Chap. II, p
2. L'édit. : nous lui reprochâmes si souvent cette puérilité qu'enfin...
les quitter, mais ce ne fut pas sans peine : car elle aimoit mieux ce divertissement que d'être dans les plus grandes compagnies de la ville, quoiqu'elle y eût un applaudissement général, parce qu'elle n'avoit nul attachement pour la gloire ni pour l'estime, et je n'ai jamais vu personne en être moins touchée.
« Cette réputation qu'elle avoit acquise par les gentillesses de son enfance ne diminua point dans les autres tems ; au contraire, elle alla toujours en augmentant, parce qu'elle avoit toutes les grandes qualités de chaque âge, de sorte qu'on la souhaitoit partout, et ceux qui n'avoient point d'habitude particulière avec elle recherchoient avec grand soin sa connoissance. Lorsqu'elle arrivoit en quelque compagnie où on ne l'attendoit pas, on y voyoit tout le monde se réjouir de sa venue , et un petit murmure s'élevoit S et elle salisfaisoit toujours ceux qui s'attendoient de lui voir dire quelque chose de beau. Mais ce qui est plus admirable, c'est que tout cela ne i'élevoit point, et qu'elle le recevoit- dans une indifférence si grande que tout le monde l'en aimoit davantage , et ses compagnes avec qui elle étoit tous les jours n'en ont jamais eu la moindre jalousie ; au contraire, elles contribuoient de tout leur cœur à augmenter l'estime qu'on en avoit en publiant les bonnes qualités qu'elles y reconnoissoient en particulier, comme sa douceur, sa bonté, l'agrément et l'égalité de son humeur qui étoit incomparable.
« Durant ce tems-là, il se présenta plusieurs occa-