‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 45 sur 52 · DES FIGURES · texte numérisé non relu

DES FIGURES

X" 1. — Ui'uidc!!» (Page 31).

Les Druides étaient habillés de i)lanc. Us attribuaient de grandes vertus à la plante parasite appelée gwj, et particulièrement à celle qui croît quelquefois sur le chêne. A chaque renouvellement d'année, le sixième jour de la lune, ils allaient à sa recherche, et la cueillaient en grande cérémonie. Ils la détachaient de l'arbre avec une serpe d'or. Elle était reçue dans un manteau blanc, puis mise sur un bassin d'or, où on l'exposait à la vénération du peuple, comme un présent divin. En effet, suivant une croyance générale, le chêne était Dieu, ou du' moins l'habitation de Dieu. Notre vignette représente deux Druides au moment où ils vont cueillir le guy ; l'un d'eux, le souverain pontife, tient la serpe dor nécessaire pour cette opération. Tous deux sont couronnés de chêne. — Sources : Montfaucon, l'Antiquité expliquée, t. II, p. 436. — Voy. aussi : Dom Martin, la Religion des Gaulois, tirée des plus pures sowxes de l'antiquité, 2 vol. in-4.,fig., Paris, 1727, liv. I, c. IV et IX; — Latour-d' Auvergne, Origines gauloises, 1 vol. in-8o, Paris, an V, p. 166.

N" 2. — :nroniiineut Druidique (Page 33j.

Les pierres Druidiques sont les plus anciens monuments de France ; il en existe encore dans quelques-unes de nos anciennes provinces, telles que la Bretagne, la Bourgogne, la Franche -Comté, la Lorraine, les Ardennes, le Dauphiné, la Provence, le pays Ghartrain, et en Angleterre, au pays de Galles et dans les îles d'Anglesey et de Man. On les appelle dolmen, peultan, on cromeleachs.Le monument dont nous nous occupons ici est un dolmen. Les pierres en sont énormes, et quelquefois si grandes, que ces espèces de tables ont trois supports . Il y en a qui mesurent environ 5 mètres de longueur, 1 mètre à 1 mètre 30 centimètres d'épais.seur et 2 mètres de largeur. Les supports ont près de 2 mètres de hauteur. Gelaient des autels de sacrifice. Voy. D. Martin. La religion des Gaulois, Paris, 1727, 2 vol. in-i", lig. ; Latour-d'Au-

3i^n MIS TOI JW: DE FI'.AX.E.

VERGNE, Origines gauloises, Paris, an V, in-S"; De Caimont, Cours d'nniiijuités monument nies.

^"' 3. — re poiit du Card (Page 39).

Le monument appelé vulgairement ponf rfw Gard est la partie de l'antique aqueduc de Nîmes qui traverse la vallée profonde dans laquelle coule le Gardon, au milieu des montagnes situées entre Vers et Saint- Bonnet. L'aqueduc tirait ses eaux des belles sources d'Eure et d'Airan, au X. de Mmes, dans le vallon d'Uzès, où il commençait. Il avait environ 4i kilomètres de longueur, partie en suLstructions, partie en constructions souterraines, et le pont du Gard en était le milieu.

C'est le plus grand des monuments de ce genre que les Romains aient construit dans les Gaules. 11 se compose de trois rangs d'arcades superposées. Le premier rang, sous lequel passe le Gardon, a C arches ; le second en a il, et le troisième 35. Toutes sont en plein cintre. La longueur de l'aqueduc, au-dessus des arcs du premier étage, est de 171 mètres 22 centimètres, et de 2C9 mètres lO centimètres au dernier étage.

Sa hauteur totale est de 48 mètres "IT centimètres. Les deux premiers étages ont 20 mètres 2i centimètres chacun, et le troisième étage, 8 mètres 53 centimètres.

Les grandes arcades ne sont pas toutes semblables : elles ont 15 à 20 mètres d'ouverture, et l'arcade du centre a 24 mètres 55 centimètres. Les petites arcades du troisième étage sont uniformes : elles ont 4 mètres 55 centimètres.

L'épaisseur de l'aqueduc est de 6 mètres 36 centimètres au premier rang; 4 mètres 56 centimètres au second; et 3 mètres 6 centimètres au troisième. Ces retraites considérables laissent une largeur de i mètre 7 centimètres sur la cimaise du premier étage, en y comprenant sa saillie hors œuvre, de sorte qu'elle servait autrefois de passage aux piétons.

Toute cette immense construction est en grandes pierres de taille posées sans ciment. Presque toutes les assises de niveau ont 60 centimètres de hauteur, et souvent deux ou trois pierres forment toute la largeur et l'épaisseur des pieds-droits, qui, au premier et au deuxième rang, ont tous 4 mètres 55 centimètres de face. Le dessus des arcades du troisième rang qui porte le chenal, ou aqueduc proprement dit., est construit en moellons taillés, liés avec du mortier. L'intérieur du chenal a 1 mètre 22 centimètres de large, et 1 mètre 62 centimètres de haut. L'épaisseur de l'eau était de l mètre 45 centimètres quand les sources étaient abondantes.

On Conjecture que ce fut Agrippa qui construisit l'aqueduc de Nimes, lorsqu'il vint dans cette ville, l'an ::j5 de Home, 18 ans avant J.-C, pour apaiser les troubles des Gaules. D'autres en reculent la construc-

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tion jusqu'au règne d'Antonin. Quoi qu'il en soit, l'aspect du pont du (lard est des plus imposants. 11 n'a pas cette vilaine teinte noire qui nuit tant à l'ellet des édifices dans nos pays septentrionaux ; le temps l'a couvert d'une chaude couleur d'ocre jaune, qui semble une émanation des rayons du soleil, et il se détache d'une manière admirable sur l'horizon bleu du beau climat de la Provence. ^

La vue que nous donnons est prise du côté de la façade orientale de l'aqueduc, au bas de laquelle on voit accolé un pont moderne, construit, en 1747, pour la route de Nimesà Pont-Saint-Esprit. — Sources: d'après un dessin pris sur les Ueux par l'auteur. — Voy. aussi Changent, C. Durand et S. Durant, Description des monmnents antiques du midi de la France, 1 in-f., Paris, 18 1 9, chap. v, pi. 37 bis, 38 et 39; — Alex. Delaborde, Les monuments de la France considérés sous le rapport des faits historiques et de l'étude des ar^y, Paris, 1816, 2 vol. in fol., pi. 22.

No 4. — Oiierrier geriuaiii avec sa framée (Page 45).

Cette figure est empruntée aux. bas-reliefs de la colonne Antonine, à Rome. Le vêtement des Cermains consistait en une tunique làche^ des braies et un manteau court. Les longs cheveux faisaient le plus bel ornement d'un homme libre. Le Germain est armé du bouclier et de la framée. Cette arme était une sorte de lance à fer étroit et court. KUe fut aussi en usage chez les Francs jusqu'à la fin du vi« siècle. Tacite dit que, dans une armée germaine, il y avait peu de cuirasses et a peine un ou deux casques. Les nombreux bas-reliefs de la colonne Antonine ne présentent pas un seul Germain avec le casque : tous sont tète nue. Voy. San Bartoli, Columna Antonina^Xd^}. 35.

No 0. — Dataille de Tolbiac

Cette gravure est faite d'après le grand tableau d'Ary Scheffer, au Musée historique'de Versailles. Le peintre a représenté le moment où Clovis invoque le dieu deClotilde.- « 11 leva les yeux au ciel, dit Gré- « goire de Tours, et d'un cœur espoiçonné d'un céleste rayon, ayant la « larme à l'œil, se prit à dire : 0 Seigneur Jésus-Christ, que Clothilde « assure être le vrai fils de Dieu, maintenant je t'invoque, et désire de « croire en toi, si seulement je suis tiré du pouvoir de mes ennemis. »

N» 6, — ïraucisque ou hache d'ariue!!» vPage 59).

La francisque était une hache à deux tranchants; mais nous croyons qu'on n'en connaît pas parfaitement la forme. Celle que nous donnons ici est une hache germaine, reproduite dans les bas-reliefs de la colonne

o9S HISTOTll r DF. Fi;\>r.F..

Antonine (Voy. S. Bartoli, Columna Anto/tina, tab. 38); nous ne la donnons donc pa.> comme une image authentique de cette hache d'armes, mais comme une image conjecturée.

'S<' ~. — Églij»e Sainte-Radegonde Page 66).

Nous avons dit dans notre texte Torigine de cette église. Radegonde la bâtit près du couvent qu'elle avait fondé, mais en dehors de la vdle. et la destina aux sépultures des religieuses. Elle la consacra à la .«ainte Vierge, quoique le nom de la fondatrice soit resté au monument.

Cette église fut achevée en .587. On croit que les Normands la lirûlèrent, et qu'elle fut rebâtie et consacrée dans les dernières années du xi^ siècle. Le porche, dont nous donnons la vue, et le chœur actuel .•sont de cette époque. — Source : Foucaht, Poitiers et ses monuments, notice extraite des Me'yrtoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, année 18i0, l in-8', fig. lithog. Poitiers, 1841, pi. vni, et p. 51-63.

N'o S. — Trône de Dagobert ^Page S2).

Ce trône, ou plutôt ce siège, était une espèce de pliant à X avec do.>sier; c'est, àpeuprès, la chaise curule des Romains. Saint Éloi porta l'art de l'orfèvrerie à un très-haut degré de perfection pour le temps où il vécut. Le trône dont il s'agit était d'or et enrichi de pierreries. Il exécuta deux sièges de ce genre pour le roi Chlotaire IL — Avant la révolution il faisait partie du Trésor de l'abbaye royale de Saint- Denis ; on le voit maintenant h Pari-, au Louvre, dans le musée des Souverains.

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