iules par les AngloSaxons, avaient une capacité suffisante pour transporter une centaine de soldats, indépendamment des hommes de l'équipage. Ils n'allaient qu'à la voile, et les deux rames qu'on voit à l'aiTière servaient uniquement de gouvernail.
-N>^ 14. — l.e g;rand Chàtelet (Page i44;.
Cette espèce de petite forteresse était située à l'extrémité méridionale du pont au Change. Elle y touchait, et le fermait à moitié, à partir du côté en aval, vers le quai de la Ferraille. Il s'étendait sur une partie delà place qu'on voit maintenant en ce lieu, et qui en a conservé le nom. Son origine est inconnue, et la tradition qui en attribue la fondation à J. César est dénuée de preuves.
Le grand Chàtelet a été reconstruit sous Charles V, puis en 168i. Nous conjecturons que dans ces restaurations on lui aura conservé son cai'actère primitif. Il fut démoli en 1802, et sur son emplacement on traça la place actuelle, qui ne fut entièrement tinie qu'en 1S14. — So\:kces: PERyoT, Le vieux Paris, reproduction des monuments qui n'existent plus dans la capitale, lithog. par Nouveaux et Asselineau, in-fol , Paris, 1838, 1839, pi. 11. — Voyez aussi : Topographia regni Galliœ,\,. \^\ in-4'>, Francfort, 1655 ; — Saim-Victor, Tableau dé Paris, atlas, pi. 30 ; — Mauperché, Paris ancien et moderne, vieux plan de Paris, t. I, p. 101.
APLicrnn.N li ais()^xM:i; f>»;s ih.iui,^. loi
N" 15. - t'otte de niailli'»!i (Page 163,.
C'était une espèce de tricot de iils d'acier qui conservaient tout le jeu et presque la "souplesse de fils de laine. Les cottes de mailles sont fréquentes dans les monuments. — Source : Willemin, Monuments français inédits pour servir à l'histoire des arts, depuis le iv^ siècle Jusqu'au commencement du wni^. 2 vol. in-fo passim,
N" 16. — Hug-ues Capet -(Page 169).
Hugues Capet est représenté dans cette figure au moment où il vient (le recevoir la couronne. Cette couronne avait à sa base un cercle d'or enrichi de pierreries. On le voit avec le vêtement d'abbé, parce qu'alors il était encore possesseur de plusieurs abbayes. Il tient de la main droite le bâton royal ou sceptre, qui est le signe de la puissance royale,, comme la crosse est le signe du pouvoir ecclésiastique.
N» 17. — Le Mont Saint-Michel (Page 112,.
Le Mont Saint-Michel est un rocher dans l'Océan, à 2 kilomètres environ de la côte de la Normandie. Il est séparé delà terre ferme par une vaste plage composée, dans plusieurs parties, de sables mouvants, que la mer couvre et découvre à chaque marée. Le rocher est occupé par une bourgade, une forteresse, et une ancienne abbaye. Ce fut en :0S que, selon la légende, l'archange saint Michel apparût sur ce mont. On y bâtit dès lors une chapelle qui fut desservie d'abord par des pré- Ires séculiers; en 9G6, Richard le"', duc de Normandie, y mit des moines, et fit bâtir un superbe monastère. Les fortifications de ce mont furent construites par Jean sans Terre, en 1204, après le meurtre d'Arthur de IWetagne. Les ducs de Bretagne, les rois d'Angleterre, les rois de France, firent des pèlerinages en ce lieu. On peut citer entre autres celui de Louis XI en H73, lorsqu'il y apporta une pierre qui lui était tombée sur la tète à son passage à Alençon. La description suivante, (^ue nous empruntons à un excellent ouvrage, composé par un membre de l'Université, servira d'explication à notre tableau.
« Sous le rapport monumental, le Mont Saint-Michel se divise en •< trois zones : les fortifications, dont les pieds plongent dans la grève « ou dans la mer; la ville, éparse et suspendue sur le flanc de la mon- H tagne, pendula villa; et l'Abbaje, la montagne de l'homme posée « sur celle de Dieu, montant vers le ciel par toutes les lignes de ses « contre-forts, par les pointes fleuries de ses clochetons, par l'élance- « ment de ses murs sur lesquels filent la svelte ogive, la tourelle ou « tournelle légère, par son clocher cunéiforme, dont le télégraphe s'a- « gite dans les nuages, et qui portait autrefois une gracieuse flèche,
G 02 iiisToir, K i)i; F 11 A > ci;.
u au bout de laquelle un archange dor balançait ses ailes déployées. » Le Héricher, Le Mont Saint-Michel ^nonnmejital et hifttorique, J vol. in-8o, Avranches, 1846, Archéologie, p. 118, li9.
L'enceinte militaire du Mont Saint-Michel date des premiers temps du xve siècle; cependant on y reconnait des parties antérieures à cette époque. Cette enceinte n'est pas continue : elle s'interrompt en plusieurs endroits, vers le nord et l'ouest, où l'escarpement du rocher le rend inaccessible.
La vue que nous donnons est prise du côté de l'est, et au moment de la marée haute. Le bourg ou la ville (on lui donne ces deux noms; contient à peine 400 habitants. Le rocher a 9,000 mètres de circonférence ; sa hauteur est de 45 mètres environ, à partir de la grève jusqu'au pied des bâtiments, et de 125 à 126 mètres jusqu'au plateau du télégraphe. — Sources : Maximilien Raoul, Histoire pittoresque du Mont Saint-Michel et de Tomhelène, 1 vol. in-S», fig. Paris, 1834; — notre Topographie historique de la France, ouvrage inédit ; — Le Héricher et G. Bouet, Histoire et description du Mont Saint-Michel, 1 info, f,2. Caen. 1848.
>'•> 18. — li' Abbaye de Cliiny ^Page 185).
Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine, fondateur de cette abbaye en SSi), en fit présent à Bernon, qui fut le premier abbé de cette maison depuis si célèbre. Bernon mourut en 926. Elle devint dès lors le chef de l'ordre et lui donna son nom. L'es constructions de l'abbaye de Cluny étaient considérables; elles ne furent achevées qu'en 1108, et le pape Innocent il consacra l'é-hse en 1130. Cette église, d'architecture gothique, avait 100 mètres de long, sur un peu plus de 42 de large. II n'en reste aujourd'hui qu'une chapelle, et une partie des clochers. Le palais abbatial a échappé à la destruction, et se trouve maintenant converti en collège. — Sources : Benjamin Delaborde et Guettard, Desrription générale et jmrticuiière de la France, 12 in-f», flg. Paris, 1*81-96, t. II, pi. 55. — Voy. aussi P. Lorain, Essai historique sur Vahhaye de Cluny, in-S", fig. lithog. Dijon, 1839; — Hélyot, Histoire de-; ordres monastiques, religieux et 77îilifaires , 8 vol. in-4o, Paris, 17 14-21, t. V, c. xviii, et notre Topographie historique de la Fronce, ouvrage encore inédit.
N 19. — Souliers à la poiilaine 'Page 2(^Z).
Foulques IV, comte d'Anjou, inventa, pour cacher la difformité de ses pieds, des chaussures recourbées en cornes de bélier ou en queue de scorpion, auxquelles on donna le nom de pigaces. La mode s'en répandit avec rapidité, mais dura peu. Elle reprit avec fureur vers le milieu du \iv siècle, et se conserva jusqu'au règne de Charles Vil,
t\i'Li(;ATi<).> Il \ is().Mvi:i: in:s kigikks. r>03
qui l'abolit par un édit. On appela cette chaussure non plus [jiijaccs, mais à la poulaine. « La pointe, dit Furetière, en était longue de demi-pied fl62 millimètres) pour les gens ordinaires, d'un pied (325 millimètres) pour les riches, et de deux pieds pour les princes. Borel dit que ù la poulaine signifie à la polonai'ie, parce que la Pologne s'appelait autrefois Poulaine. {Dictionnaire nniversel contenant génë- I (dément tous les mots français tant vievx que modernes.) — La forme des chaussures données dans notre vignette est ordinaire ; il y en avait de si longues qu'il fallait en maintenir la pointe avec des chaînettes attachées au genou. — Source : Willemin, Monuments français inédits pour servir à l'histoire des arts., des costumes civils et militaires, armes et armures, instruments de musique, meubles de foute espèce et décorations intérieures et extérieures des maisons^ depuis le vr siècle jusqu'au xvii^ siècle, 2 in-f», fig. color., Paris, 1825-39, tome I, pi. 135, 13G, 137.
N" 20. — l'ue de Jérusalem (Pat;e iil).
Cette vue générale est prise du côté de la célèbre vallée de Josaphat, qui s'ouvre aux pieds du spectateur, et au fond de laquelle coule le torrent de Cédron. Le côté opposé de la vallée est l'escarpement sur lequel s'élève la ville sainte. Le mont Emmaiis s'étend vers la droite.
La longue muraille crénelée du second plan est moderne, mais bâtie sur les ruines des anciens murs du temple de Salomon. .\u-dessus on voit la grande mosquée, toute la ville se déploie derrière ; et à peu ]»rès dans la direction du temple, est le mont Golgotha. — Source : Cassas, Voyage pittoresque de la Syrie^ de la Phénicie, de la Palesfine, etc., t. 111, no 8.
N'> 21. — ^l'estminster 'Page 2i5).
Westminster, ou le Monastère de F Ouest, est tout à la fois une église, un musée, un cimetière et un des monuments les plus remarquables de l'architecture gothique. Il remonte à Edouard le Confesseur, qui y fut enterré le 12 janvier 1(JG6; le jour de Noël de la même année Guillaume le Conquérant y fut couronné roi d'Angleterre . Henri 111 et Edouard l^r ont en grande partie renouvelé l'édifice au xiiP ^iècle. Henri VII, à la fin du xv^', y a fait construire la chapelle qui porte aujourd'hui son nom. Enfin ce monument, qui offre toutes les magnificences et toutes les variétés de l'architecture gothique à ses différentes époques, a été complété seulement au xvn^ siècle par le célèbre Christophe Wrcn, qui a bâti la cathédrale de Saint-Paul.
Westminster a la forme d'une croix. La porte septentrionale, nom-
60 4 HI^TOIRi: I)E FRANCK.
niée porte de Salonion, et les deux tours sont les parties les plus remarquables de la construction extérieure. En entrant par la porte située entre ces deux tours, on est frappé de la perspective de cette forêt de colonnes gicantesques qui supportent une voûte de trente mètres de hauteur. Au vaisseau principal se rattachent neuf chapelles, toutes décorées de nombreux mausolées élevés à la mémoire de rois ou de personnages célèbres et dont beaucoup se recommandent par leur antiquité ou par le talent du sculpteur. La plus remarquable de ces chapelles est celle de Henri VII, une des merveilles de l'architecture anglaise du xvie siècle, que l'on appelle Tarchitecture des Tudors. « Elle semble, dit un contemporain, avoir été brodée par les doigts des « anges sous les ordres du Tout-Puissant. » La voûte repose sur quatorze tours octogones rattachées par des arcs -boutants d'une rare élégance. On voit dans cette chapelle le tombeau de son fondateur et de sa femme Elisabeth d'York, chef-d'œuvre du sculpteur florentin Torregiano, les mausolées de Marie Stuart, de la reine Elisabeth, de [>uckingham, favori de Jacques \^^, et de Charles I". Dans un des caveaux se trouvent les restes de Charles II et de Guillaume 111, etc. Le cloître s'étend dans la partie méridionale à l'opposé de la porte de Salomoii. Le nom de Westminster a été donné à tout le quartier de Londres dans lequel se trouve l'abbaye. C'était jadis une ville particulière. Quoique réuni depuis longtemps, ce quartier a conservé le droit d'élire ses magistrats, qui sont indépendants du lord-malre, et d'envoyer deux députés à la chambre des communes. Près de l'abbaye est le parlement, reconstruit après l'incendie de i834, sous le nom de Palais de W es f min s er.
Xf î2 — i>a Cirandc- Chartreuse ;Page 218).
La grande Chartreuse, où réside le général de l'ordre des Chartreux pour toute la chrétienté, est située dans la partie N.-O. du département de l'Isère, à 22 kilom. de Grenoble. Elle s'élève dans un désert renfermé au fond dun vallon étroit, entièrement couvert de bois, de pâturages, et de rochers presque inaccessibles, et fermé à ses deux extrémités par des précipices afîreux. Ce vallon confine aux frontières de la Savoie, qui sont marquées par un torrent appelé le Guier-vif.
Les bâtiments de la Chartreuse sont Sur une prairie dont la pente très-rapide incline au midi et au couchant. Construits avec une soHde et élégante simplicité, ils n"ont point le caractère d'antiquité qu'on aimerait à leur voir. Cela vient de ce que le couvent fut plusieurs fois ruiné par des incendies, et que ses constructions actuelles ne datent que de 16':6. Tous les corps de logis sont séparés et isolés, et ne communiquent entre eux que par de longs dortoirs. Les combles sont aigus et à pentes rapides, afin qu'ils soient plus en état de rejeter la neige ou d'en -ujipnrter le poid^. Presque tous sont couverts en ardoises.
EXPLICATION llAISONiNEE DES FKILKKS. ti 0 5
La VHP que nous donnons a été prise du côté de l'entrée du couNent ; elle en fait voir les bâtiments un peu en raccourci, et montre aussi le site, ce qui la rend plus intéressante ; mais elle ne donne qu'une idée imparfaite de la longueur des cloîtres, dont un seul a trois cents pas de long. La montagne qu'on aperçoilà gauche est une partie du Grand-Som.
La Chartreuse date de 10G4, époque où saint Brunose retira dans ces solitudes. On montre encore son ermitage. Ce fut seulement en 1134 que Ion commença à hàtir le couvent à la place qu'il occupe maintenant. — Sources : Bourgeois (F. F. C), Voijage pifwresque à la grande Chartreuse de Grenoble, 1 in-f., pi. lithog. pi. G. — Voy. aussi DupRÉ DE Loire, Voyage à la grande Chartreuse, Valence, 1830, in-lS.
No 23. — Cathéflralo de f;liartre$^ (Page 220^.
La fondation de la cathédrale de Chartres remonte au ixe siècle ; mais le feu détruisit l'édifice primitif, et, plus tard, celui qui l'avait lemplacé. A la suite d'un incendie qui ruina le monument pour la troisième fois, l'an 1020 on le réédifia de nouveau, et cette réédiflcation est l'édifice actuel, entièrement construit en pierre très-dure. La façade ne fut achevée que vers l'an 1145, et quinze ans seulement après on put dédier l'église à la Vierge.
La cathédrale de Chartres est un des plus grands monuments de ce genre qui existent. Son portail a 60 mètres de largeur ; Il est flanqué de deux tours carrées, renforcées de contre-forts, et ayant chacune IG mètres 25 centimètres de face.
Entre les deux tours s'ouvrent trois portes en ogives, surmontées d'un égal nombre de fenêtres du même style.
Au-dessus, l'œil s'arrête sur une rose découpée en pierre, qui a près de 15 mètresde diamètre. EUeest surmontée d'une corniche à corijeaux servant de base à une galerie en arcature. Derrière cette galerie .se dresse le fronton aigu de la nef, surmonté d'une statue.
Les deux tours sont terminées chacune par une flèche en pierre imbriquée. La flèche de droite, ornée de clochetons unis, est à huit pans, et son sommet se trouve à m mètres 096 du sol.
Sur la tour de gauche, dite le Clocher neuf, toutes les richesses de l'architecture gothique, ou plutôt sarrasine, ont été prodiguées. La flèche a un double rang de fenêtres avec des frontons découpés. A peu près à la moitié de sa hauteur, elle prend la forme octogone et s'enveloppe de galeries à jour, de clochetons et d'accolades. Du sein de ces ornements, qui ajoutent à sa solidité en même temps qu'à son élégance, elle s'élance légèrement dans. les airs et va porter le signe vénéré de la Rédemption à la hauteur prodigieuse de i21 mètres.
L'éditice n'est pas moins admirable à l'intérieur. 11 a trois nefs parallèles mesurant ensemble 33 mètres 459 de largeur. La nef cen-
fi or, HISTOUîF I)i: KHAX-.K.
traie a 34 mètres 433 de hauteur, et les nefs latérales lô mètres 593. La lonsneur totale du vaisseau est de 12.S mètres 7CG dans œuvre. .
X"2i. — Saint-Bernard prêchant la Croisade Paire 23S .
Saint Bernard est représenté au moment où la foule crie : '< La croix ! la croix.! » Le roi est derrière le saint, sous une espèce de dais; la reine est auprès de lui. Le chroniqueur Odon de Deuil dit qu'on avait construit, dans la plaine qui domine la montagne de Vezelay, une machine en bois (sorte d'estrade ou de tribune) afin que l'abbé de (Uairvaux pût parler d'en haut à l'assemblée. — Cette gravure est faite d'après le grand tableau de M. Signol, exposé dans les galeries historiques de Versailles.
>" io. — l."Oriflaninie (Page 240).
L'oriflamme était une espèce de labarum ou bannière de soie couleur de feu. Elle avait trois queues ou fanons ornés de houppes de soie verte. On l'appelait oriflamme à cause des flammes d'or dont quelques auteurs prétendent qu'elle était semée, ou, suivant Ducange, parce que le bâton au sommet duquel elle flottait était doré. Ce dessin a été composé d'après des descriptions écrites.
On trouve dans Willemin [Monuments inédits pour servir à l'histoire des arts depuis le vi^ siècle jusqu'au commencement du dixseptième, t. I, pi, xcviii'î la gravure d'im vitrail d'une des hautes fenêtres du transept méridional de la cathédrale de Chartres, représentant, dit-on, IJenri, seigneur du Mez, maréchal de France, tenant l'oriflamme. L'exactitude de cette interprélation est contestée ; un des motifs, « c'est que, dit Willemin, l'oriflamme n'a pas ici sa •^< forme consacrée, qui était celle d'un gonfanon suspendu transversa- <( lement au bois de la lance, et fendu en trois lambeaux. » En effet, le seigneur du Mez tient une lance à la hampe de laquelle est fixé horizontalement un drapeau rouge fendu en cinq petites flammes. Sans entrer dans cette discussion archéologique, qui n'est point de notre sujet, nous nous bornerons à faire observer que le savant Willemin fortiûe de son suffrage ce que nous venons de dire sur la vraie forme de l'oriflamme.
.\o Î6. — Église :*otre-I>aine de Paris Page 251).
La fondation de l'église ^ofre-Dauie date du commencement du vie siècle, mais Maurice de Sully, soixante-deuxième évéque de Paris, en commença la réédification en If 03; et 19 ans après, on officiait au lise métropolitaine est l'un des plus vastes et des plus
i;\rjjc. ATi()> uais<)>.m:i; ih:s ikuiiks. 007
lieaux vaisseauK de la France du nioven ;ige. Son plan, dont la lun- ^iieur, horsHPUvre, est de 141 mètres, et la largeur de 48 mètres, se termine par un vaste rond-point. L'intérieur est en forme de croix latine.
La faf;ade principale, a, au rez-de-chaussée, trois grandes portes o;,'i- \ aies, avec voussures profondes enrichies de sculptures et de bas-reliefs, l ne galerie en colonnettes coiffées de 28 arcs trilobés, et dite G'ileric (les rois, parce quelle contient 28 statues des rois d'Israël et de Juda, s'étend dans toute la largeur du portail ; au-dessus, une grande rose en pierre découpée, de 13 mètres de diamètre, remplit l'entre-contrefort du centre. Au-dessus du portail, se voit une galerie haute de 8 mètres. Elle occupe tout le développement du portail, et supporte uni' terrasse, dont la balustrade découpée est ornée de statues de monstres et d'animaux. Sur ce portail s'élèvent deux grosses tours quadrangulaires, de 16 mètres de côté, flanquées de contre-forts aux angles ; leur sommet est à 07 mètres 20 du sol. — Dans la tour du sud est la grosse cloche dite le Bourdon, qui pèse 13,000 kilog. — Un portail, de toute la hauteur de l'édifice, termine chaque extrémité des bras de la croix.
On a reconstruit (1869) la flèche qu'on voyait autrefois au point centrale de la croix de l'éditice. Cette nouvelle flèche pèse : le bois de charpente, 500,000 kilog. ; la garniture en plomb, 250,000; total, 7.50,000 kilog. C'est à près le poids de l'obélisque du Luxor, sur la place de la Concorde. Par un ingénieux artifice du charpentier, ce poids énorme, au lieu de porter sur la voûte de la croisée de l'église, a été reporté sur les quatre contre-forts d'angles. Le bois de la charpente a été peint à l'aluminium avant de recevoir sa chape de plomb. Cette nèche a coûté 500,000 fr. La hauteur, de la crête de la toiture de l'église jusqu'à la tête du coq, est de 44 mètres 50. L'ancienne flèdun'avait que 30 mètres d'élévation). Elle a trois petites cloches. Cette nouvelle flèche de Notre-Dame, mise à l'abri de la foudre et de l'incendie, a été inaugurée le 15 août 1859.
L'intérieur de Notre-Dame se compose d'une grande nef centrale, avec deux nefs basses de chaque côté et une ceinture de chapelles qui contourne l'éghse. La nef centrale a 108 mètres de longueur sur 12 mètres 75 de largeur, et, dans la croisée, 45 mètres 20. On compte dans toute son étendue 31 arcades en ogives, portées par de grosses colonnes avec chapiteaux de feuillages. Au-dessus règne une large tribune continue, en arcades ogivales, véritable nef collatérale supérieure. Autrefois, c'était aux tribunes du chœur que l'on appendait, en temps de guerre seulement, les drapeaux conquis sur l'ennemi. Trente-sept hautes fenêtres éclairent la grande nef, dont la voûte est à 33 mètres 80 du sol. Derrière le chœur est la chapelle de la Vierge. (Extrait du Dictionnaire de hior/raphie, d'histoire, des institutions, etc., de MM. DEzoBRvet Bachelet.)
608 HTSTOTKK DK FKAACE.
N" 27. — La Tour du Louvre (Page 265;.
Un vieux plan de Paris, de 1572 et 1574, nous fait voir cette Tour sur la rive droite de la Seine, et à peu de distance du Louvre. Elle Taisait partie des fortifications qui bordaient le fleuve en cet endroit, et commandait tout à la fois et la Seine, et l'une des portes de Paris , de sa situation appelée Porte du Louvre, hien qu'elle ne conduisit pas dans ce château. — Sources : Malpeuché, Paris ancien, Paris moderne, 1 vol. in4o, Paris, 1814; pi. lOl ; — Pernot, Le vieux Paris, pi. 3 ; — Alex. Lenoir, Recueil de gravures pour servir à l'histoire des arts en France, prouvée par les monuments, 1 vol. in-f», fig. , Paris, 1811, pi. 32.
No ?8. - Boiu*don de pèlerin Page 271}.
Le Bourdon était un Ions bâton fait an tuur, surmonté d'un ornement en forme de pomme, et terminé au bas par un fer pointu. Le pèlerin s'en servait soit pour aider sa marche, soit pour se défendre en voyage. Il y suspendait souvent une gourde comme le on voit ici.
« On n'a point encore déterminé d'une manière positive l'étymologie du mot bourdon. On donna vers la lin du moyen âge le nom de houidonnasse à des lances dont le bois était pourvu, à la poignée, dune double garniture creuse qui devait mettre la main du chevalier à l'abii des rencontres de la lance ennemie. Cette garniture faisait ressembler, jusqu'à un certain point, la lance qui en était pourvue, au bourdon du pèlerin, qui portait aussi une double garniture à la poignée. » — Source : Willemin, Monuments français i7ie'dits, etc., pi. 275, et texte, p. Gl.
X" 29. — Hospitalier, Templier, eiievalier Teutonîque (Page 273).
Hospiidlier de Saint-Jean de Jérusalem en habit d'église. Il a pardessus son costume militaire une rol»e noire appelée cloche. Cette robe est ornée sur la poitrine d'une croi^ de toile blanche à huit pointes. Il tient à la main droite le collier et la croix de l'ordre. Ces hospitaliers furent appelés dans la suite chevaliers de Rhodes, puis chevaliers de .Malte.
Templier en habit de guerre. Le manteau est blanc, et la croix, brodée sur l'épaule gauche, est rouge.
Chevalier de l'ordre Teutonique. Le manteau est blanc et la croix est noire. On appelait aussi ces chevaliers Hospitaliers de Notre-Dame lies Allema7ids, parce qu on n'y recevait que des Allemands. Il fallait qu'ils fussent nobles, sans reproche, et n'eussent jamais été mariés. — Source : Hélyot, Histoire des Ordres monastiques, religieux et militaires, {. 111, p. 72, 142 ; t. VI, p. 32.
IXl'LH, \TION RAISONNER DES Fir. (KES. G09
\o 30. — Vue cic Constantinople (Page ?8o).
La vue est prise en arrivant par la Proponlide, aujourd'hui mer de Marmara, vis-à-vis de la pointe de la ville qui s'avance dans la partie de cette mer appelée Canal de Consfantinople. La ville s'élève en amphithéâtre, et l'on distingue vers le milieu du taldeau l'église de Sainle- Sophie avec son dôme hémisphérique, et ses minarets. Pour cette topographie, ainsi que pour la navigation des croisés, \oyez\' Atlas de i/ëo;/raphie du moyen âge, par M.. Ch. Barberet, et le petit plan de Constantinople qui est joint à cette carte.
N" 31. — liC liOuvre sous Pliilii»pe-i%iigiiste (Page 2S7).
Le Louvre était, à l'époque de la deuxième race, de 752 à 987, ou au commencement de la troisième, tout à la fois un rendez-vous de chasse bâti au bord de la Seine, dans une forêt près de Paris, et une forteresse servant à commander le cours du fleuve, et à protéger la ville contre les incursions des Normands. On l'appelait Louvre, du mot lupara ou loupara, Louvrerie, de lupus, loup, parce que les loups étaient communs dans ces bois. Vers I20i, Philippe-.\uguste agrandit le Louvre, augmenta ses moyens de défense, et bâtit au centre une grosse tour, qui fut longtemps célèbre comme trésor et prison dÉtat. Charles V le premier fixa sa résidence au Louvre ; François V^ abattit ce vieux Louvre, et fit commencer le palais actuel. (Voy. sur l'hist. lin Louvre le Dictionnaire de biographie, d'histoire, des institutions, etc., de MM. Dezobry et Bachelet.)
.\- U. — iiinioii- de Iflontfort (Page 298)-.
Nous croyons que le Simon de Montfort que nous donnons ici est le fils de celui dont il s'agit dans le texte ; mais comme notre but est de faiie connaître un costume du temps et non pas un portrait, nous avons choisi cette figure, qui a été dessinée d'après un monument autlientique.— Source : Histoire généraledu Languedoc ,'^i\Y\)om Claude de Vie, et Dom J. Vaissette. Édition Dumège, t. VI, in-8, Toulouse, 1 843.
N"s 33-34 — La Sainte- thapelle (Page 333, 334).
La Sainte-Cliapelle royale du Palais, comme on l'appela dès son origine, fut construite dans une des cours au sein du palais des rois de France, aujourd'hui le Palais de justice. Pierre de Montereau ou de Muntreuil en fut l'architecte, et termina ce monument en l J4", moins de dix ans après l'avoir commencé. La chapelle l'ut dédiée au mois
C'O HISTOIIIE f)E FRA.NCi:.
d'avril 1248. La dépense de sa construction monta à 40,000 livres qui ^uudraient aujourd'hui plus de 120,000 francs.
Le monument se divise en chapelle basse et chapelle haute : la chapelle basse n'est point souterraine, mais à rez-de-chaussée ; elle servait autrefois de paroisse aux. domestiques des chanoines, des chapelains et des ofûciers de la Sainte-Chapelle, ainsi qu'à quelques autres habitants de la cour du Palais.
La chapelle haute formait la principale chapelle : on y arrive par un escalier couvert de portiques construits sur le côté droit du raonument. Elle renfermait la sainte couronne dépines de N. S. J. C, et un précieux trésor d'objets d'art ou de piété.
La Sainte-Chapelle est l'un des monuments les plus remarquables de l'architecture sarrasine. Comme étendue, ses proportions sont médiocres : elle n'a que 30 mètres 86 centimètres de longueur, sur 11 mètres 14 milhmètres de largeur dans œuvre. Elle a été très-habilement restaurée pendant ces dernières années, par MM. Duban et Viollet-le-Duc. 26 mètres d'élévation. — Source : Morand, Histoire de la Sairite- Chapelle royale du Palais, 1 vol. in-î», Paris, 1790, estampe en tête du volume, avec cette devise : Vue de la Sainte -Chapelle du Palais jusqu'en iGoO ; — Voy. aussi : Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, 10 vol. in-12, Paris, 1754, t. II, p. 9 et suiv. ; — Sauvan et Schmit, Histoire et description pittoresque du Palais de Justice, de la Conciergerie, et de la Sainte- Chapelle de Paris. 1 vol. in-f», fig. lithog., Paris, 1825, p. 9.
X" 33. - Saint-IiOuiii Page 337).
Le saint roi a la couronne sur la tète. Dans des temps postérieurs, la couronne royale fut toujours fermée parle haut ^d'après un portrait conservé au cabinet de la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris) .
Xo 36. — Appareil pour lancer le feu ^égeois (Page 344'.
Xous empruntons cette figure, dite machine à fronde, au savant ouvrage de MM. Reinaud et Pavé, intitulé : Du feu grégeois, des feux de guerre et des origines de la poudre à canon. Elle se trouve à la planche iv de leur atlas, et ils font eux-mêmes prise d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale dont la composition remonte aux dernières années du quatorzième siècle, ou aux premières du quinzième. Voici l'explication qu'ils en donnent :
« Cette figure ollre une forte pièce de bois suspendue sur deux tourillons placés dans des encastrements. A l'extrémité supérieure de cette pièce de bois se trouve un crochet auquel est attachée une forte corde portant en son milieu une poche semblable à celle d'une fronde.
EXPLICATION K viS(>N.\i:i; in:s FifJi ni:s. cil
A rextrémité inférieure de la pièce de bois se trouve un contre-poids assez lourd pour que la pièce de buis ne se trouve en équilibre que dans la position verticale.
« Supposons niaintenaut que la corde, qui est représentée ici dans la position qu'elle prend au moment du départ du projectile, soit retombée : des bras pourront la saisir, et en tirant fortement, ils feront tourner !a pièce de bois autourdeses tourillons, de manière à amener dans la partie inférieuie le crochet qui se trouve maintenant en haut ; alors un projectile sera placé dans la cavité de la fronde ; et si on lâche la corde, le contre-poids fera tourner la pièce de bois, qui imprimera son mouvement à la corde et au projectile. En vertu de la force centrifuge, ce projectile, qui aura tendu la corde de la fronde, l'abandonnera à un certain moment pour s'élancer dans l'espace et retomber à une distance plus ou moins grande. »
Les ligures flambantes, de chaque côté delà machine, sont des projectiles qui se placent dans l'œil supérieur du câble, pour être lancés. Elles sont prises également de l'ouvrage et de la planche cités cidessus.
Les personnes qui voudraient étudier l'histoire, la composition et les divers usages du feu grégeois, pourront lire avec fruit, outre l'ouvrage deMM. Reinaudet Favé, un Essai sur le feu grégeois et sur l'infroduction de la poudre à canon en Europe et principalement en France , par M. Ludovic Lalanxe, dans les Mémoires présentés par divers savants h V Académie des inscriptions et belles-lettres, 2" série, Antiquités de France, t.I, p. 294 et suiv. ; un second mémoire du même, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. III, p. 338 et suiv., 'mX\{\x\é : Controverse à propos du feu grégeois ; et une réponse de M. Reinaud à ce mémoire, dans le même recueil, p. 426 et suivantes.
No 37. — I.e pont Saint-Eisprit (Page 3o6).
Ce pont est sur le Khône, près de la petite ville qui a pris son nom, Pont-Saint-Esprit, chef-heu de canton du département du Gard : elle s'appelait auparavant Saint-Saturnin-du-Port. 11 fut commencé en 1265, sous le règne de saint Louis. Sa construction dura 44 ans, et ne fut achevée que vers la fm de 1309, sous le règne de Philippe le Bel. C'est un des plus longs ponts que l'on connaisse : ila 8i8 mètres 596 de long et 4 mètres seulement de large. Au quart de sa longueur environ, à partir de la rive gauche du fleuve, il forme une ligne brisée assez prononcée. Cette dérogation à l'habitude de faire toujours les ponts en ligne droite nous parait avoir été calculée pour lui donner plus de résistance contre le fleuve qui est fort large en cet endroit, et dont le courant, surtout dans les grosses eaux, et de ce côté, a une impétuosité extraordinaire. 11 a vingt-six arches à plein cintre, dont dix-neuf grandes, qui ont plus de 01 mètres d'ouverture, et sept pe-
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tites. Ces dernières ïe trouvent au\e\tréiiiilés, veis la rive i:auche, et forment des rampes pour atteindre le niveau des grandes arches. Audessus de chaijue pile, à la naissance des arcs, s'ouvre une petite arcade destinée à augmenter le débouché des eaux, dans les cas de crues extraordinaires. Cette disposition est imitée des ponts romains de l'antiquité. Sur le pont, près de la rive gauche, s'élève une porte en maçonnerie renforcée de tours, destinée à fermer le passage et aie défendre au besoin. Ce pont est étonnant par sa hardiesse et par suu élévation : il est à IG mètres environ au-dessus des eaux moyennes du fleuve. Sa durée, qui dépasse déjà 550 ans, prouve sa sohdité. La vue que nous donnons est prise de la rive gauche du Rhône, en aval. La ville de Pont-Saint-Esprit s'élève sur la rive droite. — Sources : Dom Claude de Vie et Dom J. Yaissette, Histoire générale du Languedoc. — MiLLiN, Voyages dans les départements du Midi.
N" 3S. — Vue du Temple, à Paris (Page 400,.
Au commencement du xive siècle, après le supplice des Templiers, le Temple était si considérable qu'on le comparait à une ville. Son enclos fiiimait un carré imparfait de 120 à 130 hectares de superficie. 11 était entouré de fortes murailles, hautes de 8 mètres environ, éperonnées, crénelées et munies de tomelles de distance en distance. On voyait encore en 1809 des restes assez importants de cette fortification à l'angle des rues du Temple et de la Corderie, ainsi qu'à l'autre extrémité de Tenclos, vers le sud.
A l'époque pour laquelle cette vue générale a été restaurée, c'est-àdire au commencement du quatorzième siècle, l'endos du Temple ne contenait que les bâtiments qui sont ici représentés et que nous aUons faire connaître.
Le spectateur est placé à l'ouest dans la rue du Temple, du côté de la rue de la Corderie.
Sur le premier plan du tableau on voit une partie des murs d'enceinte et la porte d'entrée, qui était semblable à celle d'une forteresse et formait un renfoncement dans la muraille. Cette porte et les murs étaient sur la rue actuelle du Temple.
Tout a fait à la droite du tableau .se dresse la tour du Temple, haute construction carrée, avec une tourelle à chaque angle. On la représente ordinairement couverte d'un long toit pointu ; mais nous croyons que ce fut là une addition moderne. Cette tour fut bâtie en 1222 et démolie en 1^09. Sa hauteur était de 50 mètres au moins. Elle servit de prison au roi Louis XVI et à sa famille en 1792 et 1793.
Le grand bâtiment carré qui se développe sur la gauche de la tour, et au centre duquel s'ouvre un terrain spacieux, est le charnier. Des cloities l'entourent de toutes parts.
EXPLICiTIO.N UAISO.NM'E DES FIGIRES. fil 3
Vers la gauche des cloîtres de ce charnier s'élève Yéglise avec son clocher. Une partie de cette église était circulaire.
En dehors du charnier, toujours vers la gauche, on voit une antique tour carrée que l'on appelait la tour de César, sans que l'on sache sur quoi était fondée cette dénomination.
Au has, à côté de cette tour, ainsi qu'an fond de l'enclos vers l'est, sont quelques bâtiments destinés à l'exploitation rurale.
L'enclos du Temple vit, dès le quinzième siècle, s'élever près de sa grande tour un palais pour le prieur de l'ordre des hospitaliers de Malte. Dans les siècles suivants, le reste de l'enclos se remplit de maisons d'hai>itation, de boutiques d'artisans, et même d'hôtels de grands seigneurs; mais toutes ces constructions n'étant pas de notre époque, nous avons dû les négUger. — Aujourd'hui tout ce vaste enclos est occupé par le marché du Temple et diverses rues. 11 restait encore, depuis la Révolution, une parlie du couvent; mais en 1858, tout a été démoli, et l'on voit maintenant h la place un beau jardin public, entouré d'une grille. — Sources: Sauval, Histoire et i^echerches des antiquités de la ville de Paris, \[y. VllI, p. 270 et suiv. — J.-J. Barillet, Recherches historiques sur le Temple. In-S». Paris, 1809, — Israël Silvestre, œuvre.
No 39. — Hôtel de ville de I^ouvaln (Page Ml).
Ce monument est l'un des plus beaux morceaux d'architecture gothique de la Belgique. Il fut commencé en i447 et terminé en I4G3, dans l'espace de lO ans. Il se distingue par l'élégance, la délicatesse et la richesse de ses ornements, et s'élève, au centre de la ville, sur la glande place deLouvain. La façade ici représentée est celle du sudouest ; le pignon est au nord-est .
L"édifice se compose d'un rez-de-chaussée et de deux étages, éclairés par trois rangs de fenêtres en ogives. L'intervalle de chaque fenêtre est rempli par une colonnette engagée, qui repose sur une espèce de cul-de-lampe, grimpe tout le long du monument, sélance au-dessus de l'entablement et de la balustrade du toit, et se termine en clocheton, ou plutôt en aiguille isolée. Chaque angle du bâtiment se trouve flanqué par une tourelle pentagone, en saillie sur les faces. Elle s'isole à la hauteur du toit, qu'elle dépasse de beaucoup, devient hexagone, puis octogone, et se termine en clocheton. D'autres demi-tourelles, tout à fait semblables, décorent les pignons, où elles sont comme accrochées.
Ce monument est couvert de sculptures et ciselé du haut en bas avec une richesse, une prodigalité d'ornementation vraiment extraordinaire: sur la façade, au-dessus des fenêtres, sont des figures en ronde bosse, qui représentent des sujets tirés de l'Écriture sainte ; et les colonnet-
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tes des fenêtres, ainsi que les tourelles, sont ornées de niches, de dais, de feuillage d'un travail exquis.
L'hôtel de ville de Louvain nest pas hàti dans de très-grandes proportions : sa façade n'a que 26 mètres, et sa profondeur 13 mètres; mais c'est un des plus remarquables monuments de l'art au moyen âge. On peut dire littéralement qu'il est sculpté comme une châsse. Depuis 1828, l'édifice a subi une restauration où on ne retrouve ni le vrai style de l'architecture de l'époque, ni la solidité qui doit distinguer un monument pubUc. Son édification coûta 32,786 florins 7 sous 2 hards — SoLRCES: PiOT, Histoi/e de Louvain depuis son origine jusqu'à aujourd'hui (1839). — Lo Belgique monumentale, historique et piftore.^que, 1844. -2 grands volumes in-8. T. l, p. 245, Bruxelles. — Topographie de In Belgique, au cabinet des estampes de la bibliothèque impériale l'.e Paris.
Xo 4ii. preiuièreiâ ariiic!» à feu iiortiiti\e.*> (Patro 4i5).
La première figure est une Arquebuse à. serpent int A}n l'inventa poui luiser les casques et les cuirasses. Elle était si lourde, qu"en marche il fallait deux soldats pour la porter tour à tour, et que pour la tirer on la posait sur une fourche appelée forquine, indiquée ici sous l'arme ; elle avait un petit fourchon en fer, avec une pointe de ménirmétal pour la piquer en terre, et elle s'élevait à peu près à hauteui de l'épaule d'un homme.
La seconde figure est une Arquebuse aw muusqcet à rouet. Les avantages du serpentin n'étaient pas sans inconvénients: 11 fallait toujour.souffler sur la mèche pour en raviver le feu au moment de tirer, et couvrir en même temps le bassinet avec la main; la lumière trahissait une troupe de nuit ; enfin la pluie pouvait étein(hv la inè'che et le manque de feu rendre l'arme inutile.
On imagina de faire partir l'arme au moyen d'étincelles tirées d'un silex. Une petite roue d'acier lun rouet] fut placée sous le bassiaet dont elle pénétra le fond au miUeu de l'amorce. Le serpentin de larquebuse précédente fut remplacé par une tige mobile, à l'extrémité de laquelle on mit un caillou tenu dans une position horizontale par deux solides mâchoires, que, par ressemblance à la gueule d'un animal, on nomma c/ii'(?//. On élevait le chien, pour remonter le rouet, au moyen d'un ressort, puis on l'abaissait dans le bassinet. La pierre posait alors sur le rouet, qui, lorsqu'on lâchait la détente placée sous la couche de bois dans laquelle est monté le canon, accomplis.saiî une rotation si rapide, que le feu sortait de la pierre et entlammait la poudre du bassinet.
Cette arquebuse était proprement un fusil, mot tiré de l'itahen /■>die, pierre à feu. Le vrai fusil moderne, où le feu est produit par le choc du chien, armé de son caillou, contre uneplatinp «Va.-ipr qui dé-
tAl'LFCATIO-N KAI>O.N.NKF DKS KKIIIUIS. 0 1 5
couvre le bassinet, ce fusil, dit « batterie, ne lut inventé (|u'en ITO). Nous n'avons pas à nous en occuper ici.— Sources : Marbot et DliNOYER, Costumes militaires français depuis 1439 jusqu'en 1T89, pi. VII. —Jacques de Ghevn, Maniement d'armes,d' arquebuses, moir^. quets et piques. — Mfyrick, Arms, etc., of ancien f armour.
X 41. — To<ii> de I.oudre»» 'Page 446 .
La Tour de Londres est une forteresse peu redoutable aujourd'hui, et qui compose presque une petite ville à elle seule. On croit (lu'elie fut fondée par Guillaume le Conquérant. Elle s'élève sur la rive gauche de la Tamise. Son enceinte forme un pentagone imparfait, qui mesuré en dehors des fossés qui la protègent, a 960 mètres environ de circuit. L'entrée principale est dans un des angles de cette enceinte du côté de la Tamise, vers la gauche du tableau. A l'intérieur, on trouve, outre plusieurs habitations particulières. l)eaucoup de bâtiments destinés à des services pubUcs, et dont les principaux sont : la Tour blanche, l'église, le bureau de l'artillerie, l'ancienne monnaie, le bureau des archives, la salle aux joyaux où l'on garde les diamants de la couronne, l'arsenal, la salle aux armures, la Tour du lion, contenant une ménagerie d"animau\ étranger^ vivants, et la Tour de Beauchamp.
La vue que nous donnons ici, représente la façade du côté du midi. Le grand bâtiment avec quatre tours carrées auv quatre angles est la Tour blanche. Elle occupe le milieu de la forteresse, dont elle est la principale construction, et sert de lieu de détention pour les prisonniers d'État. — Sources -. D'après une vieille gravure et divers plans de la Topographie de l'Angleterre, au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale dp Paris.
N 4-2. — itoujoii de Vineeuiie»» Pa^e 469,
Le donjun de Vincennes lut commencé par Philippe VI. Louis XF en fit une prison d'État, La vue que nous en donnons, représente cette forteresse dans son état présent, qui est en même temps son état ancien. On n'a pas jugé à propos de mettre ses murs au système nmderne de fortifications rasantes: cela n'eût servi à rien, le Doiron n'étant pas changé.
N 43. — Ruiue$« €lii C'Iiàteait d'E:<«paily (Page 514 .
Ce petit château, qui ne doit sa célébrité qu'au fait mentit.nné dans notre histoire, appartenait aux comtes d'.\uvergne. Ses ruines sont
616 HISTOIllE DE FRANCE.
assez insignifiantes, et ne peuvent éclairer sur son origine. Le dessin que nous donnons a été fait par nous-méme sur les lieux.
On sait seulement qu en 1394, le jeudi 26 mars, Charles VI, alors en tournée, y fut régalé par Itliier de Martreuil, évéque du Puy. Ce château fut détruit en 1562 par les protestants du baron des Adrets, commandés par le chevalier de Blacon?.
D Espally au Puy, il y a environ 2 kilomètres à parcourir, dans une jolie vallée arrosée par une petite rivière nommée La Borne. — Source : Détails extraits de notre Topographie historique de la France, ouvrage encore inédit.
No 44. Château de Xaintrailles (Page 516).
Ce château, aujourd'hui propriété de la famille de Lusignan, avait été donné par Charles VII à Pothon de Xaintrailles. Sa construction est du xve siècle . Ce manoir est plein de vieilles légendes, en tête desquelles il faut mettre l'histoire de la fée Mélusine, dont la famille Lusignan prétendait descendre, comme les Polignac d'Apollon. Cette fée est en bas-relief au-dessus de toutes les portes, entourée de flammes. On y conte aussi la lamentable aventure d'une dame de Sabran, que son époux y fit mourir de faim. Il y a une heure delà nuit où toutes les sonnettes tintent d'elles-mêmes en son honneur. Une des vieilles tours s'étant écroulée, un portrait qu'on dit être celui de Xaintrailles, étendit le bras pour préserver de cet éboule ment la dame du logis, alors couchée. Ce château est dans un pays assez sauvage, au milieu des landes. — .>ource : Fait d'après un dessin pris par nous-méme sur les lieux; détails extraits de notre Topographie historique delà France.
X" 43. — Jeanne d'Arc (Page 520).
D'après la statue de mnrbre, due au ciseau de la princesse Marie d'Orléans, et que l'on voit dans les Galeries historiques de Versailles.
N-j 46. — IrOuis X.I (Page 346).
Il est représenté dans son costume habituel; à son bonnet est une petite médaille de Notre-Dame, en plomb, à laquelle il avait grande dévotion. — Source : d'après le refueil de Gaiguières, au cabinet des estampes de la Bibliothèque Impériale de Paris.
No 47. — i.e rlessis-lès-Tours ;Page 567).
Le château de Plessis-lès-Tours était une véritable forteresse, défendue par des murs crénelés, protégée par un large fossé, en un mot ayant tout ce qui constituait alors une place forte, capable de soutenir