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Août 1638.
Père de ce grand univers,
Si l'ardeur de faire des vers Par de puissants ressorts tient mon âme enchantée,
J'avoue humblement devant tous
Que je tiens cette ardeur de vous, De vous, dis-je, ô mou Dieu! sans l'avoir méritée.
Oui, je tiens de votre bonté
Ce beau don, si fort souhaité Par les ardents désirs de tant de belles âmes;
Et par un secret jugement
Mon jeune et faible entendement Est par vous éclairé de ces divines flammes.
Seigneur, un cœur méconnoissant
Ne peut pas paroître innocent A votre sainte face : est-il donc pas bien juste
Qu'éprise d'un divin brandon,
J'use de votre même don Pour rendre compliment à votre nom auguste?
Comme les torrents, les ruisseaux.
Les fleuves et toutes les eaux Retournent en la mer, lieu de leur origine.
Ainsi, grand Dieu, mes petits vers,
Sans souci de tout l'univers.
Retourneront à vous, vous, leur source divine.
Dans les derniers mois de cette année 1638, Jacqueline eut la petite vérole , qui lui fit perdre une