Voyez plus bas, chap. II
2. Antoine de Morangis, conseiller d'État et directeur des finances.
cabinet, tout le monde se mit autour de cette petite à l'interroger et à voir ses vers; et MademoiselleS qui étoit alors fort jeune, lui dit : Puisque vous faites si bien des vers, faites-en pour moi. Elle tout froidement se retira en un coin, et fit une épi gramme pour Made moiselle. où il y avoit des choses qui faisoient bien voir qu'elle ne l'avoitpas apportée toute faite, car elle parloit du commandement que Mademoiselle venoit de lui en faire -. Mademoiselle, voyant que cela avoit été sitôt fait, lui dit : Faites-en aussi pour M'"^ d'Hautefort ^ Elle lit à l'heure même une autre épigramme pour M"" d'Hautefort, qu'on voyoit bien aussi qui avoit été faite sur-le-champ, quoiqu'elle fut fort jolie ^. Peu de tems après, comme on eut la permission d'entrer dans le cabinet de la Reine, M"'- de Morangis prit ma sœur, et l'y mena. La Pieine fut toute surprise de ses vers, mais elle s'imagina d'abord qu'ils n'étoient pas d'elle, ou du moins qu'on lui avoit beaucoup aidé. Tous ceux qui étoient là présents eurent la même pensée, mais Mademoiselle leurôta ce doute en leur montrant les deux épigrammes qu'elle venoit de faire en sa présence et par son commandement. Cette circonstance augmenta l'admiration de tout le monde, et depuis ce jour-là elle fut souvent à la cour, et toujours caressée du Pioi. de la Reine, de Mademoiselle, et de
i. La grande Mademoiselle, M'^'' de Montpensicr.